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Un signal fort pour la mode durable?

Liz Hershfield nommée directrice générale de Cotton Council International

Cotton Council International (CCI), la branche de promotion des exportations du National Cotton Council of America (NCC), annonce ce jeudi la nomination de Liz Hershfield au poste de directrice générale. Figure reconnue de la mode durable, Liz Hershfield succède à Bruce Atherley, parti à la retraite en mars dernier.

« Un leadership solide et des stratégies innovantes sont essentiels au maintien de l’avantage concurrentiel du coton américain », a déclaré Gary Adams, président-directeur général du NCC. « Liz est la bonne personne pour porter plus loin la mission de COTTON USA™, renforcer la visibilité de la fibre américaine et offrir aux producteurs de nouvelles opportunités dans un marché mondial en mutation. »

Forte de plus de deux décennies d’expérience dans l’industrie de la mode, Liz Hershfield a occupé des postes de direction dans des enseignes de renom telles que J.Crew, Madewell et Gap Inc. Elle est également fondatrice du cabinet Green-ish, spécialisé dans l’ESG et la gestion durable des chaînes d’approvisionnement.

Elle s’est distinguée par des initiatives majeures en faveur du coton régénératif, lui valant des distinctions prestigieuses telles que le Textile Exchange Ryan Young Climate+ Award, ainsi que des reconnaissances du Direct 60 award et du Rivet 50 Index pour son rôle de leader dans l’innovation denim.

Dans son nouveau rôle, Liz Hershfield ambitionne de « renforcer la croissance de la demande mondiale pour le coton américain, une fibre synonyme de qualité, d’innovation et de durabilité ». Elle mènera les programmes de la marque COTTON USA™, active dans plus de 50 pays, avec pour objectif d’accroître l’adoption du coton américain à tous les niveaux de la chaîne textile.

Les cellulaires bannis dans les écoles du Québec

École et civisme : Bernard Drainville impose un virage disciplinaire dans les établissements du Québec

Dans un Québec de plus en plus préoccupé par la montée de la violence et de l’intimidation en milieu scolaire, le ministre de l’Éducation Bernard Drainville choisit la fermeté. À l’occasion d’une déclaration solennelle, il a présenté aujourd’hui une série de mesures ambitieuses qui visent à « rétablir le respect et le civisme dans toutes les écoles du Québec ».

Ces annonces marquent une étape décisive dans la suite du Plan de prévention de la violence et de l’intimidation lancé en octobre 2023. Cette fois, il ne s’agit plus seulement de prévention, mais d’un changement culturel profond, que le ministre veut ancrer dans le quotidien des élèves — jusque dans leurs mots, leurs gestes, et leurs silences.

Interdiction complète du cellulaire : couper la racine du mal

Dès la rentrée 2025, les téléphones cellulaires, écouteurs et autres appareils mobiles seront strictement bannis de l’ensemble du terrain scolaire, du premier au dernier son de cloche, pauses et dîner compris. Une décision radicale, dans la continuité de l’interdiction déjà en vigueur en classe depuis janvier 2024.

Ce durcissement fait écho aux recommandations de la Commission spéciale sur les impacts des écrans et des réseaux sociaux, qui identifie le téléphone comme un catalyseur de nombreuses tensions. Le SPVM (Service de police de la Ville de Montréal) note lui aussi que de nombreux actes violents ont pour origine des conflits initiés ou exacerbés via les écrans.

« On agit à la source », a déclaré Bernard Drainville. « Le téléphone est trop souvent une arme d’intimidation ou d’exclusion sociale. L’interdire, c’est permettre à nos jeunes de redevenir présents, ensemble. »

Des exceptions encadrées seront prévues pour des raisons médicales, pédagogiques ou liées à des besoins particuliers. Chaque établissement conservera une marge de manœuvre locale pour mettre en œuvre cette nouvelle règle.

Retour du vouvoiement et codes de vie renforcés

Au cœur de cette réforme : un nouveau code de vie scolaire à appliquer dès janvier 2026 — ou plus tôt, pour les établissements prêts à devancer l’appel. Parmi les mesures phares :

  • Le vouvoiement devient la norme dans toutes les interactions entre élèves et personnel;
  • Les élèves devront désormais s’adresser aux adultes en disant « Monsieur » ou « Madame »;
  • Des sanctions progressives seront imposées en cas de non-respect : avertissements, lettres d’excuses, services rendus à l’école, voire expulsion pour les cas les plus graves;
  • Le respect des principes fondamentaux du vivre-ensemble, comme l’égalité femmes-hommes et le visage découvert à l’école, sera inscrit dans les règlements, sous réserve de l’adoption du projet de loi 94 sur la laïcité.

