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Carney célèbre le multiculturalisme comme pilier de l’identité canadienne

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Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a souligné samedi la Journée canadienne du multiculturalisme en affirmant que la diversité culturelle constitue l’une des principales forces du pays et un fondement de son identité nationale.

Dans une déclaration diffusée par le Cabinet du Premier ministre du Canada, M. Carney a rappelé que cette journée s’inscrit entre la Journée nationale des peuples autochtones, la Saint-Jean-Baptiste et la Fête du Canada, une proximité qu’il juge symbolique de l’histoire plurielle du pays.

« Le Canada a été édifié autour d’un principe fondateur : l’unité ne requiert pas l’uniformité », a déclaré le premier ministre. Selon lui, le pays s’est construit grâce à « une série de choix imparfaits » qui ont progressivement fait émerger la conviction que les différences culturelles représentent « une force à cultiver, et non un risque à gérer ».

M. Carney a également rappelé que cette vision est inscrite dans la Charte canadienne des droits et libertés et qu’elle a permis de bâtir, au fil des générations, une nation « bilingue, véritablement multiculturelle et déterminée à avancer sur la voie de la réconciliation ».

Le chef du gouvernement a enfin réaffirmé l’engagement de son administration à promouvoir une société plus inclusive, saluant « la foisonnante diversité culturelle » qui, selon lui, définit le Canada d’aujourd’hui et contribue à son développement.

À 10 ans, Dayne St. Clair regardait le Mondial en rêvant d’y jouer. À 29 ans, c’est son tour

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Dayne St. Clair a un père trinidadien ancien gardien de but, a commencé comme défenseur central, s’est converti aux buts à 13 ans, a lancé le premier lancer d’un match des Twins du Minnesota, a été remplaçant inutilisé au Qatar 2022 — et arrive au Mondial 2026 après avoir remporté le titre de meilleur gardien de la MLS. Portrait du numéro 1 du Canada, celui qui a failli ne pas l’être.


par Jean Emmanuel Duchemin | Série Mondial 2026


En 2007, la FIFA organise la Coupe du monde des moins de 20 ans au Canada. Un des matchs se joue à Toronto. Dans les gradins, un gamin de Pickering, en banlieue est de Toronto, regarde les joueurs avec des étoiles dans les yeux.

Il a dix ans. Il ne joue pas encore dans les buts. Il est défenseur central.

Et il ne sait pas encore que vingt ans plus tard, au même âge que ces joueurs qu’il regarde avec envie, il sera lui-même gardien titulaire du Canada à la Coupe du monde.

Sauf que la Coupe du monde sera à Toronto. Encore.


Scarborough, Trinité-et-Tobago, et un père qui connaît les buts de l’intérieur

Le 9 mai 1997, Dayne Tristan St. Clair naît à Pickering, en Ontario. Techniquement, il naît à Toronto — mais sa famille vivait en réalité à Scarborough, le quartier est de la ville, et il avait sept ans quand ils ont déménagé à Pickering, ville de banlieue tranquille sur les rives du lac Ontario.

Son père Fabian est né à Sangre Grande, à Trinité-et-Tobago — une ville du nord-est de l’île, connue pour ses rizières et ses plaines. Sa mère Julie est née à Toronto, d’origine écossaise. Deux îles dans cet arbre généalogique — Trinité et la Grande-Bretagne — et un fils né dans la banlieue de Toronto.

Mais le détail le plus important dans le parcours de Dayne St. Clair, c’est ceci : son père Fabian était lui-même gardien de but.

Pas professionnel. Mais gardien. Et dans les cours arrière et les parcs de Scarborough, c’est le père qui lui a tout appris — pas d’abord les plongeons et les arrêts, mais la lecture du jeu, la communication, le positionnement. La philosophie du gardien moderne avant qu’elle ait un nom.

À trois ans, Dayne commence à jouer dans la Ephinay Church Soccer League — une ligue paroissiale. À quatre ans, le North Scarborough SC. Les premières équipes de sa vie.


Défenseur central. Jusqu’à 13 ans.

Voilà le fait le plus contre-intuitif de toute cette histoire : Dayne St. Clair n’a pas commencé dans les buts. Pendant des années, il jouait défenseur central — là où on anticipe, on coupe les lignes, on organise la défense. Un poste de commandement.

À 13 ans, quelque chose change. Peut-être une conversation avec son père. Peut-être un entraîneur qui voit quelque chose. Peut-être l’influence de ses idoles — Iker Casillas, le légendaire gardien espagnol, et Joe Hart, le gardien anglais au style spectaculaire. Il passe dans les buts.

Et là, tout s’accélère. Il rejoint le Vaughan SC — un des meilleurs clubs de développement de l’Ontario, qui a produit plusieurs joueurs de MLS. Puis, après son secondaire à l’École catholique Notre-Dame à Ajax en 2015, les universités américaines commencent à s’intéresser à lui.

Il choisit l’Université du Maryland — les Terrapins, une des meilleures formations universitaires de soccer des États-Unis.


Champion NCAA. 23 blanchissages. Et un contrat Generation Adidas.

À Maryland, St. Clair devient rapidement le titulaire indiscutable. Quatre saisons. 23 blanchissages en 44 matchs. Un bilan qui parle de lui-même.

