Après avoir fait l’impasse sur les Championnats du monde de paranatation 2025 pour terminer ses études en droit, Aurélie Rivard a prouvé samedi qu’elle n’avait rien perdu de son mordant. La paranageuse québécoise a remporté la médaille de bronze au 400 mètres style libre multiclasse, en 4 min 37 s 04, à l’occasion du deuxième jour des Championnats para-panpacifiques de natation, présentés à Walnut, en Californie — une performance qui marque un retour en force pour l’une des athlètes paralympiques les plus décorées de l’histoire canadienne.
Une pause volontaire pour terminer son droit
Le contexte entourant ce retour rend la médaille d’autant plus significative. Rivard avait fait sensation en juin 2025 en annonçant son retrait des sélections nationales en vue des Championnats du monde de paranatation, une décision prise pour se consacrer entièrement à ses études en droit à l’Université Laval. « J’ai toujours donné la priorité à la natation. J’ai pris des sessions sabbatiques et j’ai construit ma vie autour de ce sport », avait-elle expliqué à l’époque, précisant vouloir obtenir son diplôme en avril 2026 sans avoir à le repousser une fois de plus.
Ce pari personnel semble avoir porté ses fruits. De retour à la compétition internationale avec, cette fois, son diplôme de droit en poche, la nageuse de 30 ans a immédiatement renoué avec le podium dans l’épreuve qu’elle qualifie elle-même de sa préférée — malgré, ou peut-être justement grâce à, la relation particulière qu’elle entretient avec cette distance exigeante.
« Ma plus grande force, ma plus grande fierté »
Les mots choisis par Rivard après sa course témoignent de la portée symbolique de ce retour. « C’est vraiment agréable de recommencer à m’entraîner pour cette épreuve et de courir avec ma stratégie en tête. Cette épreuve démontre vraiment ma résilience », a-t-elle confié, ajoutant : « Quand j’étais plus jeune, cette épreuve me terrifiait, et elle est devenue ma plus grande force et ma plus grande réussite ». Une déclaration chargée de sens pour une athlète qui a fait du 400 m libre S10 sa signature depuis près d’une décennie, décrochant la médaille d’or à trois Jeux paralympiques consécutifs (Rio 2016, Tokyo 2020, Paris 2024) dans cette même épreuve.
Un palmarès parmi les plus riches du sport paralympique canadien
Le résultat de Walnut s’ajoute à une feuille de route déjà exceptionnelle. Rivard cumule 13 médailles paralympiques, dont six en or, en plus de détenir le titre d’athlète canadienne la plus décorée de l’histoire des Championnats du monde de paranatation, avec 19 médailles à son actif. Aux Jeux de Paris l’été dernier, elle avait remporté trois médailles individuelles — l’or au 400 m, l’argent au 100 m et le bronze au 50 m — devenant ainsi la première nageuse canadienne à monter sur le podium à quatre éditions différentes des Jeux paralympiques (2012, 2016, 2020, 2024), confirmant son statut de pilier incontesté de l’équipe canadienne depuis ses débuts à Londres en 2012.
Sa domination au 400 m libre S10 demeure particulièrement remarquable : elle détient toujours le record du monde et le record paralympique établis à Tokyo, en 2020, et a défendu son titre paralympique dans cette épreuve à trois reprises consécutives, la dernière fois à Paris.
Objectif Los Angeles 2028
Ce retour aux affaires internationales, après une période consacrée en priorité à ses études, s’inscrit dans une perspective à plus long terme pour la Québécoise : celle de bien se préparer en vue des Jeux paralympiques de Los Angeles, en 2028. Loin d’avoir mis un terme à ses ambitions sportives en retournant sur les bancs d’école, Rivard a plutôt choisi de prendre le temps nécessaire pour revenir dans les meilleures conditions possibles — un pari qui, à en juger par sa performance de samedi, semble déjà en voie de porter fruit.
Pour les amateurs de sport paralympique au Québec, la nouvelle est on ne peut plus rassurante : la meilleure paranageuse de l’histoire canadienne est bel et bien de retour, diplôme en poche et médailles toujours au rendez-vous.



