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Mode : le sceau « fabriqué ici » devient un argument de vente

Du denim suédois fait de fibres recyclées jusqu’aux défilés en plein air de Montréal en passant par un géant québécois qui profite à plein du réflexe protectionniste ambiant, l’actualité mode de cette semaine tourne autour d’une même idée : produire, et acheter, plus près de chez soi.

Monde : H&M mise sur le denim recyclé

Le géant suédois du prêt-à-porter H&M a lancé sa première collection de denim masculin utilisant la technologie TENCEL™ | Circ® avec REFIBRA™. Offerte en deux modèles et en lavages clair et foncé, la collection combine des fibres Lyocell TENCEL contenant 30 % de pâte recyclée Circ, issue de déchets textiles, et est commercialisée notamment au Canada, en Amérique du Nord, en Europe et au Moyen-Orient. Il s’agit de la première intégration de cette technologie dans l’assortiment denim masculin standard de H&M.

Ce lancement s’inscrit dans une tendance de fond que l’industrie documente depuis plusieurs mois : le recyclage textile fibre à fibre cherche à passer du stade expérimental à celui de la production commerciale, sous l’effet de nouvelles obligations réglementaires, notamment en Europe, et de la montée des technologies de recyclage chimique. Circ présente d’ailleurs explicitement son partenariat avec H&M comme une démonstration de la possibilité de faire passer le recyclage textile dans des chaînes d’approvisionnement à grande échelle — un chantier qui commence à peine à transformer les collections que l’on retrouve en magasin.

Canada : Simons profite du réflexe « achetons canadien »

Du côté canadien, c’est La Maison Simons qui tire son épingle du jeu du contexte commercial tendu avec les États-Unis. Le détaillant fondé à Québec en 1840 a ouvert coup sur coup deux magasins à Toronto — au Yorkdale Shopping Centre et au CF Toronto Eaton Centre, à l’automne 2025 — un investissement de 75 millions de dollars qui devait, selon les projections initiales de l’entreprise, faire croître ses ventes annuelles de 15 %, pour atteindre 650 millions de dollars. Ces prévisions ont depuis été largement dépassées : Simons a clos l’exercice 2025 avec un chiffre d’affaires de plus de 830 millions de dollars, en hausse de près de 25 % par rapport à 2024.

Fort de cet élan, le détaillant, dont les marques maison composent environ 70 % de sa marchandise, a annoncé fin avril l’ouverture prévue à l’automne 2027 d’une nouvelle adresse au CF Pacific Centre de Vancouver, dans une partie de l’ancien espace occupé par Nordstrom — un projet de 55 millions de dollars qui doit créer 150 emplois et qui constituera le 20e magasin de l’entreprise au pays.

Simons associe cette année « exceptionnelle » à un contexte géopolitique favorable aux marques d’ici, conjugué à l’effet des deux ouvertures torontoises et à la disparition de son grand rival La Baie d’Hudson, placée sous la protection de ses créanciers en mars. C’est un exemple concret de la manière dont le climat commercial tendu avec les États-Unis, qui menace par ailleurs l’industrie exportatrice canadienne du vêtement, profite en parallèle à certains détaillants dont le modèle d’affaires repose déjà sur la production et le design faits au pays.

Québec et Montréal : le Festival M.A.D. dévoile sa programmation

À Montréal, c’est une semaine de grande révélation pour l’écosystème mode local. Le Festival M.A.D. — Mode. Arts. Divertissement, autrefois connu sous le nom de Festival Mode + Design — a précisé la programmation de sa 26e édition, qui se tiendra du 20 au 23 août. Depuis sa cofondation il y a 26 ans par Chantal Durivage et Jean-François Daviau, l’événement s’est imposé comme l’un des plus importants rendez-vous de mode en plein air en Amérique du Nord.

Cette année, des figures bien établies de la mode québécoise comme Lavender May et Marie Saint Pierre partageront l’affiche avec la relève, dont les finissants du programme de design de mode du Collège LaSalle et de l’École de mode du Cégep Marie-Victorin. Le festival accueillera aussi des artistes issus de la danse, de la musique et des arts visuels, ainsi qu’un défilé organisé par la Fondation RÉA mettant en vedette des mannequins en situation de handicap — un geste d’inclusion qui s’ajoute aux plus de 70 boutiques éphémères annoncées et au retour de la tournée de quartiers Défile ton Montréal, déjà amorcée depuis le 12 août.

L’événement confirme, pour une 26e année, la volonté du festival de faire cohabiter des univers créatifs très différents sur un même podium — une diversité qui, à l’heure où l’industrie mondiale du vêtement traverse les soubresauts qu’on lui connaît, s’impose de plus en plus comme la marque de commerce de la mode montréalaise.

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