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Bell, Rogers, Telus et Trump : le Canada prisonnier de ses oligopoles

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Deux nouvelles tombées en 48 heures. En apparence sans lien. En réalité, elles racontent la même histoire sur le Canada — celle d’un pays qui tarde à se protéger, qui laisse des acteurs dominants faire la loi, et qui réagit quand il est trop tard plutôt que d’agir quand il en est encore temps.

Première nouvelle : le CRTC a lancé une enquête visant à déterminer si les trois principaux opérateurs de téléphonie mobile ont enfreint ses nouvelles règles interdisant les « frais abusifs ». Bell, Rogers et Telus devront justifier des frais que le régulateur juge préoccupants — frais de manutention d’appareils, de configuration, de carte SIM — à peine la nouvelle interdiction entrée en vigueur le 12 juin 2026.

Deuxième nouvelle : Washington a officiellement refusé de renouveler l’ACEUM dans les délais prévus. L’accord demeure en vigueur mais entrera dans un réexamen annuel pouvant s’étirer une décennie. Le Canada arrive à cette échéance sans mandat clair de négociation, sans table formelle avec Washington, pendant que le Mexique négocie déjà.

Deux dossiers. Un seul diagnostic : le Canada a une longue tradition de laisser les acteurs dominants imposer leurs conditions, puis de tenter de corriger les dégâts après coup.

Le jeu du chat et de la souris télécom : une farce nationale

Depuis le 12 juin 2026, les fournisseurs de services mobiles et Internet au Canada ne peuvent plus imposer certains frais liés à l’activation ou à la modification d’un forfait. Cette politique réglementaire avait pour objectif d’éliminer les frais d’activation pouvant aller jusqu’à 80 $ chez les grands fournisseurs, et de permettre aux Canadiens de changer de forfait sans craindre des coûts imprévus. C’était une avancée réelle pour les consommateurs.

La réaction des télécoms? Immédiate et prévisible. Bell a instauré des frais de manutention d’appareil de 40 $ pour les clients qui achètent un appareil avec leur service sans fil. Telus a introduit des frais de 15 $ pour l’obtention d’une carte SIM. Rogers est visée pour des frais de configuration d’appareil de 40 $, des frais d’expédition de 25 $ et des frais liés aux cartes SIM.

Le professeur Pierre Larouche a résumé la situation avec une précision chirurgicale : c’est un jeu du chat et de la souris. Les compagnies de cellulaire veulent essayer d’aller chercher de l’argent où elles le peuvent, puis le CRTC, de son côté, essaie de fermer les portes, une par une, puis les entreprises cherchent à se trouver des ouvertures.

Ce jeu dure depuis des décennies. Et les perdants sont toujours les mêmes : les consommateurs canadiens, qui paient leurs forfaits cellulaires parmi les plus chers du monde industrialisé. Si le CRTC constate une violation, les entreprises pourraient se voir infliger des amendes pouvant aller jusqu’à 10 millions $, tandis que les responsables concernés pourraient être sanctionnés à hauteur de 25 000 $. Mais des observateurs, dont Matt Hatfield d’OpenMedia, notent que le CRTC cite ces chiffres comme levier et que les amendes réelles seraient en pratique bien inférieures. Des amendes symboliques pour des entreprises qui font des milliards de profits annuels. Difficile d’appeler ça de la dissuasion.

La vraie question n’est pas de savoir si Bell va retirer ses frais de « manutention » — elle le fera, sous pression réglementaire, puis en inventera d’autres. La vraie question est structurelle : pourquoi le Canada tolère-t-il depuis si longtemps un oligopole télécom aussi concentré, aussi peu concurrentiel, et aussi peu respectueux des règles qu’il est censé suivre?

La réponse structurelle que personne ne veut donner

L’insuffisance de concurrence dans de nombreux secteurs de l’économie — bancaire, télécommunications, grande distribution — expliquerait notamment la faible productivité du Canada, selon le FMI. Ce n’est pas une observation nouvelle. C’est un constat que les économistes répètent depuis des années, que les gouvernements successifs ont reconnu, et que personne ne règle vraiment.