La consécration arrive lors de son ultime saison, en 2018 : les Terrapins remportent le Championnat national NCAA. St. Clair est invaincu pendant les cinq matchs du tournoi final — cinq matchs, zéro but encaissé. Il est élu meilleur joueur défensif du championnat NCAA.

En janvier 2019, la MLS annonce qu’il a signé un contrat Generation Adidas — le programme pour les jeunes talents qui abandonnent leurs études pour se lancer dans le professionnalisme. Lors de la SuperDraft MLS 2019, Minnesota United le sélectionne en 7e position.

Direction Minneapolis. La ville des lacs, des hivers à -30°C et du mall le plus grand des États-Unis.


Six ans à Minnesota. Premier lancer des Twins. Et MVP All-Star.

De 2019 à 2025, Dayne St. Clair passe toute sa carrière MLS à Minnesota United. Six saisons. Il devient progressivement le titulaire indiscutable, le leader du vestiaire, la figure de la franchise.

Les chiffres au terme de son passage : 48 victoires — record du club toutes compétitions confondues. 31 blanchissages — record du club également. Il fait partie des meubles de l’Allianz Field comme peu de gardiens le sont dans leur club en MLS.

Quelques moments marquants de cette période :

En 2020, rappelé d’un prêt à San Antonio pour remplacer un gardien blessé, il dispute trois matchs de playoffs consécutifs avec deux blanchissages — et révèle à tout le Minnesota qu’il est prêt.

En 2022, il est nommé dans l’équipe des MLS All-Stars et remporte le titre de MVP du match All-Star — devant son public à l’Allianz Field. Une reconnaissance continentale.

La même année, un détail savoureux que peu de gens connaissent : le 23 mai 2022, Dayne St. Clair lance le premier lancer cérémoniel avant un match des Minnesota Twins — l’équipe de baseball locale. Un gardien de soccer sur un terrain de baseball, en plein Minneapolis. Le genre de crossover culturel qui ne se passe qu’aux États-Unis.

Et en 2024, lors d’un match de Leagues Cup contre le Club Necaxa du Mexique, il réalise 16 arrêts en un seul match — le record de l’histoire de Minnesota United et le record de l’histoire de la Leagues Cup pour un seul match.


Qatar 2022 : sur le banc, en costume, à regarder.

En novembre 2022, St. Clair fait partie des 26 joueurs sélectionnés pour le premier Mondial du Canada depuis 1986. Il prend l’avion pour Doha. Il s’entraîne avec le groupe. Il participe aux réunions vidéo, aux séances tactiques.

Et il regarde Milan Borjan jouer les trois matchs du groupe depuis le banc.

C’est la réalité cruelle du poste de gardien de but en sélection : dans un tournoi, il n’y a qu’un titulaire. Et à l’époque, Borjan — le gardien serbe naturalisé canadien, vétéran de Red Star Belgrade — était incontournable.

St. Clair n’a pas joué une seule minute au Qatar.

Il est rentré au Canada avec un badge de participation à la Coupe du monde mais sans aucun souvenir de terrain.


La Copa América 2024 et la saison de tous les records

Avec la retraite internationale progressive de Milan Borjan, la question du successeur devient centrale pour Canada Soccer. Et en 2024, lors de la Copa América disputée aux États-Unis, St. Clair commence à s’imposer — sans vraiment jouer beaucoup au premier tour, c’est vrai, mais en montrant lors du match pour la troisième place contre l’Uruguay toute sa sérénité dans les moments de pression.

Puis vient la saison 2025, la meilleure de sa carrière. Avec Minnesota United, il affiche un taux d’arrêts de 77,93% — meilleur de toute la MLS. 10 blanchissages en 30 matchs. La MLS lui remet le titre de Gardien de l’année 2025.

Fort de cette saison exceptionnelle, il signe en janvier 2026 à l’Inter Miami — le club de Messi, champion MLS en titre, la franchise la plus médiatisée de la ligue. Le plus grand spotlight possible avant le Mondial.


Le duel Crépeau / St. Clair — et le choix de Marsch

On a raconté l’histoire de Maxime Crépeau dans cette série — la jambe cassée en finale de la MLS Cup, la boucle bouclée à Montréal. Et on a mentionné qu’il y avait un duel intense entre les deux gardiens pour la place de titulaire.

Ce duel a duré des mois. Il a traversé toute la préparation. Et Jesse Marsch a finalement tranché : Crépeau sera le numéro un au Mondial. St. Clair, le remplaçant.

Une décision difficile à avaler pour quelqu’un qui vient de remporter le titre de meilleur gardien de la MLS. Mais St. Clair l’a acceptée avec la maturité de quelqu’un qui a déjà attendu son heure — comme au Qatar, debout sur le banc en regardant un autre garder les buts.

En mars 2026, Marsch avait aligné St. Clair pour le match amical du samedi contre un adversaire international, et Crépeau pour le match du mardi — une façon transparente de tester les deux, en parallèle, jusqu’au bout.

Il reste là. Il travaille. Il attend. Parce qu’en soccer, les gardiens savent mieux que quiconque que tout peut changer en un seul match.


Les idoles, le baseball, et ce qu’il aime vraiment

Quelques détails de couleur sur l’homme, pas seulement le gardien.

Ses idoles de jeunesse : Iker Casillas et Joe Hart pour les gardiens. Dwayne De Rosario — la légende canadienne du soccer — et Thierry Henry pour les joueurs de champ. Et dans le sport en général : LeBron James et le Miami Heat. Aujourd’hui il joue à Miami. La boucle est bouclée.

