Le Parti libéral du Québec (PLQ) demande au gouvernement de confier à la Sûreté du Québec une enquête indépendante sur les allégations de gestes à caractère raciste impliquant des policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), estimant que la confiance du public est en jeu.
Dans un communiqué publié lundi, les députées libérales Jennifer Maccarone et Madwa-Nika Cadet ont exhorté le ministre de la Sécurité intérieure à intervenir afin qu’un corps policier externe prenne en charge l’enquête.
Selon l’opposition officielle, permettre au SPVM d’examiner lui-même les allégations visant certains de ses membres risquerait de soulever des questions quant à l’impartialité du processus. Les élues estiment qu’une enquête menée par la Sûreté du Québec offrirait davantage de garanties de transparence et d’indépendance.
« Il faut faire la lumière sur ces événements avec objectivité afin de rassurer les citoyens et de maintenir la confiance envers nos forces de l’ordre », a déclaré Jennifer Maccarone.
Madwa-Nika Cadet a pour sa part soutenu que toute allégation de racisme doit être examinée avec « la plus grande rigueur », ajoutant qu’une enquête véritablement indépendante constitue une condition essentielle pour préserver le sentiment de sécurité et de respect au sein de la population.
Cette intervention survient dans la foulée de récentes révélations concernant des comportements présumés racistes au sein du Service de police de la Ville de Montréal. Les députées libérales affirment que la situation soulève des préoccupations importantes quant à la confiance du public envers les institutions policières.
Au moment de la publication du communiqué, le gouvernement n’avait pas indiqué s’il comptait donner suite à la demande du PLQ. L’ampleur des allégations et les circonstances entourant les événements visés n’avaient pas encore été précisées publiquement.
Pour l’opposition officielle, seule une enquête menée à l’extérieur du SPVM permettra d’établir les faits de manière crédible et de préserver l’intégrité du processus.
La société minière canadienne Ressources PMET affirme avoir franchi une étape importante vers la transformation locale du lithium québécois, après avoir identifié une technologie permettant potentiellement de produire du carbonate de lithium de qualité batterie directement sur son projet Shaakichiuwaanaan, dans la région d’Eeyou Istchee Baie-James.
Dans un communiqué publié dimanche, l’entreprise a indiqué qu’une étude conceptuelle menée avec le groupe australien Primero a retenu le procédé de lixiviation atmosphérique ALiMD comme option privilégiée parmi sept scénarios de transformation évalués. Des essais réalisés en Australie sur du concentré de spodumène provenant du gisement québécois ont permis d’obtenir un carbonate de lithium affichant une pureté de 99,8 %, un niveau compatible avec les exigences de l’industrie des batteries.
PMET estime qu’une transformation directement sur le site minier pourrait réduire considérablement les coûts logistiques liés au transport du minerai, tout en diminuant l’empreinte carbone de la chaîne d’approvisionnement grâce à l’utilisation de l’hydroélectricité québécoise.
« Il pourrait s’agir d’une démarche alternative crédible où le lithium serait transformé en produits de qualité batterie dès la sortie de la mine », a déclaré le président et chef de la direction de l’entreprise, Ken Brinsden.
La société souligne toutefois que cette stratégie demeure à l’étape préliminaire. Les travaux annoncés ne constituent ni une étude de préfaisabilité ni une étude de faisabilité au sens des normes minières canadiennes, et aucun scénario économique détaillé n’a encore été publié.
PMET prévoit poursuivre les essais techniques au cours de la prochaine année afin d’évaluer la viabilité d’une production de carbonate de lithium à grande échelle. Le projet Shaakichiuwaanaan, présenté comme l’un des plus importants gisements de lithium en roche dure au monde, fait déjà l’objet d’une étude de faisabilité positive visant la production de concentré de spodumène.
L’ouverture officielle du nouvel Aéroport métropolitain de Montréal (MET), à Saint-Hubert, a été marquée lundi par une manifestation de syndiqués de Pascan Aviation, venus dénoncer l’impasse qui perdure dans leurs négociations collectives depuis plusieurs mois.