Le gouvernement Carney a pourtant annoncé, dans sa mise à jour économique du printemps, un nouveau Plan pangouvernemental pour la concurrence qui reposera sur une approche ciblée et coordonnée pour garantir que la concurrence soit systématiquement prise en compte et priorisée dans l’ensemble des politiques du gouvernement fédéral. Un plan de plus. Des intentions louables. Mais tant que la structure fondamentale du marché télécom — trois acteurs dominant 90 % du marché, barrières à l’entrée quasi infranchissables pour les étrangers — reste intacte, le CRTC continuera de jouer au chat et à la souris avec des entreprises qui ont plus de ressources juridiques que l’organisme qui est censé les réguler.

L’ACEUM : même logique, autre échelle

Le parallèle avec le dossier commercial américain est frappant. Ici aussi, le Canada a longtemps fonctionné dans une relation asymétrique avec un partenaire dominant, en assumant que les règles établies seraient respectées et que la bonne foi suffirait.

La récente décision de la Cour suprême des États-Unis annulant les droits de douane instaurés en vertu de l’IEEPA est un avantage net pour le Canada. Les droits de douane sur les exportations non visées par l’ACEUM ont été réduits, passant de 35 % à 10 %. C’est une bonne nouvelle partielle. Mais comme pour les frais télécom, Washington a immédiatement réagi en contournant la règle : Trump a signé un nouveau décret instaurant un tarif mondial de 10 % à 15 % via l’article 122 de la Trade Act of 1974 — une loi différente, au lendemain même de la décision de la Cour suprême.

Des provinces comme le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique continueront de faire face à des difficultés commerciales pour les produits visés par les droits de douane en vertu de l’article 232 — l’acier, l’aluminium, le bois d’œuvre et les automobiles. Ces droits sectoriels, eux, n’ont pas été invalidés par la Cour suprême. Ils restent en place. Et ce sont précisément les secteurs qui font vivre des dizaines de milliers de travailleurs québécois.

Là encore, le Canada réagit coup par coup, dossier par dossier, tarif par tarif, sans jamais s’attaquer à la vulnérabilité structurelle : une économie dont 75 % des exportations sont destinées à un seul marché, contrôlé par un partenaire dont l’imprévisibilité est désormais la principale caractéristique.

Deux dossiers, une seule leçon

Ce qui lie Bell-Rogers-Telus à Trump-ACEUM, c’est la même faiblesse institutionnelle canadienne : nous régulons et négocions en réaction, rarement en prévention. Nous attendons que les règles soient violées pour les faire respecter. Nous attendons que les tarifs tombent pour diversifier nos marchés. Nous attendons que les frais abusifs apparaissent pour les interdire.

Dans le scénario de base de la Banque Nationale, le PIB canadien progresserait de 1,0 % en 2026, soutenu par un renouvellement de l’ACEUM, bien que l’incertitude commerciale demeure le principal risque. Tout repose sur un accord que Washington vient de refuser de renouveler formellement, avec un partenaire dont le gouvernement invente de nouveaux outils tarifaires 24 heures après que son propre système judiciaire lui en a retiré les anciens.

Pendant ce temps, Bell, Rogers et Telus inventent de nouveaux frais 18 jours après qu’on leur ait interdit les anciens.

Le Canada a besoin d’institutions plus robustes, de marchés plus concurrentiels et d’une stratégie commerciale qui ne repose pas sur la bonne volonté de partenaires qui n’en ont aucune. Ce n’est pas une question de gauche ou de droite. C’est une question de survie économique.

Yoshua Bengio dévoile une IA conçue pour prédire sans manipuler

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L’organisation à but non lucratif LoiZéro, dirigée scientifiquement par le chercheur en intelligence artificielle Yoshua Bengio, a présenté jeudi un cadre mathématique visant à concevoir une intelligence artificielle capable de produire des prédictions sans poursuivre d’objectifs propres, une approche destinée à réduire les risques liés aux systèmes d’IA les plus avancés.

Dans un article scientifique intitulé Safety from Honesty in a Disinterested AI Predictor, les chercheurs proposent un modèle baptisé « IA-Chercheur », conçu pour fonctionner comme un scientifique qui formule des hypothèses et évalue leur probabilité, plutôt que comme un agent cherchant à influencer son environnement.

