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Le parcours discret (mais fulgurant) de Félicia Roy, la benjamine des Roses de Montréal

«J’ai grandi avec deux cultures très fortes qui m’ont beaucoup façonnée : la passion et la combativité d’Haïti, combinées à la discipline et à l’organisation du Québec. »

— Félicia Roy

Félicia Roy n’a même pas 20 ans, et elle a déjà porté le maillot canadien à une Coupe du monde, joué les grands rôles au collégial, puis signé son tout premier contrat professionnel dans sa propre ville. Portrait d’une milieu de terrain de Saint-Bruno-de-Montarville qui grimpe les échelons plus vite que la plupart des gens ne s’en aperçoivent.

Elle a découvert le soccer à 4 ans… en suivant les traces de son grand frère

Félicia a chaussé ses premiers crampons à quatre ans, passant notamment par le CS Longueuil et l’AS Brossard, où elle a poursuivi son développement pendant près d’une décennie. Elle a toujours affirmé s’être lancée dans le sport en suivant les traces de son frère aîné, Zachary Roy — aujourd’hui défenseur professionnel pour l’Atlético Ottawa, dans la Première ligue canadienne. Il est resté son modèle, s’entraînant avec elle et la conseillant, malgré ses propres engagements professionnels.

Un lien familial avec Haïti — comme une autre grande joueuse montréalaise

Née au Canada, Félicia est d’origine haïtienne du côté de sa mère. Un point commun frappant avec une autre athlète dont on a récemment parlé dans cette série : Amandine Pierre-Louis, elle aussi liée à Haïti par un parent, et qui vient tout juste de rejoindre… les Roses de Montréal, la même équipe que Félicia. Deux générations, deux parcours différents, une même racine.

À 15 ans, elle représente déjà le Canada — et rêve de massothérapie

En 2021, à 15 ans à peine, Félicia reçoit son tout premier appel avec l’équipe nationale canadienne des moins de 17 ans, un moment qu’elle a décrit comme extrêmement marquant. À l’époque, en plus du soccer, elle maintenait une moyenne académique de 86 % en secondaire 3 et envisageait une carrière — intéressée par les mathématiques et les sciences — en massothérapie, dans le domaine sportif. Elle s’illustre aussi sur le terrain avec, selon Le Montarvillois, un Ballon d’or dans la catégorie 15 ans et moins de la Ligue de soccer élite du Québec avec le club de Brossard, à l’été 2021.

Bronze au Championnat CONCACAF, puis deux entrées comme substitut à la Coupe du monde

En 2022, sa carrière internationale junior explose : elle remporte une médaille de bronze au Championnat féminin CONCACAF U-17, disputé en République dominicaine, après sept matchs. Cinq mois plus tard, elle est du voyage pour la Coupe du monde féminine U-17, en Inde. Selon la feuille de match officielle de Canada Soccer, elle entre en jeu à la 79e minute du premier match du groupe, contre la France (1-1), puis à la 69e minute du deuxième match, contre le Japon (défaite 0-4) — pour un total d’environ 35 à 40 minutes réparties sur deux des trois matchs du Canada. Elle reste sur le banc, non utilisée, lors du troisième match, contre la Tanzanie. « Ça m’a vraiment développée mentalement », a-t-elle confié à La Presse. Un contraste marqué entre l’euphorie du bronze et la dure école du banc, à peine quelques mois plus tard — le genre d’épisode qui façonne une carrière plus que n’importe quelle victoire facile.

Même année, son frère et elle font tous les deux la manchette du soccer canadien

2022 est une année charnière pour toute la famille Roy : Zachary signe son tout premier contrat professionnel à 18 ans, pendant que Félicia dispute le tournoi CONCACAF avec l’équipe canadienne U-17, à seulement 16 ans. Frère et sœur, la même saison, sur le devant de la scène du soccer québécois.

Elle a dit non à la NCAA — et a plutôt choisi le collégial québécois, où elle a accumulé les honneurs

Contrairement à beaucoup de jeunes joueuses talentueuses qui visent les universités américaines, Félicia a choisi de rester au Québec, au Collège Champlain de Saint-Lambert. Le pari a payé : nommée recrue de l’année du RSEQ en 2023, puis joueuse la plus utile (MVP) du RSEQ et étoile de la première équipe du RSEQ ainsi que de l’ACSC en 2024. Elle a aussi remporté le championnat de la Ligue1 Québec avec l’Académie du CF Montréal en 2023.

Elle pensait que la nouvelle équipe pro n’était « pas pour des filles jeunes » comme elle

Quand l’arrivée d’une équipe de soccer professionnelle féminine à Montréal a été confirmée, Félicia était emballée — mais convaincue que ce n’était pas pour elle. « Je me suis dit que ce n’était pas pour des filles jeunes comme moi », a-t-elle raconté au Courrier du Sud. Les Roses de Montréal ont pensé le contraire : en janvier 2025, elle devient la plus jeune joueuse embauchée par le club, à seulement 18 ans.

De « pas pour moi » à « fille de demain », en sept mois

Le doute initial n’a pas duré longtemps. Dès juillet 2025, elle est nommée recrue de la semaine de la Super Ligue du Nord. Le 2 août 2025, La Presse la décrit comme « la fille de demain » du club, sous la plume de Jean-François Téotonio. Et en avril 2026, à 19 ans, elle est de nouveau sélectionnée par Canada Soccer, cette fois pour un camp de l’équipe nationale féminine des moins de 20 ans, disputé au Costa Rica — une reconnaissance qu’elle qualifie elle-même de très significative pour son travail.

D’un banc de touche à la Coupe du monde U-17 jusqu’au titre de « fille de demain » d’une nouvelle équipe professionnelle montréalaise, Félicia Roy illustre bien ce que le nouveau soccer féminin québécois a de plus prometteur : une progression patiente, construite ici, chez elle — sans jamais avoir eu besoin de partir.

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