Au-delà des consignes, c’est une philosophie éducative fondée sur la responsabilité individuelle que le gouvernement veut restaurer, dans un système parfois accusé de laxisme ou de démission.

Les parents convoqués au devoir éducatif

Nouveauté de taille : les parents seront formellement impliqués dans la transmission et l’application de ces règles. Chaque école devra s’assurer qu’ils prennent connaissance du code de vie et le signent. En cas d’écart de conduite, leur présence pourra être exigée lors de rencontres avec l’école.

Le message est clair : les valeurs s’inculquent d’abord à la maison.

Une équipe d’intervention volante : soutien d’urgence aux écoles en détresse

Face aux cas les plus complexes, une équipe d’intervention spécialisée sera déployée dans les écoles qui en font la demande. Déjà en place dans sept établissements, cette cellule d’experts en éducation interviendra à la manière d’une brigade de médiation : analyse des enjeux, co-construction de plans d’action, formations, partenariat avec les forces policières ou les organismes communautaires.

Un dispositif inédit qui rappelle que le terrain reste au cœur des préoccupations, et que le ministère entend s’y engager de manière concrète.

Un virage culturel, pas seulement disciplinaire

En creux de ces mesures se lit une volonté de réenchanter le lien social à l’école, de remettre à l’honneur les règles partagées comme vecteur d’inclusion plutôt que d’exclusion. Le cellulaire n’est pas simplement un outil de distraction : c’est, dans l’analyse du ministre, un instrument de rupture sociale, qui accentue la solitude, la comparaison, le harcèlement.

La réponse est donc plus large qu’un simple cadre : elle se veut structurelle, éthique, pédagogique. Et, pour Drainville, urgente.

« Le respect ne s’enseigne pas uniquement par des leçons : il se vit. Il se ressent. Et il se structure. »


Cette réforme ambitieuse, qui ne manquera pas de susciter débats et résistances, pourrait bien redéfinir durablement le visage de l’école québécoise.

« Suzanne Guité » : hommage immersif et musical à une pionnière de l’art gaspésien au cœur de l’Assemblée nationale

Ce 10 mai, les murs solennels de l’Assemblée nationale du Québec vibreront au rythme d’une voix singulière de l’histoire artistique québécoise : celle de Suzanne Guité, sculptrice avant-gardiste et figure féminine marquante de la Gaspésie. À travers Suzanne Guité, théâtre musical contemporain, un spectacle immersif d’une quarantaine de minutes, c’est une femme libre, visionnaire et indomptable que la compositrice Mathilde Côté réinvente sur scène, entre musique contemporaine, poésie et mémoire.

Présentée dans le cadre de la Programmation citoyenne de l’Assemblée, cette création inédite se déploie dans l’agora du pavillon d’accueil, transformée pour l’occasion en écrin scénique. La production s’appuie sur des extraits des correspondances personnelles de Guité, révélant une personnalité vibrante, passionnée, profondément engagée dans son art et dans son époque.

« Suzanne Guité était un être plus grand que nature », confie Mathilde Côté. « Sa pensée, ses doutes, ses élans, tout résonne aujourd’hui avec une modernité saisissante. »

Une fresque musicale et sensorielle

Le spectacle convoque les voix cristallines du Chœur Ad Vitam et de la Maîtrise des Petits Chanteurs de Québec, dirigés par Anne Gilbert, pour interpréter un répertoire original conçu comme un dialogue entre la mémoire et l’intime. Aux instruments, un ensemble aussi éclectique que précis : piano (Mathilde Côté), guitares (André Lavergne), contrebasse (Simon Dolan) et percussions.

La comédienne et percussionniste Krystina Marcoux incarne une Suzanne Guité fragmentée, plurielle, faite d’ombres et de lumière. Sur scène, elle ne joue pas seulement un rôle : elle habite l’artiste, résonne avec elle, dans une performance à la fois physique, musicale et incarnée.

La direction de production, assurée par Zoé Jean-Deslauriers, veille à tisser un univers sensoriel immersif, où chaque élément – sons, voix, textes, présence scénique – agit comme une strate d’un autoportrait à plusieurs mains.

