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Le Québec et le Luxembourg concluent un partenariat en cybersécurité

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QUÉBEC/LUXEMBOURG — Le gouvernement du Québec et la Luxembourg House of Cybersecurity (LHC) ont annoncé lundi la signature d’une entente de collaboration visant à renforcer leur coopération en matière de cybersécurité et de partage d’expertise.

L’accord prévoit la mise en commun de plusieurs outils et technologies, notamment la plateforme libre MISP, utilisée pour le partage de renseignements sur les cybermenaces, l’initiative GCVE.eu consacrée à l’identification des vulnérabilités informatiques, ainsi que des solutions de détection et de surveillance du Web clandestin.

En retour, le ministère québécois de la Cybersécurité et du Numérique mettra à disposition « Raoul », un outil d’intelligence artificielle développé par ses équipes pour détecter des vulnérabilités et repérer des erreurs dans le code des sites gouvernementaux.

Les deux partenaires collaborent depuis 2023. Selon les autorités, cette entente vise à renforcer les capacités de prévention et de réponse face aux cybermenaces, tout en favorisant le développement de solutions communes entre les deux juridictions.

Le gouvernement du Québec précise que cette coopération s’inscrit dans les objectifs de sa Stratégie gouvernementale de cybersécurité et du numérique 2024-2028. L’entente ne prévoit aucun engagement financier entre les parties.

Saint-Léonard investira plus de 1 M$ pour couvrir ses terrains de bocce

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L’arrondissement de Saint-Léonard investira plus d’un million de dollars pour aménager des zones d’ombre sur les terrains de bocce de sept parcs, un projet dont les travaux doivent débuter en 2027.

L’initiative bénéficie d’une contribution de 850 000 dollars du gouvernement fédéral. Les nouvelles structures seront installées dans les parcs Delorme, Ferland, Ladauversière, Pie-XII, Luigi-Pirandello, Hébert et Giuseppe-Garibaldi.

Selon l’arrondissement, ces aménagements visent à offrir de meilleures conditions de pratique aux adeptes de ce sport, en les protégeant davantage du soleil pendant la saison estivale.

Le maire de Saint-Léonard, Dominic Perri, a indiqué que le projet répond à une demande formulée depuis plusieurs années par des résidents, notamment des personnes âgées qui fréquentent régulièrement les terrains de bocce.

La députée fédérale de Saint-Léonard–Saint-Michel, Patricia Lattanzio, a souligné que le financement s’inscrit dans les investissements du gouvernement du Canada destinés aux infrastructures communautaires.

Les nouvelles installations seront réparties dans sept parcs de l’arrondissement afin d’améliorer le confort des joueurs et de favoriser l’utilisation des espaces publics.

Québec : le service de juristes en palais de justice sera offert dans toutes les régions

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Le gouvernement du Québec a annoncé la dernière phase du déploiement du projet Juristes en palais de justice, qui permettra d’offrir un service d’accompagnement juridique gratuit dans l’ensemble des régions de la province.

Les nouveaux points de service seront implantés dans les régions du Centre-du-Québec, de la Côte-Nord et de l’Estrie, complétant ainsi la couverture territoriale du programme. Au total, le service sera disponible dans 43 palais de justice.

Le projet prévoit la présence de juristes issus des centres Info Justice afin d’offrir aux citoyens de l’information juridique, un accompagnement personnalisé et une orientation vers les ressources appropriées. Le service s’adresse notamment aux personnes qui se représentent elles-mêmes devant les tribunaux, particulièrement en matière familiale et de protection de la jeunesse.

Cette initiative est financée dans le cadre de l’entente Justice citoyens, conclue en 2025 entre le ministère de la Justice, le Barreau du Québec et la Chambre des notaires du Québec. Le projet Juristes en palais de justice bénéficie d’un financement de plus de 21 millions de dollars, tandis que l’entente prévoit un investissement global de 80 millions de dollars pour améliorer l’accès à la justice et renforcer les services juridiques de première ligne partout au Québec.