Des membres du Syndicat des agentes et agents de bord de Pascan Aviation (SCFP 5490) ont accueilli les premiers passagers du nouvel aéroport en distribuant des messages de sensibilisation sur leur conflit de travail. Les employés sont en grève depuis le 28 octobre 2025 et affirment que les discussions avec l’employeur sont au point mort depuis plus de deux mois.
Selon le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), les travailleurs réclament une deuxième convention collective comportant de meilleures conditions de travail et une reconnaissance accrue de leur contribution au sein de la compagnie aérienne régionale.
« Nos membres se battent pour obtenir une convention collective qui reconnaît pleinement la valeur de leur travail », a déclaré le président du SCFP-Québec, Patrick Gloutney, accusant l’entreprise d’adopter une attitude inflexible dans les négociations.
La mobilisation a reçu l’appui de plusieurs dirigeants de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), dont sa présidente, Magali Picard, et son secrétaire général, Olivier Carrière.
Le syndicat reproche également à Pascan Aviation d’avoir recours à des travailleurs de remplacement. « L’entreprise contourne la loi anti-briseurs de grève de façon odieuse », a affirmé la secrétaire générale du SCFP-Québec, Fanny Demontigny.
Cette manifestation a jeté une ombre sur l’inauguration du MET, un projet présenté comme une nouvelle porte d’entrée aérienne pour la région métropolitaine. Alors que les activités de l’aéroport débutent officiellement, le conflit de travail chez Pascan Aviation demeure sans règlement en vue.
Maxime Crépeau a vécu la finale de MLS la plus dramatique de l’histoire. Fracture de la jambe droite, carton rouge, civière, Gareth Bale, tirs au but — tout ça en dix minutes. Et la semaine suivante, il regardait la Coupe du monde sur son divan, la jambe plâtrée. Quatre ans plus tard, Jesse Marsch lui annonce à Montréal qu’il sera le gardien titulaire du Canada. Même lieu. Même coach. Boucle bouclée.
par Jean Emmanuel Duchemin | Série Mondial 2026
Le 5 novembre 2022, au BMO Stadium de Los Angeles, Maxime Crépeau est dans les filets du Los Angeles FC pour la finale de la Coupe MLS. Le match est à 2-2, on joue les prolongations. Il reste dix minutes.
À la 110e minute, une mauvaise passe en retrait d’un défenseur envoie l’attaquant de l’Union de Philadelphie Cory Burke en échappée seule face au but. Crépeau n’a pas le temps de réfléchir. Il sort de sa surface. Il plonge. Il bloque le tir.
Et sa jambe droite se fracture au contact.
Il le sait immédiatement. Allongé sur la pelouse, avant même que les soigneurs n’arrivent, il agite frénétiquement la main vers le banc du LAFC. Sa jambe est cassée. Lui le sait. Son équipe doit le savoir.
Il quitte la pelouse sur une civière — carton rouge brandi par l’arbitre pour avoir interrompu une occasion franche de marquer, blessure grave, Coupe du monde envolée. Il encourage ses coéquipiers depuis la civière, le poing levé, alors qu’il part vers l’hôpital.
La suite ? Gareth Bale — oui, ce Gareth Bale, la légende galloise qui finissait sa carrière en MLS — égalise à la 128e minute. Puis John McCarthy, le gardien remplaçant qui n’avait joué qu’un seul match de la saison régulière, arrête deux tirs au but.
Le LAFC remporte son premier titre de champion de MLS. 3-0 aux tirs au but, après un 3-3 en prolongation.
C’est la finale la plus épique de l’histoire de la MLS. Et son héros principal est allongé sur une table d’opération à Los Angeles.
Greenfield Park, Candiac, la Rive-Sud
Le 11 mai 1994, Maxime Crépeau naît à Greenfield Park au Québec — une ville au bord du Saint-Laurent, à deux pas de Longueuil, sur la Rive-Sud de Montréal. Il grandit à Candiac, à quelques kilomètres de là. Son père s’appelle Rémi, sa mère Huguette Brodeur. Il a un frère, Simon.
