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Macklem tient le cap : la Banque du Canada coincée entre deux feux

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Ce matin, à 9 h 45, la Banque du Canada a confirmé ce que presque tout le monde anticipait depuis des semaines : le taux directeur reste à 2,25 %. Sixième décision consécutive de statu quo. Sixième fois que le gouverneur Tiff Macklem regarde l’économie canadienne dans les yeux et choisit de ne pas bouger.

Ce n’est pas de l’inertie. C’est de l’acrobatie.

Rarement une banque centrale canadienne aura eu à naviguer dans un contexte aussi contradictoire. D’un côté, une économie qui montre des signes réels de reprise — le PIB a progressé de 0,5 % en avril, le taux de chômage s’est amélioré à 6,5 % en juin, les investissements gouvernementaux soutiennent l’activité. De l’autre, une inflation qui a grimpé à 3,2 % en mai — son niveau le plus élevé depuis la fin de 2023 — alimentée par un choc énergétique mondial que le détroit d’Ormuz a contribué à aggraver depuis le printemps.

Baisser les taux pour soutenir une croissance encore fragile? On risque de laisser l’inflation s’emballer davantage. Les augmenter pour contenir la hausse des prix? On risque d’étouffer une reprise qui tient à un fil. Macklem a donc choisi la seule option qui lui permette de préserver ses deux objectifs simultanément : rester immobile, surveiller, et attendre que le brouillard se dissipe.

Un rapport de politique monétaire qui dit l’essentiel sans le dire

Le Rapport sur la politique monétaire publié aujourd’hui en même temps que la décision confirme les grandes lignes que la Banque avait esquissées depuis l’été. La croissance du PIB canadien est attendue à seulement 0,7 % pour l’ensemble de l’année 2026 — une projection modeste qui reflète l’accumulation de chocs que l’économie canadienne a dû absorber depuis le début de l’année. Oxford Economics, dans une révision récente de ses prévisions, a par ailleurs ramené ses attentes de croissance pour 2027 à 1,6 %, soit 0,4 point de pourcentage de moins qu’avant, en raison précisément de la persistance de l’incertitude commerciale avec les États-Unis.

Ce que le rapport dit en filigrane, sans jamais l’énoncer aussi directement, c’est que la Banque du Canada ne croit pas que la situation va se débloquer de sitôt. La prochaine date de décision n’est pas avant le 2 septembre, soit après les vacances estivales, après le déclenchement probable de la campagne électorale québécoise, et à un moment où les négociations sur l’ACEUM n’auront encore rien livré de concret. Oxford Economics va plus loin, estimant que la Banque du Canada devrait maintenir ses taux inchangés non seulement jusqu’à la fin de 2026, mais pendant une bonne partie de 2027.

Ce n’est pas une nouvelle rassurante pour les millions de Canadiens — et de Québécois — qui espèrent une baisse des taux pour alléger leur hypothèque ou relancer leur projet d’achat immobilier. Le répit n’est pas pour demain.

L’inflation de l’Iran

Il faut être précis sur l’origine de cette poussée inflationniste, parce que la nuance a des conséquences politiques importantes.

L’inflation à 3,2 % en mai n’est pas le signe d’une économie en surchauffe. Ce n’est pas le résultat de trop de dépenses des ménages canadiens, ni d’un marché du travail trop tendu, ni de bulles d’actifs qui débordent. C’est essentiellement une inflation importée, produite par le choc pétrolier découlant du conflit au Moyen-Orient. La fermeture partielle et répétée du détroit d’Ormuz depuis le printemps a provoqué une hausse des prix du pétrole qui s’est transmise à toute la chaîne économique — carburant, transport, alimentation, production industrielle.

Or, une banque centrale n’a aucun levier direct sur les prix du pétrole mondial. Elle ne peut pas forcer la réouverture du détroit d’Ormuz en haussant son taux. Ce qu’elle peut faire, c’est éviter que ce choc exogène se transforme en inflation généralisée et persistante — ce qu’on appelle les effets de second tour — en maintenant des conditions financières qui ancrent les anticipations d’inflation des agents économiques.