Soccer féminin : Les Roses de Montréal enchaînent un deuxième succès à domicile face à Halifax

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Les Roses de Montréal ont signé une deuxième victoire consécutive en s’imposant 1-0 contre les Tides de Halifax, dimanche, au Stade Boréale, lors d’un match du championnat de la Super Ligue du Nord.

L’unique but de la rencontre a été inscrit à la 77e minute par Chloé Minas. Entrée en jeu en seconde période, l’attaquante montréalaise a transformé un penalty pour marquer son premier but de la saison et offrir les trois points à son équipe.

Face à l’une des meilleures défenses du championnat, Montréal a dû faire preuve de patience malgré une légère domination dans la possession du ballon (54 % contre 46 %). La gardienne Anna Karpenko et la défense montréalaise ont préservé leur cage inviolée, enregistrant un quatrième blanchissage cette saison.

Avec ce succès, les Roses portent leur bilan à six victoires, deux défaites et trois matchs nuls, pour un total de 21 points au classement.

La rencontre marquait également les retrouvailles de la défenseure Anne-Valérie Seto avec Halifax, son ancien club. À la mi-temps, les partisans ont découvert les nouvelles recrues internationales Ève Périsset et Mimi Alidou, récemment intégrées à l’effectif. Le joueur montréalais de la NBA Bennedict Mathurin assistait également au match.

Les Roses reprendront la compétition le 17 juillet avec un déplacement à Calgary pour y affronter le Wild FC, avant de retrouver leur public le 23 juillet contre l’AFC Toronto.

crédit photo : Roses de Montréal (X)

BIXI étend son réseau à Dorval avec six nouvelles stations

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Le service de vélopartage BIXI poursuit son expansion dans la région métropolitaine de Montréal avec le lancement officiel de ses activités à Dorval. Dès ce 13 juillet, six stations sont mises en service dans cette municipalité de l’ouest de l’île, offrant une flotte de 66 vélos, répartis à parts égales entre modèles mécaniques et électriques.

Les nouvelles stations sont installées à proximité de la gare de Dorval, d’installations sportives, d’espaces verts et du secteur riverain afin de faciliter les déplacements quotidiens et les activités de loisirs.

Selon BIXI, cette implantation vise à renforcer le réseau de mobilité active dans l’ouest de Montréal en améliorant les connexions avec les autres secteurs desservis. Les usagers peuvent accéder au service à l’aide de la même application mobile, de la même tarification et des mêmes abonnements que dans l’ensemble du réseau.

Le projet a bénéficié d’une aide financière maximale de 110 457 dollars dans le cadre du Programme d’aide financière au développement des transports actifs dans les périmètres urbains (TAPU) 2025-2026 du ministère québécois des Transports et de la Mobilité durable.

Québec : PMET franchit une étape clé dans l’extraction du césium

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La société minière canadienne PMET Resources a annoncé dimanche avoir obtenu un taux d’extraction supérieur à 97 % du césium lors d’essais métallurgiques réalisés sur du concentré de pollucite provenant de son projet Shaakichiuwaanaan, dans la région d’Eeyou Istchee Baie-James, au Québec.

Selon l’entreprise, les essais menés à l’échelle du banc d’essai par SGS Canada ont permis de récupérer plus de 97 % du césium grâce à un procédé de lixiviation à l’acide sulfurique, tout en réduisant la présence d’impuretés, notamment l’aluminium. Les travaux ont également mis en évidence la possibilité de récupérer du rubidium comme sous-produit.

Parallèlement, un programme conduit avec Koch Technology Solutions a livré des résultats préliminaires jugés encourageants pour la production de composés chimiques à base de césium destinés à des applications industrielles.

PMET prévoit désormais de produire, à l’échelle expérimentale, des échantillons de sulfate, de carbonate et de formiate de césium de haute pureté. Les résultats de cette nouvelle phase sont attendus au quatrième trimestre de 2026.

Le projet Shaakichiuwaanaan est principalement connu pour ses ressources en lithium, mais il renferme également un important gisement de pollucite, principal minerai de césium. La société affirme que le site comprend l’une des plus importantes ressources de césium identifiées à ce jour.

