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Danièle Sauvageau, la bâtisseuse montréalaise, à la tête du hockey féminin canadien

De policière montréalaise à artisane du tout premier titre olympique canadien en hockey féminin, puis à championne de la Coupe Walter avec la Victoire : la carrière de Danièle Sauvageau ne cesse de s’écrire en lettres majuscules. Après avoir soulevé le tout premier championnat de l’histoire de la Victoire de Montréal en mai dernier, la légende du hockey québécois a été nommée directrice générale du programme national féminin de Hockey Canada, une fonction qu’elle occupera jusqu’aux Jeux olympiques de 2030, dans les Alpes françaises.

Un retour aux sources, vingt-quatre ans plus tard

Le poste n’a rien d’étranger pour la Montréalaise de 64 ans. C’est elle qui, en 2002, avait orchestré à titre d’entraîneure-chef et directrice générale la conquête de la toute première médaille d’or olympique de l’histoire du hockey féminin canadien, à Salt Lake City. Près d’un quart de siècle plus tard, Hockey Canada lui confie de nouveau les clés de l’équipe nationale, cette fois avec un mandat élargi : superviser également les équipes nationales féminines de développement et des moins de 18 ans, dans l’optique de bâtir un système de développement plus agressif à l’ère de l’explosion de la popularité du hockey féminin.

Sauvageau succède à Gina Kingsbury, qui ne sera pas de retour au sein du programme national féminin pour la saison 2026-2027, tout comme l’entraîneur-chef Troy Ryan. Hockey Canada, Kingsbury et Ryan avaient annoncé en mai dernier avoir convenu d’un commun accord de mettre fin à leur collaboration après la saison olympique, au terme de huit années à la barre du programme pour Kingsbury. Parmi les premiers dossiers urgents de Sauvageau : trouver un nouvel entraîneur-chef, ainsi que préparer l’équipe canadienne pour le Championnat du monde, qui se déroulera du 6 au 16 novembre au Danemark. Le tournoi a été déplacé au mois de novembre dans le cadre d’une réorganisation du calendrier international menée notamment avec la LPHF, afin de mieux permettre aux meilleures joueuses professionnelles de participer aux compétitions internationales.

Une double casquette, le temps d’une saison

Fidèle à sa réputation de bâtisseuse patiente, Sauvageau ne quittera pas immédiatement la Victoire. Elle conservera son poste de directrice générale de l’équipe montréalaise pour la saison 2026-2027, jonglant avec ses deux fonctions avant de se consacrer entièrement à Hockey Canada pour les trois années menant aux Jeux de 2030. Un exercice d’équilibriste qu’elle aborde avec la même rigueur qui l’a menée à bâtir, dès cet été, l’alignement complet de la Victoire pour la saison à venir, à travers le repêchage et le marché des joueuses autonomes.

« Mon rôle sera de mettre un plan en place le plus rapidement possible, d’être aussi précise que possible, et de mettre des ressources entre les mains de nos meilleures joueuses », a-t-elle résumé, consciente de l’ampleur du travail à accomplir dans un délai particulièrement serré avant les mondiaux de novembre, au Danemark.

Une bâtisseuse dans l’âme

Le parcours de Sauvageau dépasse largement le hockey de haut niveau. Ancienne policière du Service de police de la Ville de Montréal, elle a aussi été la première femme entraîneure de l’histoire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), à titre d’adjointe avec le Rocket de Montréal en 1999-2000. Elle a fondé le programme de hockey féminin de l’Université de Montréal, qu’elle a dirigé pendant plusieurs années, avant de mettre sur pied le Centre 21.02, un centre de haute performance dédié au hockey féminin situé à Verdun.

En 2025, elle est devenue la première femme intronisée dans la catégorie des bâtisseurs du Temple de la renommée du hockey, une reconnaissance qui s’ajoutait à son titre de membre de l’Ordre du Canada, obtenu en 2012 pour sa contribution exceptionnelle au développement du sport. Depuis la création de la Victoire en 2023, elle en a été la directrice générale et a mené l’équipe jusqu’au sommet du circuit dès sa troisième saison d’existence. Elle est ainsi devenue la seule personne au Canada à avoir soulevé la Coupe Walter à titre de directrice générale.

Objectif : reconstruire pour 2030

Le mandat qui attend maintenant Sauvageau est immense. Le Canada a dû se contenter de l’argent aux Jeux olympiques de Milan-Cortina en février dernier, s’inclinant en prolongation face aux États-Unis en finale — une désillusion que la nouvelle directrice générale entend bien corriger d’ici les Jeux de 2030. Championne olympique, bâtisseuse de programmes et gestionnaire d’une concession fraîchement couronnée dans la LPHF, Sauvageau possède une feuille de route unique. Elle incarne, pour toute une génération de hockeyeuses québécoises et canadiennes, la continuité entre l’âge d’or du hockey féminin amateur et son explosion professionnelle actuelle.

Pour Montréal, la nouvelle confirme une fois de plus le rôle central que joue la métropole dans l’essor du hockey féminin nord-américain. Une des siennes continuera, pour les années à venir, d’en écrire les plus grands chapitres.

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