C’est exactement ce que Macklem fait. La Banque reconnaît que cette poussée inflationniste est pour l’instant considérée comme temporaire, mais se dit prête à augmenter les taux si l’augmentation des prix se généralise à l’ensemble des biens et services. C’est un signal clair envoyé aux entreprises et aux syndicats : n’intégrez pas cette inflation dans vos contrats, vos négociations salariales, vos prix à la consommation. Si vous le faites, nous agirons.

C’est une politique monétaire de communication autant que d’action. Et pour l’instant, elle semble fonctionner — les attentes d’inflation à long terme restent bien ancrées, selon la Banque.

Ce que le Québec ressent concrètement

Pour les ménages québécois, ces considérations macroéconomiques se traduisent en termes très concrets.

Un taux directeur maintenu à 2,25 % signifie un taux préférentiel des grandes banques à 4,45 %. Pour un propriétaire dont l’hypothèque à taux variable doit être renouvelée cet automne, il n’y a pas de soulagement en vue. Pour un premier acheteur qui espérait une baisse des taux pour se qualifier pour une propriété, l’attente continue. Pour une entreprise qui voulait financer un projet d’expansion, le crédit reste au même niveau de coût.

Ce contexte explique en partie pourquoi le marché immobilier québécois reste inhabituellement calme. L’Association canadienne de l’immeuble prévoit maintenant la vente d’environ 463 000 propriétés résidentielles au Canada en 2026, un chiffre qui reflète une demande retenue par les incertitudes économiques et des taux encore élevés. À Québec, les prix devraient connaître la plus forte hausse annuelle parmi les grandes villes canadiennes — ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour les acheteurs déjà pressés par les coûts de logement dans la région.

Par ailleurs, c’est aujourd’hui même que la détaxe de la TVQ sur certains produits alimentaires et d’hygiène de base entre en vigueur de façon permanente — mesure annoncée par le gouvernement Fréchette au printemps pour atténuer l’effet de l’inflation sur les ménages les plus modestes. C’est un geste concret, dont les effets resteront limités face à l’ampleur des pressions sur le coût de la vie. Mais dans un contexte électoral à quatre-vingt-deux jours du scrutin, ce n’est certainement pas un hasard si cette mesure prend effet aujourd’hui.

La paralysie commerciale comme risque principal

Ce qui ressort le plus clairement du diagnostic de la Banque du Canada ce matin, c’est que le principal risque pesant sur l’économie canadienne n’est ni l’inflation domestique ni la fragilité du marché de l’emploi. C’est l’incertitude commerciale — la révision annuelle de l’ACEUM, l’imprévisibilité de l’administration Trump, et l’incapacité des entreprises à planifier à moyen terme dans cet environnement.

Macklem le dit avec toute la retenue d’un banquier central : davantage d’entreprises disent maintenant trouver des façons de s’adapter à l’incertitude. C’est présenté comme un signe positif. Mais lire entre les lignes de cette formulation, c’est comprendre que les entreprises canadiennes ne planifient plus à long terme — elles survivent à court terme. On s’adapte à l’incertitude quand on a renoncé à l’éliminer.

Ce n’est pas une posture de croissance. C’est une posture de résilience défensive. Et la croissance de 0,7 % attendue pour 2026 est précisément le reflet de ce que produit la résilience défensive : on évite le pire, mais on ne construit pas l’avenir.

Une Banque du Canada seule dans le brouillard

Il y a quelque chose de paradoxalement solitaire dans la position de la Banque du Canada ce matin. Elle est l’une des rares institutions économiques canadiennes à avoir dit clairement, sans ambiguïté et avec des chiffres à l’appui, ce que l’économie canadienne peut et ne peut pas faire en ce moment. Ses projections sont cohérentes, sa communication est disciplinée, sa lecture des risques est honnête.

Autour d’elle, le paysage politique est beaucoup moins rigoureux. Le gouvernement Carney annonce des projets à 100 milliards sans stratégie de financement détaillée. Le gouvernement Fréchette élimine la TVQ sur les salades de fruits en pleine campagne préélectorale. Les partis d’opposition promettent des baisses d’impôts sans expliquer par où passe l’argent.

