Le gouvernement de l’Alberta dirigé par la première ministre Danielle Smith a reçu le « Prix du code du silence 2025 », une distinction peu enviable décernée par L’Association canadienne des journalistes pour dénoncer son manque de transparence en matière d’accès à l’information.
Cette décision fait suite aux conclusions de la commissaire albertaine à l’information et à la protection de la vie privée, qui a établi que la province avait enfreint sa propre législation sur la liberté d’information après une enquête de près de deux ans visant 27 organismes publics.
Selon le rapport, les autorités imposaient notamment aux demandeurs de limiter leurs requêtes à un seul sujet, de réduire la période de recherche des documents à douze mois et de reformuler leurs demandes afin qu’elles puissent être traitées dans un délai de 30 jours.
Malgré ces recommandations, l’Alberta a remplacé son ancienne loi sur l’accès à l’information par deux nouveaux textes législatifs en 2025. Plusieurs observateurs estiment toutefois que cette réforme restreint davantage l’accès aux documents publics, notamment en soustrayant les communications entre les ministres et leur personnel politique aux obligations de divulgation.
« La nouvelle exemption visant les communications entre les ministres et leur personnel politique crée un gouffre béant au cœur de la législation sur l’accès public », a déclaré Phil Tunley, directeur de Canadian Journalists for Free Expression.
Les organisateurs des Prix du code du silence, remis conjointement par l’Association canadienne des journalistes, le Centre for Free Expression et Canadian Journalists for Free Expression, affirment vouloir attirer l’attention sur les gouvernements et organismes publics qui limitent indûment le droit du public à l’information.
Il s’agit de la deuxième fois en quelques années que le gouvernement albertain reçoit cette distinction, après une première attribution en 2019.



