La Commission de l’éthique en science et en technologie (CEST) a lancé jeudi un avertissement sur les risques croissants de l’intelligence artificielle générative pour la démocratie, appelant le gouvernement québécois à agir rapidement afin de protéger l’intégrité électorale et les débats publics.
Dans un avis intitulé Les risques éthiques des systèmes d’IA pour l’intégrité électorale et les débats publics, la Commission formule 21 recommandations destinées à encadrer l’usage des technologies d’IA dans l’espace public et politique.
Le rapport souligne que les systèmes d’IA générative permettent désormais de produire massivement des contenus réalistes, de diffuser des messages ciblés à grande échelle et de collecter des données détaillées sur les citoyens, ouvrant la porte à des dérives jugées préoccupantes pour la vie démocratique.
La CEST identifie neuf risques majeurs, parmi lesquels la désinformation politique, les hypertrucages visant des candidats, la manipulation de l’opinion publique, le microciblage politique optimisé par l’IA, la surveillance de masse et la fragmentation de l’information.
La Commission recommande notamment de renforcer les obligations des plateformes numériques et des systèmes d’IA, d’améliorer les mécanismes de retrait des contenus trompeurs en période électorale et de développer des capacités publiques de veille afin de surveiller les usages problématiques de ces technologies.
Le document préconise également un soutien accru à la recherche et aux réseaux de partage des connaissances sur les impacts de l’IA sur la démocratie.
Créée en 2001, la CEST agit comme organisme consultatif auprès du gouvernement du Québec sur les enjeux éthiques liés aux avancées scientifiques et technologiques.