Ses loisirs : les jeux vidéo, les réseaux sociaux, le volleyball.

Et ce souvenir d’enfance que Canada Soccer a pris soin de noter dans son profil officiel : à dix ans, il était dans les gradins du Mondial U-20 de 2007 à Toronto, à regarder des joueurs de son âge futur disputer la Coupe du monde.

Vingt-deux ans plus tard, c’est lui qui est sur le terrain.


Ce qu’il faut retenir

Dayne St. Clair est le gardien le plus accompli de l’histoire récente du soccer canadien — meilleur gardien MLS 2025, recordman de victoires et de blanchissages à Minnesota United, international confirmé. Et pourtant, au Mondial 2026, il commence sur le banc.

C’est ça aussi, le soccer. La hiérarchie ne suit pas toujours la logique des statistiques. Et les meilleurs gardiens, comme les meilleurs joueurs d’équipe, savent que leur rôle n’est pas toujours celui qu’ils auraient choisi.

Le gamin de dix ans qui regardait le Mondial dans les gradins de Toronto est maintenant dans le vestiaire de l’équipe nationale. Prêt. Patient. Et sachant que dans un tournoi, une seule occasion peut tout changer.

Son père Fabian lui a appris à garder les buts. La vie lui a appris à garder son calme.

Carney accueillera le président des Philippines, Ferdinand Marcos Jr., à Vancouver du 1er au 4 juillet

Le premier ministre canadien Mark Carney accueillera le président des Philippines, Ferdinand Marcos Jr., à Vancouver du 1er au 4 juillet, dans le cadre de la première visite officielle d’un chef d’État philippin au Canada depuis onze ans, a annoncé vendredi le gouvernement canadien.

Les deux dirigeants doivent discuter du renforcement des relations bilatérales, notamment dans les domaines du commerce, de la sécurité, de la défense, de l’énergie, des minéraux critiques et des échanges culturels.

Les entretiens porteront également sur l’accélération des négociations en vue d’un accord de libre-échange entre le Canada et les Philippines, ainsi que sur les discussions en cours entre le Canada et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), dont les Philippines assurent cette année la présidence.

Ottawa souligne le développement récent de la coopération en matière de défense entre les deux pays, marqué notamment par la signature en juin d’un accord de soutien logistique mutuel et d’une déclaration visant à renforcer la collaboration militaire.

Le Canada compte près d’un million de citoyens d’origine philippine. En 2025, les échanges commerciaux de marchandises entre les deux pays ont atteint 3,4 milliards de dollars, faisant des Philippines le sixième marché d’exportation canadien au sein de l’ANASE.

Ali Ahmed : le gamin de Lawrence Heights qui jouait en 6e division anglaise… avant de marquer contre Messi

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Ali Ahmed est né à Toronto de parents éthiopiens qui sont passés par l’Italie avant d’arriver au Canada. Il a grandi dans Lawrence Heights, un des quartiers les plus défavorisés de la ville. Il a joué en 6e division anglaise il y a six ans. Il a fait ses débuts en MLS en jeûnant pour le Ramadan. Il a marqué contre Messi en finale de la MLS Cup. Et maintenant il joue le Mondial chez lui. Dans le genre ascension vertigineuse, difficile de faire mieux.


par Jean Emmanuel Duchemin | Série Mondial 2026


Il y a six ans, Ali Ahmed jouait pour Enfield Town FC, dans la banlieue nord de Londres. Enfield Town. Sixième division anglaise. Des matchs le samedi après-midi devant quelques centaines de spectateurs, sur des terrains où les vestiaires sentent l’humidité et où les arbitres bénévoles perdent parfois leurs lacets.

Sixième division. Il réfléchissait encore à son avenir dans le football.

Aujourd’hui, à 25 ans, il joue en Championship à Norwich City, il est convoqué à la Coupe du monde avec le Canada, et il a marqué le seul but canadien en finale de la MLS Cup contre l’Inter Miami de Lionel Messi.

Entre Enfield Town et le Mondial : cinq ans. Le chemin le plus improbable de cette équipe canadienne. Et c’est dire.


Badeesa, Oromia. Bologne, Italie. Toronto, Lawrence Heights.

Le 10 octobre 2000, Ali Ahmed naît à Toronto. Mais son histoire commence bien avant cette date, et bien plus loin.

Ses parents, Afendi et Muna, sont nés à Badeesa, un village de la région Oromia, dans l’ouest de l’Éthiopie. L’Oromia, c’est la plus grande région d’Éthiopie, à dominante agropastorale, peuplée du peuple Oromo — le groupe ethnique le plus nombreux du pays. Les Ahmed quittent l’Éthiopie, s’installent d’abord en Italie — un séjour de quelques années qui donne à Ali une troisième culture de fond — avant d’immigrer au Canada et de s’établir à Toronto.

Leur quartier de destination : Lawrence Heights.

Lawrence Heights — surnommé familièrement « The Jungle » par ses propres habitants, dans un geste d’appropriation ironique — est un des quartiers de logements sociaux les plus connus de Toronto. Situé au nord de la ville, entre Allen Road et Lawrence Avenue, il a été construit dans les années 1950 pour accueillir des travailleurs. Au fil des décennies, il est devenu l’un des quartiers à plus forte concentration de pauvreté et de diversité ethnique de la ville. Des tours HLM, des parcs, une communauté très soudée, beaucoup de jeunes, beaucoup de talent — et très peu de structures pour l’encadrer.

