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Mondial 2026 : Derek Cornelius, une carrière qui se lit comme un roman d’aventures

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Derek Cornelius a joué dans 8 pays avant d’avoir 29 ans. Il a été bloqué par la FIFA à 14 ans, a marqué 4 buts en Irlande du Nord pour le CSKA Moscow, a survécu à deux blessures musculaires à Marseille et débute enfin son premier Mondial à la maison. Bienvenue dans le parcours le plus déroutant du soccer canadien.


par Jean Emmanuel Duchemin | Série Mondial 2026


Il y a des carrières qui se lisent comme un roman d’aventures. Celle de Derek Cornelius ressemble plutôt à un jeu de géographie où quelqu’un a jeté des fléchettes sur une carte du monde.

Ajax, Ontario. Moscou, Russie. Lübeck, Allemagne. Neumünster, Allemagne. Ivanjica, Serbie. Vancouver, Canada. Athènes, Grèce. Malmö, Suède. Marseille, France. Glasgow, Écosse.

Dix villes. Huit pays. Neuf clubs professionnels. Tout ça avant de souffler ses 29 bougies.

Et maintenant : le Mondial.


Ajax, Ontario. Oui, Ajax.

Le 25 novembre 1997, Derek Austin Cornelius naît à Ajax, en Ontario. Une ville de 130 000 habitants à l’est de Toronto, sur le bord du lac Ontario. Son nom vient d’un navire de guerre néerlandais — rien à voir avec le club de football d’Amsterdam, même si la confusion est permanente.

Son père, Derek senior, est né à Bridgetown, à la Barbade. Sa mère Karen est née à Manchester, en Jamaïque. Deux îles des Caraïbes, un fils né au Canada. Un profil classique de cette génération canadienne de joueurs brassée par les migrations.

À quatre ans, il commence à taper dans un ballon dans les ligues maison de l’Ajax SC. À six ans, l’Ajax Thunder U8 le sélectionne. Il est déjà MVP de la coupe Unionville Milliken Challenge — à l’âge où la plupart des gamins ne font encore que labourer la pelouse en tout sens. À onze ans, son équipe est championne du COVI Championship, une des compétitions régionales de jeunesse de l’Ontario.

Son idole ? Cristiano Ronaldo. Son équipe de cœur ? Manchester United et Real Madrid. Typique de la génération FIFA 2000.


Le CSKA Moscow à 14 ans. En Irlande du Nord.

Et maintenant, l’anecdote qui fait décrocher la mâchoire.

En 2012, Cornelius a 14 ans. Il est repéré par les recruteurs du PFC CSKA Moscow — oui, le club moscovite, multiple champion de Russie, vainqueur de la Coupe UEFA 2005. Il rejoint les équipes de jeunes du club.

Cette année-là, le CSKA Moscow l’emmène en tournée internationale. D’abord en Espagne, pour l’Oviedo Cup. Puis en Irlande du Nord, pour la Milk Cup — un tournoi de jeunesse réputé sur l’île d’Irlande, qui a lancé des dizaines de futurs professionnels.

Au Milk Cup, Cornelius est déchaîné : quatre buts dans le tournoi. Quatre buts pour le CSKA Moscow, à 14 ans, en Irlande du Nord.

L’aventure russe continue : il est invité au camp de la réserve du CSKA Moscow — l’antichambre du professionnel. En parallèle, il joue en Ontario et inscrit 22 buts en 30 matchs dans les ligues U21 et régionales masculines.

En 2013, il est sélectionné pour les camps de l’équipe nationale canadienne U17 en Floride et au Costa Rica. Puis pour un tournoi en Italie avec le Canada U16.

En mars 2013, il part en essai auprès de clubs hongrois — Nyíregyháza Spartacus et Győri ETO.

Il a quinze ans. Il a déjà posé ses valises en Russie, en Espagne, en Irlande du Nord, en Floride, au Costa Rica, en Italie et en Hongrie. En cinq ans de jeunesse organisée.


Lübeck, Allemagne. Et la règle FIFA — encore.

En janvier 2014, à 16 ans, Derek Cornelius traverse l’Atlantique une nouvelle fois. Direction Lübeck, dans le nord de l’Allemagne, pour rejoindre les U19 du VfB Lübeck.