Selon les auteurs, les modèles actuels d’intelligence artificielle, entraînés à imiter les comportements humains et à satisfaire les attentes des utilisateurs, pourraient développer des comportements imprévus ou des objectifs implicites. Leur approche vise au contraire à entraîner un système uniquement sur la qualité de ses prédictions, sans le récompenser pour les conséquences de ses réponses dans le monde réel.

LoiZéro affirme que ses travaux montrent, sous certaines hypothèses mathématiques, qu’un tel mode d’entraînement réduit fortement le risque qu’un système développe des comportements trompeurs ou manipulateurs. L’organisation estime également que cette architecture pourrait servir de mécanisme de surveillance pour d’autres systèmes d’IA et accélérer la recherche dans des domaines comme la médecine, le climat ou la cybersécurité.

Les auteurs soulignent toutefois que leur démonstration constitue un cadre théorique reposant sur des hypothèses précises et ne représente pas une garantie absolue contre tous les risques liés à l’intelligence artificielle.

« Le logement est devenu inabordable » : Québec solidaire dresse un réquisitoire contre huit ans de gouvernement CAQ

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À la veille du traditionnel déménagement du 1er juillet, Québec solidaire a vivement critiqué mercredi le bilan du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) en matière de logement, estimant que la province est passée d’une crise du logement à une « crise de l’abordabilité » après huit années de pouvoir caquiste.

Le député de Taschereau, Étienne Grandmont, affirme que des centaines de ménages cherchent encore un logement dans la région de Québec, malgré une hausse du nombre de logements vacants. Selon lui, les logements disponibles demeurent hors de portée pour une part croissante de la population en raison de la flambée des loyers.

L’élu solidaire soutient que les étudiants, les familles et les personnes vulnérables sont particulièrement touchés par cette pression financière, évoquant des situations où certains doivent multiplier les emplois, partager leur logement ou craindre l’itinérance.

Québec solidaire reproche au gouvernement de miser essentiellement sur l’augmentation des mises en chantier sans s’attaquer, selon lui, aux problèmes de spéculation immobilière, de location de courte durée et de disparition des logements abordables. Le parti estime que le marché locatif est désormais dominé par des intérêts spéculatifs, entraînant une hausse continue des loyers.

À l’approche du 1er juillet, journée marquée par des milliers de déménagements au Québec, la formation de gauche appelle le prochain gouvernement à faire du logement une priorité et à adopter des mesures plus ambitieuses pour améliorer l’accès à des logements abordables. La CAQ n’avait pas réagi à ces déclarations au moment de leur diffusion.

Le Canada participera pour la première fois au Concours Eurovision de la chanson en 2027

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Le Canada participera pour la première fois de son histoire au Concours Eurovision de la chanson en 2027, une décision qui marque une nouvelle étape dans l’ouverture internationale de la célèbre compétition musicale, ont annoncé mercredi l’Union européenne de radio-télévision (UER) et CBC/Radio-Canada.

Le pays devient le premier nouvel entrant depuis l’arrivée de l’Australie en 2015. Sa participation a été rendue possible après l’adhésion récente de CBC à titre de membre à part entière de l’UER, condition indispensable pour prendre part au concours.

La première prestation canadienne aura lieu lors des demi-finales de l’édition 2027, qui se déroulera à Sofia, en Bulgarie, après la victoire de la chanteuse bulgare Dara lors de l’édition 2026. CBC précisera plus tard cette année les modalités de sélection de l’artiste qui représentera le pays.

Le Canada possède déjà un lien historique avec l’Eurovision. En 1988, la Québécoise Céline Dion avait remporté le concours sous les couleurs de la Suisse avec Ne partez pas sans moi. D’autres artistes canadiens, dont Natasha St-Pier pour la France et La Zarra en 2023, ont également participé sous d’autres drapeaux.

L’annonce intervient dans un contexte délicat pour l’Eurovision. Cinq pays – l’Espagne, l’Irlande, l’Islande, les Pays-Bas et la Slovénie – ont boycotté l’édition 2026 en raison du maintien de la participation d’Israël. Malgré cette controverse et une baisse de l’audience mondiale, les organisateurs poursuivent leur stratégie d’expansion, estimant que le concours, né en Europe il y a 70 ans, est désormais une vitrine musicale à vocation internationale.

