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« Ma priorité, c’est Bradley » : Kim Clavel jongle avec la maternité et son titre mondial

Elle a conquis des ceintures dans deux divisions de poids, écrit son nom dans l’histoire de la boxe québécoise et survécu à des adversaires venues des quatre coins du monde. Mais le titre dont parle aujourd’hui Kim Clavel avec le plus d’émotion dans la voix n’a rien à voir avec l’IBF, le WBC ou le WBA. Depuis un peu plus de deux mois, la Montréalaise porte celui, dit-elle, « le plus beau et le plus précieux » de tous : celui de maman.

Un petit Bradley arrivé pile à minuit

Le 17 juin dernier, Kim Clavel a donné naissance à son premier enfant, un garçon prénommé Bradley, né à minuit pile et pesant 7 livres 3 onces. La championne avait dévoilé sa grossesse en toute fin d’année 2025, quelques mois à peine après avoir accompli l’un des exploits les plus marquants de sa carrière : devenir, le 27 septembre, la première Québécoise à détenir des titres mondiaux dans deux divisions de poids différentes, en délogeant l’Argentine Sol Cudos de son trône des poids pailles de l’IBF.

Aujourd’hui âgée de 35 ans, Clavel ne cache rien du bouleversement que représente cette nouvelle vie. « Avant, la priorité dans ma vie, c’était la boxe. Aujourd’hui, c’est Bradley », a-t-elle résumé, une phrase qui, à elle seule, résume l’ampleur du changement survenu dans son existence depuis la naissance de son fils.

Une disposition de l’IBF pour protéger son titre

Consciente qu’elle ne pourrait pas défendre sa ceinture pendant sa grossesse, Clavel avait pris les devants dès l’hiver dernier en écrivant personnellement à l’IBF pour demander l’activation de la clause de prolongation de grossesse — une disposition prévue par le règlement de la fédération, qui permet à une championne de conserver son titre intact pendant neuf mois suivant l’accouchement. La réponse de la fédération a dépassé ses attentes, l’organisation soulignant dans sa lettre le professionnalisme et le dévouement d’une boxeuse qu’elle qualifie d’ambassadrice respectée de la discipline féminine.

Cette entente lui donne, en principe, jusqu’en mars 2027 pour remonter sur le ring et défendre sa ceinture. Passé ce délai, l’IBF conserve toutefois le droit de déclarer le titre vacant, sans que ce retrait soit automatique. Une marge de manœuvre que Clavel considère comme une avancée significative pour l’ensemble du sport féminin, elle qui a également reçu l’appui de Most Valuable Promotions, le clan du boxeur devenu promoteur Jake Paul, avec lequel elle avait signé un contrat quelques semaines avant de devenir championne.

Retour graduel à l’entraînement

Après avoir obtenu le feu vert de son médecin, Kim Clavel a récemment renoué avec l’entraînement, à raison de cinq séances par semaine d’une durée de 30 à 45 minutes. Si la course à pied demeure pour l’instant à proscrire, elle peut de nouveau s’adonner à la boxe et à la musculation, deux disciplines qu’elle redécouvre tranquillement, sans plan de match précis quant à la suite de sa carrière.

La pugiliste, dont le corps a changé pour la première fois en vingt ans de vie active, a d’ailleurs profité des réseaux sociaux, quelques semaines après son accouchement, pour rendre un hommage senti à ce corps qui l’a menée jusqu’au sommet de son sport tout en portant à terme une grossesse en santé. Loin de renier cette transformation, elle dit l’accepter avec le temps, reconnaissante de tout ce que son corps lui a permis d’accomplir au fil des années.

Un idéal : terminer son contrat avant la retraite

Interrogée sur ses ambitions à moyen terme, Clavel demeure prudente. « Dans le meilleur des mondes », confie-t-elle, elle aimerait mener à terme son entente avec MVP avant d’envisager une retraite bien méritée pour se consacrer pleinement à sa famille. Rien n’est toutefois coulé dans le béton : sa priorité immédiate demeure de profiter pleinement des premiers mois de vie de son fils et de retrouver progressivement son rythme, entre reconstruction physique et bien-être.

Pour les amateurs de boxe québécois, la nouvelle demeure rassurante : la championne du monde IBF des poids pailles n’a pas raccroché les gants. Elle a simplement, pour un temps, troqué le rythme effréné des camps d’entraînement pour la douceur des premiers mois de maternité, avec la ferme intention d’y revenir, ceinture toujours à la taille, dès que le moment sera venu.

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