Deux saisons à Lübeck. Et une complication qu’on a déjà rencontrée dans cette série : la même règle FIFA qui avait bloqué Tajon Buchanan au Colorado — celle qui interdit à un mineur vivant sans ses parents biologiques de jouer en compétition dans un pays étranger.

Cornelius ne peut pas disputer de matchs officiels. Il s’entraîne. Il grandit. Il attend. Il devient éligible en janvier 2016. Et pour ne pas perdre son temps, il remporte deux fois la Coupe du Schleswig-Holstein avec Lübeck.

En janvier 2017, il signe avec le FK Javor Ivanjica, en Serbie. Un club modeste de la SuperLiga serbe, dans une ville de 12 000 habitants au centre du pays. Personne dans son entourage n’a jamais entendu parler d’Ivanjica.

Il y joue deux saisons. 31 matchs. Et il fait son travail, sans bruit.


Canada U21, le Tournoi de Toulon et une nomination nationale

Mai 2018. Le Tournoi de Toulon, dans le sud de la France — un des tournois de jeunesse les plus réputés du monde, qui a lancé les carrières de Thierry Henry, Nicolas Anelka, Didier Drogba et Patrick Vieira entre autres. Le Canada U21 y participe, et Cornelius s’y révèle au niveau international.

Les évaluateurs retiennent particulièrement sa solidité défensive et son leadership. À la fin de l’année, il est nommé Joueur international espoir de l’année de Canada Soccer pour 2018.

La même année, il est rappelé pour la première fois en sélection senior. Et en janvier 2019, Vancouver le recrute.


Trois pays en trois ans après Vancouver

À Vancouver, Cornelius s’impose progressivement. Mais dès juillet 2021, le club le prête à Panetolikos, en Grèce. Deux saisons là-bas — près de 50 matchs en Super League grecque. Solide. Régulier. Invisible dans la presse sportive canadienne, mais précieux sur le terrain.

En décembre 2022, Malmö FF le recrute pour la Suède. Il signe jusqu’en 2026. Et là, quelque chose de beau se passe : en 2023, Malmö remporte le titre de champion de l’Allsvenskan — la première division suédoise. Puis la Coupe de Suède en 2024.

Cornelius a enfin des trophées à ranger quelque part.

Avant la fin de la saison 2024, l’Olympique de Marseille frappe. Transfert de 4 millions d’euros. Contrat de quatre ans. L’OM, avec ses 60 000 abonnés au Vélodrome, ses présidents imprévisibles, ses supporters parmi les plus passionnés du monde, et Roberto De Zerbi comme entraîneur — le même qui avait mis Ismaël Koné en colère dans le documentaire du club.

Cornelius joue 21 matchs en Ligue 1 lors de sa première saison à l’OM. Mais une blessure à la poitrine en novembre 2024, puis une lésion musculaire en novembre 2025 compliquent sa deuxième année. Il est prêté aux Glasgow Rangers en septembre 2025 — l’un des clubs les plus titrés d’Écosse — pour retrouver du rythme.

Au retour du prêt, fin mai 2026, une seule obsession : le Mondial.


Le surnom le plus affectueux du vestiaire

Dans les portraits des Whitecaps à Vancouver, on lui demandait son surnom dans le vestiaire. Il en avait plusieurs : « Corns, DC, D. Je pense que c’est Jake [Nerwinski] qui a inventé Corndog. »

Corndog. Le gars qui a joué pour le CSKA Moscow en Irlande du Nord à 14 ans, survécu à deux règles FIFA kafkaïennes, vécu dans 8 pays différents, joué dans 4 championnats européens distincts — son surnom, c’est Corndog.

Quand on lui demandait le plus grand défi de sa carrière ou de sa vie, sa réponse était sans détour : « Être à l’étranger sans connaître la langue, sans connaître le pays, sans connaître la culture. Être loin de la famille et des amis. Être dans un monde complètement différent où tu n’es familier avec rien — et quand même devoir bien jouer sur le terrain. »

Une phrase qui résume dix ans de carrière nomade, de chambres d’hôtel dans des villes inconnues, et de matchs joués devant des tribunes qui ne connaissaient même pas son prénom.