C’est là qu’Ali Ahmed commence à jouer au soccer. À six ans, il rejoint les North Toronto Nitros — un club de la région.


Le Toronto FC qui dit oui — et qu’il refuse. L’Europe qui dit non — deux fois.

En 2018, à 17 ans, Ali Ahmed réalise un essai à l’Académie du Toronto FC. L’essai est concluant. Le club est prêt à le signer.

Il refuse.

Sa logique : il veut l’Europe. Et si une porte s’ouvre ici, peut-être qu’une autre s’ouvre là-bas. Il part au Portugal, fait un essai avec le CF Belenenses U19. Concluant, encore une fois. Mais il a moins de 18 ans — la même règle FIFA qui a bloqué Tajon Buchanan et Derek Cornelius dans cette série le rattrape. Il ne peut pas signer.

Il repart. Il essaie l’Espagne. Rien. Il revient au Canada. Il repart en Europe — Portugal, Royaume-Uni, Pays-Bas. Des mois de valises défaites et refaites, d’essais concluants qui ne mènent nulle part, de portes qui s’ouvrent à moitié et se referment aussitôt.

Et c’est là qu’il se retrouve en Angleterre, à jouer pour Enfield Town FC, en sixième division.

Il a 20 ans. Il réfléchit à son avenir dans le football.


Le coup de fil qui change tout — et la Covid qui le coupe

En novembre 2019, un de ses anciens entraîneurs au Canada fait quelque chose de simple mais décisif : il met Ali Ahmed en contact avec Steve Meadley, l’entraîneur de l’académie des Vancouver Whitecaps. Un appel. Une invitation à un essai.

L’essai commence. Mais la pandémie de COVID-19 arrive, et tout s’arrête. L’essai est écourté. Ahmed rentre chez lui.

Un an plus tard, il reessaie. Et cette fois, les choses se passent comme elles auraient dû se passer un an plus tôt : l’entraîneur des U23, Vanni Sartini — qui deviendra plus tard entraîneur de la première équipe — est impressionné. En août 2020, Ahmed rejoint officiellement l’académie des Whitecaps.

La suite : une saison 2022 étincelante en MLS Next Pro avec les Whitecaps 2, où il est nommé Joueur de l’année de la ligue. Puis, en novembre 2022, un contrat avec la première équipe. Il devient le premier joueur de l’histoire des Whitecaps à avoir parcouru tout le chemin — Académie → MLS Next Pro → première équipe — à l’intérieur du même système.


Ses débuts en MLS. Pendant le Ramadan. En jeûnant.

C’est un détail que la plupart des médias sportifs n’ont pas souligné assez fortement.

Le 22 avril 2022, Ali Ahmed fait ses débuts en MLS avec Vancouver, en remplacement lors d’une défaite 3-0 contre Austin FC. Ce jour-là — comme tous les jours de cette période de l’année — il jeûne pour le Ramadan. Pas d’eau. Pas de nourriture. De l’aube au coucher du soleil.

Et le 4 août de la même année, lors d’un autre prêt à court terme avec Vancouver, il joue encore pendant cette période sacrée de son calendrier islamique.

Pour Ahmed, la foi n’est pas un obstacle à la performance sportive — c’est sa source d’énergie intérieure. Dans ses interviews, il l’exprime clairement : sa pratique de l’islam est une partie centrale de son identité et de sa force mentale. Ce n’est pas quelque chose qu’il met de côté quand il enfile son maillot.


Trois Championnats canadiens. Et le but contre Messi.

De 2023 à 2025, les Vancouver Whitecaps remportent le Championnat canadien trois années consécutives — le trophée national qui oppose les clubs de MLS et de CPL. Ahmed est titulaire dans les trois. Trois fois champion du Canada avec le même club, trois ans de suite.

Et puis, novembre 2025. La finale de la MLS Cup. Vancouver contre l’Inter Miami de Lionel Messi, Sergio Busquets, Luis Suárez et Jordi Alba. Le match le plus médiatisé de l’histoire de la MLS, peut-être. Messi d’un côté. Ali Ahmed de l’autre.

Ahmed marque le seul but de Vancouver dans cette finale — perdue 3-1. Mais son but, marqué contre l’une des défenses les plus décriées de la MLS, dans le match le plus regardé de l’histoire de la ligue, a fait le tour des réseaux sociaux.

Un gamin de Lawrence Heights qui marque contre Messi en finale. Ça mérite d’être dit clairement.


De la 6e division anglaise à Norwich City — en cinq ans

En janvier 2026, quelques semaines après la finale de la MLS Cup, Ahmed signe à Norwich City, en Championship — la deuxième division anglaise, là où se retrouvent souvent des clubs historiques en transition et des joueurs qui frappent à la porte de la Premier League.

Son arrivée est immédiate. Dès son premier match contre Wrexham le 17 janvier 2026, il est titulaire et délivre une passe décisive dans les 10 premières minutes. Trois jours plus tard, il marque son premier but pour Norwich dans une victoire 5-0 contre West Bromwich Albion. Et le 26 janvier, un but et une passe décisive dans une victoire 2-1 contre le leader Coventry City.

Trois matches. Un but. Deux passes décisives. Le tout en dix jours.

