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Georges St-Pierre se faisait voler ses vêtements et son argent à l’école. Aujourd’hui, un réalisateur québécois prépare un film sur sa vie

Ce qu’on ne raconte pas sur Georges St-Pierre, le petit gars de Saint-Isidore devenu l’un des plus grands champions de l’histoire de l’UFC

Georges St-Pierre a grandi dans un village de 2000 habitants, victime d’intimidation pendant des années, incapable de se défendre même après avoir commencé les arts martiaux. Aujourd’hui, il est considéré par plusieurs comme l’un des meilleurs combattants de l’histoire du MMA, et un réalisateur québécois s’apprête à porter sa vie au grand écran. Voici l’histoire derrière « GSP ».

Il se faisait voler ses vêtements et son argent à l’école

Né le 19 mai 1981 à Saint-Isidore, en Montérégie, fils de Roland et Pauline St-Pierre et frère de deux sœurs cadettes, Georges a connu une enfance difficile, fréquentant une école où d’autres élèves lui volaient régulièrement ses vêtements et son argent.

Son père l’a inscrit au karaté à 7 ans pour qu’il puisse se défendre… mais ça n’a pas suffi tout de suite

Ceinture noire de karaté kyokushin lui-même, son père Roland l’a inscrit à ce sport dès l’âge de sept ans, espérant lui donner force et confiance. Mais la réalité s’est révélée plus dure que prévu. « La vie, ce n’est pas comme dans un film, dirait plus tard Georges. Tu peux faire tout le karaté que tu veux, mais quand tu as huit ou neuf ans et qu’ils en ont douze… quand tu es seul et qu’ils sont trois… tu ne peux rien faire. C’est ça, la réalité. »

Même après avoir commencé le karaté, il restait souvent démuni face à des intimidateurs plus âgés

Georges ne cherchait généralement pas la confrontation face à ses intimidateurs, souvent plus vieux et plus costauds, parfois trois ou quatre à la fois. Mais il a raconté avoir tenté de riposter au moins une fois, enfant : humilié d’être traité de lâche par ses camarades d’autobus après que son père soit intervenu auprès du père d’un des intimidateurs, il s’est précipité vers l’arrière du véhicule pour tenter de le frapper — et s’est fait battre encore plus sévèrement, mais au moins on ne le traitait plus de lâche. « Je n’ai jamais rien lâché, et avec le temps, ils ont fini par me laisser tranquille », a-t-il confié à UFC.com. Il a même admis plus tard que ce bouclier mental développé dans sa jeunesse l’a énormément aidé face aux tactiques d’intimidation verbale utilisées par certains adversaires en conférence de presse, au sommet de sa carrière.

Il détenait le record de son école secondaire… au nombre de tractions

À l’école secondaire Pierre-Bédard, Georges détenait le record de l’établissement pour le nombre de tractions (chin-ups) effectuées. Après l’obtention de son diplôme, il s’inscrit en kinésiologie au Cégep Édouard-Montpetit.

Il a été éboueur pour financer ses propres méthodes d’entraînement

Adolescent, Georges a travaillé comme éboueur pendant environ six mois pour payer ses dépenses et poursuivre ses méthodes d’entraînement peu conventionnelles, à une époque où le MMA était loin d’être un sport reconnu ou financièrement viable au Québec.

À 12 ans, il détenait déjà un deuxième dan de ceinture noire

Contrairement à plusieurs combattants qui se spécialisent dans une seule discipline, Georges a choisi très tôt la polyvalence, combinant karaté, boxe, lutte et jiu-jitsu brésilien. Cette approche unique, amorcée alors qu’il n’avait que 12 ans et détenait déjà un deuxième dan en kyokushin, allait devenir sa signature dans l’octogone.

Il est devenu, selon plusieurs, l’un des plus grands champions des mi-moyens de l’histoire

Georges fait ses débuts à l’UFC en 2004. Il subit d’abord une défaite contre Matt Hughes à l’UFC 50, avant de le battre deux ans plus tard, à l’UFC 65 en 2006, pour devenir champion. Il perd ensuite son titre de façon choc contre Matt Serra en 2007, avant de le récupérer l’année suivante à Montréal — point de départ d’une domination presque sans précédent. Il défendra son titre neuf fois consécutivement, un record, en plus de remporter une fois le titre intérimaire des mi-moyens, contre Matt Hughes à l’UFC 79.

