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Reprise économique : les chiffres sourient, mais le Canada n’a pas le droit à l’erreur

Après un hiver et un printemps difficiles — récession technique, pertes d’emplois massives, croissance en panne — voilà que les premiers signaux d’un dégel apparaissent, et ils sont plus solides qu’on ne le pensait il y a un mois à peine. Faut-il s’en réjouir? Oui, prudemment. Faut-il baisser la garde? Absolument pas.

Le portrait qui se dessine s’est précisé aujourd’hui même. L’économie canadienne a rebondi en avril avec une croissance de 0,5 % du PIB réel, selon les chiffres définitifs de Statistique Canada — un résultat supérieur à la première estimation rapide. L’organisme fédéral a précisé que les bons résultats du secteur pétrolier et gazier ont contribué à dynamiser l’économie, mais surtout, que la croissance a été généralisée à l’ensemble des secteurs : la fabrication, la construction et le secteur public ont tous contribué à cette progression. Ce n’est plus un sursaut isolé attribuable à un seul secteur. C’est un rebond large.

Ce rebond fait suite à une contraction du PIB réel en mars, qui avait entraîné le premier trimestre de l’année en territoire légèrement négatif — la fameuse récession technique dont on a beaucoup parlé fin mai. Il faut toutefois nuancer l’enthousiasme : les premières estimations de Statistique Canada indiquent un ralentissement de la croissance qui se poursuit en mai, avec une hausse de seulement 0,1 %, portée cette fois par la finance et les assurances ainsi que les services immobiliers et de location. Le sprint d’avril ne s’est donc pas maintenu au même rythme en mai.

Plus frappant encore sur le front de l’emploi : les données de mai ont montré un bond inattendu de l’emploi, faisant descendre le taux de chômage à 6,6 %. Après des mois de saignée — rappelons que l’emploi a enregistré une baisse nette de 112 000 postes au cours des quatre premiers mois de 2026, concentrée dans le travail à temps plein — ce renversement de tendance mérite d’être souligné.

Une reprise réelle, mais suspendue à un fil commercial

Voilà pour les bonnes nouvelles, et elles sont meilleures que je ne l’avais d’abord rapporté. Mais quiconque a suivi l’actualité économique canadienne des derniers mois sait que cette embellie repose sur des fondations particulièrement instables. Les économistes, eux, ne s’emballent pas.

Deloitte Canada prévoit que l’économie canadienne rebondira vers la fin de l’année, pour afficher une croissance de seulement 0,7 % en 2026 — une révision à la baisse par rapport aux prévisions précédentes — avant d’atteindre 2 % en 2027. Même avec un mois d’avril vigoureux, la trajectoire annuelle demeure modeste.

Et le principal nuage qui plane sur cette stabilisation a toujours un nom : l’ACEUM. Deloitte avertit sans détour que le non-renouvellement de l’ACEUM ou un durcissement supplémentaire des droits de douane américains « porterait un coup dur aux exportations canadiennes et à la confiance du pays », avec des pertes de production considérables malgré les efforts de diversification commerciale. Autrement dit, toute la reprise observée en avril pourrait s’effriter en quelques mois si la révision de l’accord commercial tourne mal.

Même son de cloche du côté de la Banque du Canada. Le Conseil de direction a noté que si les négociations de l’ACEUM se prolongent, et particulièrement si leur issue est défavorable, les difficultés dans les secteurs touchés par le commerce extérieur pourraient s’aggraver et se propager, avec des effets sur l’emploi et les investissements ressentis plus largement dans l’économie.

Le pari du gouvernement fédéral : dépenser maintenant, encaisser plus tard

Le gouvernement Carney mise gros sur cette dynamique de reprise pour justifier sa stratégie de dépenses massives. Le ministère des Finances note que la récession a été évitée et que l’activité intérieure est demeurée solide, malgré la hausse des droits de douane. Les chaînes d’approvisionnement nord-américaines ont mieux résisté que prévu, l’ACEUM protégeant environ 85 % des exportations canadiennes de marchandises contre les mesures américaines récentes.

Plus révélateur encore pour l’avenir : le Canada continue d’attirer des capitaux mondiaux importants et se trouve à la tête des pays du G7 pour les flux d’investissement direct étranger par habitant, tandis que les entreprises sondées par Statistique Canada prévoient accroître leurs dépenses en immobilisations cette année. C’est le genre de signal qui, combiné au rebond généralisé d’avril, pourrait transformer une simple reprise technique en véritable relance.

Mais cette confiance retrouvée des investisseurs reste suspendue au même fil ténu. Les investissements des entreprises ne devraient croître que d’un modeste 0,6 % cette année, justement parce que les modalités d’accès du Canada au marché américain demeurent floues. Les dépenses devraient toutefois s’accélérer au deuxième semestre, à mesure que la révision de l’ACEUM se précisera.

Le Québec, entre résilience et vulnérabilité structurelle

Pour le Québec, le tableau est à la fois rassurant et préoccupant. Le PIB réel du Québec non annualisé a progressé de 0,3 % lors des trois premiers mois de 2026, après une baisse de 0,1 % au trimestre précédent — un signe encourageant après une fin d’année 2025 difficile. L’enquête sur les intentions de dépenses en immobilisations révèle d’ailleurs une solide croissance des investissements gouvernementaux au Québec, comme en Ontario et à l’Île-du-Prince-Édouard.