Canada : une nouvelle station de 10,7 millions de dollars pour protéger l’un des plus précieux écosystèmes du monde

Le gouvernement du Canada et plusieurs partenaires autochtones ont inauguré mardi une nouvelle station de terrain de 10,7 millions de dollars dans le parc national Wood Buffalo, une infrastructure destinée à renforcer la recherche scientifique, la surveillance environnementale et la protection du delta Paix-Athabasca, l’un des plus vastes deltas d’eau douce de la planète.

Située à une dizaine de kilomètres de Fort Chipewyan, la station a été conçue en collaboration avec les Premières Nations Athabasca Chipewyan et Mikisew Cree ainsi que la Nation métisse de Fort Chipewyan. Elle servira de centre de recherche, de formation et de partage des connaissances entre scientifiques, détenteurs de savoirs autochtones, jeunes et aînés.

L’installation soutiendra notamment des programmes communautaires de surveillance de l’environnement, dont les camps de pêche et de piégeage du rat musqué, en combinant les savoirs autochtones et la science occidentale afin de mieux suivre l’évolution des écosystèmes.

L’inauguration marque une étape importante dans la mise en œuvre du plan d’action du site du patrimoine mondial de l’UNESCO du parc national Wood Buffalo. Ottawa a également rappelé son engagement à investir 90 millions de dollars sur cinq ans dans la restauration des écosystèmes et le rétablissement des populations de bisons des bois dans la région.

Le parc national Wood Buffalo, le plus vaste du Canada, abrite le plus grand troupeau sauvage de bisons des bois au monde ainsi que le dernier site naturel de nidification des grues blanches d’Amérique, une espèce menacée. Les autorités estiment que cette nouvelle infrastructure contribuera à renforcer la gestion collaborative et la préservation à long terme de ce patrimoine naturel d’importance mondiale.

Moïse Bombito au Mondial : Le chemin le plus inattendu du soccer québécois

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Moïse Bombito Lumpungu a grandi à Saint-Laurent, Montréal, de parents congolais. Il n’était pas le meilleur de son équipe à 12 ans. Il a été recalé par l’Impact de Montréal ET par la CPL. Il prenait le bus 64 de la STM pour aller à ses matchs. Aujourd’hui il porte le numéro 64 à l’OGC Nice, joue la Coupe du monde, et a stoppé Bradley Barcola du PSG avec un tacle qui a fait le tour de la Ligue 1. Le chemin le plus inattendu du soccer québécois.


par Jean Emmanuel Duchemin | Série Mondial 2026


Le 6 octobre 2024, l’OGC Nice reçoit le Paris Saint-Germain à l’Allianz Riviera. 35 000 spectateurs. Mbappé est parti, mais Bradley Barcola est là — l’ailier le plus rapide du championnat, la nouvelle vedette du PSG, 21 ans, qui défonce les défenses de Ligue 1 comme des portes en carton.

À un moment du match, Barcola s’échappe sur le côté gauche de la défense niçoise. Il prend de la vitesse. Il pense avoir le but à portée.

Et là, un défenseur central de 1m90 surgit de nulle part, récupère le ballon dans un tacle parfait, et se retourne vers le public niçois avec une célébration ragueuse.

Ce défenseur central, c’est Moïse Bombito. Le gamin qui prenait le bus 64 de la STM pour aller jouer au CS Saint-Laurent.

Dans les tribunes ce soir-là, Rocco Placentino, directeur sportif du CS Saint-Laurent — le tout premier club de Bombito — regarde son ancien joueur stopper la star du PSG. Il dit : « C’était magnifique. »


Montréal, Saint-Laurent, et des parents venus de Kinshasa

Le 30 mars 2000, Moïse Bombito Lumpungu naît à Montréal, au Québec. Son nom complet le dit tout : Bombito est le nom de famille, Lumpungu le deuxième nom de famille — tous deux d’origine congolaise. Ses parents viennent de la République démocratique du Congo, l’immense pays d’Afrique centrale autrefois connu sous le nom de Zaïre, qui parle français et dont Kinshasa est la capitale.

Il grandit dans le quartier Saint-Laurent — l’arrondissement nord-ouest de l’île de Montréal, multiculturel, populaire, avec ses zones industrielles et ses tours d’habitation côtoyant des quartiers résidentiels tranquilles. Une famille modeste. Un rêve de soccer qui semble, comme pour beaucoup de gamins de la région, « inatteignable ».