Une évaluation économique préliminaire intégrant le lithium, le césium et le tantale est attendue d’ici la fin de l’année. Les ressources minérales mentionnées par la société ne constituent toutefois pas des réserves exploitables au sens des normes minières et leur viabilité économique reste à démontrer.

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Nathalie Roy élue à la présidence de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie

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La présidente de l’Assemblée nationale du Québec, Nathalie Roy, a été élue à la présidence de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) lors de la 51e session de l’organisation, tenue à Yaoundé, au Cameroun, du 7 au 11 juillet.

L’élection est intervenue à l’issue des travaux ayant réuni près de 350 parlementaires et représentants d’États et d’organisations francophones. Mme Roy succède à la tête de cette institution qui regroupe une centaine de parlements et d’organisations interparlementaires répartis sur les cinq continents.

Première vice-présidente de l’APF avant son élection, elle exercera désormais un mandat à la présidence de l’organisation, créée en 1967 pour favoriser le dialogue entre les élus de l’espace francophone sur des enjeux politiques, institutionnels et démocratiques.

Selon l’Assemblée nationale, la nouvelle présidente souhaite notamment accorder une attention particulière aux questions liées à l’espace économique francophone, à la découvrabilité des contenus en langue française dans l’environnement numérique ainsi qu’au développement de la coopération parlementaire entre les membres.

Le Québec entretient une présence de longue date au sein de l’APF. L’Assemblée nationale en est membre depuis 1975 et a déjà assumé la présidence de l’organisation à quatre reprises, soit de 1993 à 1995, de 2001 à 2003, de 2009 à 2011 et de 2017 à 2019.

L’Assemblée parlementaire de la Francophonie constitue l’un des principaux forums de coopération entre les parlements francophones, favorisant les échanges sur les institutions démocratiques, l’État de droit, les droits fondamentaux et les enjeux de développement communs aux pays membres.

Montréal : un projet de 281 logements abordables lancé dans Saint-Michel

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Les travaux du Complexe Angélique-Latimer ont officiellement été lancés vendredi dans l’arrondissement de Saint-Michel, à Montréal. Le projet, évalué à près de 160 millions de dollars, prévoit la construction de 281 logements abordables ainsi que de locaux communautaires et commerciaux.

Porté par la Société d’habitation des communautés noires (SHCN), un organisme à but non lucratif, le complexe vise à répondre aux besoins en logements dans un contexte où l’abordabilité demeure un enjeu majeur dans plusieurs quartiers montréalais.

Selon les informations présentées lors du lancement du chantier, le projet comprendra également un campus communautaire, des espaces destinés aux commerces de proximité ainsi que des lieux consacrés aux activités citoyennes. Les promoteurs indiquent vouloir favoriser une mixité des profils de ménages afin que la composition des futurs résidents reflète celle du quartier.

Le bâtiment sera conçu selon des normes élevées de performance énergétique et les responsables affirment vouloir atteindre des objectifs de carboneutralité pour son exploitation.

La SHCN prévoit utiliser cette réalisation comme modèle pour d’autres projets résidentiels au Québec. L’organisme dit viser la création de 1 500 logements abordables d’ici 2029 grâce à des partenariats avec les gouvernements, les municipalités, des organismes communautaires et le secteur privé.

Le Complexe Angélique-Latimer s’inscrit dans un contexte où les besoins en logements abordables continuent de croître à Montréal, alors que les autorités publiques et les organismes communautaires multiplient les initiatives pour augmenter l’offre résidentielle destinée aux ménages à revenu faible ou modeste.

crédit photo : Arcelle Appolon

Le Québec qui rétrécit : la bombe démographique que personne ne veut désamorcer avant le 5 octobre

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Désormais, ces chiffres méritent qu’on s’arrête. Qu’on pose le journal, qu’on relève la tête, et qu’on mesure vraiment ce qu’ils signifient pour l’avenir d’une société.

