À Terre-Neuve-et-Labrador, le gouvernement fédéral a profité d’une visite officielle pour vanter les mérites d’un dispositif présenté comme l’un des piliers de sa politique familiale.
Le message se veut rassurant, dans un contexte économique où l’inflation continue de peser sur le budget des ménages nord-américains. Le gouvernement canadien a annoncé, lundi 20 juillet, la revalorisation annuelle de l’Allocation canadienne pour enfants (ACE), une prestation mensuelle non imposable dont bénéficient des millions de familles à travers le pays.
C’est à St. John’s, capitale de Terre-Neuve-et-Labrador, que la nouvelle a été officialisée, en présence du secrétaire parlementaire du président du Conseil du Trésor, Tom Osborne, s’exprimant au nom de la secrétaire d’État à l’Enfance et à la Jeunesse, Anna Gainey. Un choix de lieu qui n’est pas anodin : cette province atlantique, l’une des plus modestes du pays sur le plan économique, compte environ 47 000 familles bénéficiaires, pour une enveloppe annuelle dépassant les 340 millions de dollars canadiens.
Une indexation automatique depuis 2018
Concrètement, l’ACE offrira désormais jusqu’à 8 157 dollars canadiens par enfant de moins de six ans, et 6 883 dollars pour ceux âgés de six à dix-sept ans — des montants en hausse respective de 160 et 135 dollars sur un an. Cette progression découle du mécanisme d’indexation à l’inflation mis en place en 2018, qui s’applique chaque 1er juillet, au début du nouvel exercice du programme.
À l’échelle nationale, le dispositif touche environ 3,6 millions de familles et 6 millions d’enfants, pour un total avoisinant les 30 milliards de dollars versés annuellement. Le gouvernement met en avant plusieurs études selon lesquelles l’allocation aurait contribué à faire reculer d’un tiers l’insécurité alimentaire sévère chez les foyers à faible revenu, et permis à une majorité de mères célibataires interrogées de mieux subvenir aux besoins de leurs enfants.
Un instrument de politique sociale scruté
« Lorsque nous investissons dans les enfants, nous investissons dans notre avenir », a déclaré Anna Gainey, citée dans le communiqué officiel. Une rhétorique que l’exécutif fédéral déploie régulièrement pour justifier le maintien, voire le renforcement, de ce type de transferts sociaux — dans un pays où la question du coût de la vie demeure un sujet de friction politique majeur, entre partisans d’un État providence renforcé et défenseurs d’une rigueur budgétaire accrue.
Reste que la portée réelle de cette hausse, de l’ordre de quelques dizaines à quelques centaines de dollars par an selon les foyers, continuera sans doute d’alimenter le débat sur son adéquation face à l’ampleur de la crise du coût de la vie que traversent de nombreuses familles canadiennes.