Mais les vulnérabilités structurelles n’ont pas disparu. Le PIB des secteurs québécois fortement dépendants des États-Unis — fabrication, transport — a chuté de 4 % entre décembre 2024 et novembre 2025, avec des expéditions vers les États-Unis en recul de 7 %, frappant durement l’aluminium, le cuivre et le bois d’œuvre. Ce sont exactement les secteurs qui dépendent du sort de l’ACEUM — l’aluminium du Saguenay, le bois d’œuvre des régions, l’industrie manufacturière de la grande région de Montréal. Or, fait notable, la construction et la fabrication ont justement été parmi les moteurs du rebond d’avril à l’échelle canadienne — un signal potentiellement encourageant pour ces secteurs québécois vulnérables, à confirmer dans les mois à venir.

Les leçons de cette embellie

L’erreur serait de lire ces bonnes nouvelles économiques comme la preuve que la tempête est passée. La révision à la hausse du chiffre d’avril — et surtout sa nature plus généralisée que prévu, touchant la fabrication et la construction et non seulement les ressources naturelles — est un signal plus encourageant que ce qu’on pensait initialement. Mais le ralentissement déjà observé en mai (+0,1 % seulement) rappelle que ce rebond n’est pas linéaire.

C’est une économie qui carbure à la consommation des ménages, aux investissements publics et, désormais, à une reprise sectorielle plus large qu’anticipé — mais qui reste profondément exposée à un seul facteur de risque : la relation avec Washington. Tant que cette incertitude commerciale ne sera pas résolue, chaque bonne nouvelle économique restera fragile, chaque rebond restera potentiellement réversible.

La leçon pour Ottawa demeure la même : il ne suffit pas de dépenser pour stimuler la croissance. Il faut surtout sécuriser l’accès au marché américain, qui demeure, qu’on le veuille ou non, le moteur véritable de la prospérité canadienne. Les signaux positifs d’avril ne sont pas une victoire. Ce sont des fondations — un peu plus solides qu’on ne le pensait, mais toujours conditionnelles — sur lesquelles il reste tout un édifice à construire.

Sam Adekugbe : au début, il voulait jouer pour l’Angleterre, mais il a fini par plonger dans un banc de neige à Edmonton

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Sam Adekugbe est né à Londres, a grandi à Manchester, a rêvé de jouer pour l’Angleterre — et a choisi le Canada. Il a joué en Angleterre, en Suède, en Norvège, en Turquie, et a remporté le championnat de Turquie avec Galatasaray. Et lors d’un moment d’euphorie pure à Edmonton, en plein mois de novembre, il a célébré un but canadien en plongeant dans la neige sur le bord du terrain. Portrait de l’arrière gauche le plus voyageur de cette équipe.


par Jean Emmanuel Duchemin | Série Mondial 2026


Le 16 novembre 2021, lors d’un match de qualification pour le Mondial du Qatar contre le Mexique au Commonwealth Stadium d’Edmonton, Cyle Larin marque à la 52e minute. Le stade explose. Le score est crucial — c’est le match qui va lancer le Canada vers sa première Coupe du monde depuis 1986.

Et sur le banc de touche, Sam Adekugbe, débordant de joie, fait quelque chose que personne n’avait planifié : il plonge à la renverse dans un banc de neige au bord du terrain.

Edmonton, en novembre. La neige est réelle, froide, abondante. Et l’arrière gauche canadien, en plein milieu d’un match crucial de qualification mondiale, choisit ce moment précis pour faire un plongeon arrière dans la poudreuse, comme un enfant un jour de tempête.

C’est une des images les plus virales de l’histoire récente du soccer canadien. Et elle résume bien l’esprit de Sam Adekugbe — un défenseur solide, fiable, et profondément attaché à son équipe, capable de lâcher toute retenue dans les bons moments.


Londres, Manchester, Calgary

Le 16 janvier 1995, Samuel Ayomide Adekugbe naît à Londres, en Angleterre. Ses parents, Ben et Dee, sont tous les deux nés à Londres également, d’origine nigériane. À trois ans, la famille déménage à Manchester — la ville du football anglais par excellence, des Reds et des Citizens, de la pluie et des académies légendaires.

C’est à Manchester, à quatre ans, qu’Adekugbe touche un ballon pour la première fois dans un cadre organisé : le programme Manchester United Grassroots. Il joue aussi pour le AFC Clayton, club local, et fréquente même la Sir Charlton Academy — une école qui a produit, entre autres anciens élèves, David Beckham.

Manchester United dans les souvenirs d’enfance. Beckham dans le même bâtiment scolaire. Tout porte à croire que le destin footballistique d’Adekugbe se jouerait en Angleterre.

En 2004, à dix ans, la famille immigre au Canada et s’installe à Calgary, en Alberta — à des milliers de kilomètres des terrains humides de Manchester, dans une ville où l’hiver dure six mois et où le soccer est loin d’être le sport roi.


« Je rêve de jouer pour l’Angleterre à Wembley »

C’est un détail qu’on ne mentionne pas souvent, mais qui dit beaucoup sur le chemin parcouru : en 2012, alors qu’il évoluait encore dans les structures de jeunesse, Adekugbe aurait déclaré qu’il rêvait de jouer pour l’Angleterre à Wembley.

Logique, en un sens. Né à Londres. Formé à Manchester. Élevé dans le berceau du football moderne. L’Angleterre était, sur le papier, son option la plus naturelle.

Il était techniquement éligible pour trois nations : l’Angleterre par sa naissance, le Nigeria par ses origines parentales, et le Canada par son immigration. Trois fédérations, trois chemins possibles.

Il a fini par choisir le Canada — aux niveaux jeunesse d’abord, puis définitivement en équipe senior. Un choix qui, rétrospectivement, ressemble moins à un compromis qu’à une affirmation : celle d’un gamin qui, en grandissant à Calgary, a fini par sentir que c’était là, dans les clubs de l’Alberta, que son identité footballistique s’était véritablement construite.