Ce qu’il faut retenir

Derek Cornelius est l’illustration parfaite de ce que le soccer demande parfois : une capacité à tout recommencer à zéro, dans un nouveau pays, une nouvelle langue, un nouveau club, encore et encore, sans garantie de retour sur investissement.

Moscou à 14 ans. Lübeck à 16 ans. Belgrade à 19 ans. Vancouver à 21 ans. Athènes à 23 ans. Malmö à 25 ans. Marseille à 26 ans. Glasgow à 27 ans.

Et maintenant, à 28 ans, il joue sa première Coupe du monde. Sur le continent nord-américain. Pas si loin d’Ajax, Ontario, où un gamin de quatre ans avait commencé à taper dans un ballon sans se douter que ce ballon l’emmènerait à Moscou, en Serbie, en Grèce et en Écosse avant de revenir enfin à la maison.

Corndog est prêt.

Vélo électrique au travail : une campagne québécoise veut réduire l’auto solo

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Une nouvelle initiative québécoise cherche à modifier les habitudes de déplacement domicile-travail en misant sur le vélo à assistance électrique.

Le Réseau des centres d’expertise en mobilité a lancé une nouvelle cohorte de la campagne Vélovolt, un projet qui permettra à 16 organisations du Québec de proposer à leurs employés d’essayer le vélo électrique dans leurs déplacements quotidiens.

Après une première phase déployée entre 2021 et 2024, l’initiative est prolongée jusqu’en 2026 et devrait toucher 11 régions. Elle vise à évaluer le potentiel du vélo à assistance électrique comme alternative à l’auto solo pour les trajets domicile-travail.

Selon les données présentées par les organisateurs, environ 78 % des Québécois utilisent encore la voiture pour se rendre au travail, alors qu’une part importante d’entre eux habitent à moins de cinq kilomètres de leur lieu d’emploi — une distance jugée compatible avec le vélo électrique.

La campagne prévoit des essais en milieu de travail, des activités de sensibilisation et un accompagnement auprès des employeurs. Une plateforme de partage de vélos est également mise de l’avant afin de faciliter le prêt entre participants.

Parmi les organisations impliquées figurent notamment Hydro-Québec, des cégeps, des institutions publiques et des entreprises privées réparties dans plusieurs régions, dont Montréal, Québec, l’Outaouais et l’Estrie.

La première phase du programme aurait montré des effets mesurables : plus de 40 % des participants ont modifié leurs habitudes de transport et environ 37 % ont réduit leur usage de la voiture pour leurs déplacements quotidiens, selon les données du RCEM.

Les promoteurs du projet affirment que le vélo électrique permettrait de combiner réduction des coûts de transport, diminution de l’empreinte carbone et amélioration de la santé physique.

La campagne est coordonnée avec plusieurs partenaires, dont Équiterre et différents centres régionaux de mobilité, et bénéficie de financements publics liés aux programmes climatiques du Québec.

Le déploiement des essais et activités de sensibilisation se poursuivra jusqu’en 2027.

Une nouvelle unité spécialisée pour jeunes autistes ouvre ses portes en Chaudière-Appalaches

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Une nouvelle unité de réadaptation comportementale intensive destinée aux jeunes autistes ou présentant une déficience intellectuelle ou physique a été inaugurée mardi à Saint-Damien-de-Buckland, dans la région de la Chaudière-Appalaches.

Le projet, financé à hauteur d’environ 2 millions de dollars par le gouvernement du Québec, auxquels s’ajoute une contribution de 600 000 dollars de Santé Québec Chaudière-Appalaches, vise à répondre aux besoins d’enfants et d’adolescents présentant des troubles graves du comportement.

Installée dans la Maison-mère des Sœurs de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, l’unité peut accueillir jusqu’à neuf jeunes à la fois. Les séjours, généralement prévus pour une période de trois à six mois, doivent permettre d’offrir un accompagnement intensif avant un retour dans leur milieu de vie habituel.

Selon les responsables du projet, les usagers bénéficieront d’interventions spécialisées adaptées à leur situation, avec l’objectif de réduire les comportements qui compromettent leur intégration sociale ou mettent sous pression leur entourage familial et scolaire.

L’ouverture de cette ressource intervient dans un contexte où les autorités cherchent à développer des alternatives aux placements dans les centres de réadaptation jeunesse pour les jeunes vivant avec un trouble du spectre de l’autisme ou une déficience intellectuelle.

