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Victoria Mboko : à 18 ans, elle battait quatre championnes du Grand Chelem en une semaine

Le parcours fulgurant de Victoria Mboko, qui vient de vivre le revers le plus cruel de sa jeune carrière

Il y a un peu plus d’un an, Victoria Mboko était classée 333e joueuse mondiale, à peine connue en dehors des cercles du tennis junior. En août 2025, elle remportait l’Omnium Banque Nationale à Montréal, éliminant au passage quatre anciennes championnes du Grand Chelem. En 2026, une blessure cruelle au genou l’a forcée à rater Wimbledon et la défense de son propre titre à Toronto. Voici l’histoire derrière l’une des ascensions les plus spectaculaires du tennis canadien.

Sa famille a fui le Congo avant même sa naissance

Victoria Mboko est née le 26 août 2006 à Charlotte, en Caroline du Nord, de parents originaires de la République démocratique du Congo. Sa famille avait d’abord fui le pays pour s’installer aux États-Unis, avant de déménager dans la grande région de Toronto, où Victoria a grandi, à Burlington, en Ontario.

Elle est la benjamine de quatre enfants, tous joueurs de tennis

Victoria est la plus jeune d’une fratrie de quatre : sa sœur Gracia, environ dix ans son aînée et elle-même joueuse de niveau national, ainsi que ses deux frères, Kévin et David. Toute la famille jouait déjà au tennis avant même que les parents ne pensent à inscrire Victoria à des cours.

À 4 ans, elle exigeait qu’on lui lance des balles pendant que ses frères et sœurs s’entraînaient

Avant même de commencer les cours formels, la petite Victoria se tenait sur le terrain de tennis de Burlington, insistant pour qu’on lui envoie des balles à frapper pendant que ses frères et sœurs s’entraînaient. « J’ai l’impression qu’en grandissant, tout ce que j’ai regardé, c’était du tennis. J’ai l’impression d’avoir plus regardé le tennis que joué avec des jouets ou regardé la télévision », a-t-elle confié. « Quand tu grandis dans un environnement de tennis comme ça, tu veux juste faire pareil. Je ne voulais pas être laissée de côté, je voulais faire ce que mes frères et sœurs faisaient. »

Elle déteste perdre, et ça se voit encore aujourd’hui

Selon ceux qui l’ont côtoyée jeune, Victoria détestait profondément le sentiment de perdre, ce qui la motivait d’autant plus à gagner. Pour elle, le tennis n’était pas une affaire tactique : c’était frapper une balle pour gagner et, surtout, pour battre sa sœur.

Elle n’a pourtant jamais battu aucun de ses frères et sœurs

Malgré toute cette détermination, Victoria admet une curieuse malédiction familiale : face à sa sœur Gracia ou à ses frères Kévin et David, elle ne gagne jamais. « En fait, je n’ai jamais battu aucun d’entre eux », a-t-elle admis en riant dans les pages de WTA Tennis.

Elle a quitté le Canada à 12 ans pour la Floride, puis la Belgique

À 12 ans, Victoria déménage en Floride pour poursuivre son développement à la prestigieuse IMG Academy. Elle fait aussi un passage à l’école de tennis de l’ancienne première mondiale Justine Henin, en Belgique, avant de revenir s’entraîner au Canada, au Centre national d’entraînement de Tennis Canada, à Montréal.

Enfant, ses idoles étaient Serena Williams et Naomi Osaka — deux joueuses qu’elle allait un jour affronter

Victoria a grandi en admirant Serena Williams, alors reine incontestée du circuit. Mais dès l’adolescence, une autre joueuse est devenue tout aussi importante à ses yeux : à 14 ans, en pleine pandémie, elle confiait déjà que Naomi Osaka était son idole. Cinq ans plus tard, en pleine finale de l’Omnium Banque Nationale, la boucle allait se boucler d’une façon qu’elle n’aurait jamais imaginée : elle affronterait Osaka elle-même, qui a découvert avec surprise, en conférence de presse, que la jeune Canadienne l’idolâtrait depuis toujours.