Et la famille Brodeur, ça ne rigole pas avec le sport. Sa tante, Linda Brodeur, est une ancienne volleyballeuse de haut niveau. Sa cousine, Geneviève Fraveau, a représenté le Canada en aviron. Le sport coule dans les veines de cette famille de la Rive-Sud.
À dix ans, Maxime choisit les buts. Une clarté immédiate : voir le terrain depuis ce point de vue singulier, être le dernier rempart, le seul qui peut toucher le ballon à la main. Il joue avec les Celtix du Haut-Richelieu en 2008 et 2009, puis rejoint le Centre national de haute performance entre 2007 et 2010.
En 2010, il intègre l’académie de l’Impact de Montréal. Le 5 mars 2013, à 18 ans, il signe son premier contrat professionnel avec l’Impact. L’entraîneur qui le fait signer ? Un certain Jesse Marsch — alors coach de l’Impact, aujourd’hui sélectionneur de l’équipe nationale canadienne.
La boucle commence à se tisser.
Cinq ans à attendre. Une saison à Ottawa pour tout changer.
Ses premières années à l’Impact sont un exercice de patience forcée. De 2013 à 2017, il cumule les bancs de touche, les prêts, les matchs de USL avec l’équipe réserve. En 2017, il joue trois matchs en MLS avec l’Impact.
Trois matchs en quatre ans.
À la fin de la saison 2017, l’Impact repêche le gardien Clément Diop au repêchage. Le message est clair : Crépeau n’est pas dans les plans. Il demande à être transféré.
La solution trouvée : un prêt au Fury d’Ottawa pour la saison 2018 en USL — la deuxième division américaine. Et là, loin des projecteurs, sur les terrains défoncés de la USL, quelque chose se passe. Crépeau enchaîne les blanchissages. Il finit la saison avec 15 jeux blancs en 31 matchs — un record absolu de la USL, toutes saisons confondues. Il est nommé Gardien de l’année de la ligue.
Vancouver le repère. En décembre 2018, les Whitecaps l’acquièrent de Montréal.
« Ma mentalité, c’est : je ne perds pas un seul duel »
À Vancouver, Crépeau est enfin un titulaire. Il s’y installe quatre ans, devient le visage de la franchise, un des meilleurs gardiens de la MLS.
Son coach Marc Dos Santos — un Québécois qu’on a croisé dans l’article sur David, et qui l’avait repéré à 15 ans déjà — dit de lui : « Il est arrivé avec la mentalité de : « C’est ma grande chance, je dois la saisir. » Normalement les gardiens ne brillent pas quand les choses vont mal. Lui est resté sur le droit chemin, il a donné le meilleur de lui-même. »
Crépeau lui-même résume sa philosophie en une phrase, répétée dans plusieurs interviews : « Quand je revêts mon uniforme, mon esprit va dans un endroit où tout tourne autour de la compétitivité. Ma mentalité, c’est : je ne perds pas un seul duel. »
En 2022, il rejoint le LAFC. Et en novembre, survient cette finale de la MLS Cup.
La semaine d’après : le divan, le plâtre et le Mondial sur RDS
Le lundi suivant la finale, l’équipe nationale canadienne entamait son camp de préparation au Bahreïn — la toute première Coupe du monde de l’histoire du Canada depuis 1986 allait commencer dans deux semaines.
Crépeau avait une place dans l’avion. Il était le remplaçant de Milan Borjan.
La première séance d’entraînement du Canada au Bahreïn, ce lundi-là, a été « assombrie » par la nouvelle, selon la formule de La Presse. Le sélectionneur John Herdman a dit simplement : « Je pense que tout le monde est juste dévasté par la façon dont ça s’est passé. »
Maxime Crépeau, lui, a regardé la Coupe du monde depuis son canapé, la jambe plâtrée, en rééducation.
Quelque part à Los Angeles, il a regardé ses coéquipiers affronter la Belgique, la Croatie et le Maroc. Il a regardé Jonathan David rater un penalty contre la Croatie. Il a regardé le Canada perdre les trois matchs du groupe et rentrer à la maison.
