Une maison italienne emblématique du luxe qui doit trouver de nouvelles sources de liquidités, deux détaillants canadiens qui se partagent un espace laissé vacant en plein centre-ville de Vancouver, et un magazine québécois qui récapitule, pour la rentrée, les meilleures adresses de mode d’ici : voilà qui referme, à sa façon, un mois d’août particulièrement mouvementé pour l’industrie.
Monde : Dolce & Gabbana cherche des liquidités hors de ses activités courantes
La maison italienne Dolce & Gabbana cherche à dégager des liquidités au moyen d’opérations financières exceptionnelles, après que ses banques créancières eurent accepté d’assouplir temporairement certaines conditions liées à sa dette, dans un contexte où la demande pour les produits de luxe demeure généralement faible. La maison s’est engagée à conclure ces opérations d’ici le 30 juin 2027, en échange d’une suspension du respect de certains covenants financiers jusqu’en mars 2028. La nouvelle illustre à quel point même les maisons les plus établies du secteur ne sont pas à l’abri des pressions financières qui ont marqué l’industrie du luxe au cours des deux dernières années, entre ralentissement de la demande chinoise et prudence accrue des consommateurs occidentaux.
Ce type de restructuration financière, de plus en plus fréquent chez les maisons familiales de taille moyenne du luxe italien, contraste avec les premiers signes de stabilisation observés cet été chez de grands groupes cotés en Bourse comme LVMH ou Kering. Ces signes ne permettent toutefois pas encore de parler d’une reprise généralisée du secteur. LVMH a certes renoué avec une légère croissance de sa division mode et maroquinerie au deuxième trimestre, une première en deux ans, mais les investisseurs sont restés sceptiques quant à l’ampleur réelle du redressement. Kering, de son côté, a plutôt vu ses revenus reculer sur le premier semestre. Pour les maisons indépendantes comme Dolce & Gabbana, en revanche, chaque ralentissement prolongé de la demande se traduit plus directement par une pression sur la trésorerie. La taille et la diversification, dans le luxe d’aujourd’hui, demeurent ainsi des atouts précieux en période d’incertitude.
Canada : Simons et Aritzia s’installent dans l’ancien espace Nordstrom à Vancouver
Du côté canadien, l’un des chapitres les plus marquants du commerce de détail de l’année continue de s’écrire à Vancouver. Simons, le détaillant québécois fondé à Québec en 1840, et Aritzia, fleuron vancouvérois, s’apprêtent tous deux à ouvrir de vastes magasins-phares dans l’ancien espace du grand magasin Nordstrom au centre-ville, laissé vacant depuis 2023 et dont la reconversion doit s’achever à l’automne 2027. Le succès du magasin Simons du Park Royal, qui a enregistré une croissance de plus de 30 % en 2025 et dont le commerce en ligne représente à lui seul environ 35 % des ventes en Colombie-Britannique, illustre bien l’appétit persistant des consommateurs pour l’enseigne québécoise.
Ce repositionnement survient alors qu’un vide important subsiste dans le paysage des grands magasins canadiens depuis la disparition de la Compagnie de la Baie d’Hudson, dont les derniers magasins ont fermé leurs portes en juin 2025. L’entreprise n’est pas parvenue à trouver preneur pour poursuivre l’exploitation de son réseau de grands magasins. Certains de ses actifs, dont sa propriété intellectuelle cédée à Canadian Tire et une partie de ses baux commerciaux, ont toutefois depuis trouvé acquéreur dans le cadre de la liquidation. Autant Simons qu’Aritzia se sont d’ailleurs vu attribuer, ces derniers mois, une partie du crédit de cet engouement grandissant pour l’achat canadien. Ce contexte continue, mois après mois, de façonner le paysage du commerce de détail du pays.
Québec et Montréal : la rentrée, l’occasion de regarnir sa garde-robe d’ici
Pour clore un mois marqué par les soubresauts tarifaires autant que par les podiums du Festival M.A.D., le magazine Châtelaine propose une sélection mise à jour de 28 marques de mode québécoises et canadiennes à découvrir pour la rentrée, allant des robes vaporeuses de la créatrice montréalaise Noémie Vaillancourt jusqu’aux jeans, chaussures et pièces basiques réinventées par une nouvelle génération de créateurs d’ici. La sélection, préparée par l’équipe de rédaction du magazine, se veut une invitation concrète à découvrir des marques accessibles à tous les budgets plutôt qu’un simple survol des podiums.
Ces initiatives témoignent néanmoins d’un intérêt persistant pour les marques québécoises et canadiennes, dans un contexte où les tensions commerciales et tarifaires ont remis l’achat local au cœur du discours sur la consommation. Reste à voir si cet intérêt continuera de se traduire, dans les mois à venir, par des choix concrets dans les paniers d’achat des consommateurs.



