L’Union des producteurs agricoles (UPA) demande au gouvernement fédéral de suspendre son projet de train à grande vitesse (TGV) entre Québec et Toronto et de réévaluer les options envisagées, invoquant des impacts majeurs sur les terres agricoles et forestières ainsi que des incertitudes persistantes quant à la rentabilité du projet.
Lors d’une conférence de presse tenue lundi à Longueuil, le président général de l’UPA, Martin Caron, a dénoncé le manque de transparence entourant le choix du TGV plutôt que d’autres solutions ferroviaires. Selon l’organisation, la perte permanente de superficies agricoles, les enjeux de sécurité pour les services d’urgence et les effets sur les écosystèmes soulèvent de sérieuses préoccupations dans les communautés rurales traversées par le futur corridor.
L’UPA s’appuie notamment sur une analyse réalisée par les universitaires Jacques Roy, Jean Mercier et Pierre Filion. Leur rapport conclut que le train à grande fréquence (TGF), utilisant des voies réservées aux voyageurs dans des emprises existantes, pourrait améliorer la fiabilité et la rapidité du service à un coût nettement inférieur.
Selon les auteurs, les bénéfices estimés du TGV sur 40 ans atteindraient environ 48 milliards de dollars, alors que le coût total du projet pourrait varier entre 60 et 90 milliards de dollars, voire davantage. Ils soulignent également les risques associés aux tunnels, viaducs, expropriations et possibles dépassements de coûts.
Le premier tronçon Montréal-Ottawa, prévu à partir de 2029, toucherait à lui seul près de 1 700 propriétés, dont au moins 500 terres agricoles. Pour l’UPA, une analyse comparative complète entre le TGV et le TGF est indispensable avant toute décision définitive.
« Personne ne souhaite un autre Mirabel », a affirmé Martin Caron, estimant que les fonds publics pourraient être investis plus efficacement si l’option retenue n’est pas la plus avantageuse.