La Banque du Canada, elle, regarde les mêmes chiffres que tout le monde et dit ceci : l’économie s’améliore modestement, les risques sont considérables, nous ne savons pas encore où vont les prix du pétrole ni ce que Washington va décider, et nous allons attendre avant d’agir. C’est de la gestion rigoureuse dans un environnement qui ne l’est pas toujours.

Ce n’est pas une politique triomphante. Mais dans le contexte actuel, c’est peut-être la seule honnête.

Hydro-Québec dément vendre son électricité moins cher aux États-Unis

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Hydro-Québec affirme ne pas vendre son électricité à un prix inférieur à celui payé par les consommateurs québécois, en réaction à un article publié mercredi par le Journal de Montréal.

La société d’État soutient que l’article s’appuie sur des données incomplètes de la Régie de l’énergie du Canada et qu’il confond le prix de vente en gros de l’électricité exportée avec le tarif payé par les consommateurs américains.

Selon Hydro-Québec, ses exportations d’électricité ont généré un prix moyen d’environ 13 cents le kilowattheure (kWh) au premier trimestre de 2026. Les livraisons réalisées dans le cadre du projet New England Clean Energy Connect (NECEC) auraient, pour leur part, été vendues à un prix moyen d’environ 9 cents le kWh.

La société rappelle que l’électricité exportée est vendue à des distributeurs américains, qui assument ensuite les coûts de transport, de distribution et de commercialisation avant de la revendre à leurs clients. Au Québec, les tarifs résidentiels incluent l’ensemble des coûts liés à la production, au transport, à la distribution, à l’entretien du réseau et au service à la clientèle.

Hydro-Québec souligne par ailleurs que les ménages québécois continuent de bénéficier de l’un des tarifs résidentiels les plus bas en Amérique du Nord. Selon ses données, un client résidentiel à Montréal payait en moyenne 8,29 cents le kWh en 2025, contre 48,90 cents à Boston et 52,48 cents à New York.

La société d’État affirme ainsi que les prix des exportations et les tarifs facturés aux consommateurs répondent à des réalités commerciales différentes et ne peuvent être comparés directement.

Québec et Ottawa donnent le feu vert à 140 nouveaux logements sociaux à Val-Martin

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Les gouvernements du Québec et du Canada ont annoncé un nouvel engagement financier pour permettre la réalisation de la dernière phase du secteur sud du projet de revitalisation de Val-Martin, à Laval, qui prévoit la rénovation et la construction de 140 logements à loyer modique (HLM).

Cette étape s’ajoutera aux phases déjà réalisées dans l’îlot sud, comprenant la reconstruction de 124 logements HLM, la construction de 235 logements abordables ainsi que l’aménagement du centre communautaire Simonne-Monet-Chartrand. Les autorités n’ont pas dévoilé le montant de l’investissement, précisant que l’appel d’offres en cours permettra d’établir le budget final et l’échéancier des travaux.

Le projet Val-Martin vise à transformer l’un des plus importants ensembles de logements sociaux destinés aux familles à faible revenu au Québec. Avant le début des travaux, le site comptait 534 logements HLM. À terme, le redéveloppement devrait permettre d’ajouter environ 650 logements, portant le total à près de 1 200 unités.

Le financement québécois provient du Programme de rénovation des habitations à loyer modique de la Société d’habitation du Québec, dans le cadre de l’Entente Canada–Québec sur le logement. Parallèlement, l’Office municipal d’habitation de Laval poursuit la rénovation de 74 autres logements HLM dans le secteur nord de Val-Martin.

Un mandat d’arrêt pancanadien lancé contre un homme accusé dans le cadre des « Panama Papers »

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L’Agence du revenu du Canada (ARC) a annoncé qu’un mandat d’arrestation à l’échelle du pays a été émis le 13 juillet contre Wentao Yang, un résident de Vancouver, après son défaut répété de comparaître devant le tribunal dans une affaire liée aux « Panama Papers ».

