À mesure que l’accès à la propriété devient plus difficile au Canada, de nombreux couples choisissent désormais de réduire leurs ambitions de mariage pour privilégier l’achat d’une maison, selon un sondage publié jeudi par Royal LePage.
L’étude, réalisée par Burson auprès de 1 717 adultes canadiens, révèle que 79 % des répondants envisageraient de demander de l’argent destiné à une mise de fonds immobilière en guise de cadeau de mariage plutôt que des présents traditionnels. Plus frappant encore, 82 % affirment qu’ils seraient prêts à annuler ou réduire considérablement leur célébration afin de consacrer cet argent à l’achat d’une propriété.
Pour une large majorité des personnes interrogées — 83 % — l’achat d’une maison constitue désormais l’investissement le plus important d’une vie.
« Le coût de la vie pousse de nombreux Canadiens à revoir leurs priorités financières », explique Anne-Elise Cugliari Allegritti. Selon elle, plusieurs couples considèrent aujourd’hui qu’une propriété représente une sécurité à long terme plus importante qu’un mariage fastueux.
Au Québec, la tendance apparaît plus nuancée qu’ailleurs au pays. Seulement 32 % des répondants affirment qu’ils demanderaient « certainement » une contribution financière pour une mise de fonds en guise de cadeau de mariage, comparativement à 43 % en Colombie-Britannique, où la pression immobilière demeure particulièrement forte.
À Montréal, le courtier immobilier Julien Jacoby-Boissy observe que l’achat immobilier « a officiellement remplacé le mariage comme premier engagement sérieux du couple ». Selon lui, plusieurs jeunes ménages préfèrent sécuriser leur avenir financier avant d’organiser une célébration.
Le phénomène s’explique aussi par le coût croissant des mariages. Selon le rapport mondial 2025 de The Knot cité dans l’étude, une cérémonie coûte en moyenne plus de 45 000 dollars canadiens, sans compter la lune de miel.
Dans des marchés immobiliers particulièrement tendus comme Toronto ou Vancouver, plusieurs professionnels de l’immobilier affirment voir des couples repousser leur mariage ou opter pour des cérémonies plus modestes afin de préserver leur capacité d’achat.
L’étude souligne enfin une transformation culturelle plus large : l’idée d’investir dans un patrimoine immobilier semble désormais primer sur celle d’organiser une célébration unique, mais éphémère.