Calgary Foothills : trois titres et deux drapeaux provinciaux

À Calgary, Adekugbe rejoint le Calgary Foothills Soccer Club — d’abord les Saints, de 2004 à 2009, puis les Rapids, de 2009 à 2011. Six ans dans le même club communautaire, à grimper les échelons.

Le bilan : trois titres de niveau 1 de la Calgary Minor Soccer Association et deux titres provinciaux en salle. Il représente aussi l’Alberta au niveau U-13 et U-16 — la province qui ne produit pas tant de joueurs de MLS, mais qui en a produit au moins un d’envergure internationale.

En septembre 2011, à 16 ans, le programme de résidence des Vancouver Whitecaps le recrute. Direction la Colombie-Britannique.


Generation Adidas, et l’Europe qui appelle déjà

Le 28 août 2013, Adekugbe signe avec les Whitecaps comme Homegrown Player. Le 27 octobre, il fait ses débuts en MLS contre les Rapids du Colorado — victoire 3-0, avec un triplé de Camilo.

Mais très vite, les Whitecaps comprennent qu’ils ont un défenseur au potentiel européen. En 2014, ils l’envoient pour des stages d’entraînement avec Liverpool FC et les Glasgow Rangers — deux des clubs les plus prestigieux d’Angleterre et d’Écosse. En 2015, nouveau stage, cette fois avec Brighton & Hove Albion.

En juillet 2016, le prêt devient officiel : Brighton, en Championship anglaise. Il y fait ses débuts en Coupe de la Ligue contre Colchester United et inscrit son premier but professionnel contre Oxford United en août 2016.


Cinq pays en cinq ans. La carrière la plus européenne de l’équipe.

À partir de là, la carrière de Sam Adekugbe devient un véritable tour d’Europe.

Suède : IFK Göteborg, en prêt, à partir de juillet 2017, en Allsvenskan.

Norvège : Vålerenga Fotball, à partir de janvier 2018 — un transfert permanent, cette fois. Il y reste trois saisons, jusqu’en 2021, accumulant 95 apparitions en Eliteserien. C’est de loin son séjour le plus long et le plus stable à l’étranger.

Turquie : Hatayspor, à partir de 2021, où il impressionne tant en Süper Lig — 53 titularisations — qu’il finit par attirer l’attention de l’un des plus grands clubs du pays.

Et Galatasaray. En 2023, prêt à l’un des trois grands clubs turcs, avec qui il remporte le titre de champion de Turquie. Un trophée majeur, dans un des championnats les plus passionnés du monde, dans un stade — le Rams Park — où les supporters chantent pendant 90 minutes sans interruption.

Six clubs. Cinq pays. Plus de dix ans en Europe. Pour un arrière gauche canadien né à Londres et formé à Calgary.


Le retour à Vancouver, et un début de saison record

En août 2023, après six ans en Europe, Sam Adekugbe revient aux Vancouver Whitecaps — le club qui l’avait formé, qui l’avait fait découvrir l’Europe pour la première fois en 2014. Contrat jusqu’en 2026, avec option pour 2027.

Au début de la saison 2025, il livre l’un des meilleurs débuts de sa carrière : il marque contre les Portland Timbers puis contre le LA Galaxy lors des deux premiers matchs de la saison — devenant le deuxième défenseur de l’histoire de la MLS à marquer dans les deux premiers matchs d’une saison régulière.

Mais la saison s’arrête brutalement : lors d’un rassemblement international avec le Canada cet été-là, il subit une déchirure du tendon d’Achille — une blessure longue, sérieuse, qui met un terme prématuré à sa saison 2025.


Le retour pour le Mondial

Adekugbe travaille sa rééducation tout l’hiver et le printemps 2026, avec un seul objectif en tête : être prêt pour la Coupe du monde à domicile. Il avait disputé le Mondial 2022 au Qatar — l’un des 23 joueurs sélectionnés par John Herdman, l’un des artisans discrets de la qualification historique de 2021-22, où le Canada avait terminé premier de sa zone CONCACAF pour la première fois.

Aujourd’hui, avec 44 sélections en équipe nationale, il fait partie des défenseurs les plus expérimentés du groupe — un vétéran tranquille au milieu d’une génération de joueurs qui n’ont pas connu l’époque où le Canada ne se qualifiait jamais pour rien.

Il garde quelques superstitions d’avant-match qu’il a confiées à Canada Soccer : il met toujours sa chaussure gauche avant la droite, et ne pose jamais ses chaussures sur une table. De petits rituels qui traversent les pays, les championnats, les blessures.


Ce qu’il faut retenir

Sam Adekugbe a vécu l’une des carrières les plus nomades de cette équipe canadienne — Londres, Manchester, Calgary, Vancouver, Brighton, Göteborg, Oslo, Antalya, Istanbul, et retour à Vancouver. Il a rêvé de Wembley et a choisi le Canada. Il a remporté un titre de champion de Turquie avec Galatasaray et a établi un record de la MLS au début de sa dernière saison avant de tout perdre sur une déchirure du tendon d’Achille.

Et il a célébré un des plus grands moments de l’histoire récente du soccer canadien en plongeant dans un banc de neige à Edmonton, en plein mois de novembre, parce que parfois la joie ne se planifie pas — elle explose, et on plonge.

Grand Prix du Canada : le pari du mois de mai rapporte gros à Montréal, selon Tourisme Montréal

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Le déplacement du Grand Prix du Canada du mois de juin au mois de mai a permis de stimuler l’activité touristique sans nuire aux performances estivales de Montréal, affirme Tourisme Montréal, qui y voit un succès pour l’industrie hôtelière et événementielle.

Selon les données dévoilées lundi, la demande hôtelière a progressé de 13,1 % en mai 2026 par rapport à la même période de l’année précédente. Le mois de mai a également enregistré une demande 12,9 % supérieure à celle de juin 2025, alors que le Grand Prix se déroulait encore à cette période.