L’homme avait été inculpé le 12 novembre 2025 de plusieurs chefs d’accusation, notamment d’évasion fiscale et de fraude, à titre personnel et en tant que directeur de l’entreprise Kailas Energy Corp.

Selon l’ARC, l’enquête a été ouverte à la suite de la divulgation de documents du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) dans le cadre des « Panama Papers ». Les autorités allèguent que M. Yang a facilité l’acquisition d’actifs pétroliers et gaziers au Canada par des groupes d’investisseurs établis en Chine.

L’ARC soutient que des honoraires de consultation n’ont pas été déclarés pour les années d’imposition 2015 et 2016 par M. Yang, ainsi que pour l’année 2015 par Kailas Energy Corp. Les enquêteurs affirment également que les fonds ont transité par plusieurs comptes bancaires, dont certains à l’étranger, avant d’être déposés sur des comptes canadiens, dans le but présumé d’en dissimuler l’origine.

Au total, neuf chefs d’accusation ont été déposés contre Wentao Yang, tant à titre individuel qu’en sa qualité de dirigeant de l’entreprise. Les allégations n’ont pas été examinées par un tribunal et les procédures judiciaires demeurent en cours.

Longueuil : 12 nouvelles chambres pour soutenir les personnes en situation d’itinérance

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La Casa Bernard-Hubert poursuit l’agrandissement de ses installations à Longueuil avec la construction de 12 nouvelles chambres destinées aux personnes en situation d’itinérance ou à risque de le devenir. Les travaux, amorcés en mars, représentent un investissement estimé à 2,2 millions de dollars.

Le projet, baptisé Le Pavillon, bénéficie d’une contribution de 1,6 million de dollars du Programme d’habitation abordable Québec, financé dans le cadre de l’Entente Canada–Québec sur le Fonds pour accélérer la construction de logements. La Ville de Longueuil participe également au financement avec une contribution de 646 000 dollars.

Ces nouvelles unités viendront accroître la capacité d’hébergement de La Casa Bernard-Hubert, un organisme qui offre un accompagnement à moyen et à long terme aux hommes, ainsi qu’aux personnes s’identifiant comme hommes, vivant une situation d’itinérance ou risquant de s’y retrouver. L’organisme combine hébergement et soutien psychosocial afin de favoriser la stabilité résidentielle et la réinsertion sociale.

Les partenaires du projet estiment que cet agrandissement permettra de mieux répondre à la hausse des besoins en matière d’hébergement dans la région de Longueuil.

Le gouvernement du Québec rappelle par ailleurs avoir prévu, dans son plus récent budget, un investissement de 21,4 millions de dollars sur trois ans afin de financer 1 000 suppléments au loyer, une mesure visant à prévenir les situations de perte de logement.

Québec et Alberta s’allient pour accélérer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les services publics

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Le Québec et l’Alberta ont conclu une entente de coopération de cinq ans visant à accélérer le déploiement de l’intelligence artificielle (IA) au sein de leurs administrations publiques, ont annoncé mardi les deux gouvernements.

L’accord, qui ne prévoit aucun engagement financier, porte sur le partage de connaissances, d’outils technologiques et de pratiques en matière d’IA afin d’améliorer l’efficacité des services gouvernementaux. Les deux provinces entendent également collaborer sur la gouvernance des données, la cybersécurité, la protection de la vie privée, la gestion des risques liés à l’intelligence artificielle ainsi que la formation des employés.

Selon les autorités, cette coopération doit permettre de faciliter le passage de projets pilotes à des déploiements à plus grande échelle dans les administrations publiques. Les objectifs annoncés incluent une réduction des délais de traitement des dossiers, un accès simplifié à l’information et une amélioration des services offerts aux citoyens et aux entreprises.

L’entente prévoit aussi le développement de programmes de formation et de requalification destinés au personnel afin d’accompagner l’intégration de l’IA dans les activités gouvernementales.

Cette initiative s’inscrit dans les efforts entrepris par plusieurs administrations canadiennes pour intégrer l’intelligence artificielle dans la prestation des services publics, tout en renforçant les mécanismes de gouvernance et de protection des données.