L’équipe de l’unité regroupera notamment des infirmières, des éducateurs spécialisés, des psychoéducateurs, des agents d’intervention et des auxiliaires en santé et services sociaux. L’approche privilégiée repose sur une intervention multidisciplinaire intensive visant à stabiliser les comportements, développer les compétences des jeunes et soutenir les familles.

Les responsables soulignent également que l’environnement de la Maison-mère, situé dans un cadre naturel et communautaire, a été retenu en raison de ses installations déjà adaptées et de son potentiel pour favoriser l’intégration sociale des jeunes.

L’établissement desservira l’ensemble du territoire de la Chaudière-Appalaches et s’inscrit dans les efforts visant à offrir des services spécialisés plus près des communautés et des familles concernées.

Mondial 2026 : Richie Laryea, le défenseur le plus torontois du Canada a un rituel inattendu

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Richie Laryea est né à Toronto, parle une langue africaine appelée le ga, a remplacé Kaká pour ses débuts en MLS, a été voté meilleur trash-talker de la ligue par ses pairs, et arrive au Mondial avec une escorte de police. Portrait du défenseur le plus torontois du Canada.


par Jean Emmanuel Duchemin | Série Mondial 2026


Le jour du match, peu importe où il joue dans le monde, Richie Laryea fait toujours la même chose.

Il appelle sa mère.

Pas un texto. Pas un message vocal. Un vrai appel téléphonique, voix à voix. Et pas un appel de deux minutes pour dire « je t’aime, à ce soir ». Une conversation d’environ une heure.

Il l’expliquait lui-même à MLS Soccer dès 2016, à 21 ans : « Avant les matchs, je dois parler à ma mère pendant un certain temps avant de sortir sur le terrain — c’est presque une heure que je lui parle. Elle me rappelle quel est mon objectif ultime et tout ça, et me dit d’avoir confiance en moi, et que quoi que je fasse, de le faire à fond. »

Une heure. Chaque match. Depuis ses débuts jusqu’à aujourd’hui.

C’est peut-être le rituel pré-match le plus touchant du soccer canadien. Et ça dit tout sur qui est Richie Laryea.


Toronto, Ghana et une langue que presque personne ne parle au Canada

Le 7 janvier 1995, Richmond Mamah Laryea — dit Richie — naît à Toronto, en Ontario. Son nom complet est déjà une histoire en soi : Richmond, prénom anglais, Mamah, prénom du peuple Ga du Ghana, et Laryea, nom de famille Ga lui aussi.

Ses deux parents, Robert et Cynthia, sont nés à Accra, la capitale ghanéenne. Ils ont émigré au Canada et se sont installés à Toronto. Et dans la maison familiale, on parlait le ga — une langue de la famille nigéro-congolaise parlée par environ un million de personnes dans la région d’Accra. Laryea le parle couramment. En dehors des cercles de la diaspora ghanéenne de Toronto, il y a de bonnes chances qu’il soit un des seuls joueurs de la MLS à pouvoir en dire autant.

Le soccer est dans les gènes. Son grand-père maternel a joué professionnellement au Ghana, puis en semi-professionnel aux États-Unis. Son père, lui, « jouait un peu en grandissant, pas de façon très compétitive, mais il jouait aussi. » Le premier souvenir de soccer de Richie : il a six ans, il sort avec son père sur un terrain, ils bottent un ballon, et un ami de son père leur dit : « Mets ce gamin dans une équipe. »

Il rejoint le Club Uruguay Toronto à six ans — un des clubs communautaires les plus populaires de la ville. Puis à huit ans, le Sigma FC, l’académie de référence de la région de Toronto. Il y restera jusqu’à l’université, sept ans.


Akron, puis remplacer Kaká pour ses débuts

Après le secondaire à la Dante Alighieri Academy de Toronto, Laryea part jouer au soccer universitaire à l’Université d’Akron, en Ohio — une des meilleures formations collégiales de soccer des États-Unis, connue pour envoyer régulièrement des joueurs dans la MLS.

Sa deuxième saison avec les Zips en 2015 est remarquable : 11 buts, 7 passes décisives, deuxième meilleur pointeur de l’équipe. L’équipe termine avec un bilan de 18 victoires, 3 défaites et 3 matchs nuls, et atteint les demi-finales du championnat NCAA.