Elle a signé une série record de 22 victoires consécutives, sans perdre une seule manche

Au début de 2025, Mboko enchaîne une série de 22 victoires consécutives sur le circuit ITF sans jamais perdre une seule manche, un record chez les joueuses canadiennes. Au cours de ces premiers mois de la saison, elle remporte cinq titres ITF, ce qui lui permet de grimper rapidement au classement mondial et d’accéder aux qualifications de tournois plus prestigieux.

Elle a remporté son tout premier titre WTA… dans le tournoi qu’elle regardait, enfant, depuis les gradins

En août 2025, à seulement 18 ans, Victoria Mboko remporte l’Omnium Banque Nationale à Montréal — un tournoi qui alterne chaque année entre Montréal et Toronto, et qu’elle avait grandi à regarder depuis les gradins du Sobeys Stadium de Toronto. Sur son chemin vers le titre, elle élimine quatre anciennes championnes du Grand Chelem : Sofia Kenin, Coco Gauff, Elena Rybakina, puis Naomi Osaka en finale, devenant du même coup la deuxième joueuse la plus jeune de l’ère Open à battre quatre championnes majeures dans un même tournoi.

Elle a été formée par une ancienne troisième joueuse mondiale, avant de passer sous la tutelle d’un coach de champions

Lors de son sacre à Montréal en 2025, Mboko était encadrée par Nathalie Tauziat, ancienne joueuse française qui a atteint le troisième rang mondial durant sa propre carrière. Depuis, elle a changé d’entraîneur : elle est désormais guidée par le Belge Wim Fissette, reconnu pour avoir mené plusieurs championnes, dont Naomi Osaka, vers des titres du Grand Chelem.

En 2026, elle a fait son entrée dans le top 10 mondial, mais une chute au Queen’s a tout changé

Après une saison 2026 spectaculaire, marquée par des finales à l’Open d’Adélaïde, à l’Open de Doha et aux Internationaux de Strasbourg, Mboko atteint pour la première fois le top 10 mondial. Le 10 juin 2026, alors qu’elle est menée par la Tchèque Karolina Pliskova à Queen’s Club, elle chute lourdement en fond de terrain et se blesse au ligament collatéral médial du genou gauche. « Malheureusement, ma chute de mercredi a provoqué une lésion du LCM de mon genou gauche, ce qui signifie que je vais rater le reste de la saison sur gazon. Ça signifie aussi Wimbledon, un tournoi que j’avais tellement hâte de disputer cette année », a-t-elle écrit sur Instagram.

Elle a dû renoncer à défendre son propre titre… chez elle, à Toronto

Le 7 juillet 2026, Mboko annonce également son forfait pour l’Omnium Banque Nationale de Toronto, l’empêchant de défendre le titre remporté l’année précédente à Montréal. « Certains tournois comptent un peu plus que d’autres, mais le NBO signifie tout pour moi. Ne pas pouvoir jouer chez moi cet été devant les personnes que j’aime et avec le soutien du public de Toronto est profondément décevant », a-t-elle écrit. Son absence prolongée lui a coûté sa place dans le top 10 : elle est sortie du top 10 mi-juillet, glissant à la 12e place, avant de continuer à fluctuer dans le classement au fil des semaines suivantes. Dans ses messages les plus récents, elle affirme rester positive quant à son retour.

De la fillette qui réclamait des balles sur un terrain de Burlington jusqu’à la joueuse qui a battu quatre championnes du Grand Chelem dans le tournoi qu’elle regardait enfant, Victoria Mboko a connu, en l’espace de douze mois à peine, l’un des sommets et l’un des creux les plus marquants du sport canadien récent. Sa vraie histoire, à seulement 19 ans, ne fait que commencer.

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