Pendant que Chanel démontre qu’un bon vêtement peut encore faire vendre sans multiplier les hausses de prix, Groupe Dynamite, fleuron montréalais de la mode grand public, se retrouve plutôt devant les tribunaux pour répondre de ses propres chiffres. Et à Montréal, la mode locale prépare déjà son rendez-vous de septembre.
Monde : chez Chanel, le produit reprend le dessus
Après deux années de ralentissement pour l’ensemble du secteur du luxe, Chanel aurait enregistré, selon des informations relayées début août, une croissance de 16 % de son chiffre d’affaires à magasins comparables pour le premier semestre 2026 — une performance largement attribuée aux premières collections signées par le nouveau directeur artistique Matthieu Blazy, dévoilées en octobre dernier et arrivées en boutique en mars. Ce résultat, qui distancerait plusieurs concurrents majeurs du secteur, relance une question que l’industrie du luxe semblait avoir mise de côté ces dernières années : et si la désirabilité d’une maison reposait moins sur les hausses de prix répétées et l’expansion tous azimuts de son réseau de boutiques, que sur la simple qualité de ce qu’elle vend?
Plusieurs autres maisons semblent tirer une conclusion similaire cette saison, misant à nouveau sur le produit plutôt que sur le seul prestige de la griffe pour reconquérir une clientèle devenue plus exigeante. Un rappel que, même dans l’univers du luxe, la mode reste avant tout affaire de vêtements bien conçus.
Canada : Groupe Dynamite visée par une action collective
Du côté canadien, c’est un tout autre scénario qui occupe l’actualité : Groupe Dynamite, l’entreprise montréalaise propriétaire des bannières Garage et Dynamite, fait face à une demande d’action collective déposée par un actionnaire qui allègue que le prospectus simplifié ayant accompagné la distribution d’actions du 20 avril 2026 — une opération qui avait permis de lever 250 millions de dollars, un peu plus d’un an après l’entrée en bourse de l’entreprise à la Bourse de Toronto en novembre 2024, ne révélait pas de façon complète et véridique tous les faits importants relatifs à ses titres. Le recours vise notamment plusieurs preneurs fermes de grandes institutions financières canadiennes qui ont participé à cette distribution.
Le litige survient dans la foulée d’une chute de plus de 35 % de la valeur de l’action, survenue à la mi-juin après la publication de résultats du premier trimestre jugés décevants par le marché : si le chiffre d’affaires a bondi de 37 % sur un an, il a reculé d’environ 21 % par rapport au trimestre précédent, et le flux de trésorerie disponible s’est effondré de plus de 90 % sur la même base séquentielle. Le titre reste sous pression : il a encore reculé de près de 3 % le 19 août, malgré des indicateurs opérationnels par ailleurs solides, incluant une forte croissance des ventes comparables. L’entreprise doit dévoiler ses résultats du deuxième trimestre le 10 septembre prochain, un rendez-vous que les investisseurs, désormais, scruteront avec une bien plus grande prudence.
Québec et Montréal : la Semaine Mode de Montréal fixe rendez-vous en septembre
Pendant ce temps, l’écosystème mode montréalais tourne déjà la page du Festival M.A.D. pour se tourner vers son prochain grand rendez-vous : la Semaine Mode de Montréal, dont la sixième édition se tiendra du 21 au 27 septembre, présentée par La Vie en Rose et propulsée par mmode, la grappe métropolitaine de la mode. Contrairement au M.A.D., qui concentre l’essentiel de sa programmation à la Place des Festivals, la SMM mise sur une formule éclatée aux quatre coins de la métropole et de la province. Nouveauté cette année : la participation à la programmation officielle passe désormais par un appel à projets, les candidatures étant soumises à un comité de sélection plutôt qu’ouvertes d’emblée à toute entreprise, boutique ou école de mode basée au Québec.
L’an dernier, l’événement avait visé près de 20 000 visiteurs autour de 95 activités déployées dans 14 quartiers montréalais, avec l’appui de plus de 100 organisations et marques, des ateliers d’upcycling aux conférences sur l’approvisionnement responsable, en passant par des défilés immersifs mettant de l’avant la relève. Pour une industrie québécoise qui a traversé un été marqué par l’incertitude tarifaire et, pour certaines de ses entreprises les plus en vue, par des soubresauts boursiers bien réels, ce rendez-vous de septembre s’annonce comme une occasion précieuse de recentrer l’attention sur ce qui, en fin de compte, distingue la mode d’ici : la créativité de ses artisans, plutôt que les turbulences de ses marchés.




