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Leylah Fernandez vient de sortir la 5e raquette mondiale et est la dernière Canadienne debout à Toronto

Le récit (très actuel) de Leylah Annie Fernandez, la dernière Canadienne toujours en lice cette semaine

par Jean Emmanuel Duchemin

Au moment d’écrire ces lignes, Leylah Annie Fernandez est la seule Canadienne encore en vie en simple à l’Omnium Banque Nationale de Toronto — elle vient tout juste de surprendre Mirra Andreeva, cinquième tête de série mondiale, 6-1 et 6-4. Ce n’est pas un hasard : la Lavalloise de 23 ans traverse une saison marquée par plusieurs performances importantes. Mais son histoire commence bien avant les projecteurs, avec un père footballeur équatorien qui n’avait jamais tenu de raquette de sa vie.

Son entraîneur, c’est son père — un ancien joueur de soccer, pas de tennis

Jorge Fernandez, né en Équateur et élevé au Canada, était un joueur de soccer semi-professionnel sans véritable formation en tennis. Quand sa fille montre des aptitudes, il se met à étudier le jeu de façon intensive, presque en autodidacte complet. Son approche, jugée non conventionnelle par plusieurs observateurs, s’articule autour de la discipline et de la force mentale — une philosophie qu’un ancien entraîneur de tennis a comparée à celle du père de Tiger Woods : « On s’entraîne pour être grand. »

Sa mère a déménagé en Californie… pour payer les factures pendant que son père coachait à temps plein

Irene Exevea, d’origine philippine et née au Canada, a dû s’installer en Californie pendant plusieurs années pour soutenir financièrement la famille pendant que Jorge se consacrait entièrement à l’entraînement de Leylah. Un sacrifice familial largement passé sous le radar dans la couverture médiatique de la joueuse : selon certains témoignages, elle ne voyait ses enfants qu’environ deux fois par an durant cette période, alors qu’ils avaient entre 10 et 13 ans.

À 10 ans, elle a sangloté pendant tout un match

Une psychologue du sport montréalaise, Kirsten Bjorn, qui suivait Leylah enfant, se souvient très bien d’un tournoi de fin d’année où la petite fille, alors âgée de 10 ans à peine, s’est retrouvée dépassée par une adversaire trop puissante pour elle. « Elle ne pouvait pas faire grand-chose, et elle a sangloté tout au long du match », raconte Bjorn. Plus d’une décennie plus tard, cette même fillette allait remporter un titre du Grand Chelem junior, disputer une finale de l’US Open et participer aux Jeux olympiques.

Son petit rituel sur le court remonte à son enfance

La petite tape sur le haut de la cuisse, le « Vamos » lancé après un point gagnant, les petits sautillements avant de servir : selon Bergeron, un entraîneur qui a côtoyé Leylah durant son enfance, ces habitudes bien connues des amateurs de tennis aujourd’hui existaient déjà quand elle avait 8 ou 9 ans.

Son idole d’enfance n’était pas une joueuse de tennis — c’était Floyd Mayweather

Fernandez a révélé que le boxeur Floyd Mayweather faisait partie de ses modèles dans sa jeunesse, fascinée par sa capacité à esquiver et à contre-attaquer rapidement. Elle se décrit aussi comme une grande fan de la saga Rocky, qu’elle trouve profondément inspirante — et elle a même pris des cours de boxe pendant l’entre-saison.

Sa rivalité la plus marquante s’est jouée à 68 jours de différence

En 2021, à seulement 19 ans, Fernandez atteint la finale de l’US Open — un exploit qui l’aurait fait entrer dans les records si elle n’avait pas perdu contre une adversaire plus jeune qu’elle… de seulement 68 jours : la Britannique Emma Raducanu, tout aussi surprise que le monde entier par sa propre performance.

Elle joue en double avec sa propre sœur

Bianca Fernandez, la cadette de la famille, suit elle aussi une carrière de tennis professionnelle. Les deux sœurs ont reçu une invitation pour former une paire de double, notamment lors de l’édition 2026 de l’Omnium Banque Nationale à Toronto — bien qu’elles se soient inclinées à leur premier match cette fois-ci.

Elle a aidé le Canada à remporter son tout premier titre en Coupe Billie Jean King

En 2023, Fernandez fait partie de l’équipe canadienne qui remporte la toute première Coupe Billie Jean King (l’équivalent féminin de la Coupe Davis) de l’histoire du pays — un moment charnière pour le tennis féminin canadien, aux côtés de ses deux présences olympiques.

En 2025, elle est devenue la Canadienne la plus titrée de l’ère Open… en une seule saison

Après une saison 2024 marquée par des hauts et des bas, Fernandez explose en 2025 : elle remporte son tout premier titre WTA 500 à Washington en juillet, dépassant Bianca Andreescu pour devenir la joueuse canadienne la plus titrée de l’ère Open avec quatre titres en carrière. En octobre, elle ajoute un cinquième trophée à Osaka.

Cette semaine même, elle est la dernière Canadienne debout à Toronto

À l’Omnium Banque Nationale 2026, disputé à Toronto, Fernandez — 34e mondiale et 30e tête de série — a d’abord battu la Mexicaine Renata Zarazúa en deux manches identiques de 6-2, puis a enchaîné vendredi avec une victoire éclatante contre Mirra Andreeva, 5e tête de série mondiale et championne en titre de Roland-Garros, 6-1 et 6-4 — sa première victoire de la saison contre une joueuse du top 10. Elle est désormais la dernière Canadienne en lice dans le tableau de simple à Toronto. « Je savais que j’étais la dernière Canadienne encore en lice », a-t-elle résumé simplement.

D’une fillette en larmes sur un court secondaire jusqu’à la dernière représentante canadienne debout dans le plus grand tournoi du pays, en passant par un père footballeur devenu entraîneur autodidacte et une mère qui a déménagé pour payer les comptes : l’histoire de Leylah Annie Fernandez est loin d’être terminée — et elle s’écrit, littéralement, cette semaine même.

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