Et il a travaillé.
Le retour, puis Orlando, puis la boucle bouclée
Il revient sur les terrains 260 jours après la finale, en juillet 2023. Le LAFC publie une vidéo intitulée Le retour d’un héros.
Après un passage par les Portland Timbers, il signe à Orlando City en janvier 2024 — avec une intention déclarée : se battre pour le poste de titulaire du Canada face à Dayne St. Clair, le gardien du Minnesota United nommé gardien de l’année de la MLS en 2025.
Le duel dure des mois. Le camp de préparation pour le Mondial se passe à Charlotte, en Caroline du Nord. Personne ne sait encore qui sera numéro un.
Et puis, le 5 juin 2026, Jesse Marsch convoque une conférence de presse à Montréal — au Stade Saputo, à quelques mètres de la salle où, 14 ans plus tôt, ce même Marsch avait fait signer à ce même Crépeau son tout premier contrat professionnel.
Il annonce : Maxime Crépeau sera le gardien titulaire du Canada à la Coupe du monde 2026.
Crépeau : « C’est parfois incroyable comment la vie nous réserve des surprises. Je n’ai jamais caché que Montréal, c’est ma maison. Là où sont plantées mes racines. Le fait que ça nous a menés ici, juste avant le dernier match précédant la Coupe du monde, je vais garder ça avec moi pendant longtemps. »
Il ajoute : « Il y a eu beaucoup d’efforts dans les dernières années. On a une expression qui dit : ça prend un village. Mon entourage, ma famille, mes proches, les gens qui m’ont appuyé pendant toutes ces années. »
Ce qu’il faut retenir
Maxime Crépeau n’est pas le joueur le plus connu de cette équipe. Il n’a pas grandi en Côte d’Ivoire, il n’a pas fui une guerre, il n’a pas été déclaré inéligible par la FIFA, il n’a pas signé dans un club légendaire à 20 ans.
Il est de Candiac. Il a attendu cinq ans pour jouer en MLS. Il s’est cassé la jambe pour sauver un match qu’il ne verrait jamais se terminer, et il a regardé la Coupe du monde depuis son divan la jambe dans le plâtre.
Et maintenant, à 32 ans, dans le stade où il a signé son premier contrat, devant le même coach qui avait paraphé ce contrat, il apprend qu’il sera le gardien titulaire de son pays au Mondial.
Dans le sport, les histoires de vengeance sont souvent bruyantes. Celle de Crépeau, elle, est québécoise — silencieuse, tenace, et terriblement belle.
Le Conseil des arts du Canada a annoncé dimanche la création d’un nouveau fonds de 25 millions de dollars destiné à soutenir les artistes et les organismes culturels de l’Alberta au cours des cinq prochaines années.
Baptisé « Accent sur l’Alberta », ce programme vise à renforcer la capacité du secteur artistique albertain à créer, collaborer et rejoindre de nouveaux publics dans l’ensemble de la province, des grands centres urbains aux communautés rurales, éloignées et autochtones.
Selon le Conseil des arts du Canada, cette initiative répond à une demande exprimée depuis plusieurs années par les acteurs culturels albertains, qui souhaitent bénéficier d’un soutien accru pour développer leurs projets et faire rayonner leurs œuvres.
« Notre objectif est simple : permettre aux artistes et aux organismes artistiques d’accéder aux ressources dont ils ont besoin pour réaliser leur travail et avoir un impact concret dans leurs communautés », a déclaré Michelle Chawla, directrice et chef de la direction du Conseil des arts du Canada.
Le fonds est le résultat de trois années de consultations et de collaboration avec des organismes de soutien aux arts de la province. Les sommes accordées serviront notamment à financer des projets artistiques, à renforcer les capacités organisationnelles et à favoriser l’accès du public aux activités culturelles.
