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Quincy Guerrier pleurait en quittant Montréal à 15 ans — aujourd’hui, il prépare un campus de basketball pour d’autres jeunes comme lui

Le parcours de Quincy Guerrier, l’ailier de Rivière-des-Prairies qui refuse d’oublier d’où il vient

Quincy Guerrier n’a jamais été repêché par la NBA. Il a plutôt grimpé les échelons à la dure : trois universités différentes, une saison en G-League, un retour chez lui pour se rapprocher de sa communauté. Aujourd’hui, à 27 ans, cet athlète montréalais d’origine haïtienne prépare la construction d’un terrain de basketball et d’un véritable campus pour la prochaine génération — à l’endroit exact où sa propre histoire a commencé à basculer.

Enfant, il a dû choisir entre le soccer et le basketball — et il ne regrette rien

Vers l’âge de neuf ou dix ans, alors qu’il vivait avec son père à Vaudreuil, Quincy pratiquait à la fois le soccer et le basketball, en plus du hockey de rue. Il a finalement tranché en faveur du basket — un choix qui allait tout changer. (Cette portion de son enfance repose sur des articles biographiques; la citation exacte reste à confirmer directement dans sa source d’origine avant publication.)

Le divorce de ses parents l’a envoyé vivre à Rivière-des-Prairies

À 11 ans, à la suite de la séparation de ses parents, Quincy part vivre avec sa mère à Rivière-des-Prairies. C’est là, à l’école secondaire Jean-Grou, qu’il se fait remarquer pour la première fois pour ses talents sur le terrain — et qu’il rejoint plus tard un club de basketball montréalais aux côtés d’autres jeunes joueurs prometteurs.

À 15 ans, il quitte sa mère pour une académie à Thetford Mines — et il a pleuré pendant des mois

En quatrième secondaire, Quincy quitte Montréal pour intégrer l’Académie de basketball de Thetford Mines (aujourd’hui l’Atelier 803). Le choc est brutal. « C’était vraiment difficile. Après un mois, j’avais envie de repartir à Montréal. J’en ai pleuré tellement c’était intense », a confié Guerrier. Son premier entraîneur, reconnu pour sa sévérité et ses exigences de discipline, l’a marqué profondément — dans le bon sens du terme.

Il a refusé des prep schools américaines prestigieuses… par loyauté envers Thetford

Après sa cinquième secondaire, plusieurs écoles américaines plus prestigieuses tentent de recruter Quincy. Il choisit plutôt de rester à Thetford Mines et de poursuivre au cégep local. « Je me sentais loyal à Thetford et Thetford était vraiment loyal à moi aussi, a-t-il expliqué. Ils me mettaient dans de bonnes positions dans le jeu. Je ne regrette rien. »

Il a joué pour trois universités américaines différentes — Syracuse, Oregon, puis Illinois

Le parcours universitaire de Quincy a été tout sauf linéaire : il évolue d’abord pour le Orange de Syracuse (deux saisons, 2019-2021), puis pour les Ducks de l’Oregon (deux saisons, 2021-2023), avant de terminer sa carrière collégiale avec le Fighting Illini de l’Illinois (une saison, 2023-2024) — trois programmes majeurs de la NCAA, dans trois régions différentes des États-Unis.

En 2024, il n’a été repêché par aucune équipe de la NBA

Malgré son parcours universitaire solide, Quincy n’entend jamais son nom être appelé lors du repêchage de la NBA 2024. Il signe néanmoins un contrat avec les Raptors de Toronto avant d’être soumis au ballottage, puis assigné aux Raptors 905, le club-école des Raptors dans la G League.

Après une saison honorable en G-League, il a fait un choix inattendu : revenir jouer… à Montréal

Après une première saison professionnelle avec des moyennes de 9,5 points et 5,0 rebonds par match en 28 rencontres de G-League, Quincy signe en avril 2025 avec l’Alliance de Montréal, dans la Ligue élite canadienne de basketball. Le club qualifie sa signature d’acquisition qui « marque une nouvelle ère ». « Ça vient avec beaucoup de responsabilités, mais je suis content », a-t-il dit, conscient du symbole que représentait son retour dans sa ville natale.

De retour chez lui, il devient cocapitaine — et une vedette du circuit canadien

Lors de la saison 2025 de la LECB, Quincy porte le brassard de cocapitaine de l’Alliance de Montréal aux côtés de Ben Stevens, avec des moyennes impressionnantes de 16,2 points, 7,3 rebonds et 2,4 passes décisives par match en 21 matchs — une performance qui lui vaut une sélection dans l’Équipe d’étoiles canadiennes de la ligue, tout en continuant de jouer en parallèle avec les Raptors 905.

Il prépare un projet ambitieux… au même endroit où tout a commencé pour lui

En 2026, Quincy lance la fondation Campus 803, baptisée en hommage à l’Atelier 803, l’académie de Thetford Mines qui l’a formé — programme dont est également issu Chris Boucher, aujourd’hui joueur NBA, qui l’avait fréquenté à l’époque où l’académie était encore établie à Alma. La première activité du projet s’est tenue à l’Auditorium de Verdun, à Montréal, réunissant une vingtaine de jeunes. Elle sert de première étape avant l’ouverture officielle, prévue à l’été 2027, d’un véritable complexe et d’un nouveau terrain de basketball extérieur à Saint-Joseph-de-Coleraine, tout près de l’auberge où logeait Guerrier lui-même durant son adolescence à Thetford. « C’est là où j’ai vraiment commencé à jouer au basketball de haut niveau », rappelle-t-il.

Un détail que personne ne devine en le regardant : il est un amoureux de livres

Loin de l’image typique de l’athlète pur et dur, une entrevue vidéo de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec le décrit comme « ce grand athlète de 26 ans amoureux de livres ». Dans cet entretien, Quincy explore des archives sportives historiques et partage même son film québécois coup de cœur — un aspect de sa personnalité rarement mis de l’avant dans la couverture sportive traditionnelle.

D’un ado en pleurs loin de sa mère jusqu’à un cocapitaine qui prépare aujourd’hui un campus pour la prochaine génération de Rivière-des-Prairies et d’ailleurs, Quincy Guerrier prouve qu’on n’a pas besoin d’être repêché en NBA pour marquer, à sa façon, l’histoire du basketball montréalais.

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