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Audrey Leduc, la fusée de Gatineau, confirme son règne sur le sprint canadien

Trois ans, trois titres, une seule reine. La sprinteuse Audrey Leduc a récidivé le 19 juin aux Championnats canadiens d’athlétisme, à Ottawa, en remportant pour une troisième année consécutive le titre national du 100 mètres. Elle signe du même coup l’un des chapitres les plus impressionnants d’une saison qui n’en finit plus de repousser les limites de ce qu’une Québécoise peut accomplir sur une piste.

Une victoire sous la pluie, mais pas un record

Dans des conditions pourtant froides et pluvieuses, peu favorables aux performances rapides, Leduc a bouclé la finale du 100 m en 10,94 secondes, égalant le chrono avec lequel elle avait établi son record canadien l’été dernier à Edmonton. Le vent soufflait toutefois à 2,7 m/s, au-delà de la limite réglementaire de 2,0 m/s : la performance ne pouvait donc pas être homologuée comme record. Une victoire tout de même remarquable, la Gatinoise n’ayant couru plus vite qu’à une seule occasion dans toute sa carrière : un chrono de 10,93 secondes réalisé le 4 avril dernier en Louisiane, dans un vent lui aussi trop favorable pour être homologué (+3,1 m/s). « Elle va accomplir de grandes choses », titrait d’ailleurs La Presse au lendemain de cette performance, résumant bien l’aura qui entoure désormais l’athlète de 27 ans.

Cinq jours plus tard, à la même compétition, Leduc a complété son troisième doublé consécutif aux Championnats canadiens en remportant également le 200 m en 22,38 secondes. Il s’agit d’un nouveau record des championnats, à deux centièmes seulement de son record canadien personnel.

Une nouvelle reine du 100 m, mais ce n’est pas Leduc

La saison 2026 aura toutefois été marquée par un rebondissement de taille : Leduc n’est plus, aujourd’hui, détentrice du record canadien du 100 m. Le 12 juillet, à l’Edmonton Athletics Invitational, sa compatriote et rivale Sadé McCreath a effacé la marque de 10,94 s de Leduc en courant 10,86 secondes en demi-finale, avec un vent réglementaire de 1,7 m/s. Elle devenait du même coup la première Canadienne de l’histoire à descendre sous les 10,90 s. Leduc s’est toutefois rachetée quelques heures plus tard en remportant la finale en 10,90 s, devançant McCreath (10,95 s), et a ainsi défendu son titre à cette compétition malgré la perte du record national.

Leduc demeure cependant détentrice du record canadien du 200 m, établi à 22,36 secondes en 2024. Elle n’a pas réussi à abaisser cette marque cette saison, mais aucune autre Canadienne ne l’a menacée non plus.

Une saison hors norme malgré tout

Au-delà du sprint individuel, 2026 restera une année charnière pour Leduc grâce à ses exploits en relais. Début mai, au Botswana, lors des Championnats du monde de relais présentés à Gaborone, elle et ses coéquipières Marie-Éloise Leclair, Eliezer Adjibi et Duan Asemota ont réalisé un chrono de 40,07 secondes en séries du relais mixte 4 x 100 m. Ce temps a momentanément constitué un record du monde, avant d’être devancé quelques minutes plus tard par la Jamaïque, qui a couru en 39,99 s. En finale, le lendemain, le Canada a dû se contenter de l’argent en 40,23 secondes, toujours derrière la Jamaïque.

Une vingtaine de minutes après cette finale, Leduc a de nouveau grimpé sur le podium. Avec ses coéquipières Sadé McCreath, Marie-Éloïse Leclair et Donna Ntambue, elle a décroché l’argent au 4 x 100 m féminin, en 42,17 secondes, un nouveau record national.

De Gatineau à Laval-des-Rapides, un parcours enraciné au Québec

Le succès actuel de Leduc ne doit rien au hasard. Initiée à l’athlétisme dès l’âge de dix ans, elle a rapidement délaissé les autres disciplines pour se consacrer au sprint, où sa vitesse naturelle s’est révélée un atout précieux. Passée par le Rouge et Or de l’Université Laval, où elle a récolté plusieurs titres universitaires, la sprinteuse a longtemps porté les couleurs du Club d’athlétisme de Gatineau avant de s’établir à Laval-des-Rapides, un choix qui, dit-elle, lui rappelle l’atmosphère de sa ville natale tout en la rapprochant des installations d’entraînement montréalaises.

En avril 2024, elle avait fracassé un record vieux de 36 ans, celui d’Angela Bailey, qui datait de 1987, avec un chrono de 10,96 secondes. Elle avait ensuite abaissé cette marque à 10,94 s en juillet 2025 à Edmonton, avant de la céder cet été à McCreath.

Objectif : la scène mondiale

Après cette saison mouvementée, riche en titres nationaux mais aussi en rebondissements, Leduc garde désormais les yeux tournés vers la compétition internationale, où elle souhaite reproduire sur les distances individuelles les exploits déjà accomplis en relais. Avec une base d’entraînement solidement ancrée au Québec et une rivalité stimulante avec McCreath pour tirer le sprint canadien féminin vers le haut, la sprinteuse originaire de Gatineau continue, course après course, d’inscrire son nom un peu plus profondément dans l’histoire de l’athlétisme canadien.

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