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Megan Oldham, la championne canadienne qui a détrôné Eileen Gu en finale du grand saut olympique

Le parcours (et le truc jamais réussi avant elle) de Megan Oldham, la nouvelle championne olympique canadienne de grand saut

Il y a un instant précis où Megan Oldham est devenue une légende du ski acrobatique : le jour où elle a réussi, en compétition, un triple cork qu’aucune femme n’avait jamais réussi avant elle. Trois ans plus tard, le 16 février 2026, elle devançait Eileen Gu — la skieuse la plus décorée de l’histoire féminine du sport — pour remporter l’or olympique en grand saut (big air). Retour sur le parcours d’une fille d’Ontario devenue « puissante Megan ».

Enfant, elle a suivi ses frères sur le toit du garage familial

Née le 12 mai 2001 à Newmarket, en Ontario, et élevée à Parry Sound, Megan Oldham a toujours été casse-cou. Elle se souvient d’avoir suivi ses deux frères sur le toit du garage de la maison familiale, avant de skier en bas jusqu’au sol. « Mon père est arrivé et il paniquait parce qu’il avait peur qu’on ait abîmé le toit! », a-t-elle raconté à La Presse des années plus tard.

Elle a commencé par la gymnastique — et n’a essayé le ski acrobatique qu’à 14 ans

Contrairement à plusieurs athlètes de sports extrêmes qui grandissent sur des skis, Oldham a passé son enfance concentrée sur la gymnastique et le patinage artistique, même si elle skiait en famille depuis l’âge de cinq ans. C’est finalement l’un de ses frères qui, en la voyant adorer les pirouettes et les acrobaties, lui a suggéré d’essayer le ski acrobatique à 14 ans, selon les données officielles d’Équipe Canada. Ce fut un coup de foudre immédiat — si fort qu’en l’espace d’une seule année, elle participait déjà à des compétitions.

Ses débuts internationaux? Une médaille d’or, dès la toute première épreuve

Oldham fait ses débuts en compétition internationale sur le circuit de la Coupe Nor-Am en février 2018 — et remporte l’or en slopestyle dès sa toute première sortie. L’année suivante, sa médaille d’argent en big air aux Championnats du monde juniors FIS 2019 devient la toute première médaille de l’histoire du Canada dans cette discipline à ce niveau.

Sa première saison complète sur le circuit de la Coupe du monde? Un globe de cristal

Dès sa première saison complète sur le circuit de la Coupe du monde FIS, en 2018-2019, Oldham remporte le globe de cristal du slopestyle en terminant au premier rang du classement général de la discipline — après avoir décroché sa toute première médaille, une argent, à sa troisième épreuve de Coupe du monde seulement, à Seiser Alm, en Italie.

Elle a fini deuxième, puis deuxième encore, aux X Games — avant de faire l’histoire

En 2021 et 2022, Oldham monte sur le podium des X Games d’hiver à Aspen deux années de suite, avec exactement le même résultat : argent en big air, bronze en slopestyle. Puis, en janvier 2023, tout bascule : elle devient la toute première femme de l’histoire à réussir un triple cork (trois rotations hors axe) lors d’une épreuve de ski ou de planche à neige, obtenant un score parfait de 50 points sur son troisième des cinq essais. Elle repart de cette édition avec deux médailles d’or — big air et slopestyle. « Ça semblait fou de faire partie de cette immense poussée dans la progression du sport en ce moment », a-t-elle confié après coup.

Ce moment marquant n’a toutefois pas mené directement à l’or olympique trois ans plus tard : entre-temps, Oldham a continué d’accumuler les distinctions, avec notamment d’autres podiums aux X Games et aux Championnats du monde, portant son total à sept médailles X Games avant même Milano Cortina 2026. Elle n’arrivait donc pas aux Jeux comme une inconnue, mais bien comme l’une des skieuses les plus titrées de sa génération.

Son entraîneur l’a surnommée « puissante Megan » — même si elle passe presque inaperçue

Sage et discrète, Megan Oldham peut passer inaperçue au premier regard, selon son entraîneur des huit dernières années, JF Cusson. « Mais moi, je l’appelle « puissante Megan » », dit-il — une traduction du surnom original en anglais, « Mighty Meg », qu’il utilise aussi dans les médias anglophones. Un surnom qui cache une intensité redoutable en compétition : « En compétition, je suis dans ma tête. Je mets de la musique. J’essaye de ne pas entendre les sons extérieurs qui ne font qu’augmenter la pression », a expliqué Oldham elle-même. « J’ai un puissant désir de prouver que je suis capable. Surtout à moi-même. »

Aux Jeux olympiques de 2026, elle devance Eileen Gu en finale du grand saut

Après un début de carrière olympique modeste à Beijing 2022 (4e en big air, 13e en slopestyle), Oldham revient en force à Milano Cortina 2026 : bronze en slopestyle le 9 février, puis, le 16 février 2026, l’or en big air — avec un score de 180,75, devançant de justesse Eileen Gu (179,00), qui repart tout de même de ces Jeux avec sa cinquième médaille olympique en carrière, un record absolu chez les femmes du sport (une médaille de plus obtenue en slopestyle la semaine précédente). La jeune Italienne Flora Tabanelli, 18 ans, complète le podium du big air avec 178,25 points. La finale avait même été retardée d’environ 75 minutes par une tempête de neige.

« Revenir avec l’or, je n’ai jamais pensé que c’était possible »

Après sa victoire, famille et frères réunis au bas des pistes du parc à neige de Livigno pour la voir célébrer, Oldham confie : « Je voulais revenir avec une médaille. Revenir avec l’or, je n’ai jamais pensé que c’était possible. Je suis super fière de moi. »

Son village natal lui a organisé une fête d’accueil — pour un « moment rare »

Fin février 2026, Parry Sound — sa petite ville natale de l’Ontario — organise une célébration au Charles W. Stockey Centre pour souligner le retour de sa médaillée d’or et de bronze. Pour une communauté de cette taille, accueillir une championne olympique est un événement rarissime; la ville suit sa carrière depuis des années, et l’enthousiasme se lisait partout, des vitrines de commerces aux réseaux sociaux.

Du toit d’un garage à Parry Sound jusqu’au sommet du podium olympique de Milano Cortina, en passant par un truc que personne n’avait jamais réussi avant elle, Megan Oldham a transformé une adolescence tardive en ski acrobatique en l’une des trajectoires les plus impressionnantes du sport extrême canadien — tout en restant, selon son propre entraîneur, la personne la plus discrète de la pièce.

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