Le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, a salué cette annonce, estimant que les arts jouent un rôle essentiel dans la société canadienne. « Les arts reflètent nos histoires, rassemblent les gens et contribuent à notre économie. Ce fonds aidera les créateurs albertains à faire connaître leur travail ici comme à l’international », a-t-il affirmé.
Cette nouvelle enveloppe s’inscrit dans une stratégie plus large du Conseil des arts visant à mieux répondre aux réalités régionales et à soutenir le développement d’un secteur culturel dynamique partout au Canada.
Personnes citées : Michelle Chawla, Marc Miller. Organisation : Conseil des arts du Canada. Place : Alberta.
Le gouvernement du Québec et l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires ont conclu une entente de principe en vue du renouvellement de leur entente-cadre, mettant fin à plus d’un an de négociations depuis l’échéance de la précédente convention, le 31 mars 2025.
L’accord, dont les détails demeurent confidentiels jusqu’à son approbation par les membres de l’AQPP, couvrirait la période 2025-2030 et concernerait près de 2 100 pharmaciens propriétaires répartis dans environ 1 900 pharmacies à travers la province.
Selon les informations rendues publiques vendredi, l’entente vise à adapter le cadre de rémunération et d’organisation des services à l’évolution du rôle des pharmaciens dans le réseau de la santé. Au cours des dernières années, ceux-ci se sont vu confier davantage de responsabilités cliniques, notamment en matière de prescription, de substitution et d’administration de médicaments.
Le gouvernement soutient que l’accord doit contribuer à améliorer l’accès aux services de proximité et à renforcer la prise en charge des patients en première ligne, alors que le réseau de la santé continue de faire face à des enjeux d’accessibilité.
De son côté, l’AQPP a confirmé qu’une entente de principe avait été conclue avec Québec, précisant qu’elle devra être présentée à ses membres lors d’une assemblée générale extraordinaire avant d’être soumise à un vote conformément à ses règles internes.
L’entente s’inscrit également dans le contexte du déploiement du projet de loi 67, qui élargit certaines responsabilités des pharmaciens et vise à accroître leur contribution aux soins de première ligne.
Représentant l’ensemble des pharmaciens propriétaires de la province, l’AQPP indique que les pharmacies communautaires emploient près de 49 000 personnes au Québec. Plus d’un million de consultations y sont réalisées chaque semaine, faisant des pharmacies l’un des principaux points d’accès aux services de santé pour la population.
Aucune date n’a encore été annoncée pour le vote des membres sur l’entente de principe.
Le gouvernement du Québec a adopté le projet de loi n° 24 afin de renforcer la lutte contre l’usurpation d’identité et l’utilisation frauduleuse de l’image de personnes dans des publicités trompeuses, un phénomène amplifié par les réseaux sociaux et les outils d’intelligence artificielle.
La nouvelle législation crée un mécanisme d’intervention rapide confié à l’Office de la protection du consommateur (OPC) et à l’Autorité des marchés financiers (AMF), qui pourront désormais agir de manière concertée pour faire cesser la diffusion de contenus frauduleux.
Les victimes dont l’image ou l’identité a été utilisée sans consentement, tout comme les consommateurs lésés, pourront déposer une plainte auprès de l’OPC. Les dossiers seront traités en priorité et, lorsqu’ils concernent des produits financiers, transmis en collaboration avec l’AMF.
La loi accorde également aux dirigeants de ces deux organismes un nouveau pouvoir d’ordonnance leur permettant d’exiger le retrait immédiat des publicités frauduleuses et la destruction des images utilisées illégalement, sans attendre une décision judiciaire. En cas de non-respect, l’ordonnance pourra être homologuée par la Cour supérieure, exposant les contrevenants à une accusation d’outrage au tribunal pouvant entraîner une peine d’emprisonnement.
Le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, estime que cette réforme permettra de mieux protéger les citoyens contre les hypertrucages et les fausses publicités exploitant l’image de personnalités publiques. De son côté, le ministre des Finances, Eric Girard, affirme que la mesure renforcera la lutte contre les fraudes liées aux faux produits financiers et offrira une protection accrue aux consommateurs québécois.