Tourisme Montréal attribue cette hausse à la combinaison du Grand Prix et du parcours des Canadiens de Montréal en séries éliminatoires, qui aurait stimulé l’achalandage dans les hôtels, les restaurants et les commerces.

« Les résultats démontrent que nous avons pris la bonne décision en appuyant le déplacement du Grand Prix au mois de mai », a déclaré Yves Lalumière. Selon lui, ce changement permet d’attirer davantage de visiteurs au début de la saison tout en libérant le calendrier de juin pour accueillir de grands congrès et d’autres événements internationaux.

La présidente-directrice générale de l’Association hôtelière du Grand Montréal, Dominique Villeneuve, souligne que les hôtels de l’île ont affiché un taux d’occupation de 94,8 % durant le week-end du Grand Prix.

Les retombées se sont également fait sentir à l’extérieur de Montréal. La demande hôtelière a augmenté de 10 % à Laval et de 5 % sur la Rive-Sud par rapport à la période correspondante de 2025.

Tourisme Montréal met aussi en avant la visibilité internationale générée par l’événement. Les publications de plusieurs pilotes de Formule 1, dont Charles Leclerc, auraient rejoint près de 200 millions d’abonnés sur les réseaux sociaux et cumulé plus de 10 millions de vues, contribuant au rayonnement de la métropole.

L’organisme souligne enfin que, malgré le déplacement du Grand Prix, la demande hôtelière de juin 2026 demeure en hausse de 5 % par rapport à juin 2025, soutenue notamment par les Francos de Montréal, le Festival International de Jazz de Montréal ainsi que les nombreux événements culturels prévus au cours de l’été.

Ottawa investit 2,2 millions de dollars pour stimuler le tourisme dans le Nord canadien

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Le gouvernement du Canada injecte plus de 2,2 millions de dollars afin de renforcer l’industrie touristique dans les trois territoires nordiques. L’annonce, faite lundi par l’Agence canadienne de développement économique du Nord (CanNor), vise à soutenir huit projets au Nunavut, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Yukon, avec l’objectif d’attirer davantage de visiteurs canadiens et internationaux.

Cette enveloppe de 2 209 505 dollars servira à améliorer les infrastructures touristiques, développer de nouvelles expériences, renforcer les activités de promotion et soutenir la croissance des entreprises du secteur.

L’annonce intervient dans un contexte où les tensions commerciales avec les États-Unis et les incertitudes entourant les droits de douane encouragent davantage de Canadiens à privilégier les destinations nationales. Ottawa entend ainsi capitaliser sur cet intérêt renouvelé pour les voyages à l’intérieur du pays.

« Face à la demande croissante de tourisme nordique, il est essentiel d’appuyer les acteurs de ce secteur important pour la croissance économique », a déclaré la ministre des Affaires du Nord et de l’Arctique, Rebecca Chartrand. Selon elle, ces investissements permettront de mettre en valeur les cultures, les langues, l’histoire et les paysages uniques du Nord canadien.

Le financement sera réparti entre plusieurs initiatives destinées à accroître la capacité d’accueil des visiteurs, à moderniser les infrastructures et à améliorer le marketing touristique. Ottawa souhaite également favoriser la création de nouvelles destinations et soutenir l’innovation des entreprises locales.

Une part importante de cette stratégie repose sur le développement du tourisme autochtone. Les autorités fédérales estiment que les expériences offertes par les communautés inuites et autochtones représentent un atout majeur pour attirer une clientèle à la recherche d’expériences culturelles authentiques.

La députée du Nunavut, Lori Idlout, a souligné que ces investissements contribueront à renforcer l’autonomie économique des Inuit tout en permettant aux visiteurs de mieux découvrir leur culture et leur savoir-faire.

Les projets sont financés principalement par le programme IDEENord, qui soutient les infrastructures économiques et le développement des capacités dans le Nord, ainsi que par des fonds résiduels du Programme pour la croissance du tourisme, lancé en 2023.

Pour Ottawa, cet investissement s’inscrit dans une stratégie plus large visant à diversifier l’économie nordique, à créer des emplois durables et à faire du Grand Nord canadien une destination touristique de premier plan, tant pour les voyageurs nationaux que pour les visiteurs étrangers.

L’ACEUM à minuit moins une : le poker de Carney avec l’avenir économique du Canada

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Demain, c’est le 1er juillet. Fête du Canada, certes. Mais surtout, dans les couloirs feutrés du commerce international, c’est la date butoir à laquelle l’Accord Canada–États-Unis–Mexique devait entrer en révision formelle. Et là, ce dimanche soir, on peut dresser le bilan avec une clarté troublante : le Canada arrive à cette échéance cruciale les mains pratiquement vides, le regard tourné vers un interlocuteur américain qui, pour sa part, n’a visiblement aucune intention de se presser.

La scène de cette semaine en dit long. Mark Carney a eu une longue discussion avec Donald Trump, lancée par Trump lui-même, couvrant l’Iran, le Moyen-Orient et l’OTAN. Et à la fin, Carney a dû admettre publiquement : « Nous n’avons pas parlé de l’ACEUM. » Pas un mot. À quarante-huit heures de la date limite.