Le même joueur qui jouait à Enfield Town, en sixième division anglaise, il y a six ans.


Le Mondial, Lawrence Heights, et la fierté

Dans son portrait pour la FIFA publié avant le Mondial, Ahmed revient sur son parcours avec une lucidité tranquille. Pas de discours triomphant. Pas de revanche proclamée. Juste la conscience que le chemin a été long et que rien n’était garanti.

Il a participé au match d’ouverture du Canada contre la Bosnie-Herzégovine à Toronto — son Toronto, la ville de ses parents, la ville de Lawrence Heights — en entrant en cours de jeu pour apporter de l’énergie et de la créativité à une équipe qui poussait pour le but de la victoire.

Son profil de jeu est unique dans cette équipe : à Vancouver, il a complété 98 dribbles à un taux de réussite de 58% et a généré 88 occasions de but en 83 apparitions — les chiffres d’un joueur qui crée du danger en portant le ballon, en déstabilisant les défenses, en prenant des risques que les autres n’osent pas prendre.

Ce profil-là — direct, électrique, imprévisible — vient peut-être de là. Des terrains de Lawrence Heights. Des matchs de rues improvisés. D’un quartier où on apprend à jouer vite parce qu’il n’y a pas de temps à perdre.


Ce qu’il faut retenir

Ali Ahmed incarne quelque chose de rare dans cette série de portraits : la trajectoire la plus non-linéaire de toute l’équipe canadienne. Refus de Toronto FC. Essais concluants en Europe qui n’aboutissent nulle part. Enfield Town, sixième division anglaise. Covid qui coupe un essai à mi-chemin. Puis Vancouver, Championship, Norwich, Mondial.

Et tout ça en jeûnant pendant le Ramadan, sans jamais mettre son identité de côté.

Ses parents ont fait le chemin Oromia → Bologne → Lawrence Heights pour lui donner une chance. Il a transformé cette chance en quelque chose qu’ils n’auraient probablement pas osé rêver.

Le Mondial à Toronto. Dans leur ville. Dans leur quartier, presque.

L’Alberta épinglée pour son opacité : le gouvernement Smith reçoit le « Prix du code du silence »

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Le gouvernement de l’Alberta dirigé par la première ministre Danielle Smith a reçu le « Prix du code du silence 2025 », une distinction peu enviable décernée par L’Association canadienne des journalistes pour dénoncer son manque de transparence en matière d’accès à l’information.

Cette décision fait suite aux conclusions de la commissaire albertaine à l’information et à la protection de la vie privée, qui a établi que la province avait enfreint sa propre législation sur la liberté d’information après une enquête de près de deux ans visant 27 organismes publics.

Selon le rapport, les autorités imposaient notamment aux demandeurs de limiter leurs requêtes à un seul sujet, de réduire la période de recherche des documents à douze mois et de reformuler leurs demandes afin qu’elles puissent être traitées dans un délai de 30 jours.

Malgré ces recommandations, l’Alberta a remplacé son ancienne loi sur l’accès à l’information par deux nouveaux textes législatifs en 2025. Plusieurs observateurs estiment toutefois que cette réforme restreint davantage l’accès aux documents publics, notamment en soustrayant les communications entre les ministres et leur personnel politique aux obligations de divulgation.

« La nouvelle exemption visant les communications entre les ministres et leur personnel politique crée un gouffre béant au cœur de la législation sur l’accès public », a déclaré Phil Tunley, directeur de Canadian Journalists for Free Expression.

Les organisateurs des Prix du code du silence, remis conjointement par l’Association canadienne des journalistes, le Centre for Free Expression et Canadian Journalists for Free Expression, affirment vouloir attirer l’attention sur les gouvernements et organismes publics qui limitent indûment le droit du public à l’information.

Il s’agit de la deuxième fois en quelques années que le gouvernement albertain reçoit cette distinction, après une première attribution en 2019.

2025 Provincial Code of Silence Award (Groupe CNW/L’Association canadienne des journalistes)

Toronto Pearson célèbre ses 52 000 travailleurs, moteurs du plus grand aéroport du Canada

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L’aéroport Pearson de Toronto a rendu hommage jeudi à plus de 52 000 travailleurs qui assurent quotidiennement le fonctionnement du plus important aéroport du Canada, à l’occasion de la troisième Journée des travailleurs aéroportuaires, organisée à l’échelle nationale par le Conseil des aéroports du Canada.

L’événement a réuni employés, partenaires communautaires, élus et dirigeants de l’industrie afin de souligner le rôle essentiel de ces travailleurs dans la sécurité, la fluidité des opérations et la connectivité du pays.

« Chaque voyage, chaque expédition et chaque correspondance repose sur l’expertise et le professionnalisme de notre communauté aéroportuaire », a déclaré la présidente-directrice générale de Toronto Pearson, Deborah Flint. Elle a salué le travail des employés œuvrant dans des secteurs aussi variés que l’aviation, la logistique, la sécurité, le commerce de détail, la construction et les technologies.

Profitant de cette journée, le gouvernement de l’Ontario a annoncé un investissement de 2 millions de dollars dans le cadre du Fonds de développement des compétences. Cette enveloppe doit permettre à 420 personnes de la région d’accéder à des formations et à des emplois au sein de la communauté aéroportuaire.

Toronto Pearson, principal carrefour aérien du pays, dessert près de 200 destinations internationales et constitue un pilier de la Zone économique Pearson, la deuxième plus importante zone d’emploi au Canada.