Le premier ministre canadien, Mark Carney, a annoncé dimanche un investissement pouvant atteindre deux millions de dollars afin de soutenir une vaste initiative commémorative marquant les 180 ans de l’arrivée massive d’Irlandais au Canada durant la Grande Famine du XIXe siècle.
Lors d’une rencontre officielle avec la nouvelle présidente irlandaise, Catherine Connolly, dans le comté de Mayo, dans l’ouest de l’Irlande, M. Carney a souligné la profondeur des liens historiques qui unissent les deux pays.
Les deux dirigeants ont mis en avant la « fraternité durable » entre le Canada et l’Irlande, fondée sur une histoire commune, des valeurs démocratiques partagées et des échanges humains qui se poursuivent depuis des générations.
Le financement annoncé par Ottawa servira à soutenir l’initiative « Canada-Irlande 180 », prévue en 2027. Celle-ci commémorera l’arrivée de plus de 100 000 Irlandais ayant fui la famine qui ravageait leur pays au milieu du XIXe siècle. Les fonds permettront notamment d’appuyer des artistes des deux pays, des festivals, des galeries d’art ainsi que diverses institutions culturelles chargées de raconter cette page marquante de l’histoire canadienne.
M. Carney et Mme Connolly ont également abordé les enjeux internationaux, notamment leur attachement au multilatéralisme et à la modernisation des institutions internationales comme l’Organisation des Nations Unies.
Ismaël Koné a fui la guerre civile ivoirienne avec sa mère à 7 ans, a grandi dans Notre-Dame-de-Grâce, et est aujourd’hui le milieu de terrain le plus électrique et le plus imprévisible de l’équipe canadienne. Portrait d’un surdoué qui continue d’étonner — parfois pour les mauvaises raisons, souvent pour les bonnes.
par Jean Emmanuel Duchemin | Série Mondial 2026
Dans le troisième épisode du documentaire officiel de l’Olympique de Marseille, intitulé Sans jamais rien lâcher et diffusé sur YouTube, on voit une scène qui a fait le tour des réseaux sociaux de football en quelques heures.
Roberto De Zerbi, entraîneur de l’OM, l’un des techniciens les plus réputés d’Europe, s’en prend à un joueur lors d’un entraînement. Voix qui monte. Tension palpable. Et la réplique qui clôt la scène : « Appelle ton agent ! Qu’il vienne ici ! »
Le joueur en question, c’est Ismaël Koné.
Ce que le documentaire ne montre pas, c’est la suite. Deux hommes qui se retrouvent à Londres quelques mois plus tard. Une accolade. Une longue conversation. Et Koné qui confie à La Gazzetta dello Sport : « Il m’a serré très fort dans ses bras. Nous avons parlé de beaucoup de choses, comme si rien ne s’était passé. Je ne dirai jamais quelque chose de mauvais sur Roberto. »
Voilà, en deux scènes, qui est Ismaël Koné. Le conflit en direct, la réconciliation en silence. L’intensité d’abord, la nuance après.
Abidjan, la guerre, et un billet pour Montréal
Le 16 juin 2002, Ismaël Kenneth Jordan Koné naît à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Sa mère voit son fils taper dans un ballon dès l’âge de deux ans. Elle comprend rapidement qu’il y a quelque chose là.
En 2002, la Côte d’Ivoire bascule dans une guerre civile. Le pays se fracture entre le Nord et le Sud. La violence s’installe, les déplacements de population aussi. Sa mère prend une décision : partir. Trouver ailleurs, pour son fils, un monde plus stable, de meilleures chances.
En 2010, quand Ismaël a sept ans — il tient à préciser « j’allais avoir 8 ans » — ils arrivent à Montréal. Juste eux deux. Son père, sa grand-mère, ses oncles, ses cousins, ses tantes : tous restés en Côte d’Ivoire.