En janvier 2016, Orlando City le sélectionne en 7e position lors de la SuperDraft de la MLS. Le 25 juin 2017, lors d’un match contre le Chicago Fire, il fait ses débuts en MLS en remplacement d’un certain Kaká — le Brésilien, Ballon d’Or 2007, vainqueur de la Ligue des Champions avec le Milan AC. Remplacer une légende mondiale pour ses premiers pas dans le sport professionnel, ça ne s’oublie pas.

Les saisons à Orlando ne sont pas faciles : 21 matchs en deux ans, option de contrat déclinée à la fin 2018. Laryea se retrouve sans club. En janvier 2019, il participe au camp de présaison du Toronto FC — son club de cœur, dans sa ville natale. Il accroche. Il signe.


Toronto, ville natale, deuxième chance — et le Weeknd dans les oreilles

À Toronto, tout change. Laryea devient titulaire, s’installe latéral droit, et performe. Sa philosophie est directe : « Je veux faire partie de quelque chose de meilleur ici. Ça prendra du temps, bien sûr. Mais c’est le début d’un processus pour construire quelque chose. »

Il est nommé joueur de la semaine de la MLS en septembre 2020 après une prestation dominante contre Columbus. Il cumule 83 apparitions toutes compétitions confondues sur trois saisons à Toronto.

Et quand il a les écouteurs dans les oreilles pour se préparer ? Drake, en premier. Puis The Weeknd. Puis Bryson Tiller. « Essentiellement tout ce qui vient de Toronto », dit-il avec la simplicité d’un gars qui n’a jamais eu besoin de chercher son identité bien loin.


Nottingham Forest — le rêve européen et la réalité du banc

En janvier 2022, après trois ans de solide MLS avec Toronto, Laryea signe à Nottingham Forest, en deuxième division anglaise, sur un transfert d’environ un million de dollars et un contrat de trois ans et demi. Son entraîneur Steve Cooper déclare : « Il est avide d’apprendre et de se prouver en Angleterre. »

Sauf que Forest est en plein élan vers la promotion en Premier League et que Laryea ne parvient pas à s’imposer dans la rotation. Il fait seulement cinq apparitions avant d’être prêté à Toronto dès l’été 2022 — un retour au bercail à peine six mois après son départ.

La saison suivante, encore un prêt — cette fois à Vancouver. Puis en février 2024, Toronto le rachète définitivement à Forest pour 750 000 dollars.

Le rêve européen aura duré deux ans sur le papier, quelques mois sur le terrain. Mais Laryea en parle sans amertume. Il a toujours su que Toronto était sa maison.


Le meilleur trash-talker de la MLS. Élu par ses pairs.

Un détail qu’on ne mentionne jamais assez : en 2025, les joueurs de la MLS ont voté dans un sondage anonyme pour élire leurs pairs sur différentes catégories. L’une d’elles : le meilleur trash-talker de la ligue — le joueur qui parle le plus dans le jeu, qui provoque, qui fait monter la pression verbalement.

Le gagnant : Richie Laryea.

Le plus savoureux ? Il a été voté en parlant en anglais. Ce qui veut dire que ses provocations n’ont pas besoin de la barrière de la langue pour faire leur effet. Et pendant toute sa carrière en MLS, avec 35 cartons jaunes à son actif, il n’a jamais reçu un seul carton rouge.

Trash-talker professionnel. Jamais expulsé. Il faut le faire.


Escorte de police pour aller à l’entraînement, et papa dans les tribunes

La semaine du Mondial, en juin 2026, Richie Laryea parle à Toronto Life de ce que ça fait de jouer la Coupe du monde dans sa ville natale. Sa réponse sur la logistique quotidienne est inattendue : « On voyage du centre-ville à notre terrain d’entraînement à Downsview Park en 25 minutes grâce à l’escorte de police. »

Vingt-cinq minutes de downtown Toronto à Downsview. Sans escorte, ça peut prendre le double.

Et dans les tribunes du premier match du Canada contre la Bosnie-Herzégovine à Toronto, le 12 juin, se trouvait quelqu’un de particulier : son fils. Laryea est père de famille, et jouer le Mondial devant ses proches — sa mère à qui il téléphone pendant une heure avant chaque match, ses amis de Toronto, ses enfants — donne à tout ça une dimension différente.