Une œuvre, un legs

Grâce à la collaboration du Musée de la Gaspésie, quelques œuvres de Guité seront exposées temporairement dans l’enceinte même de l’Assemblée, prolongeant ainsi l’expérience artistique par une incursion concrète dans le travail plastique de l’artiste.

Née en 1926 à New Richmond, formée à Chicago, Paris et Florence, Suzanne Guité a marqué les décennies 1950 à 1970 par une œuvre puissante et variée — sculptures monumentales, murales, tapisseries, aquarelles — et par un engagement sans relâche pour l’art en région. En cofondant le Centre d’art de Percé avec son mari Alberto Tommi, elle a posé les jalons d’une véritable scène artistique gaspésienne. Veuve précoce, mère de quatre enfants, gestionnaire, créatrice, elle fut une pionnière du féminisme artistique québécois, souvent en avance sur son temps.

Une mémoire qui dialogue avec le présent

La démarche de Mathilde Côté s’inscrit dans une volonté de reconnexion : à l’histoire, au territoire, aux figures oubliées. Déjà saluée pour son opéra La nuit est ma femme d’après Jack Kerouac, la compositrice gaspésienne confirme ici son sens du récit musical et de l’hommage incarné. Sa maîtrise de l’intime comme de l’ampleur chorale confère à ce spectacle une densité rare dans la scène contemporaine.

Coût de la vie : posséder une voiture devient un luxe pour les Canadiens, selon Turo

Une étude publiée ce 1er mai par Turo, leader mondial de l’autopartage entre particuliers, révèle une pression financière croissante sur les automobilistes canadiens. Selon la quatrième édition de l’Indice de possession de véhicules, menée en partenariat avec Léger, 70 % des Canadiens jugent que leurs dépenses automobiles mensuelles dépassent ce qu’ils peuvent se permettre, alors que 78 % estiment ne pas pouvoir se passer de leur véhicule.

Les coûts annuels de possession automobile ont bondi de 9 % par rapport à 2024, atteignant 5 497 $. Cette inflation pousse 55 % des Canadiens à modifier leurs comportements de consommation, et 42 % à réduire leurs dépenses dans d’autres domaines pour conserver leur voiture.

« Alors que le coût de la vie augmente, les Canadiens cherchent des solutions pour alléger leurs charges, et l’autopartage s’impose comme une alternative crédible », affirme Bassem El-Rahimy, vice-président de Turo.

Des habitudes qui évoluent
L’étude montre une volonté croissante de rompre avec le modèle traditionnel de possession individuelle :

  • 48 % des propriétaires préfèreraient ne payer une voiture que lorsqu’ils en ont besoin ;
  • 41 % souhaitent bénéficier de meilleures options de transport pour se passer d’un véhicule personnel ;
  • 87 % des utilisateurs ayant essayé l’autopartage disent vouloir y recourir à nouveau (+8 % depuis 18 mois).

Les motifs les plus fréquents pour recourir à l’autopartage incluent les voyages domestiques, les courses, les déplacements professionnels et les séjours internationaux.

Nicole Richie devient ambassadrice mondiale de la marque FASHIONPHILE pour 2025

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FASHIONPHILE, première plateforme américaine de revente en ligne d’accessoires de luxe d’occasion, annonce ce 1er mai la nomination de Nicole Richie en tant qu’ambassadrice de marque pour l’année 2025. À cette occasion, la créatrice, actrice et icône de mode signe également une collection exclusive de ses pièces préférées.

Réalisée à Los Angeles par la photographe Claire Leahy et stylée par Jamie Mizrahi, la campagne met en scène le style signature de Nicole Richie, à la croisée de l’élégance décontractée et de l’engagement durable. Elle y présente une sélection de sacs à main et accessoires de grandes maisons telles que Chanel, Hermès, Louis Vuitton, Goyard, Cartier, Van Cleef & Arpels, Gucci et Dior.

« La mode durable n’est pas une tendance, c’est une responsabilité », déclare Nicole Richie. « FASHIONPHILE me permet de prolonger ma passion pour le vintage à travers une sélection incomparable d’accessoires ultra-luxe de seconde main. »

Outre une campagne photo, Nicole apparaît également dans une vidéo de 30 secondes où elle évoque la simplicité du processus d’achat et de revente sur FASHIONPHILE, ainsi que la vision de la marque pour une économie circulaire dans le luxe. Son implication personnelle et son amour du shopping éthique ont rendu cette collaboration naturelle et authentique.