Québec annonce de nouveaux services Aire ouverte pour les jeunes dans quatre régions

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Le gouvernement du Québec a annoncé mardi l’ouverture de nouveaux points de service du programme Aire ouverte dans quatre régions, afin d’améliorer l’accès des jeunes de 12 à 25 ans à des services de santé physique, mentale et sexuelle.

Les nouveaux services seront déployés à Longueuil, Trois-Rivières et Argenteuil, avec l’ajout d’un site satellite à Sainte-Thérèse et d’une clinique mobile à Huntingdon.

Cette expansion est financée par une enveloppe de 2,5 millions de dollars, issue d’un investissement global de 5 millions de dollars destiné à renforcer l’accessibilité aux services en santé mentale annoncé dans le dernier budget provincial.

Le programme Aire ouverte offre des consultations avec ou sans rendez-vous et permet d’aborder des enjeux liés à la santé, aux relations interpersonnelles, aux études, à l’emploi, aux finances ou à la consommation. Les équipes sont composées notamment de travailleurs sociaux, psychoéducateurs, infirmières, sexologues et pairs aidants jeunesse.

Le gouvernement rappelle que le développement d’Aire ouverte s’inscrit dans le Plan d’action interministériel en santé mentale 2022-2026. Une enveloppe totale de 40 millions de dollars est prévue afin d’assurer la présence d’au moins un point de service Aire ouverte dans chacune des 18 régions sociosanitaires du Québec.

Tourisme : Destination Canada et l’ACDE s’allient pour attirer davantage d’investissements

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Destination Canada et l’Association canadienne de développement économique (ACDE) ont annoncé mardi la signature d’un protocole d’entente visant à renforcer la collaboration entre les acteurs du tourisme et du développement économique afin de stimuler les investissements touristiques dans les collectivités canadiennes.

L’accord, conclu pour une durée de trois ans, prévoit notamment le partage de données et de pratiques exemplaires, l’organisation d’ateliers et de webinaires, ainsi que l’intégration de contenus liés au tourisme dans la formation des professionnels du développement économique.

Selon les deux organisations, cette initiative doit aider les collectivités à mieux se préparer à attirer des investissements et à développer leur offre touristique. Elle s’inscrit dans la stratégie Tourisme 2030 de Destination Canada, qui présente le secteur comme un levier de croissance économique.

Destination Canada indique que le tourisme a généré 140,5 milliards de dollars de dépenses directes des visiteurs en 2025 et soutient environ 280 000 entreprises réparties dans 5 000 communautés. L’organisme prévoit une hausse de 6 % des recettes touristiques en 2026.

Les partenaires estiment que le rapprochement entre les secteurs du tourisme et du développement économique pourrait favoriser la création de nouveaux projets, renforcer l’attractivité des destinations canadiennes et soutenir la croissance économique régionale à long terme.

Le Collège Universel ouvre un campus à Sherbrooke dès l’automne 2026

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Le Collège Universel poursuivra son expansion au Québec avec l’ouverture d’un nouveau campus à Sherbrooke à compter de l’automne 2026, après avoir obtenu l’autorisation du ministère de l’Enseignement supérieur.

Le nouvel établissement offrira d’abord le programme préuniversitaire en Sciences humaines, l’un des plus fréquentés du réseau collégial québécois. Cette implantation vise à élargir l’accès à une formation collégiale dans la région de l’Estrie.

Déjà présent à Gatineau et à Montréal, le Collège Universel entend y reproduire son modèle axé sur un accompagnement personnalisé des étudiants et sur la conciliation entre les études et la pratique sportive de haut niveau. L’établissement estime que le contexte sportif de l’Estrie, notamment dans le hockey, représente un environnement propice au développement de cette approche.

Établissement privé autorisé et subventionné par le gouvernement du Québec, le Collège Universel offre des programmes préuniversitaires, techniques et de formation continue. Avec cette nouvelle implantation, il étend son réseau à trois campus au Québec, dans le but de répondre à la demande croissante pour une offre de formation collégiale régionale.

