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Mode : la guerre tarifaire reprend, L Catterton allège encore sa participation dans Birkenstock

Le répit n’aura duré que trois jours. Après l’annonce, la semaine dernière, d’un « DEAL » entre Ottawa et Washington sur les réseaux sociaux du président Trump, que Mark Carney avait lui-même qualifié plus prudemment de « progrès substantiels », les négociateurs des deux pays ne sont finalement pas parvenus à s’entendre sur les termes définitifs. Les tarifs de 50 % que redoutait tant l’industrie canadienne du vêtement sont entrés en vigueur samedi dernier, et Ottawa a depuis officialisé sa réplique. Pendant ce temps, à Montréal, plusieurs voix de l’industrie rappellent qu’il existe une façon bien concrète de contourner la tempête : magasiner d’ici.

Monde : L Catterton n’est plus actionnaire majoritaire de Birkenstock

Du côté des marchés, la firme de capital-investissement L Catterton, dans laquelle Bernard Arnault et LVMH détiennent des intérêts, a cédé une nouvelle tranche de sa participation dans le fabricant allemand de sandales Birkenstock, pour environ un milliard de dollars US, à 39,35 $ US l’action. Birkenstock elle-même prévoit racheter près de la moitié des titres offerts pour ensuite les annuler, une manœuvre qui a permis de limiter le recul du titre malgré l’ampleur de la transaction.

Ce désengagement, le troisième du genre depuis l’entrée en Bourse de l’entreprise en 2023 (après des cessions d’environ 756 millions $ en 2024 et d’environ 941 millions $ en 2025), marque cette fois un tournant : selon les données disponibles, la participation de L Catterton passerait d’environ 54 % à environ 40 % du capital, voire à 38 % si l’option de surallocation est pleinement exercée. La firme de capital-investissement, qui contrôlait la majorité des droits de vote depuis l’acquisition de l’entreprise en 2021, perdrait donc pour la première fois son statut d’actionnaire majoritaire. Un rappel que la santé apparente d’un titre en Bourse ne raconte pas toujours la même histoire que les mouvements, souvent plus discrets, de ses actionnaires de contrôle.

Canada : la trêve tarifaire aura été de courte durée

C’est le grand retour en arrière qui domine l’actualité canadienne cette semaine. Après l’euphorie de mardi dernier, lorsque le président Donald Trump avait annoncé sur les réseaux sociaux la conclusion d’un « DEAL » de principe avec le Canada (une annonce que le bureau du premier ministre canadien avait accueillie avec plus de retenue, évoquant des « progrès substantiels » mais un travail encore inachevé), les négociateurs des deux pays ne sont finalement pas parvenus à s’entendre. Vendredi soir, le premier ministre Mark Carney a annoncé suspendre les pourparlers avec Washington et rappeler ses négociateurs à Ottawa, dénonçant des conditions de dernière minute jugées inéquitables et peu rentables pour le Canada.

Résultat : les nouveaux tarifs américains de 50 % sur environ 27,6 milliards de dollars canadiens de produits canadiens, qui incluent une bonne partie du secteur du textile et de l’habillement, sont entrés en vigueur samedi, sans aucune exemption pour les marchandises conformes à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique. M. Carney a promis de répliquer « au dollar près » — une promesse depuis concrétisée : le 25 août, Ottawa a dévoilé la liste de ses contre-mesures, qui entreront en vigueur le 8 septembre et toucheront plus de 700 produits américains à des taux de 15 %, 25 % ou 50 %, pour une valeur équivalente de 27,6 milliards de dollars canadiens. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a de son côté qualifié l’échec des négociations d’« occasion manquée », rappelant que Washington offrait en retour d’importantes réductions tarifaires sur l’acier, l’aluminium, l’automobile et le bois d’œuvre.

Québec et Montréal : miser sur le « fait ici » plutôt que d’attendre Washington

Au Québec, la première ministre Christine Fréchette a réagi avec prudence à ce nouveau rebondissement, ayant elle-même indiqué avant l’échec des négociations qu’il lui restait des questions sur l’accord alors envisagé. Pour une industrie déjà échaudée par des semaines d’incertitude, ce nouveau recul illustre à quel point la stabilité entrevue la semaine dernière s’est révélée, en fin de compte, de très courte durée.

Dans ce climat, plusieurs voix de l’industrie montréalaise choisissent de recentrer l’attention sur ce qui reste entièrement sous le contrôle des consommateurs : le choix d’acheter local. Il n’a jamais été aussi facile de regarnir sa garde-robe de pièces conçues au Québec et au Canada. Une façon, pour beaucoup, de soutenir l’économie locale sans nécessairement sacrifier le style, à un moment où les grandes négociations commerciales, elles, continuent d’échapper à leur contrôle.

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