Ce qu’on ne vous dit pas sur le meilleur joueur de tennis canadien de l’ère moderne
Félix Auger-Aliassime, c’est le petit gars de Montréal qui, en 2026, a officiellement le meilleur palmarès de tout homme canadien de l’ère Open au tennis. Neuf titres ATP. Un sommet à la 4e place mondiale. Une médaille olympique. Et un mariage de conte de fées au Maroc qui a fait le tour d’Instagram. Mais avant d’en arriver là, il y a eu une poussette, un père sans concession, et une paire de souliers roses vifs qui a fait vibrer Indian Wells.
Il regardait son père enseigner le tennis… depuis sa poussette
Félix est né à Montréal d’une mère québécoise, Marie Auger, et d’un père togolais, Sam Aliassime, lui-même entraîneur de tennis. Selon sa mère, les enfants de la famille ont grandi avec une raquette jamais bien loin. Alors que Sam donnait des leçons, le bébé Félix observait, immobile dans sa poussette. « Je crois beaucoup à l’apprentissage par observation », a raconté son père plus tard — et l’histoire lui a donné raison : selon sa biographie officielle sur le site de l’ATP, Félix a commencé à s’entraîner avec son père dès l’âge de 5 ans.
Du bébé dans une poussette qui regardait son père enseigner, jusqu’au numéro 4 mondial marié devant les palmiers de Marrakech : le parcours de Félix Auger-Aliassime est une des plus belles histoires du sport québécois des vingt dernières années — et elle est loin d’être terminée.
Détail amusant : sa mère insiste sur le fait qu’il n’était pas seulement doué au tennis. « Félix était naturel dans tout. Il était bon avec un ballon dans les pieds, il était bon en ski. »
Chez lui, il était interdit de parler de tennis à table
Sam Aliassime avait la réputation d’être « sans concession » sur le court. Mais la famille avait une règle stricte : à la maison, on ne parlait pas de tennis. Un équilibre voulu, pour que le jeune Félix ait une vie qui dépasse le court — jeux de société, conversations ordinaires, une enfance la plus normale possible pour un futur numéro 4 mondial.
À 14 ans, il devient le plus jeune joueur à se qualifier pour un tournoi Challenger de l’histoire — puis doit se retirer à cause d’une blessure au ventre
En mars 2015, à 14 ans et 7 mois, Félix se qualifie pour le tableau principal du Challenger Banque Nationale de Drummondville, un record. Il doit toutefois déclarer forfait à cause d’une élongation abdominale. Quelques mois plus tard à peine, en juillet 2015, il devient le plus jeune joueur de l’histoire à remporter un match du tableau principal d’un tournoi Challenger — en battant l’Australien Andrew Whittington au premier tour du Challenger de Granby — et à atteindre le top 800 de l’ATP, devenant du même coup le tout premier joueur né dans les années 2000 à figurer au classement.
Il a des souliers roses vifs et un rival devenu ami : Denis Shapovalov
En 2015, Félix et son compatriote Denis Shapovalov remportent la toute première Coupe Davis junior du Canada, en plus du titre de double garçons junior à l’US Open. Trois ans plus tard, à 17 ans, portant des souliers roses vifs remarqués par toute la foule, il bat Vasek Pospisil à Indian Wells pour sa première victoire en carrière sur le circuit principal. « Battre l’une de mes idoles grandissantes, ça m’a semblé surréel », a-t-il confié après coup.
Il joue du piano
Pas juste des balles de tennis : selon sa biographie officielle sur le site de l’ATP, Félix est aussi pianiste, et s’est même produit lors d’une soirée réservée aux joueurs à Monte-Carlo en 2019. Un détail que peu de gens connaissent, mais qui colle bien à l’image d’un athlète connu pour sa discipline méthodique — que ce soit sur un court ou devant un clavier.
Sa rencontre avec sa future femme a commencé… par un premier rendez-vous à Miami
Félix a rencontré Nina Ghaibi, cavalière professionnelle marocaine, en mars 2019, alors qu’il avait 18 ans. « Premier rendez-vous il y a 6 ans, à Miami, et nous voilà en train de planifier notre mariage », a-t-il écrit sur Instagram en 2025. Nina, qui concourt à l’international pour le Maroc en équitation et qui est aussi la cousine de la joueuse de tennis Ajla Tomljanović (elle-même d’origine croate), est devenue une présence régulière dans sa loge de joueur lors des tournois.
Il lui a annoncé sa médaille olympique… par FaceTime, avec leur chien
Aux Jeux de Paris 2024, Félix remporte le bronze en double mixte avec Gabriela Dabrowski — sa toute première médaille olympique. Sa première réaction? Un FaceTime avec Nina et leur chien pour lui montrer la médaille. « Comment oses-tu m’appeler aussi désinvolte avec ta première médaille olympique autour du cou », a-t-elle écrit, mi-amusée, mi-fière.
Un mariage à Marrakech, un Dior noir et une robe Vera Wang
Le couple s’est fiancé aux Seychelles en novembre 2024, puis marié le 20 septembre 2025 à l’hôtel de luxe Selman Marrakech, au Maroc. Félix portait un complet Dior noir, Nina une robe Vera Wang. Sur Instagram, il a résumé la journée en une phrase : « nos rêves sont devenus réalité. »
En 2026, il devient le Canadien le plus décoré de l’ère Open — devant Milos Raonic
Après une période marquée par les blessures, Félix a connu une remontée spectaculaire : trois titres en 2025 (Adélaïde, Montpellier, Bruxelles), une demi-finale à l’US Open, puis un sommet en carrière au 5e rang mondial en novembre 2025. En février 2026, sa victoire à Montpellier lui donne un 9e titre ATP en carrière, le hissant devant Milos Raonic comme l’homme canadien le plus titré de toute l’ère Open. Quelques mois plus tard, en juin 2026, il grimpe jusqu’au 4e rang mondial, son nouveau sommet en carrière — une place qu’il partage désormais avec Greg Rusedski, natif de Montréal mais qui avait atteint ce rang sous les couleurs britanniques en 1997. Milos Raonic demeure toutefois le Canadien le mieux classé de l’histoire, hommes et femmes confondus, avec sa 3e place mondiale atteinte fin 2016.
Jean Emmanuel Duchemin