En voici un : au 1er janvier 2026, le Québec compte 9,03 millions d’habitants. Ce nombre, en apparence anodin, cache une réalité que l’Institut de la statistique du Québec a confirmée avec la publication de son bilan démographique 2026 : pour la première fois depuis que des données annuelles comparables existent — soit depuis le début des années 1970 — la population du Québec a diminué en 2025. Pas beaucoup. Neuf mille six cents personnes. Moins de 0,1 %. Mais dans le monde de la démographie, une première fois, c’est rarement une anomalie passagère. C’est souvent le début d’une tendance.

Et nous sommes à quatre-vingt-cinq jours d’une élection provinciale où ce sujet est pratiquement absent du débat public.

Les chiffres, sans filtre

Le portrait que dresse l’ISQ est d’une clarté clinique. En 2025, le Québec a enregistré 80 450 décès, contre seulement 78 200 naissances — c’est la deuxième année consécutive où les décès surpassent les naissances sur le territoire québécois. Le taux de fécondité tourne autour de 1,38 enfant par femme, très en dessous des 2,1 nécessaires au simple renouvellement des générations.

Du côté de l’immigration, les deux canaux habituels de croissance ont simultanément faibli. L’immigration permanente a légèrement progressé, avec un peu plus de 60 000 nouveaux résidents permanents accueillis. Mais le nombre de résidents non permanents — travailleurs temporaires, étudiants étrangers — a chuté de plus de 51 000 personnes en un an, passant d’environ 565 000 à quelque 514 000. Ces départs, combinés à une émigration nette de près de 8 250 personnes vers l’étranger et à des pertes interprovinciales de plus de 7 600 personnes vers le reste du Canada, ont suffi à faire basculer le solde global dans le rouge.

Par ailleurs, 21,7 % de la population québécoise a maintenant 65 ans et plus — une proportion qui dépasse désormais celle des moins de 20 ans, qui s’établit à 20,6 %. Ce croisement, longtemps redouté par les démographes, est désormais une réalité. Le Québec compte officiellement plus de personnes âgées que de jeunes. C’est un changement structurel profond, irréversible à court terme, et lourd de conséquences pour les finances publiques, le marché du travail et les services sociaux.

Une tempête parfaite, construite sur des décisions politiques

Ce qui rend ce bilan particulièrement préoccupant, c’est qu’il n’est pas le fruit d’une malchance démographique imprévisible. C’est le résultat prévisible de plusieurs décisions politiques prises simultanément, sans que leur effet combiné soit clairement exposé aux Québécois.

Depuis 2025, le Québec a plafonné ses admissions d’immigrants permanents à 45 000 personnes par année — en baisse par rapport aux 61 000 accueillis en 2024. Simultanément, Ottawa a réduit ses cibles d’immigration temporaire de 43 %, passant d’environ 674 000 en 2025 à quelque 385 000 pour 2026. Ces deux décisions, fédérale et provinciale, cohérentes chacune dans leur logique politique respective, ont créé ensemble un effet ciseau dévastateur sur la croissance démographique québécoise.

Le gouvernement du Québec a aussi fixé un objectif linguistique pour ses nouvelles admissions : que 80 % des nouveaux immigrants maîtrisent le français à un niveau intermédiaire d’ici 2029. C’est un objectif légitime dans une société qui veut préserver le fait français. Mais, combiné à un plafond déjà bas d’admissions, ce filtre supplémentaire réduit encore davantage le bassin de candidats potentiels — et retarde l’arrivée de travailleurs dont l’économie a besoin maintenant.

Les économistes de Desjardins ont modélisé les conséquences de ces choix avec une précision troublante : dans le scénario de référence, la population québécoise stagnera jusqu’en 2030, puis reprendra très lentement sa croissance, pour n’augmenter que d’environ 275 000 personnes d’ici 2050. C’est environ la moitié de la croissance absolue observée depuis 2022. Mais dans les projections les plus inquiétantes, le bassin de population active — c’est-à-dire les gens en âge de travailler — commence à se contracter dès aujourd’hui, pour accélérer à la fin des années 2030.