« Ce partenariat reflète notre volonté commune de rendre le luxe plus durable et plus accessible », a déclaré Sophia Tsao, directrice du marketing digital chez FASHIONPHILE. « Nicole incarne parfaitement l’élégance consciente, avec un regard affûté pour la mode et une approche sans compromis de la consommation responsable. »

IA : KPMG Canada veut faire entrer l’entreprise dans une nouvelle ère

KPMG Canada fait entrer l’entreprise dans une nouvelle ère : un moteur d’IA agentique pour transformer le tissu économique canadien

Dans une annonce, KPMG Canada dévoile le lancement d’un moteur d’intelligence artificielle agentique, une avancée technologique qui promet de remodeler profondément les opérations des entreprises canadiennes.

Avec un investissement massif et ciblé, KPMG entend offrir aux entreprises locales des solutions concrètes bâties autour d’agents numériques autonomes, ces intelligences artificielles capables d’agir, de décider et d’exécuter des tâches complexes sans supervision humaine constante. L’enjeu : jusqu’à 30 % de gains d’efficience pour les organisations d’ici trois ans, dans un contexte économique où la pression concurrentielle et la recherche de performance sont exacerbées.

« L’IA agentique représente la forme d’intelligence artificielle la plus évoluée et la plus transformatrice à ce jour », déclare Stéphanie Terrill, associée directrice canadienne à la transformation numérique. « Elle est la clé pour propulser les entreprises canadiennes vers un avenir plus agile, plus compétitif, plus intelligent. »

Une réponse directe à la crise de productivité

Face à un ralentissement de la productivité et des tensions géopolitiques croissantes, KPMG Canada propose une réponse claire : capitaliser sur l’IA locale, développée par et pour le marché canadien. Des agents de souscription automatisés, des systèmes de gestion des risques prédictifs, ou encore des assistants ESG viennent compléter l’arsenal technologique désormais à la disposition des entreprises.

« Neuf dirigeants sur dix reconnaissent aujourd’hui que l’IA agentique est incontournable pour rester dans la course », note Walter Pela, leader des marchés IA chez KPMG. « Notre rôle est de leur offrir une rampe de lancement sûre, maîtrisée et performante. »

Une intégration transversale dans toutes les expertises

De la fiscalité à l’audit, en passant par les services juridiques ou le développement durable, l’IA agentique s’invite dans tous les silos métiers. Les plateformes propriétaires One Port et Digital Gateway intégreront ces agents intelligents pour renforcer la collaboration avec les clients, optimiser les flux et garantir la traçabilité des décisions grâce à une supervision humaine systématique.

Le cabinet va plus loin avec KPMG Clara, sa plateforme mondiale d’audit, désormais dopée aux agents numériques, offrant une analyse continue des risques et des flux, et améliorant ainsi la qualité des missions d’audit.

« Ces outils ne remplacent pas l’humain, ils le libèrent », résume Sebastian Distefano, directeur canadien de l’audit. « Moins de tâches répétitives, plus de valeur ajoutée. »

Un écosystème de formation et d’innovation

Pour accompagner cette mutation, KPMG s’appuie sur son Centre de développement des compétences, co-créé avec Microsoft Canada. Déjà 53 000 professionnels y ont été formés, preuve d’un engagement à long terme pour armer les décideurs face aux défis de demain.

En parallèle, la plateforme maison KPMG Kleo, dédiée à l’IA générative, permettra aux collaborateurs de créer leurs propres agents, dans une logique d’intrapreneuriat technologique. Le cabinet se positionne ainsi comme « client zéro », testant d’abord en interne ce qu’il déploie ensuite chez ses clients.

Un leadership affirmé sur la scène mondiale

En capitalisant sur ses racines locales, mais fort d’un réseau international structuré, KPMG Canada affirme son rôle de pionnier dans le domaine de l’IA agentique. L’initiative reflète une ambition assumée : faire du Canada un fer de lance mondial de l’innovation responsable, ancrée dans l’expertise, la sécurité, la transparence et la qualité.

Air Transat lance une liaison exclusive sans escale entre Québec et Fort-de-France

Air Transat annonce le lancement d’une route directe exclusive entre Québec (YQB) et Fort-de-France (FDF), renforçant ainsi sa présence sur le marché des Antilles françaises.

À compter du 14 décembre 2025 et jusqu’au 26 avril 2026, le transporteur opérera un vol hebdomadaire tous les dimanches entre l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec et l’Aéroport international Martinique Aimé Césaire. Cette desserte saisonnière constitue la première liaison directe entre ces deux destinations, une première pour une compagnie aérienne.

