Le parcours vertigineux de Summer McIntosh, la nageuse torontoise qui a dépassé les performances de sa mère dans l’épreuve qui était sa spécialité… et celles de tout le monde
Summer McIntosh a commencé à nager à huit ans. À douze ans, elle effaçait un record canadien vieux de 45 ans. À seize ans, elle devenait la première nageuse de l’histoire, homme ou femme, à détenir simultanément deux records du monde en grand bassin. Aujourd’hui, à 20 ans, elle est considérée par plusieurs comme la meilleure nageuse au monde. Voici l’histoire derrière cette ascension aussi rapide qu’implacable.
Elle vient d’une famille d’athlètes olympiques, sa mère et sa sœur en tête
Née le 18 août 2006 à Toronto, Summer est la cadette de Jill Horstead et Greg McIntosh. Sa mère, Jill, a représenté le Canada en natation aux Jeux olympiques de 1984, terminant neuvième au 200 m papillon. Sa grande sœur, Brooke, est quant à elle une patineuse artistique en couple de haut niveau. Le parallèle mère-fille au 200 m papillon est particulièrement fort : Jill avait fait de cette épreuve sa spécialité, et Summer y a remporté l’or olympique à Paris en 2024.
À 9 ans, elle regardait les essais olympiques canadiens… du bord de la piscine
À neuf ans, Summer a assisté aux essais olympiques canadiens de natation de 2016, disputés dans sa ville natale de Toronto, d’abord dans les gradins, puis au bord même du bassin. C’est à ce moment qu’elle a su vouloir suivre les traces de sa mère et devenir une nageuse de haut niveau.
Elle a nommé l’un de ses chats en l’honneur de Michael Phelps
Grande admiratrice de la concentration et de la détermination du légendaire nageur américain Michael Phelps, Summer a nommé l’un de ses trois chats « Mikey » en son honneur, notamment parce qu’il aime l’eau. Loin de la piscine, elle adore aussi les sports nautiques récréatifs comme le ski nautique, le surf, le wakeboard et le tubing, et tourne régulièrement des vidéos TikTok avec sa sœur.
À 12 ans, elle a battu un record canadien vieux de 45 ans
En janvier 2019, à seulement 12 ans, Summer efface un record national qui tenait depuis 45 ans au 800 m style libre dans la catégorie des 11-12 ans, avec un chrono de 9:07,16. Avant même la fin de la saison, elle abaisse à nouveau cette marque, à 8:51,71.
À 14 ans, elle nage plus vite que n’importe quelle autre adolescente de son âge dans l’histoire
Avant les Jeux de Tokyo 2020, Summer avait signé un chrono de 4:05,13 au 400 m style libre, le meilleur temps jamais réalisé au monde par une nageuse de 14 ans. Plus jeune membre de l’équipe canadienne aux Jeux, elle termine ensuite quatrième de la finale du 400 m style libre, en 4:02,42.
À 16 ans, elle devient la première nageuse de l’histoire à détenir deux records du monde en même temps
Aux essais canadiens 2023, McIntosh établit des records du monde au 400 m style libre et au 400 m quatre nages individuel. À 16 ans, elle devient la toute première athlète en natation, homme ou femme, à détenir simultanément les records du monde en grand bassin dans ces deux épreuves.
En 2024, elle met fin à 13 ans d’invincibilité de Katie Ledecky
En février 2024, McIntosh défait la légendaire nageuse américaine Katie Ledecky au 800 m style libre, pulvérisant le record canadien avec un chrono de 8:11,39, qui fait d’elle la deuxième nageuse la plus rapide de toute l’histoire dans cette épreuve. C’est la première défaite de Ledecky dans une finale de 800 m style libre depuis 13 ans.
Aux Jeux de Paris 2024, elle remporte trois médailles d’or et une d’argent
Aux Jeux olympiques de Paris 2024, McIntosh décroche l’or au 200 m papillon, au 200 m et au 400 m quatre nages individuel, et l’argent au 400 m style libre, confirmant son statut de superstar montante du sport olympique canadien, à seulement 17 ans.
Elle s’installe en France pour sortir de sa zone de confort… et ça a payé
Au début de 2025, McIntosh passe une partie importante de sa préparation en France, notamment à Antibes et à Font-Romeu, sous la direction de l’entraîneur français Frédéric Vergnoux — une décision inspirée par une approche similaire à celle du champion français Léon Marchand. En juin 2025, lors des essais canadiens, elle établit trois records du monde en l’espace de cinq jours, au 400 m quatre nages, au 200 m quatre nages et au 400 m style libre.
Aux Mondiaux 2025, elle est nommée meilleure nageuse… et sa rivalité avec Ledecky continue de plus belle
Aux Championnats du monde de Singapour en 2025, à 18 ans, McIntosh est désignée meilleure nageuse féminine de la compétition, avec quatre médailles d’or individuelles (400 m style libre, 200 m et 400 m quatre nages, 200 m papillon) et un bronze au 800 m style libre, face à Ledecky. Elle devient ainsi la première Canadienne à remporter quatre titres individuels dans une seule édition des Mondiaux. Elle sera ensuite nommée nageuse féminine de l’année 2025 par World Aquatics, pour la deuxième année consécutive.
En juillet 2026, elle efface le plus vieux record du monde de la natation féminine
Le 5 juillet 2026, à l’ouverture des essais canadiens à Montréal, McIntosh bat le record du monde du 200 m papillon en 2:01,65, effaçant le 2:01,81 que la Chinoise Liu Zige avait établi en 2009, en pleine ère des combinaisons polyuréthane. Ce record, le plus ancien encore en vigueur chez les femmes, avait résisté 17 ans. « C’est le seul record du monde que je pensais ne jamais pouvoir battre », a confié McIntosh après la course. Elle avait 19 ans.
De la fillette qui observait les essais olympiques du bord de la piscine jusqu’à la nageuse la plus titrée d’une génération, Summer McIntosh a construit, en deux décennies, l’une des trajectoires les plus impressionnantes du sport canadien, tout en gardant, selon ceux qui la côtoient, une maturité qui dépasse largement ses 20 ans. Après avoir mis fin à l’invincibilité de Ledecky en 2024, elle vient d’effacer un record vieux de 17 ans que l’on croyait intouchable, confirmant qu’elle vise désormais à faire de ses propres records les plus difficiles à battre de tous.