À quatre ans, il commence à jouer au CS Saint-Laurent — le club communautaire de son quartier, au complexe sportif du boulevard Thimens. Il joue attaquant. Pas défenseur central — attaquant. Et selon son propre directeur sportif de l’époque, il n’est pas particulièrement remarquable. Rocco Placentino se souvient : « Quand je l’ai rencontré, il avait 12 ans et demi. Il faisait partie de la génération « année 2000 ». C’était une génération vraiment forte. Il était parmi les 20 joueurs de l’équipe, mais est-ce qu’il faisait partie des meilleurs joueurs ? Non, pas du tout. Il y avait des jeunes beaucoup plus intéressants que lui. »

Pour aller jouer ses matchs, le petit Moïse prend le bus 64 de la Société de transport de Montréal. Ligne 64. Boulevard Thimens. Du quartier Saint-Laurent jusqu’au terrain.


Recalé par l’Impact. Recalé par la CPL. Deux fois.

À 13 ans, Bombito tente un essai à l’Académie de l’Impact de Montréal — l’unique structure professionnelle de développement pour les jeunes québécois. L’essai n’est pas concluant. Il rentre chez lui.

Il continue au CS Saint-Laurent. Il grandit. Il s’améliore. Puis il tente sa chance auprès de la Canadian Premier League — la nouvelle ligue professionnelle canadienne créée en 2019. Refus.

Deux portes fermées. L’académie professionnelle de sa ville. La ligue professionnelle nationale. Les deux ont dit non.

Ce que la plupart des joueurs n’auraient pas survécu.

En 2020, à 20 ans, il rejoint le CS Saint-Hubert, en Première Ligue de Soccer du Québec — le niveau semi-professionnel québécois. Son entraîneur là-bas s’appelle François Bourgeais, qui est aussi son coach aux Aigles du Collège Ahuntsic.

Et c’est Bourgeais qui fait la chose décisive : il repositionne Bombito en défenseur central. L’attaquant longiligne de Saint-Laurent, avec son 1m90 et sa vitesse hors du commun, devient un défenseur. Et tout change.


Le camp de détection, l’Iowa, et le championnat national

La même année, Bombito participe à un camp de détection organisé par deux scouts, António Ribeiro et Frederico Moojen, spécialisés dans le recrutement de jeunes talents québécois vers les universités américaines. C’est l’une de ces initiatives parallèles, hors des radars institutionnels, qui permettent à des talents tombés entre les mailles du filet professionnel de trouver une porte de sortie.

Bombito convainc. Il obtient une place à l’Iowa Western Community College — un junior college de Council Bluffs, Iowa.

En 2021, son équipe remporte le Championnat national NJCAA — le titre des community colleges américains. Champion national. Avec un joueur qui, un an auparavant, se faisait recaler par la CPL.

Il transfère ensuite à l’Université du New Hampshire, en Division I NCAA — une promotion considérable. Sa seule saison là-bas est suffisamment remarquable pour attirer tous les regards : il est nommé semi-finaliste du Mac Hermann Trophy — le Ballon d’Or du soccer universitaire américain — et reçoit plusieurs distinctions d’équipe All-America.


3e choix de la MLS Draft. Premier joueur de l’UNH en première ronde. Ever.

Le 21 décembre 2022, lors du SuperDraft MLS 2023, les Colorado Rapids sélectionnent Moïse Bombito Lumpungu en 3e position — premier tour. Il devient le premier joueur de l’Université du New Hampshire à être choisi en première ronde dans toute l’histoire du programme.

Il arrive à Denver avec une blessure au MCL lors de son premier entraînement qui le retient deux mois. Puis il revient. Et il joue. En 2024, 20 apparitions, 2 buts — des chiffres remarquables pour un défenseur central en MLS.

Et en août 2024, les Colorado Rapids le transfèrent à l’OGC Nice pour un montant qui constitue le record absolu de transfert sortant dans l’histoire du club. Le défenseur central que l’Impact et la CPL ne voulaient pas vaut maintenant plusieurs millions d’euros.


Le numéro 64. L’autobus. La mémoire du quartier.

À Nice, Bombito choisit le numéro 64.