Il confie : « Je traverse ma routine habituelle, mais je sais que le jour du premier match va se sentir très différemment. »


Ce qu’il faut retenir

Richie Laryea n’est pas le joueur le plus spectaculaire de cette équipe. Il ne marquera pas quatre buts en un match ni ne prendra la parole aux Nations Unies. Mais il est peut-être le plus ancré dans ce qu’est vraiment le Canada — une ville immense, multiculturelle, où un gamin d’une famille ghanéenne grandit en parlant le ga à la maison, en écoutant Drake dans ses oreilles, et en rêvant de jouer un jour dans le stade qui est à dix minutes de chez lui.

Il a failli ne jamais revenir après Orlando. Il a failli ne jamais s’imposer après Nottingham Forest. Mais il est là, défenseur titulaire du Canada au Mondial, trash-talker professionnel, fils attentionné qui appelle sa mère pendant presque une heure avant de fouler le terrain.

Toronto pur et dur. Et fier de l’être.

Québec veut rapprocher les jeunes de la culture en imposant de nouveaux plans d’action aux sociétés d’État

Le gouvernement du Québec demande à 11 sociétés d’État du secteur culturel d’adapter davantage leurs activités et leurs contenus aux jeunes de 2 à 18 ans afin de renforcer leur contact avec la culture québécoise.

Le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, a annoncé mardi une directive obligeant les organismes visés à élaborer des plans d’action jeunesse d’une durée de quatre ans. Ces plans devront préciser les mesures mises en place pour rejoindre les jeunes publics et feront l’objet d’une reddition de comptes annuelle.

Les premiers plans devront être déposés et rendus publics au plus tard le 1er avril 2027.

La mesure touche plusieurs institutions majeures du réseau culturel québécois, dont Télé-Québec, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, le Musée national des beaux-arts du Québec, le Musée d’art contemporain de Montréal, le Musée de la civilisation, la Société de la Place des Arts de Montréal et la Société du Grand Théâtre de Québec.

Selon le ministère, cette initiative vise à encourager la découverte de contenus culturels québécois dès le plus jeune âge et à favoriser le développement d’habitudes de consommation culturelle durables.

L’annonce s’appuie notamment sur une enquête financée par le ministère en 2023 auprès de 300 jeunes de 15 à 24 ans. L’étude révélait que 33 % des répondants jugeaient les activités culturelles insuffisamment accessibles, tandis que près de 56 % estimaient manquer d’information sur l’offre culturelle disponible.

Les organismes concernés conserveront une marge de manœuvre quant aux moyens employés pour atteindre les objectifs fixés. Le gouvernement souhaite également favoriser le partage de pratiques entre les différentes institutions.

Cette directive intervient dans un contexte où plusieurs acteurs culturels s’inquiètent du vieillissement de leurs publics et de la concurrence croissante des plateformes numériques et des contenus internationaux auprès des jeunes générations.

Montréal sous pression: 52 grands chantiers routiers prévus cet été

Les automobilistes de la région métropolitaine de Montréal devront composer avec une nouvelle saison de perturbations routières alors que Mobilité Montréal a annoncé vendredi le déploiement de 52 chantiers majeurs pour le printemps et l’été 2026, dont 23 nouveaux projets.

Les travaux toucheront plusieurs axes stratégiques de l’agglomération, notamment les autoroutes 15, 20, 25, 40 et 520, ainsi que différentes traversées entre Montréal et les rives nord et sud. Neuf liens interrives feront l’objet d’interventions à divers moments au cours des prochains mois.

Les secteurs du centre-ville, du sud-ouest de l’île, de LaSalle, de Saint-Laurent et d’Ahuntsic-Cartierville figurent parmi les zones les plus susceptibles d’être affectées par des fermetures partielles, des détours et des ralentissements importants.

Le pont Honoré-Mercier, l’échangeur Saint-Pierre et plusieurs tronçons de l’autoroute Métropolitaine seront notamment visés par des travaux de réfection et de modernisation.

Les partenaires de Mobilité Montréal affirment vouloir limiter les impacts sur la circulation en concentrant une partie des interventions durant les nuits et les fins de semaine. Les entraves seront également réparties sur l’ensemble de la période estivale afin d’éviter la fermeture simultanée de plusieurs axes majeurs.