L’aéroport poursuit également son vaste programme d’investissements dans ses infrastructures, baptisé LIFT, destiné à accroître sa capacité d’accueil, soutenir la croissance du trafic aérien et créer de nouveaux emplois au cours des prochaines années.

Les responsables de l’aéroport estiment que ces investissements renforceront la compétitivité du Canada en matière de transport aérien, de commerce international et de tourisme.

Selon Toronto Pearson, des centaines d’organisations et de métiers contribuent chaque jour au fonctionnement de la plateforme, faisant de l’aéroport l’un des plus importants moteurs économiques du pays.

Toronto Pearson célèbre les personnes qui assurent le bon fonctionnement du plus grand aéroport du Canada à l’occasion de la Journée des travailleurs aéroportuaires (Groupe CNW/Toronto Pearson)

Le Canada et le Qatar renforcent leur coopération contre la criminalité transnationale

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Le Canada et le Qatar ont signé jeudi un protocole d’entente visant à renforcer leur coopération en matière de sécurité publique, une initiative destinée à intensifier la lutte contre la criminalité transnationale, le terrorisme et les cybermenaces.

L’accord a été signé à Ottawa par Gary Anandasangaree et le ministère de l’Intérieur de l’État du Qatar. Il s’inscrit dans le prolongement des nouveaux partenariats annoncés lors de la visite du premier ministre Mark Carney à Doha en janvier 2026.

Le protocole établit un cadre de coopération entre les deux pays pour prévenir, détecter et combattre plusieurs formes de criminalité, notamment la traite des personnes, le blanchiment d’argent, la criminalité financière, la cybercriminalité, le terrorisme et son financement, ainsi que le trafic illicite d’armes à feu et de drogues.

L’entente prévoit également un renforcement des liens entre la Gendarmerie royale du Canada et la Police nationale du Qatar, grâce à des échanges d’expertise, des rencontres régulières et une collaboration accrue entre les organismes chargés de l’application de la loi.

« Des partenariats internationaux solides sont essentiels pour assurer la sécurité des Canadiens et des Canadiennes », a déclaré Gary Anandasangaree. Selon lui, cette coopération permettra de mieux prévenir la criminalité et de répondre aux menaces qui évoluent à l’échelle mondiale.

Entré en vigueur dès sa signature, le protocole d’entente est conclu pour une durée de cinq ans et pourra être renouvelé par consentement mutuel.

Le gouvernement fédéral estime que cette nouvelle entente consolide le rapprochement engagé avec le Qatar en matière de commerce, d’investissement, de défense et désormais de sécurité publique, dans un contexte où les menaces transfrontalières nécessitent une coopération internationale accrue.

Montréal célèbre l’inclusion : le Carnaval de cirque social revient en juillet

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Le Carnaval de cirque social fera son retour les 8 et 9 juillet au Parc Lalancette, dans le quartier d’Hochelaga-Maisonneuve, avec une programmation gratuite mettant à l’honneur les arts du cirque, la participation citoyenne et l’inclusion sociale.

Organisé par Cirque Hors Piste, l’événement se déroulera chaque soir de 17 h à 22 h sous le thème « Engagé·e·s à célébrer », avec pour fil conducteur la justice sociale et environnementale.

Les organisateurs souhaitent faire du cirque un outil de rassemblement et d’expression collective. « Le Carnaval de cirque social, c’est la preuve que l’art peut être un moteur de changement. Cette année, nous voulons montrer que la création d’un espace festif et inclusif, c’est déjà un acte engagé », indiquent-ils.

La programmation réunira artistes professionnels et émergents, jeunes issus de milieux marginalisés ou à risque d’exclusion ainsi que des membres de la communauté. Le public pourra assister à des spectacles de cirque de rue, des prestations musicales et participer à plusieurs ateliers interactifs destinés à tous les âges.

L’implication directe de jeunes marginalisés dans la conception et la réalisation de l’événement demeure au cœur de l’initiative. Selon Cirque Hors Piste, cette approche favorise le développement personnel, la participation citoyenne et la création de liens durables entre les différents acteurs du quartier.

Au-delà de sa dimension festive, le Carnaval sert également de vitrine à la relève circassienne québécoise en offrant une plateforme de diffusion à des artistes provenant d’horizons variés.

Reconnu comme l’un des principaux organismes de cirque social au Canada, Cirque Hors Piste utilise les arts du cirque comme levier d’intervention sociale auprès de jeunes vivant des situations de marginalisation ou d’exclusion. L’organisme combine accompagnement artistique et soutien social afin de favoriser leur intégration et leur épanouissement au sein de la collectivité.

Mathieu Choinière : Deux frères de moins de 14 ans, un appartement à Montréal, et un rêve qui menait à la Coupe du monde

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Mathieu Choinière est né dans la Montérégie, a grandi dans un village de 2 500 habitants, et a quitté la maison familiale à 11 ans — avec son frère de 13 ans — pour poursuivre son rêve au CF Montréal. Vingt ans plus tard, il joue son premier Mondial sur les terres qui l’ont vu naître. Le portrait du joueur le plus québécois de l’histoire récente du soccer canadien.


par Jean Emmanuel Duchemin| Série Mondial 2026


Il y a une image que Mathieu Choinière garde précieusement quelque part dans sa mémoire d’enfant.