Quand les journalistes lui demandent pourquoi ce numéro inhabituel pour un défenseur — les gardiens prennent souvent les grands numéros, pas les défenseurs centraux — il répond avec simplicité :

C’est le numéro de la ligne de bus STM qu’il prenait pour aller au terrain au CS Saint-Laurent.

Le 64. Boulevard Thimens. La STM. Le gamin de Saint-Laurent qui n’était pas le meilleur de son équipe à 12 ans porte maintenant ce numéro sur son maillot de Ligue 1, en France, devant 35 000 spectateurs de l’Allianz Riviera.

C’est peut-être le détail le plus beau de toute cette série de portraits.


Le retour à Saint-Laurent. La haie d’honneur des enfants.

En octobre 2024, quelques semaines après son tacle sur Barcola, Bombito revient à Montréal. Il retourne au complexe sportif du boulevard Thimens — le terrain de son enfance, celui qu’il rejoignait en bus 64 — pour rendre visite aux jeunes joueurs du CS Saint-Laurent.

Une soixantaine d’enfants forment une haie d’honneur pour l’accueillir.

Il joue avec eux. Il parle avec eux. Et il leur dit quelque chose qui ressemble à ce que tous les joueurs de cette série répètent, chacun à leur façon : « Avec un peu de chance et beaucoup de travail, les rêves deviennent réalité. »

Il confie à La Presse ce jour-là : « Je ne te mens pas, il n’y a pas longtemps que j’ai réalisé que je suis rendu assez loin dans ma progression. Mais je ne dirais pas que je suis au produit final. J’ai toujours faim. »

Dans l’ombre d’Ismaël Koné et de Mathieu Choinière — ses compatriotes québécois de l’équipe nationale, tous les deux plus médiatisés — Bombito avait tracé sa voie en silence. La Copa América 2024 l’a révélé : il a démarré les six matchs du Canada dans le tournoi, dont la demi-finale contre l’Argentine de Messi.


La fracture, le retour, et le Mondial

En mai 2025, mauvaise nouvelle : une opération au poignet gauche l’immobilise pour la fin de saison. Puis, au début de la saison 2025-26, une autre blessure. L’enchaînement est difficile.

Mais Bombito revient. Il est dans la liste de Marsch pour le Mondial. Et lors du deuxième match du Canada contre le Qatar le 18 juin à Vancouver, il entre à la mi-temps dans un match déjà dominé — et aide à maintenir le blanchissage dans une victoire 6-0.


Ce qu’il faut retenir

Moïse Bombito Lumpungu n’aurait pas dû être là. L’Impact a dit non. La CPL a dit non. Il n’était même pas le meilleur joueur de son équipe du quartier à 12 ans.

C’est un repositionnement tactique au Collège Ahuntsic, un camp de détection privé, un community college en Iowa, une université du New Hampshire, et un tacle sur Bradley Barcola à l’Allianz Riviera qui l’ont amené ici.

Et chaque fois qu’il enfle son maillot numéro 64 à Nice — ou rouge et blanc avec le Canada — il porte avec lui la ligne de bus du boulevard Thimens. Le quartier Saint-Laurent. Les parents venus de Kinshasa. Et les 60 enfants qui lui ont fait une haie d’honneur le jour de son retour.

Nul n’est prophète en son pays. Sauf quand il porte son pays sur son dos.

Riposte à la crise du logement : 70 nouveaux logements pour les aînés à Blainville

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Les gouvernements du Québec et du Canada, en partenariat avec la Ville de Blainville et l’organisme Manoir Blainville II, ont officiellement lancé mardi la construction d’un immeuble de 70 logements sociaux et abordables destiné à des aînés autonomes, un projet évalué à plus de 29,6 millions de dollars.

Le chantier, présenté comme une réponse concrète à la pénurie de logements abordables, bénéficie d’une contribution de près de 13,4 millions de dollars de la Société d’habitation du Québec (SHQ) dans le cadre du Programme d’habitation abordable Québec, financé notamment par l’Entente Canada–Québec sur le Fonds pour accélérer la construction de logements. La Ville de Blainville y ajoute plus de 4,8 millions de dollars.

