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Mode : Kris Van Assche relance sa griffe avec des surplus de tissus, Montréal prépare sa semaine de la résilience

Un designer belge revient sur le devant de la scène avec une approche entièrement construite autour des surplus de tissus, pendant que l’industrie canadienne du vêtement continue de naviguer entre records de ventes et tensions commerciales avec les États-Unis. À Montréal, la prochaine grande vitrine de la mode d’ici se prépare déjà, sous un thème qui tombe à point nommé : la résilience.

Monde : Kris Van Assche relance sa griffe éponyme

Le designer belge Kris Van Assche, qui a notamment dirigé la création chez Dior Homme puis chez Berluti, s’apprête à relancer sa propre griffe éponyme ce mois-ci. La collection, qui comptera une quarantaine de pièces pour hommes et femmes, sera confectionnée à partir de tissus deadstock et vendue directement aux consommateurs, sans intermédiaire de distribution.

Ce choix d’un modèle de vente directe combiné à l’utilisation de matières déjà existantes illustre une tendance de fond que l’on retrouve de plus en plus chez les designers établis qui choisissent de relancer leur propre nom après avoir dirigé de grandes maisons : plutôt que de reproduire le modèle de production et de distribution des groupes de luxe qu’ils ont longtemps servis, plusieurs optent désormais pour une structure plus légère, plus artisanale et délibérément limitée en volume — une façon de réduire les volumes produits et de donner une seconde vie à des matières déjà existantes, dans une industrie où production de masse et rareté ont longtemps semblé irréconciliables.

Canada : l’industrie canadienne, entre croissance et tensions commerciales

Du côté canadien, les chiffres du secteur de l’habillement continuent de raconter une histoire à deux vitesses. Les ventes de vêtements au Canada ont progressé de 9,3 % au cours des sept premiers mois de 2025 par rapport à la même période de l’année précédente, selon des données de Trendex North America — un rebond inattendu après une année 2024 plus difficile. Plusieurs détaillants, Aritzia en tête, continuent de miser sur cette dynamique pour alimenter leur croissance. L’entreprise vancouvéroise tient d’ailleurs cette semaine même sa populaire vente d’entrepôt annuelle à Vancouver, du 1er au 7 septembre.

Cette embellie du côté des ventes ne dissipe toutefois pas l’inquiétude entourant les échanges commerciaux avec les États-Unis. Après l’imposition par Washington, le 22 août dernier, de tarifs de 50 % sur environ 20 milliards de dollars de produits canadiens — à la suite de l’échec des négociations commerciales entre les deux pays —, Ottawa doit à son tour appliquer, dès le 8 septembre, des contre-tarifs de 15 %, 25 % ou 50 % sur environ 700 produits américains, dont les vêtements et articles d’habillement, qui figurent parmi les catégories visées par le taux le plus élevé. Pour les fabricants et détaillants canadiens de vêtements, la capacité à profiter pleinement de l’engouement grandissant des consommateurs pour l’achat local continuera donc, au cours des prochaines semaines, de dépendre directement de l’évolution de ce dossier commercial avec Washington.

Québec et Montréal : la mode d’ici se prépare à célébrer sa résilience

À Montréal, les préparatifs s’intensifient en vue de la 6ᵉ édition de la Semaine Mode de Montréal, prévue du 21 au 27 septembre. L’organisme mmode, qui pilote l’événement, entend mettre en lumière la créativité et la résilience d’un écosystème qui a traversé, au cours de la dernière année, son lot de soubresauts commerciaux et tarifaires. La programmation se déploiera à travers différents lieux de la ville, une formule éclatée qui invite chaque entreprise, boutique ou école de mode basée au Québec à organiser sa propre activité plutôt que de concentrer les événements en un seul endroit.

Ce choix thématique n’a rien d’anodin pour une industrie qui, depuis la mi-août, a vu son actualité rythmée presque autant par les tarifs douaniers que par ses podiums. Après l’imposition par les États-Unis de nouveaux tarifs de 50 % sur des produits canadiens le 22 août, et à la veille de l’entrée en vigueur des contre-mesures canadiennes du 8 septembre, la Semaine Mode de Montréal s’annonce, pour plusieurs acteurs de l’industrie, comme une occasion bienvenue de célébrer ce qui continue de tenir bon : la créativité, le savoir-faire et la capacité d’adaptation d’un secteur habitué, depuis longtemps déjà, à composer avec l’incertitude.

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