Top 5 This Week

Articles similaires

Carte Accès Longueuil : plus d’un an après la crise, toujours pas de décision

Une politique adoptée en 2023, dont une disposition controversée est entrée en vigueur en 2025, suspendue après les préoccupations soulevées par les organismes, et maintenant en consultation sans échéancier précisé. Combien de temps encore les organismes communautaires de Longueuil devront-ils attendre une réponse?

En 2023, la Ville de Longueuil adoptait sa Politique de reconnaissance et de soutien aux organismes, une démarche d’harmonisation présentée comme attendue depuis plusieurs années dans les trois arrondissements longueuillois. Une nouvelle mouture de cette politique, déposée en novembre 2024, en a précisé une disposition qui allait s’avérer nettement plus controversée que le reste : les non-résidents de Longueuil souhaitant participer aux activités des organismes communautaires, sportifs ou culturels reconnus de la ville devraient désormais détenir une carte Accès Longueuil, au coût de 100 dollars (180 dollars pour le tarif familial). Entrée en vigueur le 1er avril 2025 pour les nouvelles inscriptions aux activités régulières, cette exigence a provoqué une réaction bien plus vive que prévu.

Le recul est venu vite — mais il n’a réglé qu’une partie du problème.

Dès le 2 juin 2025, la Ville a suspendu une partie de l’exigence, après plusieurs rencontres avec des représentants d’organismes communautaires au cours des semaines précédentes. Selon la Ville elle-même, les répercussions de la mesure « soulèv[ai]ent des préoccupations importantes sur le terrain ». Des organismes ont par ailleurs rapporté que certains bénévoles de longue date envisageaient de quitter plutôt que de payer pour continuer à donner de leur temps. La suspension, toutefois, ne couvrait qu’une partie de l’exigence — celle touchant les réservations communautaires et privées par des organismes, des regroupements de citoyens ou des citoyens résidents — laissant en place la carte payante pour les activités organisées directement par la Ville, notamment les cours de natation.

Un an plus tard, la Ville n’a toujours pas tranché — elle a plutôt commandé une nouvelle consultation.

Le 1er mai 2026, soit près d’un an après cette suspension partielle, la Ville a confié à l’Office de participation publique de Longueuil (OPPL) le mandat de consulter la population et les organismes sur la question, avant de compléter l’analyse et de prendre une décision sur l’avenir de la carte pour les non-résidents. L’objectif affiché est de documenter les enjeux et de dégager des pistes de solutions. La Ville n’a communiqué aucune date de fin pour cette démarche.

Ce que cette chronologie révèle, c’est surtout que la consultation approfondie sur les effets concrets de cette disposition est intervenue après son entrée en vigueur — et non avant.

C’est là le nœud du problème de gouvernance dans ce dossier. La Ville affirme que la politique de 2023 avait fait l’objet d’un travail de consensus avec le milieu associatif, et il serait excessif de dire qu’elle a agi sans aucune consultation préalable. Mais la disposition qui allait se révéler la plus contestée — la carte payante pour les non-résidents — n’a été précisée que dans la mouture de novembre 2024, appliquée quelques mois plus tard en avril 2025, puis suspendue en catastrophe en juin de la même année. Ce n’est qu’un an après cette suspension que la Ville a lancé une démarche structurée pour documenter, cette fois en profondeur, les impacts que les organismes dénonçaient déjà publiquement depuis le printemps 2025. À mon avis, une consultation ciblée sur cette disposition précise, menée avant sa mise en œuvre plutôt qu’après, aurait vraisemblablement permis d’éviter à la fois le recul de juin 2025 et l’incertitude prolongée que vivent aujourd’hui les organismes communautaires.

Ce que Longueuil doit livrer, et rapidement.

L’OPPL a fait ses preuves comme organisme sérieux — il a complété 98 % des actions prévues à son premier plan stratégique (2023-2025) selon son propre bilan, menant à bien dix démarches participatives et enregistrant plus de 20 000 participations. Ce n’est donc pas la compétence du processus de consultation qui est en cause ici, mais plutôt, à mon sens, le temps que ce dossier précis aura pris avant d’y arriver. Les organismes communautaires longueuillois, dont plusieurs offrent des services essentiels aux familles et aux personnes vulnérables des trois arrondissements, ont déjà nommé publiquement leurs préoccupations il y a plus d’un an. Ce que la Ville leur doit maintenant, c’est un échéancier clair pour la fin de cette consultation, suivi d’une décision — plutôt qu’une politique qui reste partiellement suspendue depuis l’été 2025.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Populaires