Le futur Manoir Blainville II offrira un milieu de vie adapté permettant aux personnes âgées de demeurer près de leur communauté tout en favorisant leur autonomie. Selon les autorités, 43 des 70 logements seront admissibles au Programme de supplément au loyer Québec, limitant la contribution des locataires à 25 % de leur revenu.

La ministre responsable de l’Habitation, Karine Boivin Roy, a affirmé que ce projet illustre la volonté du gouvernement d’accroître rapidement l’offre de logements sociaux pour répondre aux besoins croissants de la population vieillissante. Les représentants des gouvernements fédéral, provincial et municipal ont également salué une initiative qui vise à lutter contre l’isolement des aînés tout en renforçant l’accès à des logements abordables.

Le Manoir Blainville II s’inscrit dans les efforts déployés par les différents ordres de gouvernement pour accélérer la construction de logements au Québec, dans un contexte marqué par une pression persistante sur le marché immobilier.

FACE élargit son programme de microprêts à l’échelle nationale pour soutenir l’entrepreneuriat noir

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La Fédération Africaine Canadienne de l’Économie (FACE) annonce l’expansion à l’échelle nationale de son programme de microprêts, une initiative visant à améliorer l’accès au financement pour les entrepreneur.e.s noir.e.s partout au Canada. Déployé en collaboration avec la Banque de développement du Canada (BDC), le programme permettra désormais d’offrir des prêts allant de 10 000 $ à 250 000 $.

Lancé en mai 2021 dans le cadre d’un projet pilote en Ontario et en Colombie-Britannique, le programme proposait initialement des prêts de 10 000 $ à 25 000 $ en partenariat avec Alterna Savings et Vancity. Selon FACE, cette première phase, qui s’est terminée le 31 mars 2025, a démontré une forte demande ainsi qu’un impact positif auprès des entreprises participantes.

Grâce à ce nouveau partenariat avec la BDC, FACE souhaite renforcer l’accès au capital pour les entreprises noires, favoriser leur croissance et contribuer à une économie canadienne plus inclusive et diversifiée.

Fort de ces résultats, l’organisme passe maintenant à une nouvelle étape en rendant le programme accessible aux entrepreneurs noirs de toutes les provinces et de tous les territoires. Cette expansion est soutenue par Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE) et mise en œuvre en partenariat avec la BDC.

« L’accès au capital demeure l’un des principaux obstacles pour les entrepreneur.e.s noir.e.s au Canada. L’expansion nationale de notre programme de microcrédit constitue une avancée majeure pour combler cet écart et soutenir la croissance de ces entreprises partout au pays », a déclaré Tiffany Callender, présidente-directrice générale et cofondatrice de FACE.

Le programme vise particulièrement les entreprises en démarrage, les entrepreneurs ayant un accès limité aux institutions financières traditionnelles, les entreprises en phase de croissance ainsi que les fondateur.trice.s issus de communautés urbaines, régionales ou moins bien desservies. L’élargissement de la fourchette des prêts permettra d’accompagner davantage d’entreprises à différentes étapes de leur développement.

La ministre des Femmes et de l’Égalité des genres et secrétaire d’État aux Petites Entreprises et au Tourisme, Rechie Valdez, a salué cette initiative, estimant qu’elle favorisera la création d’emplois, le développement des entreprises noires et la croissance économique inclusive au Canada.

Fondée en 2021, FACE est un organisme national à but non lucratif dirigé par des personnes noires. En tant qu’administratrice du Fonds de prêts pour l’entrepreneuriat des communautés noires, doté d’une enveloppe de 160 millions de dollars, l’organisation indique avoir approuvé plus de 67 millions de dollars en prêts et versé plus de 50 millions de dollars à près de 600 entreprises appartenant à des entrepreneurs noirs à travers le pays.

Données souveraines Québec lance un sondage pour évaluer la maturité numérique des organisations

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Données souveraines Québec (DSQ), en collaboration avec Persévère Conseils, lance un sondage provincial visant à mesurer la maturité numérique des organisations québécoises et à évaluer leur niveau de souveraineté numérique. Cette initiative entend offrir un portrait inédit des pratiques numériques au Québec tout en contribuant à l’élaboration d’une stratégie collective en matière de gouvernance des données.