Deux frères. Deux sacs. Un appartement à Montréal. Et deux parents qui regardent leurs fils partir, à 11 et 13 ans, pour vivre seuls dans la grande ville — parce que c’est leur rêve, et qu’ils sont assez fous, et assez fous d’amour, pour les laisser aller.

Son frère David avait 13 ans. Lui en avait 11.

Il raconte : « Mon frère et moi, on est partis de la maison pour aller en appartement à Montréal avec ma mère. Lui avait 13 ans, moi j’en avais 11. C’était notre passion, c’était ce qu’on voulait faire. À cet âge-là, on s’est dit : « Peu importe, on prend nos affaires et on va à Montréal. » »

Voilà la fondation de tout ce qui a suivi.


Saint-Alexandre, Montérégie. Population : 2 500.

Le 7 février 1999, Mathieu Choinière naît à Saint-Jean-sur-Richelieu — la ville d’hôpital la plus proche de son village natal. Il grandit à Saint-Alexandre, en Montérégie, un village de 2 500 habitants à une heure au sud-est de Montréal, entre les champs et les rangs plats de la plaine du Saint-Laurent.

Son père Daniel Choinière est né à Saint-Jean-sur-Richelieu. Sa mère Danielle Dubuc est née à Calgary. Une famille québécoise avec un ancrage dans les deux solitudes géographiques du pays — les prairies de l’Ouest et la vallée du Richelieu.

Et dans cette maison de Saint-Alexandre, le soccer n’est pas une option — c’est une langue commune. Son frère aîné David joue aussi. Ils commencent tous les deux au Celtix du Haut-Richelieu — le même club par lequel est passé, quelques années plus tôt, un certain Maxime Crépeau, le gardien du Canada qu’on a présenté dans cette série. La Montérégie comme pépinière silencieuse du soccer canadien.

Puis le Spatial de Saint-Hubert. Puis, à 12 ans, l’Académie du CF Montréal — 2011. Et c’est là que la décision familiale radicale se prend : pour que Mathieu puisse s’entraîner comme il faut, il faut être à Montréal. Pas à Saint-Alexandre. À Montréal.

Alors les deux frères partent.


Deux frères, un rêve, une ville

David et Mathieu Choinière partagent un appartement à Montréal à 13 et 11 ans. Leur mère est avec eux — elle a fait ce sacrifice, ce déménagement hors du village familial, pour que ses fils puissent poursuivre ce qui les fait vivre.

Dans cette configuration improbable, les deux frères se servent mutuellement d’ancre. David, l’aîné, montre le chemin. Mathieu suit, apprend, grandit plus vite qu’un enfant de son âge devrait probablement le faire.

David fera ses débuts en MLS en 2016 avec le CF Montréal. Il joue aujourd’hui au FC Supra du Québec en Première Ligue canadienne. Deux frères professionnels. Un même village d’origine. Un même rêve partagé dans un appartement montréalais quand ils étaient encore des enfants.


120 matchs. MVP. Deux Championnats canadiens. Et un but assisté par Son Heung-min.

En juillet 2018, à 19 ans, Mathieu Choinière signe son premier contrat professionnel avec le CF Montréal comme Homegrown Player — joueur formé au club. Le début est difficile : il ronge son frein, accumule les apparitions en sortie de banc, apprend le rythme du soccer professionnel.

La percée vient progressivement. En 2019 et 2021, il remporte le Championnat canadien avec Montréal — le titre national qui oppose les clubs de MLS et de CPL du pays. En 2022, il délivre une passe décisive cruciale en Ligue des Champions de la CONCACAF contre Santos Laguna. Les pièces s’assemblent.

L’explosion arrive en 2023 : cinq buts, cinq passes décisives, des prestations régulièrement saluées par ses coéquipiers et le staff. Il est nommé MVP du CF Montréal — le Trophée Giuseppe-Saputo — et sélectionné pour le MLS All-Star Game. La même distinction lui sera renouvelée en 2024.

Et au passage, un détail savoureux : son premier but avec le LAFC, lors de la saison 2025, est assisté par Son Heung-min — la star sud-coréenne, ancien capitaine de Tottenham, un des joueurs les plus populaires du monde, qui finissait sa carrière en MLS à Los Angeles. Choinière-Son. Saint-Alexandre rencontre Séoul, dans un stade de Los Angeles.


L’Europe, la blessure, et le rebond à LA

Après la saison 2024, son rêve de longue date se réalise : il signe au Grasshopper Club Zürich, en Suisse. La Super League suisse, les matchs européens, la confrontation avec un autre niveau de jeu.

Mais les choses ne se passent pas comme prévu. Une blessure l’immobilise plusieurs mois. À son retour, sa place de titulaire a été prise. Il termine avec seulement 18 matchs disputés — pas assez pour s’imposer, pas assez pour convaincre.

Est-ce un échec ? Lui refuse ce mot avec une sérénité désarmante : « Rien n’arrive pour rien, je pense. Ok, j’ai été blessé là-bas, mais j’y ai passé du super bon temps et je me suis fait de bonnes connexions. J’ai appris à me bâtir comme joueur de soccer comme ça. »

En janvier 2026, le LAFC le rapatrie en MLS de façon permanente, contrat jusqu’en 2028. Et là, nouvelle épreuve de caractère : l’arrivée de Stephen Eustáquio — son coéquipier en équipe nationale, qu’on a présenté dans cette série — lui vole sa place de titulaire. Choinière aurait pu rouspéter. Bouder. Jouer le vétéran offusqué.