Carney a tenté de minimiser la chose, expliquant qu’il y a « un moment et un espace » pour cette discussion, et que des réunions techniques entre le ministre LeBlanc et ses vis-à-vis américain et mexicain sont prévues pour le 1er juillet même. Soit. Mais Pierre Poilievre, pour une fois, a posé la bonne question : comment peut-on avoir un appel avec le président des États-Unis à moins de 48 heures d’une échéance commerciale historique et ne pas en parler? Le chef conservateur a accusé Carney de ne pas « se battre pour une entente sans tarifs dans chaque appel téléphonique. »

Une récession technique et un accord chancelant : la double pression

Le contexte dans lequel s’ouvre ce bras de fer commercial est brutal. Le PIB réel canadien a baissé de 0,1 % au premier trimestre 2026, après une contraction de 1 % au quatrième trimestre de 2025 — deux trimestres consécutifs dans le rouge, ce qui correspond à la définition d’une récession technique. Les prévisions tablaient sur une croissance de 1,5 %. La réalité a livré l’inverse.

Et le marché de l’emploi n’arrange rien. L’économie canadienne a perdu 112 000 emplois nets au cours des quatre premiers mois de 2026, un bilan comparable à celui de la pandémie. Ce n’est pas une statistique abstraite. Ce sont des travailleurs de l’automobile à Windsor, des débardeurs à Vancouver, des ouvriers de l’aluminium au Saguenay. Le Devoir

Carney assure que son plan « commence à porter ses fruits. » Mais ces commentaires ont suivi la publication par Statistique Canada de deux trimestres consécutifs de déclin économique, que certains économistes qualifient de récession technique. Il y a un fossé entre la rhétorique du « Canada fort » et les chiffres qui sortent chaque mois de l’agence fédérale.

Trump joue à son jeu, le Canada subit le sien

La dynamique de cette renégociation mérite qu’on l’appelle par son nom : elle est profondément asymétrique et les Américains le savent. L’administration Trump a dressé une liste de concessions qu’elle souhaite obtenir du Canada, dont certaines concernent des industries protégées comme le secteur laitier. Selon des négociateurs canadiens s’exprimant sous couvert d’anonymat, le Canada a peu d’espoir de parvenir à un renouvellement complet de l’ACEUM, et l’équipe Carney se questionne même sur la valeur d’un accord signé par Trump.

Voilà une confession extraordinaire. Ottawa négocie avec un partenaire dont il doute de la parole. Il prépare un accord qu’il ne sait pas s’il faut vouloir. Et pendant ce temps, Trump a déclaré publiquement : « Nous n’avons besoin de rien de ce que possède le Canada. Eux ont besoin de tout ce que nous avons. »

C’est dans ce contexte que le secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick a résumé sa pensée sur la stratégie canadienne de négociation par deux mots cinglants. Il a déclaré que le Canada avait « la pire » stratégie de négociations, ajoutant, en anglais : « They suck. » Insultant, certes. Mais diplomatiquement, le Canada a peu répondu. Et dans la logique trumpienne, le silence s’interprète comme de la faiblesse.

La diversification : belle idée, lente réalité

Face à l’imprévisibilité américaine, le gouvernement Carney a fait le pari de la diversification commerciale. Il s’est fixé l’objectif de doubler les exportations canadiennes vers des marchés autres que les États-Unis d’ici 10 ans, avec un réseau d’accords commerciaux couvrant 51 pays représentant près des deux tiers du PIB mondial. C’est ambitieux. C’est aussi du long terme.

Mais l’économie canadienne, elle, souffre maintenant. Le PIB des secteurs qui dépendent fortement des États-Unis — fabrication, transport — a diminué de 4 % de décembre 2024 à novembre 2025. Les expéditions vers les États-Unis ont reculé de 7 % l’an dernier, dans la foulée des droits de douane qui ont frappé l’aluminium, le cuivre et le bois d’œuvre. La diversification, c’est l’avenir. Les travailleurs québécois de l’aluminium et de l’automobile ont besoin de réponses pour demain matin.

Il faut ajouter à cela une vulnérabilité structurelle que tout le monde reconnaît mais que personne ne semble pressé de corriger. La productivité du travail au Canada serait inférieure de 30 % à celle des États-Unis, un écart qui s’est creusé ces dernières années, selon le FMI. L’insuffisance de concurrence dans les secteurs bancaire, des télécommunications et de la grande distribution expliquerait notamment cette faiblesse chronique. On ne gagne pas une guerre commerciale avec un adversaire deux fois plus productif en dépensant plus. On la gagne en produisant mieux.

Ce que ce 1er juillet exige vraiment

Demain, Dominic LeBlanc sera en réunion virtuelle avec ses homologues américain et mexicain. Si aucun accord n’est trouvé pour lancer la révision formelle, l’ACEUM entrera dans un réexamen annuel renouvelable pouvant s’étirer sur dix ans. Ce scénario n’est pas catastrophique en soi — l’accord reste en vigueur. Mais c’est une décennie d’incertitude planant sur l’accès au plus grand marché du monde pour les exportateurs canadiens.

Ce que ce moment exige de Carney, c’est de choisir entre deux cohérences impossibles : céder sur la gestion de l’offre ou le bois d’œuvre pour obtenir quelque chose, et trahir des communautés entières ; ou tenir ferme, et risquer une guerre commerciale prolongée avec une économie déjà en récession technique.

Il n’y a pas de bonne réponse. Il n’y a que des choix à assumer devant les Canadiens — avec franchise, et non derrière des formules rassurantes sur les « moments et espaces » pour la discussion.

La date butoir, elle, ne connaît pas les nuances politiques.

« L’héritier des secrets », drame familial sur l’identité, sortira en salles le 7 août

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Le distributeur Filmoption a dévoilé lundi la bande-annonce de L’héritier des secrets, un long métrage du réalisateur marocain Mohamed Nadif qui prendra l’affiche dans les salles canadiennes le 7 août.

Librement adapté du roman Désir émancipé de l’écrivaine marocaine Fatiha Morchid, le film met en vedette Younes Bouab, récemment récompensé du prix du meilleur acteur au Festival du cinéma africain de Khouribga. Nadia Kounda, Mounia Zahzam, Nisrin Erradi et El Mehdi complètent la distribution principale.