Les autorités recommandent aux usagers de privilégier le transport collectif et actif lorsque possible, alors que la saison estivale coïncidera aussi avec de nombreux événements attirant d’importants déplacements dans la métropole.

Revenu Québec accusé de « traquer » des conseillers financiers : un groupe réclame l’intervention de la première ministre

Un regroupement de conseillers en épargne collective presse la première ministre du Québec, Christine Fréchette, d’intervenir dans un litige fiscal qui oppose depuis plusieurs années des professionnels du secteur à Revenu Québec.

Dans un communiqué publié jeudi, le Conseil des Partenaires du réseau SFL affirme que de nombreux conseillers font l’objet d’avis de cotisation rétroactifs liés au partage des commissions entre représentants et cabinets, une pratique largement répandue dans l’industrie des fonds communs de placement.

Selon l’organisme, Revenu Québec remettrait en question le traitement fiscal de ces ententes de partage, entraînant des réclamations pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers de dollars dans certains dossiers. Le Conseil soutient que les conseillers visés respectaient les règles en vigueur et dénonce une interprétation qu’il juge erronée de la législation applicable.

Le groupe affirme avoir multiplié les démarches auprès du ministère des Finances depuis 2024 afin d’obtenir des clarifications, sans succès. Il reproche notamment aux autorités de ne pas avoir réglé l’incertitude entourant le statut fiscal de cette pratique, malgré les représentations du secteur.

Face à ce qu’il décrit comme une impasse, le Conseil demande à la première ministre d’intervenir directement afin de suspendre temporairement l’émission de nouveaux avis de cotisation et de favoriser une clarification du cadre réglementaire.

Au cœur du débat se trouve le partage de commissions entre les conseillers en épargne collective et les cabinets auxquels ils sont affiliés. Selon l’organisme, ce modèle d’affaires est utilisé depuis des décennies dans l’industrie et a été explicitement réintroduit dans la législation québécoise en 2018 par une modification à la Loi sur les valeurs mobilières.

Le Conseil des Partenaires du réseau SFL regroupe près de 550 professionnels de la finance affiliés au réseau SFL et à Desjardins Sécurité financière. L’organisation soutient que l’incertitude actuelle menace la pratique de centaines de conseillers indépendants à travers le Québec.

Obésité au Québec : 87 % des citoyens reconnaissent la discrimination, mais les effets sur les soins restent sous-estimés

Une forte majorité de Québécois reconnaît que les personnes vivant avec l’obésité sont confrontées à des préjugés ou à de la discrimination, selon un sondage réalisé par la firme Léger. L’étude révèle toutefois que les impacts de cette stigmatisation sur l’accès aux soins de santé demeurent moins bien compris par le public.

Selon les résultats publiés mardi par Parlons Obésité, 87 % des répondants estiment que les personnes vivant avec l’obésité subissent au moins occasionnellement des préjugés, dont 52 % qui jugent cette situation fréquente.

Le sondage montre également que 93 % des personnes interrogées croient que ces préjugés nuisent à la santé mentale et à l’estime de soi. En revanche, seulement 55 % considèrent qu’ils ont un effet négatif sur la qualité des soins de santé reçus, tandis que près d’une personne sur cinq estime qu’ils n’ont aucun impact.

L’étude souligne aussi une évolution des perceptions concernant l’obésité elle-même. Près de six répondants sur dix (59 %) la considèrent désormais comme une maladie chronique, alors que 29 % ne partagent pas cette opinion. Cette perception semble influencer l’appui à une prise en charge médicale accrue : 68 % des répondants jugent que les personnes vivant avec l’obésité devraient recevoir un niveau de soins comparable à celui offert pour d’autres maladies chroniques.

Les participants identifient principalement les réseaux sociaux (67 %), les établissements scolaires (62 %), les activités sportives (58 %) et les milieux de travail (55 %) comme des lieux où la discrimination liée au poids est susceptible de se manifester.

Cependant, une consultation menée auprès de 528 Québécois vivant avec un surpoids ou l’obésité présente un portrait différent. Les répondants y rapportent davantage de discrimination dans les espaces publics (59 %), au sein de la famille (59 %) et dans le système de santé (57 %).