La CAQ se vide, Fréchette tient le fort : portrait d’un parti qui marche vers octobre sur une jambe

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Trente-cinq. C’est le nombre de caquistes qui ont annoncé leur retrait de la vie politique depuis que la débâcle dans les sondages a commencé à se préciser, il y a environ dix-huit mois. Trente-cinq élus, ministres, figures connues du parti qui ont regardé la machine et décidé que la prochaine campagne ne serait pas la leur.

Le dernier en date, François Bonnardel, n’est pas n’importe qui dans l’histoire de la CAQ. Entré en politique en 2007 sous la bannière de l’ADQ, élu six fois de suite, ministre des Transports, de la Sécurité publique, puis de l’Immigration sous Fréchette, leader parlementaire depuis avril — c’est un homme qui a traversé toutes les saisons de cette formation politique. Et il s’en va.

Sa circonscription de Granby, qu’il avait forgée en forteresse caquiste après des décennies sous bannière péquiste puis libérale, représentait l’un des rares sièges que la formation pouvait considérer comme quasi acquis dans le centre du Québec. Sa décision de ne pas se représenter transforme une circonscription sûre en terrain à défendre — un fardeau supplémentaire pour une direction qui n’en manque pas.

Un inventaire qui donne le vertige

Pour mesurer l’ampleur de ce mouvement de fond, il suffit de lire la liste des noms qui ont précédé Bonnardel vers la sortie. François Legault lui-même, bien sûr. Puis Guilbault. LeBel. Dubé. Boulet. Lacombe. Julien. Caire. Charest. Carmant. Proulx. Et maintenant Bonnardel. Ce ne sont pas des figurants. Ce sont les architectes du projet caquiste tel qu’il a gouverné le Québec depuis 2018.

Ce que cette liste dit, c’est que la CAQ de Christine Fréchette n’est pas la même formation que celle qui a obtenu 90 sièges en 2022. Elle porte le même nom, le même héritage et le même bilan. Mais elle se présente devant l’électorat sans une grande partie des personnes qui ont construit ce bilan — pour le meilleur et pour le pire.

C’est une situation paradoxale et politiquement délicate. Fréchette a besoin de se distancer des erreurs des huit dernières années pour convaincre les électeurs déçus de lui accorder une deuxième chance. Mais elle gouverne avec les institutions, les politiques et, dans plusieurs cas, encore les mêmes visages que ceux qui ont présidé à ces erreurs. Elle ne peut pas à la fois incarner le renouveau et assumer la continuité. Et pourtant, c’est exactement la mission impossible que les circonstances lui ont imposée.

Le dossier Marois-itinérance : une tuile calculée

Ce mardi, au moment même où la province digère la nouvelle du départ de Bonnardel, Christine Fréchette rencontre Pauline Marois. Le sujet : l’itinérance, et la demande de l’ancienne première ministre péquiste d’obtenir un engagement ferme de la part de tous les partis pour la tenue d’un sommet national en 2027.

Cette rencontre mérite qu’on en comprenne la dynamique réelle. Pauline Marois n’est pas en train de faire de la politique partisane. Depuis le printemps, elle a mobilisé un regroupement transpartisan de personnalités — dont l’ancienne vice-première ministre libérale Michelle Courchesne et l’ex-ministre caquiste Marguerite Blais — pour demander un engagement solennel aux candidats au pouvoir sur cet enjeu. Elle a déjà rencontré Charles Milliard, qui a promis d’inscrire le sommet dans la plateforme du PLQ. Elle a rencontré les autres chefs. Fréchette, elle, avait résisté pendant des semaines avant d’accepter cette rencontre.

Pourquoi cette résistance? Parce que la situation de l’itinérance est un terrain miné pour la CAQ sortante. Le recensement de 2025 a dénombré plus de 12 000 personnes en situation d’itinérance au Québec — une réalité qui s’est aggravée sous huit ans de gouvernance caquiste, malgré des investissements réels et les efforts sincères d’élus comme Marguerite Blais elle-même. Reconnaître qu’un sommet est nécessaire, c’est implicitement admettre que les approches actuelles n’ont pas suffi. Refuser de s’y engager, c’est donner l’image d’un gouvernement sourd à une crise sociale visible.