Le récit suit Farid, qui découvre, des décennies après la disparition de son père, que celui-ci n’avait pas abandonné sa famille pour une autre femme, comme il l’avait toujours cru. Une lettre venue de Montréal lui révèle que son père était parti pour vivre sa transition de genre, à la demande de sa mère. Cette révélation pousse Farid à partir à sa recherche.

Présenté en juin au Festival du film arabe de Rotterdam, le film est une coproduction marocaine et canadienne entre Awman Productions et Objectif 9. Sa sortie dans les salles canadiennes est prévue le 7 août 2026.

Tourisme : une campagne pour convaincre les Montréalais de profiter de leur été en ville

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Tourisme Montréal invite les Montréalais à redécouvrir leur ville cet été avec le lancement de sa nouvelle campagne « L’été, c’est ici. Ne passe pas à côté. », qui mise sur l’effervescence culturelle, gastronomique et événementielle de la métropole.

Déployée notamment aux entrées et sorties des ponts Jacques-Cartier et Champlain, la campagne encourage les résidents à profiter des festivals, des terrasses, des spectacles, des marchés publics et des nombreuses activités estivales offertes dans les différents quartiers de Montréal.

« L’été à Montréal est une expérience en soi. Peu de villes peuvent offrir une telle concentration d’énergie, de culture, de gastronomie et d’événements sur quelques kilomètres carrés », a déclaré Yves Lalumière, soulignant que la campagne vise à rappeler aux Montréalais que leur propre ville est une destination de choix.

La stratégie de communication s’appuie sur le concept du FOMO (« fear of missing out »), ou la peur de manquer une expérience, afin d’inciter les citoyens à participer aux nombreuses activités proposées tout au long de la saison.

Les prochaines semaines seront marquées par plusieurs grands rendez-vous culturels, dont le Festival International de Jazz de Montréal, MONTRÉAL COMPLÈTEMENT CiRQUE, Festival International Nuits d’Afrique, Osheaga, ÎLESONIQ, Fierté Montréal, LASSO Montréal ainsi que l’International des Feux Loto-Québec.

Au-delà de ces événements, Tourisme Montréal met également en valeur les rues piétonnes, les pistes cyclables, les plages urbaines, les espaces verts et les quartiers animés qui contribuent à l’attrait estival de la métropole.

Milan Borjan : du convoi de réfugiés au Mondial, une vie marquée par la guerre

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Milan Borjan est né à Knin, en Yougoslavie. En 1995, à l’âge de 7 ans, sa famille a fui pendant l’Opération Tempête — l’exode de 200 000 Serbes de Croatie. Il a grandi à Hamilton, joué pour l’Étoile rouge de Belgrade, gardé les buts du Canada au Qatar — et les supporters croates l’ont accueilli avec des banderoles racistes sur cet exode. Il a quand même fait le match de sa vie. C’est l’histoire la plus lourde de toute l’équipe canadienne.


par Jean Emmanuel Duchemin | Série Mondial 2026


27 novembre 2022. Stade Ahmad bin Ali, Al Rayyan, Qatar. Canada contre Croatie, deuxième match de groupe. Dans les tribunes croates, des banderoles font leur apparition.

L’une d’elles montre le logo du fabricant de tracteurs John Deere, avec le texte : « Knin 95 — rien ne court comme Borjan. »

La blague est cruelle. Knin, c’est la ville natale de Milan Borjan. 1995, c’est l’année où sa famille a fui cette ville pendant l’Opération Tempête — la campagne militaire croate qui a mis fin à la guerre en Krajina et provoqué l’exode de 200 000 Serbes de Croatie. Beaucoup ont fui dans des voitures de fortune, des camions, des tracteurs. La bannière moquait cet exode. Elle moquait la fuite d’un enfant de 7 ans et de sa famille.

La FIFA ouvrira une procédure disciplinaire contre la fédération croate quelques jours plus tard.

Et Milan Borjan, lui, a joué ce match-là. Il a gardé ses buts contre la nation qui avait chassé sa famille de son pays natal, devant des supporters qui lui rappelaient sa blessure la plus profonde.

Le Canada a perdu 4-1. Mais Borjan a fait des arrêts remarquables. Il est resté debout.

C’est qui, cet homme.


Knin, Krajina, 1987. Avant la guerre.

Le 23 octobre 1987, Milan Borjan naît à Knin, en Yougoslavie — aujourd’hui en Croatie. Knin est une ville du centre de la Dalmatie, ancienne capitale médiévale du royaume de Croatie, mais au XXe siècle peuplée majoritairement de Serbes dans une région qu’on appelait la Krajina — un terme qui signifie « frontière » en serbo-croate.

Son père Boško est né à Drnis, sa mère Mirjana est née à Knin. Boško, lui aussi, est gardien de but — le troisième gardien de la série après les pères de Crépeau et de St. Clair. Le soccer comme langue paternelle, transmis de génération en génération.

Milan commence à jouer à trois ans avec l’équipe de jeunes Dinara Knin. Il ne joue pas encore dans les buts — ça viendra à huit ans. Pour l’instant, c’est juste un gamin de Knin qui court après un ballon dans les rues d’une ville qui ne sait pas encore ce qui l’attend.


L’Opération Tempête. Août 1995. Il a 7 ans.

En août 1995, l’armée croate lance l’Opération Tempête — Oluja en croate — une offensive militaire qui reprend en quatre jours les territoires de la Krajina serbe. C’est la plus grande opération militaire terrestre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

En quelques jours, plus de 200 000 Serbes fuient leurs maisons. Beaucoup partent dans n’importe quoi qui roule — des voitures surchargées, des camions, des tracteurs. Les routes vers la Bosnie et la Serbie sont bondées de colonnes de réfugiés.

