Une forte majorité de Québécois reconnaît que les personnes vivant avec l’obésité sont confrontées à des préjugés ou à de la discrimination, selon un sondage réalisé par la firme Léger. L’étude révèle toutefois que les impacts de cette stigmatisation sur l’accès aux soins de santé demeurent moins bien compris par le public.
Selon les résultats publiés mardi par Parlons Obésité, 87 % des répondants estiment que les personnes vivant avec l’obésité subissent au moins occasionnellement des préjugés, dont 52 % qui jugent cette situation fréquente.
Le sondage montre également que 93 % des personnes interrogées croient que ces préjugés nuisent à la santé mentale et à l’estime de soi. En revanche, seulement 55 % considèrent qu’ils ont un effet négatif sur la qualité des soins de santé reçus, tandis que près d’une personne sur cinq estime qu’ils n’ont aucun impact.
L’étude souligne aussi une évolution des perceptions concernant l’obésité elle-même. Près de six répondants sur dix (59 %) la considèrent désormais comme une maladie chronique, alors que 29 % ne partagent pas cette opinion. Cette perception semble influencer l’appui à une prise en charge médicale accrue : 68 % des répondants jugent que les personnes vivant avec l’obésité devraient recevoir un niveau de soins comparable à celui offert pour d’autres maladies chroniques.
Les participants identifient principalement les réseaux sociaux (67 %), les établissements scolaires (62 %), les activités sportives (58 %) et les milieux de travail (55 %) comme des lieux où la discrimination liée au poids est susceptible de se manifester.
Cependant, une consultation menée auprès de 528 Québécois vivant avec un surpoids ou l’obésité présente un portrait différent. Les répondants y rapportent davantage de discrimination dans les espaces publics (59 %), au sein de la famille (59 %) et dans le système de santé (57 %).
Parmi eux, 63 % affirment qu’un médecin a déjà attribué un problème de santé à leur poids sans autre vérification, tandis que 44 % disent avoir déjà évité ou reporté une consultation médicale par crainte d’être jugés.
Le sondage Léger a été réalisé du 29 au 31 mai auprès de 1 052 adultes québécois. La marge d’erreur est estimée à plus ou moins 3 %.