« Cette nouvelle liaison sans escale vient renforcer notre position de premier transporteur vers le Sud au départ de Québec, a déclaré Sebastian Ponce, chef de la direction des revenus chez Transat. Elle répond à une demande croissante, tout en optimisant l’utilisation de notre flotte d’A321LR. »

Le président-directeur général de YQB, Stéphane Poirier, salue également cette annonce : « Fort-de-France devient la première destination des Petites Antilles desservie directement depuis Québec. Ce développement stratégique renforce l’accessibilité de notre région et de tout le Québec vers les Caraïbes. »

Le vol sera assuré par l’Airbus A321LR et les passagers auront accès à des cabines ergonomiques et à une Classe Club offrant une expérience premium, promet Air Transat.

Poilievre, le roi de la droite dans la tourmente

Il promettait de « remettre les pendules à l’heure », de « rendre la vie plus abordable », de « libérer les Canadiens » de l’inflation, des taxes, et — disons-le franchement — de Justin Trudeau. Pendant un temps, Pierre Poilievre a su imposer son rythme, monopoliser l’attention médiatique et caresser l’illusion de la victoire. Il y a quelques mois, les sondages le donnaient gagnant, les conservateurs rêvaient de majorité. Et pourtant…

Revers monumental.

Le chef du Parti conservateur du Canada a perdu sa propre circonscription. Poilievre, non élu. Son adversaire libéral, jusque-là perçu comme figurant, a remporté le siège. Et de surcroit, un autre nouveau venu, Carney, devient premier ministre. Il y a des défaites politiques… et puis il y a celles qui marquent à vie. Celle-là est gravée au couteau.

Le chef conservateur a-t-il creusé lui-même sa tombe électorale? Trop certain de son aura numérique, trop arrogant face aux médias traditionnels qu’il méprise, trop calculateur dans ses attaques ad hominem, il s’est comporté comme un youtubeur en croisade plutôt qu’un chef d’État en devenir. On peut mobiliser Twitter avec des punchlines, mais on ne gagne pas une majorité avec du ressentiment.

Dans sa propre cour, les électeurs l’ont laissé tomber. Et voilà maintenant le parti conservateur dans une situation intenable : faut-il continuer à suivre un chef rejeté par sa propre population locale? Faut-il lui offrir une circonscription, comme un lot de consolation? Lui trouver un siège « en carton » dans une partielle téléguidée pour qu’il puisse siéger? Ou le remercier poliment, l’inviter à s’effacer, à digérer sa défaite?

La légitimité n’est pas un slogan.

La droite canadienne, si elle veut redevenir sérieuse et crédible, devra peut-être accepter que le culte de la personnalité ne remplace pas une vision. Et que la rage n’est pas une stratégie.

Pierre Poilievre a voulu gouverner le Canada comme on dirige une chaîne YouTube : avec des effets, des clips, et des ennemis à abattre. Mais les Canadiens ont préféré un projet à un pugiliste.

Il lui reste maintenant deux options : prendre du recul, faire son autocritique, rebâtir. Ou continuer, toute honte bue, à s’accrocher au volant d’un parti qu’il a mené à la déroute. Mais dans ce Canada post-électoral, plus mature qu’on ne le croyait, va-t-on suivre un général sans troupes?

Poilievre, chef sans siège. Et peut-être bientôt, chef sans parti.

Le crépuscule de Jagmeet Singh : une page se tourne pour la gauche canadienne

Il est des défaites qui claquent comme une gifle, d’autres qui résonnent comme un glas. Celle de Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) du Canada, appartient à cette seconde catégorie. Balayé dans son propre fief électoral, il incarne désormais un symbole de l’effondrement spectaculaire de son parti, réduit à une poignée dérisoire de sept députés. Une hécatombe électorale aux conséquences lourdes : Singh, contraint à la démission, laisse derrière lui un parti exsangue, marginalisé, et privé de ses privilèges parlementaires.

Il faut dire les choses comme elles sont : jamais un chef du NPD n’avait mené son parti aussi près de l’insignifiance politique. Porté à la tête de la formation en 2017 avec l’image rafraîchissante d’un leader jeune, progressiste, charismatique et résolument moderne, Singh incarnait l’espoir d’un renouveau pour la gauche canadienne. Il aura finalement été le fossoyeur d’une ambition déjà fragilisée par des années d’érosion électorale. Le jugement de l’électorat est sans appel.