La famille Borjan est parmi eux. Boško, Mirjana, et le petit Milan — 7 ans — quittent Knin et se réfugient à Belgrade.

Borjan n’a jamais beaucoup parlé publiquement de cette nuit-là, de ce départ, de ce qu’il a vu sur les routes. Il n’en a pas eu besoin. La banderole au Qatar a rappelé à tout le monde que cette blessure-là ne guérit pas complètement — même quand on est devenu un gardien international reconnu, même quand on vit à Hamilton depuis 25 ans.

Ce que Borjan a dit, en revanche, avec une clarté sans équivoque, c’est ceci : « Ça compte énormément de jouer pour le Canada, parce que le Canada a aidé ma famille quand on avait des difficultés là-bas. Ils nous ont aidés à venir ici et à construire une meilleure vie pour moi et ma famille. »


Belgrade → Winnipeg → Hamilton. Et Boca Juniors qui dit non.

La famille reste à Belgrade jusqu’en 2000. Milan y joue dans les équipes de jeunes du FK Radnički Beograd. Il a maintenant huit ans et joue dans les buts — la conversion que son père avait anticipée.

En 2000, à 13 ans, la famille émigre au Canada. Première étape : Winnipeg, au Manitoba. Un an plus tard, ils déménagent à Hamilton, en Ontario — une ville industrielle au bord du lac Ontario, à une heure à l’ouest de Toronto. Hamilton sera désormais leur maison.

Milan rejoint le club local Mount Hamilton. Mais son ambition dépasse rapidement le cadre ontarien. En juillet 2004, à 17 ans, il se rend en Argentine pour un essai avec le Boca Juniors — l’un des clubs les plus titrés d’Amérique du Sud, la Bombonera, les supporters les plus intenses du continent.

Boca ne le retient pas.

En 2006, il rejoint les équipes de jeunes du Club Nacional en Uruguay — le même club qu’Osorio et Cavallini dans cette série, la même Casona, le même creuset uruguayen. Puis en 2007, un essai au River Plate — l’autre géant argentin. River ne le retient pas non plus.

Il revient en Europe.


Le FK Rad, la Turquie, la Bulgarie, et l’Étoile rouge

En janvier 2009, Borjan rentre en Serbie et signe comme troisième gardien au FK Rad Belgrade. Troisième. Dans la hiérarchie des non-titulaires, c’est le rang le plus bas. Il ne joue pas. Il attend.

Puis, la première journée du championnat, il entre en jeu. Et ne sort plus. Il enchaîne neuf matchs sans défaite à l’automne 2010. Le FK Rad finit la saison en quatrième place, qualifié pour l’UEFA Europa League. Borjan est nommé dans la liste des meilleurs gardiens du championnat serbe.

Ses pérégrinations continuent : Turquie (Sivasspor), Roumanie (FC Vaslui), Bulgarie (Ludogorets Razgrad, où il participe à la Ligue des Champions), Pologne (Korona Kielce en prêt).

Et en juillet 2017, enfin, l’aboutissement logique : l’Étoile rouge de Belgrade — le plus grand club de Serbie, le seul club des Balkans à avoir remporté la Ligue des Champions (en 1991). Il signe un contrat de trois ans et choisit le numéro 82 — l’année de naissance de sa femme Snežana, sœur du joueur Nenad Filipović, ancienne directrice marketing du rival FK Partizan.


Six titres de SuperLiga. La Ligue des Champions. Et un penalty tiré.

À l’Étoile rouge, Borjan devient le patron des buts et un élément central de la domination serbe. Six titres de champion de Serbie consécutifs de 2018 à 2023. Deux Coupes de Serbie. Et une participation mémorable à la Ligue des Champions 2018-19, où il est élu meilleur gardien du tournoi par l’UEFA lors de la phase de groupes — récompense décernée lors d’une cérémonie au siège de l’UEFA à Nyon.

Sa performance lors des qualifications est restée dans les mémoires : en barrage contre le FC Copenhague, lors d’une séance de tirs au but délirante qui se solde 6-7, c’est lui qui arrête le tir décisif de Jonas Wind pour envoyer l’Étoile rouge en phase de groupes.

Et il y a cette anecdote surréaliste : le 23 mai 2022, lors du dernier match de SuperLiga, pour le titre, l’Étoile rouge a besoin de buts. Son entraîneur l’envoie tirer un penalty. Milan Borjan, gardien de but de 1m96, tire un penalty en championnat. Et le transforme.


Qatar 2022. Le match contre la Croatie. La tête haute.

On l’a évoqué en ouverture. Le match contre la Croatie au Qatar, le 27 novembre 2022. Les banderoles. La procédure disciplinaire de la FIFA.

Ce que les chiffres montrent : Borjan a effectué six arrêts décisifs dans ce match — dont plusieurs en première mi-temps qui auraient pu briser le Canada bien avant le score final de 4-1. La performance individuelle était parmi les meilleures de sa carrière internationale, dans le pire contexte émotionnel imaginable.

Jonathan Osorio, son coéquipier, l’avait dit en janvier 2022 pendant les qualifications : « Milan, il se lève dans les grands moments pour nous, encore et encore. Je n’ai pas de mots pour les performances qu’il sort pour nous dans les moments importants. C’est quelqu’un qui aime ce programme. »

Ce programme — l’équipe nationale canadienne — l’a sauvé symboliquement. Pas au sens littéral. Mais le Canada a accueilli sa famille quand elle n’avait plus d’endroit où aller. Et lui rend cet accueil en défendant les couleurs du pays avec une intensité que rares sont ceux qui peuvent comprendre sans avoir vécu quelque chose de similaire.