Au lieu de ça, il a gardé la tête baissée. Il a travaillé. Et quand Eustáquio s’est blessé trois semaines plus tard, Choinière était prêt. Il l’a toujours été.

Il dit du LAFC, avec un enthousiasme qui n’a rien de forcé : « Depuis que je suis arrivé là-bas, j’ai que le sourire. »


Jesse Marsch, figure paternelle

Dans ses entrevues de préparation au Mondial, Choinière parle de Jesse Marsch avec une chaleur qu’on entend rarement dans le soccer professionnel quand on parle d’un entraîneur.

« C’est une figure paternelle, dit-il. Il nous écoute, il nous aide vraiment. Peu importe ce qui se passe dans nos vies, on peut l’appeler et il va être là pour nous. Il va nous mettre dans les meilleures dispositions pour le futur. On n’a pas peur de lui parler et, à l’inverse, il est franc avec nous, il n’a pas peur de nous dire ce qu’on doit améliorer. »

Et sur leur relation spécifique, après des années à se croiser en sélection : « On se connaît depuis assez longtemps. Il connaît mes qualités, il sait ce que je peux faire. On n’a pas besoin de parler beaucoup — notre relation est déjà établie. »


Le petit gars de Saint-Alexandre qui pensait au Mondial en se disant que c’était inatteignable

Il y a une phrase de Choinière, dans son entretien à Radio-Canada en mars 2026, qui résume vingt ans de travail en une seule idée.

On lui parle du Mondial. De ce que ça représente. Et il répond : « J’ai grandi en m’imaginant jouer à la Coupe du monde de soccer, mais cet objectif paraissait à l’époque plutôt inatteignable pour un jeune Québécois. »

Inatteignable. Pour un jeune Québécois.

Cette phrase-là dit tout ce qu’il faut savoir sur le chemin parcouru — pas seulement par Choinière, mais par tout le soccer canadien depuis une génération. Le temps où un gamin de Saint-Alexandre devait rayer la Coupe du monde de sa liste de rêves parce que ça n’arrivait pas, ça, à des Québécois — ce temps-là est révolu.

Et dans les tribunes du prochain match du Canada, quelque part, Daniel et Danielle de Saint-Alexandre regardent leur fils jouer la Coupe du monde.


Ce qu’il faut retenir

Mathieu Choinière, c’est l’histoire du soccer québécois condensée en un seul joueur. Formé entièrement au Québec. Passé par le CF Montréal — de l’académie à l’équipe première — pendant plus d’une décennie. Deux frères partis seuls à Montréal à 11 et 13 ans parce qu’il n’y avait pas d’autre choix.

Il porte Montréal dans son cœur, il l’a dit lui-même. Et cet été, il porte aussi le numéro du Canada — 23 sélections, zéro but, mais une présence indispensable dans l’entrejeu — dans une Coupe du monde qui se joue à la maison.

Le p’tit gars de Saint-Alexandre. Enfin là.

Une entreprise montréalaise impressionne la Suède avec une technologie capable de remplacer les satellites

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La société montréalaise Marconi Technologies a annoncé jeudi avoir conclu avec succès une série d’essais de communications militaires en Suède, démontrant les capacités de son système Archer à maintenir des liaisons à haut débit sans recourir à des satellites.

Les tests, réalisés du 1er au 5 juin en collaboration avec la Försvarets Materielverk (FMV), se sont déroulés entre les villes d’Enköping et d’Arboga sur une distance de 75 kilomètres, un corridor considéré comme particulièrement difficile pour ce type de transmission.

Selon l’entreprise québécoise, le système Archer a maintenu une liaison stable tout au long de l’évaluation grâce à la technologie de diffusion troposphérique, qui utilise les propriétés de l’atmosphère terrestre pour transmettre des données au-delà de la ligne de visibilité directe.

Marconi affirme avoir atteint un débit de transmission cinq à six fois supérieur à celui obtenu lors d’essais précédents réalisés sur le même trajet. Les autorités suédoises ont également validé l’intégration directe du système avec le réseau mobile tactique des forces armées du pays.

« Lorsqu’une équipe de deux personnes peut établir une liaison au-delà de la visibilité directe en moins de 20 minutes, sur un terrain difficile, avec un alignement automatique et un temps d’indisponibilité quasi nul, cela change ce qui est possible sur le plan opérationnel », a déclaré Alain Cohen.

Développé à Montréal, Archer est conçu pour fournir des communications sécurisées à haut débit sur plus de 200 kilomètres sans infrastructure terrestre ni connexion satellitaire. Le système est destiné aux environnements où l’accès aux satellites est limité, perturbé ou impossible.

L’entreprise souligne que cette technologie peut être déployée rapidement dans des zones isolées, notamment les régions arctiques, montagneuses ou désertiques.

Fondée par d’anciens militaires et basée à Montréal, Marconi Technologies développe des systèmes de communication tactiques destinés aux forces de l’OTAN et à leurs alliés. L’entreprise avait récemment annoncé la sélection d’Archer par l’armée américaine pour des missions de communications sécurisées au-delà de la visibilité directe.

Ces résultats renforcent la position de l’entreprise canadienne sur un marché stratégique où les armées occidentales cherchent à réduire leur dépendance aux infrastructures satellitaires traditionnelles.