L’économie à l’heure du rétrécissement

Ce n’est pas qu’une question de chiffres de population. C’est une question de viabilité économique.

Chaque point de moins dans la population active, c’est moins de travailleurs pour payer les cotisations qui financent les régimes de retraite, les soins de santé et les services à une population vieillissante de plus en plus nombreuse. Le rapport entre cotisants et bénéficiaires — déjà sous pression depuis des années — va se dégrader encore plus vite si la tendance actuelle se maintient.

La Banque du développement du Canada l’a dit sans détour dans ses perspectives pour 2026 : malgré le ralentissement économique, les salaires continuent d’augmenter, non pas parce que la prospérité déborde, mais parce que les employeurs se disputent une main-d’œuvre qui devient structurellement rare. Des secteurs entiers — santé, construction, technologies de l’information, transport — peinent à recruter. Et cette pression sur la main-d’œuvre va s’intensifier, pas se résorber, à mesure que les baby-boomers continuent de quitter le marché du travail.

Dans ce contexte, la décision d’Hydro-Québec de hausser massivement les tarifs des centres de données — que nous évoquions hier — prend une dimension supplémentaire. Les centres de données sont précisément le type d’industrie qui peut fonctionner avec moins de main-d’œuvre par dollar investi, dans une économie qui manquera de bras. Mais on les chasse. On accueille moins de travailleurs. Et la croissance économique, arithmétiquement, ne peut pas être au rendez-vous si ni la population ni la productivité n’augmentent.

Il y a une cohérence perverse dans les décisions québécoises actuelles : on réduit l’immigration, on freine l’investissement à haute valeur ajoutée, et on présente le tout comme de la prudence responsable. C’est de la prudence, certes. Mais c’est surtout le chemin le plus direct vers une économie qui stagne.

Le silence des partis : une complaisance électorale

Ce qui frappe le plus dans ce dossier, c’est l’absence quasi totale de ce débat dans la campagne préélectorale qui s’amorce.

La CAQ de Christine Fréchette défend ses cibles d’immigration de 45 000 comme un choix de société réfléchi, axé sur la capacité d’intégration et la préservation de la langue française. C’est une position respectable — mais elle est présentée sans que les conséquences économiques à long terme ne soient exposées avec franchise aux Québécois.

Le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon navigue dans le même courant restrictif, avec une rhétorique nationaliste qui préfère une population moins nombreuse mais plus homogène à une croissance démographique reposant sur une immigration jugée déstabilisante pour la langue. C’est un choix de société. Mais c’est un choix qui mérite d’être clairement assumé, chiffres en main, devant l’électorat.

Québec solidaire parle de conditions d’accueil, de lutte contre le racisme systémique, d’intégration améliorée — mais sans non plus proposer de cibles quantifiées suffisamment ambitieuses pour inverser la tendance actuelle.

Quant au PLQ de Charles Milliard, absent de ce débat comme de beaucoup d’autres, il n’a pas encore réussi à imposer sa vision sur ce sujet.

Le résultat, c’est une campagne électorale qui s’approche à grands pas, avec un enjeu démographique historique sur la table, et personne pour le nommer vraiment.

Ce que le Québec de 2050 dira de nos choix d’aujourd’hui

Les projections de l’ISQ dessinent deux Québec possibles.

Dans le premier, les politiques actuelles sont maintenues ou durcies. La population stagne autour de 9,2 millions, le bassin de travailleurs se contracte progressivement, les régions éloignées se dépeuplent — la Côte-Nord pourrait perdre jusqu’à 15 % de sa population d’ici 2051, la Gaspésie jusqu’à 11 % — et les pressions sur les finances publiques s’intensifient au rythme du vieillissement.

Dans le second, le Québec choisit de regarder la réalité démographique en face et d’ajuster ses politiques d’immigration, d’intégration et d’investissement en conséquence — non pas en ouvrant les vannes sans discernement, mais en fixant des cibles cohérentes avec ses besoins économiques réels, en investissant massivement dans la francisation et l’intégration, et en construisant l’infrastructure sociale nécessaire pour accueillir des travailleurs dont l’économie a un besoin urgent.

