La confiance des Québécois envers la transparence et l’éthique des activités de lobbyisme demeure très faible. Selon une étude réalisée par Edelman pour Lobbyisme Québec, seulement 6 % des répondants estiment que le lobbyisme est pratiqué de manière transparente et éthique. Ce taux est inchangé depuis 2023.
Le sondage en ligne, mené du 5 au 19 juin auprès de 1 037 personnes connaissant l’existence du lobbyisme, montre parallèlement que 64 % des répondants se disent méfiants à l’égard de cette pratique.
La connaissance du fonctionnement du lobbyisme et du rôle de Lobbyisme Québec semble favoriser la confiance, mais la sensibilisation ne suffit pas à inverser la tendance. Les répondants réclament davantage d’informations sur les organisations représentées, les objectifs poursuivis et les enjeux défendus, ainsi qu’un respect plus strict des règles déontologiques.
Ils souhaitent également que les élus et les fonctionnaires divulguent davantage leurs interactions avec les lobbyistes, signalent les manquements et renforcent les mécanismes de surveillance.
L’étude révèle un important décalage entre la responsabilité attribuée aux différents acteurs et la confiance qui leur est accordée. L’écart atteint 106 points pour les parlementaires élus, 103 pour les lobbyistes, 102 pour les représentants du gouvernement et 100 pour les entreprises et organisations représentées.
Le lobbyisme n’est toutefois pas rejeté en bloc. Plusieurs répondants reconnaissent sa légitimité, notamment parce qu’il permet à des entreprises, des groupes et des organismes de faire valoir leurs intérêts auprès des décideurs publics. Les principales inquiétudes concernent plutôt l’influence indue, les conflits d’intérêts, le traitement préférentiel et le manque de transparence.
Pour le commissaire au lobbyisme, ces résultats témoignent d’un besoin de réformes. Un rapport spécial déposé en mai à l’Assemblée nationale propose notamment une divulgation plus rapide des activités d’influence et une responsabilisation accrue des organisations et des institutions publiques.



