Top 5 This Week

Articles similaires

La sécurité aux abords des écoles, un rituel de rentrée qui revient chaque année depuis 2019

Cette semaine, Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce et Saint-Laurent ont chacun publié un communiqué annonçant de nouveaux investissements pour sécuriser les déplacements des élèves. Depuis son lancement en 2019, le Programme de sécurisation aux abords des écoles fait l’objet d’annonces récurrentes à l’approche de la rentrée scolaire.

L’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce a annoncé cette semaine la poursuite de ses efforts pour améliorer la sécurité des déplacements aux abords des écoles, tout en augmentant les investissements prévus pour les prochaines années. À Saint-Laurent, l’arrondissement a annoncé le 27 août dernier que plus de 3,2 millions de dollars avaient été investis au cours de la dernière année, en collaboration avec la Ville centrale, pour améliorer les infrastructures de mobilité autour des établissements scolaires et dans les quartiers résidentiels. Parmi les réalisations : 25 saillies de trottoir, 19 dos-d’âne, 10 traverses ou intersections surélevées et 130 mètres de trottoirs reconstruits.

Ces deux annonces s’inscrivent dans un programme qui existe maintenant depuis sept ans.

Le Programme de sécurisation aux abords des écoles (PSAÉ) a été lancé en 2019 avec un budget initial de 25 millions de dollars pour la période 2019-2021. En 2020, des travaux touchaient 24 écoles réparties dans dix arrondissements. En 2024, la Ville soulignait le cinquième anniversaire du programme : un investissement de 14 millions de dollars visait cette année-là 32 établissements et cinq parcs dans dix arrondissements, portant à plus de 50 000 le nombre d’élèves dont les déplacements avaient été sécurisés depuis la création du programme, avec plus de 11 000 élèves supplémentaires appelés à en bénéficier cette année-là. Cette accumulation d’investissements année après année mérite d’être reconnue comme un effort réel et soutenu, plutôt que comme un simple exercice de communication répété.

Mais un même problème structurel revient chaque année, même s’il a récemment commencé à évoluer.

Dès septembre 2024, la Ville de Montréal jugeait publiquement insuffisant l’engagement du gouvernement du Québec d’ajouter seulement 250 radars photo sur l’ensemble du territoire québécois au cours des quatre années suivantes, alors que Montréal ne disposait à l’époque que de huit radars sur tout son territoire et réclamait près de 300 appareils supplémentaires. La Ville citait alors une réduction de 42 % des accidents aux endroits équipés de radars photo pour appuyer sa demande.

Deux ans plus tard, le portrait a partiellement changé. Le gouvernement du Québec ne cite plus le chiffre de 42 % : sa page officielle sur les radars photo indique aujourd’hui une diminution du nombre d’accidents de 29 % pour les radars fixes, de 28 % pour les appareils de surveillance aux feux rouges et de 12 % pour les radars mobiles. Le nombre d’appareils déployés dans la région de Montréal a lui aussi augmenté : le gouvernement recense désormais 12 emplacements de radars photo sur le territoire montréalais, contre huit en 2024.

Cette progression reste néanmoins modeste au regard de l’ampleur du réseau routier montréalais. Le plafond de 250 nouveaux appareils pour l’ensemble du Québec, que la Ville jugeait déjà insuffisant en 2024, demeure la cible annoncée par le gouvernement. Des investissements locaux en trottoirs élargis, en dos-d’âne et en feux de circulation demeurent utiles, mais ils ne remplacent pas l’effet plus large qu’un réseau de radars photo plus dense pourrait avoir sur l’ensemble du territoire montréalais.

Ce que cette septième année du programme devrait rappeler aux élus municipaux.

Répéter, année après année, le même message de sécurisation aux abords des écoles finit par masquer une question plus incommode : combien de temps Montréal continuera-t-elle à investir massivement dans des aménagements ponctuels, école par école, alors que le déploiement des radars photo, l’outil que la Ville elle-même juge le plus efficace pour réduire les accidents à grande échelle, progresse à un rythme nettement plus lent? À l’approche de la campagne électorale provinciale en cours, les élus montréalais auraient intérêt à exiger un engagement chiffré et daté sur l’accélération de l’ajout de radars photo, plutôt que de se contenter, encore une fois, d’un communiqué de bonne volonté locale qui ne résout jamais tout à fait le problème plus large qu’il tente d’atténuer.


Note méthodologique : cette version corrige deux éléments de la version précédente. D’abord, le chiffre de 42 % de réduction des accidents, cité par la Ville de Montréal en 2024, n’est plus le chiffre affiché sur la page officielle du gouvernement du Québec, qui distingue désormais trois taux selon le type d’appareil (29 %, 28 %, 12 %). Ensuite, le nombre de radars photo à Montréal est passé de huit (chiffre de 2024) à douze emplacements recensés par le gouvernement en 2026. L’affirmation non étayée voulant que 40 % des intersections de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension soient jugées dangereuses a été retirée, faute de source officielle confirmée.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Populaires