Ouvert à l’ensemble des organisations, peu importe leur secteur d’activité ou leur taille, le sondage permettra aux participants d’obtenir une meilleure compréhension de leur niveau de maturité numérique. Les résultats serviront également à dresser un portrait global des enjeux auxquels font face les organisations québécoises en matière de gestion et de contrôle de leurs données.

L’un des objectifs centraux de la démarche est d’évaluer la capacité des organisations à exercer un contrôle stratégique sur leurs données, un enjeu devenu incontournable dans un contexte où la transformation numérique s’accélère et où la protection des actifs informationnels prend une importance croissante.

Les données recueillies seront traitées de manière confidentielle, agrégées et anonymisées. Elles alimenteront les travaux des six comités de la Feuille de route en souveraineté des données de DSQ, qui vise à identifier les priorités d’action pour renforcer l’autonomie et la résilience numérique du Québec.

Le questionnaire, gratuit et d’une durée de 10 à 15 minutes, constitue un outil pratique permettant aux organisations de situer leur niveau de développement numérique tout en participant à une réflexion collective sur l’avenir numérique de la province.

« Dans un contexte où la maîtrise des données devient un enjeu stratégique, cette démarche outille concrètement les organisations pour évaluer leur position et progresser vers une plus grande souveraineté numérique », souligne Paul Allard, président de Données souveraines Québec.

Les organisations intéressées peuvent remplir le sondage dès maintenant sur le site de Données souveraines Québec. Les résultats de cette initiative devraient contribuer à mieux orienter les politiques, les investissements et les actions favorisant une gouvernance numérique plus autonome et sécuritaire au Québec.

Canicule et vacances d’été : Laval investit 25 M$ pour moderniser ses parcs et installations récréatives

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Alors qu’une première vague de chaleur frappe le Québec et que les vacances scolaires débutent, la Ville de Laval annonce un investissement de 25 millions de dollars afin d’améliorer ses parcs, piscines et espaces récréatifs. Une quarantaine de projets seront réalisés dans l’ensemble des quartiers afin d’offrir aux citoyens des installations modernes, accessibles et adaptées aux besoins de la population.

L’annonce survient à un moment où les températures élevées incitent de nombreuses familles à rechercher des endroits pour se rafraîchir et pratiquer des activités de plein air. À Laval, les 18 piscines extérieures, 8 pataugeoires et 16 jeux d’eau sont désormais ouverts au public.

Parmi les nouveautés, une piscine universellement accessible a été inaugurée au parc Pie-X, dans le quartier de Chomedey. Le complexe comprend également une pataugeoire et des jeux d’eau, offrant un nouvel espace de détente et de loisirs dans le secteur le plus densément peuplé de la ville.

« Les citoyennes et citoyens nous disent qu’ils souhaitent être actifs, profiter de la nature et avoir accès à des installations de qualité près de chez eux. En modernisant nos infrastructures et en bonifiant l’offre dans tous les quartiers, nous investissons directement dans la qualité de vie, la santé et le bien-être des Lavalloises et des Lavallois », a déclaré le maire de Laval, Stéphane Boyer.

Les investissements permettront notamment l’aménagement de deux berges, le réaménagement majeur de quatre parcs, la réfection de deux piscines, de deux jeux d’eau et de sept plateaux sportifs consacrés au baseball, au tennis et au basketball. Quatre nouveaux terrains de pickleball seront également aménagés.

La Ville prévoit aussi moderniser les modules de jeux et les balançoires dans 25 parcs, améliorer les sentiers dans plusieurs boisés et bonifier le mobilier urbain afin de rendre les espaces de proximité plus accueillants.

Le parc Pie-X figure parmi les projets phares de cette vaste opération. En plus de sa nouvelle piscine, le site accueille désormais la première patinoire extérieure réfrigérée et couverte de Laval, des terrains sportifs, un chalet multifonctionnel quatre saisons, des sentiers éclairés ainsi qu’une aire de jeux inclusive.

Selon les plus récentes données municipales, les espaces verts occupent une place importante dans les habitudes de vie des Lavallois. Environ 89 % de la population pratique une activité physique durant l’été, tandis que 79 % demeure active en hiver. La marche et la randonnée figurent parmi les activités les plus populaires, et près de huit citoyens sur dix considèrent qu’il est important de passer du temps dans la nature.

Nouvelle piscine au parc Pie X, à Chomedey (Groupe CNW/Ville de Laval)