Fréchette a finalement accepté la rencontre. C’est la bonne décision. Mais le fait qu’elle ait tardé autant illustre une tendance qui lui coûte dans les sondages : une propension à défendre le bilan de son parti là où l’humilité serait plus payante.

Un parti qui gouverne, une formation qui se dépeuple

Il y a une tension fondamentale dans la situation de la CAQ à quatre-vingt-deux jours du scrutin. D’un côté, le gouvernement Fréchette continue de gouverner — il annonce des investissements, il signe des ententes, il gère les dossiers quotidiens de l’État. C’est le privilège de l’exécutif sortant, et Fréchette l’utilise avec une certaine habileté.

De l’autre côté, la machine électorale de la formation se retrouve dans une situation sans précédent récent. Sur 79 députés actuels, 35 ne se représenteront pas. Presque la moitié du caucus. Cela veut dire des dizaines de circonscriptions à défendre avec des candidats inconnus, sans la prime de l’incumbency, sans les réseaux locaux bâtis sur des années de présence sur le terrain. Même dans des circonscriptions qui semblaient sûres — comme Granby — la bataille s’annonce maintenant moins prévisible.

L’agrégateur Qc125 donnait encore lundi matin de très bonnes probabilités à Bonnardel de conserver son siège. Sa décision de partir transforme une certitude en point d’interrogatoire. Multipliez ce scénario par trente-cinq, et vous avez la carte électorale que la CAQ devra défendre en octobre.

Ce que Fréchette doit faire — et vite

Il serait inexact de conclure que la CAQ est condamnée. Les sondages des derniers mois montrent une remontée réelle — de 13 % à environ 22 % d’intentions de vote — et Fréchette est perçue personnellement comme plus compétente et plus digne de confiance que ses adversaires directs. Ce n’est pas rien.

Mais cette remontée a ses limites structurelles. Elle s’est en partie construite sur l’effet de nouveauté d’une cheffe fraîchement élue. Cet effet s’estompe. Et les prochaines semaines vont progressivement ramener le débat sur ce que la CAQ a fait ou n’a pas fait depuis 2018 — sur l’immigration, sur l’itinérance, sur la santé, sur les grands projets informatiques comme SAAQclic dont Bonnardel lui-même a été une victime collatérale.

Pour traverser cet automne, Fréchette a besoin de faire ce qu’elle a encore hésité à faire clairement : marquer une rupture visible avec les pages les plus sombres du bilan Legault, tout en revendiquant les réussites réelles. Pas une rupture de façade, pas un changement de style communicationnel, mais des gestes concrets qui montrent que ce gouvernement tire des leçons — sur l’itinérance, sur la transparence dans les grands projets, sur l’écoute des acteurs du terrain.

La rencontre avec Marois d’aujourd’hui est une occasion. Pas de faire de la politique, mais de montrer qu’une première ministre peut écouter une ancienne adversaire quand celle-ci porte un enjeu légitime. Si Fréchette en sort avec un engagement clair sur le sommet de l’itinérance, elle marque un point. Si elle en sort avec des réserves et des nuances, elle confirme une image dont elle peine déjà à se défaire.

Le compte à rebours a commencé

Trente-cinq départs. Douze mille personnes sans toit dénombrées au Québec. Une première ministre qui rencontre son adversaire de tradition pour parler d’une crise sociale que son gouvernement n’a pas résolue. Un scrutin dans moins de trois mois.

La CAQ n’est pas morte. Elle est même en train de se battre avec une énergie que peu d’observateurs lui auraient accordée en janvier. Mais elle se bat avec une formation décimée, sur un bilan contesté, dans un paysage fragmenté où chaque siège doit être gagné à la sueur de candidats dont plusieurs sont inconnus.

Christine Fréchette a évité l’effondrement. Elle n’a pas encore démontré qu’elle peut construire une victoire. Il lui reste quatre-vingt-deux jours pour faire la différence entre les deux.