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Shein prépare son entrée en Bourse, Roots accepte d’être rachetée

Deux transactions financières d’envergure dominent l’actualité mode de ce mardi : le géant chinois de l’ultra-fast-fashion Shein confirme enfin son entrée en Bourse, tandis qu’un pilier du vêtement canadien s’apprête à changer de propriétaire. Pendant ce temps, à Montréal, la mode continue de prendre la rue, bien après la fin du Festival M.A.D.

Monde : Shein confirme son entrée en Bourse à Hong Kong

Après des tentatives avortées à New York et à Londres, Shein a confirmé qu’elle sera cotée à la Bourse de Hong Kong à compter du 1er septembre. L’entreprise, fondée en Chine en 2012 et aujourd’hui basée à Singapour, prévoit de mettre sur le marché environ 280 millions d’actions, à un prix indicatif compris entre 47,60 et 49,50 dollars de Hong Kong, ce qui pourrait lui permettre de lever jusqu’à 13,86 milliards de dollars de Hong Kong, soit environ 1,77 milliard de dollars américains. Au sommet de cette fourchette, la capitalisation boursière de l’entreprise avoisinerait les 27 milliards de dollars américains. Cette valorisation ne représente qu’à peine le quart des quelque 100 milliards de dollars atteints lors d’une levée de fonds privée en 2022.

Ce repli marqué reflète les difficultés bien réelles auxquelles fait face le géant de la mode à petit prix : la croissance de ses revenus a ralenti à 8 % en 2025, contre plus de 20 % l’année précédente, et l’entreprise a essuyé une perte nette de 99 millions de dollars au premier trimestre 2026, en partie à cause de la disparition de l’exemption douanière américaine dite « de minimis » et d’une charge comptable exceptionnelle. Shein elle-même reconnaît, dans les documents déposés en vue de son inscription en Bourse, ne plus pouvoir garantir à ses futurs actionnaires une croissance aussi fulgurante qu’à ses débuts. Un aveu peu commun pour une entreprise qui a longtemps incarné, à elle seule, l’essor de la mode ultra-rapide.

Canada : Roots accepte d’être rachetée par Marquee Brands

Du côté canadien, c’est au tour de Roots de tourner une page importante de son histoire. La marque torontoise de vêtements et d’accessoires de style de vie, fondée en 1973, a conclu une entente en vue d’être retirée de la Bourse de Toronto dans le cadre d’une transaction dirigée par Marquee Brands, société américaine spécialisée dans la gestion de marques, moyennant 4,10 $ par action, soit une prime de 36 % par rapport au cours de clôture du 2 mars 2026, dernier jour de Bourse avant l’annonce de l’examen stratégique qui a mené à cette vente. L’entente, unanimement recommandée par le conseil d’administration de Roots, doit encore obtenir l’approbation des actionnaires, de la Cour et des autorités réglementaires avant sa clôture, prévue au quatrième trimestre.

Fait notable pour l’industrie canadienne : Marquee Brands s’est associée à JM&A Design and Development, une entreprise dirigée par les vétérans du commerce de détail Joseph Mimran et Frank Rocchetti. Mimran a fondé Club Monaco et créé Joe Fresh, tandis que Rocchetti a occupé des postes de haute direction chez Sears Canada et Loblaw. Les deux se sont depuis associés pour redresser des marques comme Tilley et Kit and Ace. JM&A agira comme partenaire opérationnel principal de Roots, supervisant le design, le développement, la fabrication et la distribution des vêtements de la marque, en plus des opérations de détail et de commerce électronique au Canada et aux États-Unis. Le siège social de Roots demeurera à Toronto. La marque rejoint ainsi Roberto Cavalli et BCBG dans le portefeuille de Marquee, qui promet de préserver l’identité canadienne de l’entreprise tout en cherchant à l’implanter plus largement sur les marchés internationaux. Si la transaction est menée à terme, elle entraînera la radiation des actions de Roots de la Bourse de Toronto.

Québec et Montréal : la mode continue de prendre la rue

À Montréal, la mode n’a pas complètement rangé ses podiums après la clôture du Festival M.A.D., dimanche dernier. L’initiative Défile ton Montréal, ou « La mode prend la rue », pilotée en collaboration avec Tourisme Montréal, continue de sillonner six quartiers de la métropole jusqu’au 10 septembre, de Montréal-Nord à la Promenade Wellington à Verdun, mobilisant au total plus de 1 280 artistes, artisans et interprètes locaux. Plutôt que de concentrer l’ensemble de sa programmation dans une salle fermée, l’initiative mise sur un dialogue direct entre chaque défilé et l’identité propre du quartier qui l’accueille, entre architecture, commerce de proximité et mémoire industrielle.

Cette approche décentralisée, qui distingue de plus en plus la mode montréalaise des grandes capitales internationales, prépare également le terrain pour la Semaine Mode de Montréal, prévue du 21 au 27 septembre, qui reprendra une formule similaire à l’échelle de 14 quartiers. Pour l’écosystème mode du Québec, l’enchaînement de ces deux rendez-vous illustre une conviction de plus en plus partagée par ses organisateurs : que la meilleure vitrine pour la création d’ici n’est pas nécessairement un podium unique, mais la ville elle-même.

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