2023-2026 : Al-Riyadh, et la transmission du flambeau

En 2023, la direction de l’Étoile rouge lui annonce qu’il n’est plus dans les plans. Prêt à Slovan Bratislava, puis transfert définitif à Al-Riyadh SC, en Arabie Saoudite, en août 2024.

Au niveau de l’équipe nationale, le passage de relais à Maxime Crépeau — préparé depuis la Copa América 2024 — est acté. Borjan, qui a été le titulaire indiscutable du Canada pendant plus de dix ans, sait que son rôle a changé.

Il est dans la liste pour le Mondial 2026. Troisième gardien. Le même rang qu’en 2009, quand il signait au FK Rad comme troisième gardien et attendait son heure.

La boucle a une certaine poésie.


Ce qu’il faut retenir

Milan Borjan a vécu plus de choses à 38 ans que la plupart des gens en une vie entière. Réfugié de guerre à 7 ans. Rejeté par Boca Juniors et River Plate. Troisième gardien en SuperLiga serbe. Champion d’Europe avec l’Étoile rouge. Meilleur gardien de la Ligue des Champions. Cible de banderoles racistes au Qatar. Et maintenant troisième gardien au Mondial 2026, dans le pays qui a accueilli sa famille quand elle n’avait plus rien.

Il parle serbe, anglais, espagnol et bulgare. Il aime lire. Sa femme est l’ancienne directrice marketing du club rival de l’Étoile rouge.

Et il a tiré — et transformé — un penalty en championnat. Dans les filets adverses, pas dans les siens.

« Le Canada a aidé ma famille quand on avait des difficultés. »

Ça, on ne l’oublie pas.

Le Salon de l’entrepreneuriat veut relancer la création d’entreprises au Québec

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Face au recul marqué de l’entrepreneuriat au Québec, la première édition du Salon de l’entrepreneuriat se tiendra du 8 au 10 juillet au Grand Quai du Port de Montréal, avec l’objectif de favoriser le démarrage et la croissance de nouvelles entreprises grâce au mentorat, au financement et à l’innovation.

Présenté par la Ville de Montréal dans le cadre du Startupfest, l’événement réunira des centaines d’entrepreneurs, d’investisseurs et d’experts. Au programme figurent plus de 100 présentations (« pitchs »), 180 démonstrations, des ateliers pratiques ainsi que des cliniques-conseils offertes par PME MTL.

L’initiative intervient dans un contexte jugé préoccupant. Selon des données publiées en avril par l’Institut économique de Montréal, le nombre d’entrepreneurs a diminué de 37 % au Québec depuis 2005, contre 18 % pour l’ensemble du Canada.

Le directeur général de PME MTL Centre-Ouest, Marc-André Perron, profitera de l’événement pour aborder les défis liés au financement des petites entreprises, à l’innovation ainsi qu’au redéveloppement économique de secteurs montréalais comme Chabanel, Saint-Laurent et Mont-Royal.

Plusieurs spécialistes participeront également aux activités, dont Omar Montaz, expert en intelligence artificielle et technologies de l’information, et Ada Panduro, spécialisée dans le développement du secteur bioalimentaire.

Des entrepreneurs viendront aussi présenter leur parcours, notamment les cofondateurs d’Uzinakod, la jeune pousse Conversaplex, qui développe une solution d’intelligence artificielle pour améliorer les compétences langagières, ainsi que Windo Cleaning, dont la technologie de lavage de vitres par drones permet, selon l’entreprise, d’effectuer les opérations de deux à cinq fois plus rapidement que les méthodes traditionnelles.

Créé par la Ville de Montréal, le réseau PME MTL accompagne les entreprises montréalaises en matière de financement, d’innovation et de développement afin de stimuler la création d’emplois et la croissance économique locale.

Deep Sky franchit une première en Amérique du Nord avec des crédits certifiés de captage du carbone

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L’entreprise montréalaise Deep Sky annonce avoir généré les premiers crédits certifiés d’élimination du carbone par captage direct dans l’air (DAC) en Amérique du Nord, une étape présentée comme une avancée majeure pour cette technologie émergente.

Les crédits proviennent de l’installation Deep Sky Alpha, située à Innisfail, où le dioxyde de carbone est capté directement dans l’atmosphère avant d’être stocké de façon permanente dans des formations géologiques souterraines.

Selon l’entreprise, les crédits ont été certifiés par Isometric conformément à son protocole de vérification indépendant. Ils seront livrés à Microsoft et à la Banque Royale du Canada dans le cadre d’ententes d’achat de crédits d’élimination du carbone qui s’échelonnent jusqu’en 2034.

Le président-directeur général de Deep Sky, Alex Petre, affirme que cette réalisation démontre la capacité de l’entreprise à passer de la démonstration technologique à la livraison commerciale. L’installation d’Innisfail est entrée en service moins de 18 mois après le début de sa construction et a déjà procédé à ses premières injections permanentes de carbone sous terre.

Isometric indique que ces crédits sont les premiers au monde issus du captage direct dans l’air à obtenir la certification Core Carbon Principles (CCP), une norme reconnue par l’Integrity Council for the Voluntary Carbon Market.

Pour Brian Hong, cette initiative illustre le potentiel des technologies de captage direct pour soutenir les stratégies climatiques à grande échelle, tandis que Breakthrough Energy Catalyst estime que cette étape confirme la capacité du secteur à produire des crédits vérifiables de haute qualité.

Deep Sky poursuit parallèlement l’expansion de son portefeuille de partenaires internationaux, qui comprend notamment Lufthansa Group, ENGIE, Groupe Banque TD et Sumitomo Mitsui Banking Corporation, alors que la demande mondiale pour les crédits d’élimination permanente du carbone continue de croître.