Top 5 This Week

Articles similaires

Mode : le couperet tarifaire repoussé de trois jours, l’industrie souffle

Il aura fallu attendre les toutes dernières heures. Alors que l’industrie québécoise du vêtement retenait son souffle depuis des semaines, un ultime rebondissement à la Maison-Blanche est venu changer la donne cette nuit. Pendant ce temps, à Copenhague, une autre bataille se joue : celle de savoir si la mode peut encore se permettre d’être exigeante en matière de durabilité.

Monde : Copenhague assouplit ses propres règles de durabilité

La Fashion Week de Copenhague, qui présente cette semaine ses collections printemps-été 2027, avait fait figure de pionnière en 2020 en devenant, selon plusieurs observateurs du secteur, le premier événement de mode au monde à imposer des critères environnementaux contraignants à ses participants, notamment l’obligation qu’au moins 60 % de chaque collection soit constituée de matières certifiées, de matières dites « préférées » ou de tissus deadstock. Or, cette exigence phare a été suspendue pour la saison en cours, le temps que l’organisation révise ses critères. Un recul symbolique pour l’événement qui avait longtemps servi de modèle à d’autres capitales de la mode, dont Londres. CPHFW attribue elle-même ce recul à l’évolution des définitions du secteur, notamment l’abandon du terme « matières préférées » par Textile Exchange, et à l’absence d’alignement avec les futures règles européennes sur les textiles.

Ce repli survient dans un contexte plus large que plusieurs observateurs de l’industrie qualifient de refroidissement des ambitions environnementales, alimenté par la volatilité politique et financière ambiante. Le Parlement européen et le Conseil de l’UE ayant eux-mêmes conclu, dès décembre 2025, un accord provisoire visant à alléger considérablement les nouvelles règles de durabilité imposées aux entreprises. Certaines marques présentes à Copenhague cette semaine continuent néanmoins de porter le flambeau : la maison Skall Studio, fondée par les sœurs Julie et Marie Skall, proscrit toujours le cuir et la fourrure au profit de la laine danoise, tandis que Ganni a renoué avec le studio Stem, qui a transformé des surplus de tissus de la marque en pièces uniques grâce à sa technique de tissage zéro déchet.

Canada : Trump repousse in extremis les tarifs de 50 %

C’est le dénouement que redoutait, mais espérait secrètement, l’industrie canadienne du vêtement : à moins de deux heures de l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs américains de 50 % sur une gamme de produits canadiens, dont le bois, le ciment, les meubles, les vins et spiritueux et les produits de papier et de carton, entre autres catégories touchées. Le président Donald Trump a annoncé sur son réseau Truth Social qu’une entente était intervenue avec le Canada, sous réserve de la finalisation des documents. La mesure est donc repoussée de trois jours, jusqu’à la fin de la journée du 21 août, le temps de boucler l’entente.

Selon une proclamation de la Maison-Blanche, ce report ferait suite à un engagement du Canada à lever certaines mesures jugées discriminatoires envers les produits laitiers, l’alcool et l’automobile américains. Le premier ministre Mark Carney s’est toutefois montré plus prudent que Trump dans sa description de l’état des négociations, parlant de « progrès substantiels » tout en soulignant qu’« un travail important reste à faire ». Carney et Trump se sont entretenus à deux reprises au cours des derniers jours, dont un appel déterminant mardi après-midi. Un ancien responsable du commerce américain a résumé l’état d’esprit des deux camps avant l’annonce : ni Washington ni Ottawa ne semblaient réellement souhaiter voir ces tarifs entrer en vigueur, en raison de leur coût politique potentiellement plus élevé que leur impact économique réel.

Québec et Montréal : un soulagement teinté de prudence

À Montréal, la nouvelle tombe comme un ballon d’oxygène pour un secteur qui broyait du noir depuis des semaines. Quelques jours à peine avant l’annonce, Mathieu St-Arnaud Lavoie, directeur général de mmode, la grappe métropolitaine de la mode, avait publié une analyse sur la menace que représentait ce tarif de 50 % pour les vêtements et textiles canadiens à compter du 19 août.

Le secteur n’est pas au bout de ses peines pour autant : le report n’est que de trois jours, et rien ne garantit que l’entente promise par Trump se traduira en texte final dans les délais. L’industrie textile et de l’habillement québécoise, dont l’importance pour le secteur manufacturier canadien n’est plus à démontrer, continuera donc de surveiller ce dossier de très près. Avec l’espoir, cette fois, que la « minute de vérité » de mercredi n’aura été qu’une fausse alerte.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Populaires