Fini Instagram, TikTok et Snapchat avant 15 ans — du moins en France. Le 21 juillet, la France est devenue le premier pays d’Europe à voter une véritable interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans. Et la mesure entre en vigueur dès le 1er septembre.
Concrètement, les plateformes ne pourront plus créer de nouveaux comptes pour un jeune de moins de 15 ans à partir de cette date, et devront supprimer les comptes existants d’ici janvier 2027. La loi étend aussi l’interdiction du cellulaire aux lycées, en plus des écoles et collèges où elle existait déjà.
Le déclencheur est tragique : le président français avait relancé l’idée après le meurtre d’une surveillante par un collégien de 14 ans. Mais les chiffres qui appuient la loi sont tout aussi frappants : les adolescents de 12 à 17 ans passent en moyenne plus d’une heure par jour rien que sur TikTok, où l’algorithme privilégie justement les contenus les plus extrêmes et anxiogènes. Et selon un sondage cité pendant les débats, près des deux tiers des jeunes de 11 à 17 ans se disent eux-mêmes favorables à l’interdiction.
La France n’est pas seule : l’Australie a innové en interdisant l’accès aux mineurs de moins de 16 ans dès décembre dernier. Reste un os de taille : comment vérifier l’âge de quelqu’un en ligne sans créer un système de surveillance généralisée ? La Commission européenne planche justement sur une application de vérification d’âge, et le Conseil constitutionnel français doit encore se prononcer sur la loi d’ici un mois.
Que vous soyez parent, enseignant ou simplement témoin du temps d’écran de vos jeunes proches, ce précédent français risque de relancer le débat ici aussi. Le Québec, qui limite déjà les cellulaires en classe, pourrait bien regarder Paris avec beaucoup d’attention.