Les causes de cette débâcle sont multiples. À commencer par une stratégie politique erratique. Trop souvent, le NPD de Singh a semblé osciller entre posture morale et absence de ligne claire, coincé entre une volonté d’incarner la conscience sociale du pays et une incapacité chronique à transformer cette vision en une force électorale tangible. Pire encore, en soutenant ponctuellement le gouvernement libéral minoritaire de Justin Trudeau, Singh a brouillé les repères idéologiques de son électorat traditionnel, qui a fini par se détourner de lui. Le NPD n’a plus été perçu comme un contre-pouvoir, mais comme un supplétif.

Cette déroute laisse désormais un vide politique sur la scène canadienne. Avec seulement sept députés, le NPD perd son statut de parti reconnu au Parlement — une perte symbolique, mais surtout pragmatique, puisqu’elle entraîne la disparition de ressources financières, de temps de parole et d’influence institutionnelle. La gauche fédérale n’a plus de locomotive.

La chute de Singh s’inscrit aussi dans une dynamique plus large : celle de l’essoufflement des formations progressistes traditionnelles dans les démocraties libérales. De Paris à Ottawa, de Berlin à Rome, on observe la même fatigue idéologique, la même incapacité à réinventer un projet social ambitieux dans un monde fragmenté, dominé par les crispations identitaires, la peur de l’avenir et l’individualisme.

Jagmeet Singh n’a pas su être l’homme de la refondation. Il restera comme celui d’une occasion manquée, d’une promesse inachevée. Sa démission était inévitable, presque attendue. Elle ne réglera rien à elle seule, mais elle permettra peut-être au NPD de se réinterroger sur ses fondements, ses priorités, et surtout sur sa capacité à parler de nouveau aux classes populaires, aux jeunes, aux oubliés de la mondialisation.

En politique, la défaite n’est pas toujours une fin ; parfois, elle est le début d’une reconstruction. Encore faut-il savoir écouter le message des urnes.

Carney interpellé : l’industrie de l’énergie réclame un plan ambitieux

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Au lendemain de la victoire électorale du premier ministre Mark Carney, les chefs de la direction de 38 grandes entreprises du secteur de l’énergie ont transmis leurs félicitations tout en pressant le nouveau gouvernement de passer à l’action pour affirmer la souveraineté économique du Canada et accélérer la création d’emplois par la modernisation des infrastructures énergétiques.

Dans une lettre ouverte adressée au premier ministre, les signataires soulignent que le Canada traverse une période charnière. « Ce moment marque non seulement le premier chapitre pour votre gouvernement, mais aussi une occasion importante pour notre nation de se rassembler autour d’objectifs communs et de bâtir la confiance nécessaire pour réaliser de grandes choses », peut-on y lire.

Les dirigeants proposent un plan d’action en cinq points, présenté initialement en mars dernier, visant à surmonter les freins réglementaires et à stimuler les investissements dans un contexte mondial exigeant. Ce plan repose sur des engagements concrets : simplifier les processus d’approbation, respecter des échéanciers fixes, augmenter la production, attirer des capitaux privés et renforcer la collaboration avec les communautés autochtones.

« Si ce plan est mis en œuvre, il aura des répercussions durables sur la souveraineté économique du Canada », a déclaré Rich Kruger, président et chef de la direction de Suncor. « C’est le moment de rapatrier les investissements au pays et d’assurer un avenir prospère à long terme. »

Le secteur de l’énergie, qui représentait 10,3 % du PIB canadien en 2023, continue de jouer un rôle structurant dans la vitalité économique du pays. Pourtant, les chefs de file de l’indu strie soulignent que des obstacles réglementaires persistants et des cadres d’investissement peu compétitifs freinent le développement de projets essentiels, notamment dans le gaz naturel liquéfié (GNL) et les pipelines.

« Le Canada a toutes les ressources, le savoir-faire et les technologies pour devenir une superpuissance énergétique mondiale », affirme Greg Ebel, président et chef de la direction d’Enbridge. « Le moment est venu pour les parlementaires de se mobiliser et de concrétiser cette vision. »

Alors que la demande mondiale en énergie traditionnelle demeure forte et que la transition énergétique se poursuit, les dirigeants insistent sur la nécessité d’investir dès maintenant. Ils affirment leur volonté de collaborer étroitement avec le gouvernement fédéral pour bâtir une industrie énergétique résiliente, durable et compétitive au bénéfice de tous les Canadiens.