Il a quitté le MMA en 2013 pour une pause… alors qu’il était encore champion

Après une victoire serrée et controversée contre Johny Hendricks à l’UFC 167 en novembre 2013 — sa neuvième défense de titre consécutive — Georges St-Pierre annonce qu’il vacate son titre des mi-moyens et prend une pause, invoquant le stress intense lié au sport. Ce n’était toutefois pas encore sa retraite définitive : elle ne sera officiellement annoncée que cinq ans plus tard, en février 2019.

Il est revenu quatre ans plus tard pour un exploit rarissime

En 2017, après quatre ans loin de l’octogone, Georges revient pour affronter Michael Bisping pour le titre des poids moyens, lors du UFC 217 disputé au Madison Square Garden de New York. Il soumet Bisping et remporte le titre, devenant seulement le quatrième combattant de toute l’histoire de l’UFC à détenir des ceintures dans deux catégories de poids différentes. Il abandonnera ce titre quelques semaines plus tard pour des raisons de santé (colite ulcéreuse).

Sa retraite définitive : le 21 février 2019, à Montréal

Le 21 février 2019, à une conférence de presse au Centre Bell de Montréal, Georges St-Pierre annonce officiellement sa retraite du MMA, mettant fin à des mois de spéculation autour d’un possible combat contre Khabib Nurmagomedov. « J’annonce ma retraite. Il n’y a pas de larmes. Je suis très heureux de le faire », avait-il déclaré, ajoutant avoir toujours voulu se retirer de son propre chef plutôt qu’on le lui impose.

Sa fiche finale : 26 victoires, seulement 2 défaites, en 17 ans de carrière

Au terme de ses 28 combats professionnels étalés sur 17 ans, Georges St-Pierre conclut sa carrière avec une fiche de 26 victoires et seulement 2 défaites, incluant des victoires contre des futurs membres du Panthéon de l’UFC comme BJ Penn, Matt Hughes, Matt Serra et Michael Bisping lui-même — il a d’ailleurs vengé ses deux seules défaites, contre Hughes et Serra. Il est intronisé au Panthéon de l’UFC en 2020.

Le patron de l’UFC l’a déjà déclaré plus célèbre que Wayne Gretzky

En 2010, le président de l’UFC, Dana White, a provoqué tout un débat en affirmant que Georges St-Pierre était « un milliard de fois plus célèbre que n’importe quel autre athlète jamais sorti du Canada, y compris Wayne Gretzky ». Un sondage Presse canadienne-Harris Decima publié en janvier 2011 a tempéré cette affirmation, plaçant plutôt Gretzky au premier rang et GSP au septième parmi onze personnalités canadiennes sondées, le combattant terminant tout de même devant le premier ministre de l’époque, Stephen Harper.

Il a joué aux côtés de Chris Evans dans un film Marvel

En dehors de l’octogone, Georges St-Pierre s’est bâti une carrière au cinéma, incarnant Batroc le Sauteur aux côtés de Chris Evans dans « Captain America : Le Soldat de l’hiver » en 2014, en plus d’apparaître dans les films « Kickboxer : Vengeance » (2016), « Cartels » (2017) et « King of Killers » (2023).

Un réalisateur québécois prépare actuellement un film sur sa vie

En mars 2026, le magazine Variety révèle qu’un long métrage biographique sur Georges St-Pierre est officiellement en développement, sous la direction du cinéaste québécois Thomas Soto. Le film retracera le parcours de Saint-Isidore jusqu’à l’histoire de l’octogone. « Je veux raconter l’histoire de Georges derrière GSP d’une façon intime, honnête et profondément humaine », a expliqué Soto. St-Pierre lui-même a confirmé le projet : « On pensait raconter mon histoire depuis un moment déjà, et quand on a trouvé la bonne équipe, c’est devenu clair qu’on voulait l’aborder d’une façon nouvelle et créative. » Le projet en est encore au stade du développement; le casting et le calendrier de tournage doivent être annoncés ultérieurement.

Du petit garçon dépouillé de ses vêtements dans la cour d’école jusqu’au sujet d’un long métrage biographique à venir, en passant par un titre de champion défendu neuf fois de suite et un retour légendaire après quatre ans d’absence, Georges St-Pierre incarne peut-être mieux que quiconque une vérité simple : l’humilité, forgée dans l’adversité de l’enfance, peut devenir la plus grande arme d’un champion.

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