Le parcours de Penny Oleksiak, la benjamine d’une famille d’athlètes devenue l’une des olympiennes les plus décorées de l’histoire du Canada
Penny Oleksiak n’a jamais suivi la trajectoire classique d’une future championne olympique. Elle a appris à nager, presque par accident, dans la piscine d’une voisine de Toronto, simplement parce qu’elle aimait s’y baigner avec ses amis. Sept ans plus tard, à seulement 16 ans, elle devenait la première athlète canadienne à remporter quatre médailles dans une même édition des Jeux d’été. Voici l’histoire derrière « Magic Penny ».
Elle a appris à nager dans la piscine d’une voisine, pas dans un centre sportif
Penny a grandi dans le quartier Beach, à Toronto, dans une maison jumelée dont la voisine, Marie Cooper, possédait une piscine où Penny et la petite-fille de cette dernière s’amusaient régulièrement. « Je les sortais toutes les deux le matin, et elles partaient. Ce sont deux bonnes nageuses », se souvient Mme Cooper, qui n’aurait jamais pu prédire jusqu’où cette relation allait mener. À neuf ans, Penny confie à ses parents combien elle aime nager dans cette piscine. Son père l’encourage alors à essayer la natation de façon compétitive.
Elle est la benjamine d’une fratrie de cinq enfants, à l’origine tous initiés au sport
Penny est la plus jeune d’une famille de cinq enfants (Jamie, Jake, Hayley, Claire et elle-même), tous initiés au sport dès leur jeunesse. Son père, Richard, originaire de Buffalo, était un athlète multisport (basketball, football, athlétisme), et sa mère, Alison, native d’Écosse, a détenu plusieurs records écossais de groupe d’âge en natation. Son frère aîné Jamie est devenu défenseur dans la LNH, un autre frère, Jake, a joué au hockey au niveau universitaire américain, et sa sœur Hayley a pratiqué l’aviron à l’Université Northeastern.
Son frère mesure 6 pieds 7 pouces et joue dans la LNH, mais pour lui, elle reste toujours sa petite sœur
Jamie Oleksiak, colosse de 6 pieds 7 pouces évoluant dans la LNH, a admis avec humour n’avoir jamais imaginé que sa petite sœur allait remporter trois médailles olympiques dès sa première participation aux Jeux, à Rio en 2016. « Elle a 16 ans, elle a encore cette jeune femme là-dedans, et on la voit faire l’idiote et envoyer des textos avant une course, et on veut juste la secouer, a-t-il confié. Mais elle se rend ensuite à la piscine, et là, c’est différent. »
Six semaines après une fracture au coude subie dans un accident de vélo, elle remportait six médailles à un championnat mondial junior
En 2015, Penny se fracture le coude lors d’un accident de vélo, un revers qui aurait pu compromettre sa préparation olympique à venir. Six semaines plus tard à peine, elle remporte pourtant six médailles — un or (au relais mixte 4×100 m libre), quatre argents et un bronze — aux Championnats du monde junior de la FINA à Singapour, une démonstration précoce de la résilience qui allait devenir sa marque de commerce.
À 16 ans, elle est devenue la plus jeune championne olympique de l’histoire canadienne
Aux Jeux de Rio 2016, Penny remporte quatre médailles, dont l’or au 100 m style libre à égalité avec l’Américaine Simone Manuel, un record olympique. Elle devient ainsi la première Canadienne championne olympique en natation depuis Mark Tewksbury à Barcelone en 1992, ainsi que la plus jeune athlète canadienne de l’histoire à remporter l’or olympique. Plus tôt dans les Jeux, elle et sa coéquipière Taylor Ruck étaient devenues, grâce à leur médaille de bronze au relais 4×100 m libre, les toutes premières médaillées olympiques nées dans les années 2000.
En pleine gloire olympique, elle s’est éclipsée pour aller… à Canada’s Wonderland
Malgré la frénésie médiatique entourant ses exploits à Rio, Penny a profité d’un moment de répit pour retourner discrètement à Toronto visiter le parc d’attractions Canada’s Wonderland avec des amis, un besoin manifeste de retrouver un semblant de normalité au beau milieu d’une renommée mondiale soudaine.
Elle a dû composer avec les grandes vagues de célébrité… en tentant d’obtenir son permis de conduire
Quelques mois après ses exploits à Rio, Penny tentait tout simplement d’obtenir son permis de conduire junior avant de s’envoler pour représenter le Canada à un championnat mondial en petit bassin. « J’ai eu une réponse de trop, ça craint un peu », a-t-elle admis après l’examen, pendant que des admirateurs l’abordaient pour des égoportraits alors qu’elle attendait son père à l’extérieur.
Elle a connu une contre-performance aux Mondiaux de 2017, à Budapest… et l’a assumée ouvertement
Après l’euphorie de Rio, Penny a connu une compétition plus difficile aux Championnats du monde de 2017 à Budapest (où elle a terminé 4e au 100 m papillon et 6e au 100 m libre), une expérience qu’elle a affrontée avec franchise. « C’était fou après Rio, parce qu’il y avait tellement d’attention. C’était plutôt difficile, tout le monde capotait. Même maintenant, c’est différent de savoir que des petits enfants me regardent et veulent suivre mes traces. »
Elle voyage avec une couverture porte-bonheur et collectionne les tasses Starbucks pour sa mère
Loin de la piscine, Penny a des habitudes bien à elle : elle voyage toujours avec une couverture grise en guise de porte-bonheur, collectionne des tasses Starbucks pour sa mère et des chemises hawaïennes pour son père lors de ses déplacements, et a nommé son chien Jagr, en l’honneur de la légende du hockey Jaromir Jagr.
Elle est devenue l’une des olympiennes les plus décorées de toute l’histoire du Canada
Après trois médailles supplémentaires remportées aux Jeux de Tokyo 2020 (disputés en 2021), Penny Oleksiak est devenue, avec sept médailles olympiques en carrière, l’athlète canadienne la plus médaillée de l’histoire olympique, tous sports et tous genres confondus. Elle partage toutefois ce sommet depuis les Jeux de Paris 2024, où le sprinteur Andre De Grasse a atteint le même total de sept médailles grâce à l’or du relais 4×100 m masculin.
De la piscine d’une voisine du quartier Beach de Toronto jusqu’au sommet du classement olympique canadien, Penny Oleksiak prouve qu’une carrière légendaire peut naître d’un simple plaisir d’enfance, à condition d’avoir, quelque part, le talent et la résilience nécessaires pour la porter jusqu’au sommet.