Parmi eux, 63 % affirment qu’un médecin a déjà attribué un problème de santé à leur poids sans autre vérification, tandis que 44 % disent avoir déjà évité ou reporté une consultation médicale par crainte d’être jugés.

Le sondage Léger a été réalisé du 29 au 31 mai auprès de 1 052 adultes québécois. La marge d’erreur est estimée à plus ou moins 3 %.

Théâtre La Roulotte : 49 spectacles gratuits pour faire rêver les familles montréalaises cet été

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Le Théâtre La Roulotte reprendra la route cet été avec une nouvelle création destinée au jeune public, Filibus, le mystérieux pirate du ciel, qui sera présentée gratuitement dans les parcs de Montréal du 25 juin au 14 août.

La Ville de Montréal a annoncé lundi que 49 représentations seront offertes dans 36 parcs répartis dans les 19 arrondissements de la métropole, poursuivant ainsi une tradition culturelle qui anime les espaces verts montréalais depuis plus de 70 ans.

Conçu pour les enfants de 6 à 11 ans, le spectacle raconte les aventures d’Hercule, un jeune apprenti détective lancé à la poursuite de Filibus, un insaisissable pirate du ciel soupçonné de dérober des objets précieux. Entre énigmes, poursuites et rebondissements, la production promet une immersion dans un univers d’aventure et d’imaginaire.

La pièce est cosignée par Sarah Berthiaume et Philippe Robert, tandis que la mise en scène est assurée par Marie-Ève Groulx. La distribution réunit notamment de jeunes artistes issus du Conservatoire d’art dramatique de Montréal et de École nationale de théâtre du Canada.

La première médiatique aura lieu le 2 juillet à 19 h au Parc La Fontaine.

« Offrir une culture gratuite, accessible et vivante, au plus près des gens, c’est essentiel pour faire de Montréal une métropole où l’on ne s’ennuie jamais », a déclaré la responsable de la culture à la Ville de Montréal, Andréanne Moreau.

Créé en 1953, le Théâtre La Roulotte est devenu une institution estivale montréalaise. Chaque année, ses représentations gratuites attirent des milliers de familles et contribuent à démocratiser l’accès aux arts vivants en transformant les parcs de quartier en véritables scènes à ciel ouvert.

Avec cette nouvelle tournée, Montréal mise une fois de plus sur la culture de proximité pour animer l’été et rapprocher le théâtre des citoyens, directement au cœur de leurs quartiers.

Avignon 2026 : la relève théâtrale québécoise part à la conquête de la plus grande scène francophone

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La relève du théâtre québécois s’apprête à franchir une étape importante de son parcours artistique. Les étudiants du Conservatoire d’art dramatique de Montréal (CADM) et du Conservatoire d’art dramatique de Québec (CADQ) représenteront le Québec à la 60e édition du Festival Off d’Avignon, l’un des plus grands rendez-vous des arts vivants de la francophonie.

Le 1er juillet, les deux cohortes s’envoleront pour la France afin d’y présenter leurs productions de fin de deuxième année devant un public international composé de spectateurs, diffuseurs, programmateurs et professionnels du milieu culturel.

Pour une troisième année consécutive, le CADM participera à l’événement avec Gloucester : délire shakespearien, une création de Simon Boudreault et Jean-Guy Legault mise en scène par Frédéric Blanchette. Le spectacle sera présenté du 4 au 18 juillet au Théâtre Archipel. L’an dernier, la délégation montréalaise avait connu un succès remarqué avec plusieurs représentations à guichets fermés.

Le Conservatoire d’art dramatique de Québec effectuera quant à lui une première participation au festival avec Faire l’amour, un texte d’Anne-Marie Olivier mis en scène par Frédérique Bradet. La pièce sera également présentée du 4 au 18 juillet au Théâtre Pixel Avignon.

Avant le lancement officiel du festival, les étudiants prendront part à la traditionnelle parade d’ouverture, vitrine incontournable du Off d’Avignon. Au total, treize représentations sont prévues durant leur séjour, en plus de rencontres professionnelles avec des artistes et étudiants venus des quatre coins du monde.

Pour le directeur général du Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec, Marc Hervieux, cette expérience constitue un tremplin exceptionnel vers le milieu professionnel.