« Je suis parti jeune. J’ai laissé ma famille. J’ai laissé mes amis. C’était un peu difficile pour moi », confie-t-il. « C’était juste moi et ma mère, mais j’ai traversé ça et je suis heureux d’être Canadien maintenant. »
Ils s’installent dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, à l’ouest de l’île de Montréal. Bilingue, populaire, diverse. Koné apprend le froid, apprend le rythme québécois, apprend à se faire des amis dans une nouvelle langue dans une nouvelle ville.
Et il joue au soccer, avec les Panthers de l’AS Notre-Dame-de-Grâce — un club de quartier, tout ce qu’il y a de plus local.
De NDG à la Serie A en dix ans
À 16 ans, il rejoint le CS Saint-Laurent, où il se fait remarquer assez vite. En 2019, il remporte la médaille de bronze au Championnat canadien U17. En 2020, il part en essai en Belgique — KRC Genk et Royal Excel Mouscron — mais la COVID-19 interrompt tout. Il rentre à Montréal.
De retour, il s’entraîne avec les U23 du CF Montréal. L’entraîneur Wilfried Nancy — Français, Martiniquais d’origine, qui deviendra plus tard champion de MLS avec Columbus — le repère. Il l’invite au camp de la première équipe en mars 2021.
Nouveau problème : des « technicités des règles de la MLS » l’empêchent d’abord de signer un contrat. Puis il se blesse au genou. Tout ça ralentit encore les choses. Le 13 août 2021, le contrat est enfin signé.
Six mois plus tard, le 23 février 2022, il fait ses débuts professionnels en titulaire contre le Club Santos Laguna en Ligue des champions de la CONCACAF. Il marque. Le score final : 3-0 pour Montréal. Premier match, premier but.
En décembre 2022, le CF Montréal annonce son transfert à Watford, en Angleterre, pour 8 millions d’euros — le transfert record de l’histoire du club à ce moment-là. Koné a 20 ans.
Ensuite : Marseille (2024), Rennes (prêt, 2025), Sassuolo (prêt, 2025-26). Quatre pays, cinq clubs en quatre ans. Trois grandes ligues européennes. Et en parallèle : la Copa América 2024, le Mondial du Qatar en 2022.
Au Qatar, dans la chambre d’hôtel, avec ses amis de NDG
Il y a une image d’Ismaël Koné au Mondial 2022 qui n’a jamais été photographiée, mais qui dit tout.
Tout allait si vite depuis ses débuts avec le CF Montréal — en moins de deux ans, il était passé de joueur amateur à international canadien à la Coupe du monde — qu’il n’avait pas eu le temps de réaliser l’ampleur de ce qui lui arrivait.
Au Qatar, il avait fait venir ses meilleurs amis de Montréal pour partager l’événement. Et c’est là, à l’hôtel, entouré des mêmes gars avec qui il traînait à NDG, qu’il a commencé à comprendre. Il confie : « Je suis le seul qui a été choisi à travers ce groupe pour accomplir ce rêve. »
Sa mère, elle, était présente à Watford quelques semaines après, lors du reportage de Radio-Canada — venue pour lui rendre visite et lui donner « quelques trucs de cuisine ». Cette femme qui a tout quitté pour lui offrir un avenir était là, dans son appartement anglais, à lui enseigner des recettes ivoiriennes.
« Appelle ton agent ! » — et la vraie histoire de Marseille
L’été 2024, l’OM le recrute pour environ 12 millions d’euros en provenance de Watford. Roberto De Zerbi, arrivé lui aussi dans la foulée, veut faire de Koné une pièce maîtresse de son système.
Ça ne se passe pas comme prévu.
Le clash devient public via le documentaire du club. La scène — De Zerbi qui s’emporte, Koné en face — fait des millions de vues. Koné, lui, dit n’avoir pas su que cet échange serait inséré dans le documentaire : « C’était une décision de Marseille. Je ne savais pas qu’ils allaient l’insérer. »
Dans La Gazzetta dello Sport, il explique la nature du désaccord, avec une clarté désarmante : « Lui veut qu’au milieu de terrain on joue en une ou deux touches, mais moi j’ai besoin d’un peu de liberté. Nous sommes deux personnes qui aiment le football, mais avec deux visions différentes. »
Il est prêté à Stade Rennais en janvier 2025. Là, son entraîneur Habib Beye le décrit comme « un joueur d’une immense qualité ». Il retrouve son football. Et en toute fin de saison, lors du dernier match de Ligue 1 au Stade Vélodrome, il marque un but de 30 mètres contre son propre club parent, Marseille. Un canon, sur une trajectoire parfaite, dans le but de l’OM.
Le geste après le but ? Discret. Respectueux. Mais les 60 000 spectateurs du Vélodrome ont bien compris le message.
Le surdoué qui s’autosabote — et qui apprend
RDS, en mars 2026, publiait un portrait au vitriol tendre d’Ismaël Koné : « Sa carrière est jalonnée d’autant de moments de pur génie que de dures leçons d’humilité. L’étalage d’un talent hors catégorie qui chevauche des éclairs d’immaturité dans un cycle perpétuel. »
Et cette phrase de Wilfried Nancy, son premier entraîneur au CF Montréal : il avait pensé « jeter l’éponge » avec lui, fatigué de le voir répéter les mêmes erreurs.
Sauf que Nancy ne l’a pas lâché. Et Koné, aujourd’hui à 23 ans en Serie A avec Sassuolo — 6 buts en 32 matchs cette saison — est en train de prouver que la leçon a été retenue. Qu’un surdoué qui apprend de ses erreurs est plus dangereux qu’un surdoué sans erreurs.
Son coach à Rennes l’avait bien dit : « Ismaël est un joueur d’immense qualité. »
Ce qu’il faut retenir
Ismaël Koné n’est pas le personnage le plus facile de cette équipe canadienne. Il est trop imprévisible pour ça. Trop libre dans ses mouvements, trop direct dans ses opinions, trop vivant pour rentrer dans une case propre.
Mais il incarne quelque chose de précieux dans ce groupe : la capacité à traverser l’adversité — une guerre civile, une immigration à 7 ans, un conflit public avec l’un des entraîneurs les plus exigeants d’Europe — et à en sortir plus fort, balle au pied, prêt à tout fracasser.
Un gamin de Notre-Dame-de-Grâce. Un milieu de Serie A. Et cet été, une Coupe du monde à jouer dans sa ville.
La journaliste d’enquête Carrie Tait a reçu samedi le Prix Charles Bury de l’Association canadienne des journalistes (ACJ), une distinction soulignant sa contribution au journalisme d’intérêt public et son engagement envers le droit à l’information.
Remis lors de la cérémonie annuelle de l’ACJ à l’Université Carleton, à Ottawa, le prix récompense des journalistes ou organisations ayant démontré un courage et une persévérance remarquables dans l’exercice de leur profession.
Correspondante au bureau de Calgary du The Globe and Mail, Carrie Tait a notamment participé à une enquête de longue haleine sur l’attribution de contrats dans le secteur de la santé en Alberta et sur des allégations d’ingérence politique. Les révélations avaient suscité un important débat public dans la province.
Son travail s’est également déroulé dans un contexte difficile. En 2025, le quotidien avait révélé que la journaliste faisait l’objet d’une campagne d’intimidation en ligne. Un compte anonyme sur les réseaux sociaux avait diffusé des photographies prises à son insu, suivi certains de ses déplacements et évoqué la possibilité d’identifier ses sources confidentielles.
L’Association canadienne des journalistes avait alors dénoncé ces agissements, estimant qu’ils constituaient une menace pour l’exercice du journalisme et pour la protection des sources.
Cette nouvelle distinction s’ajoute à une autre reconnaissance obtenue plus tôt cette année, lorsque Carrie Tait a été nommée « Journaliste de l’année » au Concours canadien de journalisme.
Le Prix Charles Bury, anciennement connu sous le nom de Prix du président, a déjà été attribué à plusieurs figures marquantes des médias canadiens, dont Marie-Maude Denis, Michel Auger et la photojournaliste Zahra Kazemi.
L’ACJ est la principale organisation professionnelle représentant les journalistes au Canada.