Ce deuxième chemin est plus exigeant politiquement. Il demande du courage, de la pédagogie, et une capacité à expliquer des compromis difficiles à un électorat qui a des préoccupations légitimes sur la langue, le logement et les services publics.

Mais l’alternative — continuer à gérer le rétrécissement sans le nommer, espérer que la démographie s’arrange toute seule, et remettre les vrais débats après les élections — a un coût que les générations futures paieront à notre place.

La population du Québec a diminué pour la première fois depuis cinquante ans. C’est aujourd’hui, le 12 juillet 2026, qu’il faut commencer à en parler sérieusement. Pas le 6 octobre.

La fiscalité au quotidien : ce que ton comptable aimerait que tu saches avant, pas après

Marc-Antoine dirige une petite agence de design graphique depuis trois ans. La première année, il a eu une bonne surprise : un remboursement d’impôt. La deuxième année, la même insouciance lui a coûté plus de 6 000 $ en impôts à payer d’un coup, plus des intérêts, parce qu’il n’avait jamais entendu parler des acomptes provisionnels. « Je pensais que payer mes impôts une fois par année, au moment de ma déclaration, c’était normal. Personne ne m’avait dit que Revenu Québec s’attend à ce que je paie au fur et à mesure, dès que je dépasse un certain seuil. »

C’est l’histoire la plus commune chez les entrepreneurs : ce n’est pas le manque de revenus qui les met dans le trouble, c’est le manque d’anticipation fiscale. La bonne nouvelle, c’est que la fiscalité d’entreprise, une fois qu’on en comprend les mécaniques de base, devient prévisible — et même un outil de gestion, pas juste une corvée annuelle.

Les acomptes provisionnels : le piège numéro un

Si tu es travailleur autonome ou que ton entreprise génère un revenu net important, l’Agence du revenu du Canada (ARC) et Revenu Québec s’attendent à ce que tu paies tes impôts par versements trimestriels, et non en un seul bloc au moment de ta déclaration.

La règle générale : si tu dois plus de 1 800 $ d’impôt net à payer pour l’année courante ET pour l’une des deux années précédentes, tu es censé faire des acomptes provisionnels. Le problème, c’est que la première année où ça s’applique, personne ne te le rappelle activement — tu le découvres souvent seulement quand l’avis d’acompte arrive, ou pire, quand des intérêts s’accumulent parce que tu ne savais pas que tu devais payer.

Le réflexe à prendre : dès que ton entreprise devient rentable de façon stable, mets automatiquement de côté entre 25 % et 30 % de chaque revenu net dans un compte séparé, intouchable, réservé aux impôts. Le jour où l’acompte ou la déclaration arrive, l’argent est déjà là. C’est probablement le conseil le plus simple et le plus sous-utilisé en fiscalité d’entreprise.

Les dépenses déductibles : plus large que tu penses, mais pas sans limites

Beaucoup de jeunes entrepreneurs sous-utilisent leurs déductions par méconnaissance, ou au contraire les surutilisent par optimisme excessif — les deux créent des problèmes.

Ce qui est généralement déductible quand une dépense sert réellement à générer un revenu d’entreprise :

  • Le loyer d’un bureau, ou une portion raisonnable de ton logement si tu travailles de la maison (calculée au prorata de l’espace utilisé)
  • Le matériel, les logiciels, les abonnements professionnels
  • Une partie du cellulaire et d’internet, au prorata de l’usage professionnel
  • Les frais de déplacement liés directement à l’entreprise (pas les trajets domicile-travail habituels)
  • La publicité et le marketing
  • Les honoraires professionnels (comptable, avocat)
  • Une partie des repas d’affaires, généralement à 50 %, et seulement si le contexte d’affaires est réel et documentable

Ce qui pose problème : déduire des dépenses personnelles déguisées en dépenses d’entreprise. Le resto entre amis un samedi soir n’est pas un repas d’affaires parce qu’on a vaguement parlé de business à un moment donné. En cas de vérification fiscale, c’est exactement le genre de dépense qui attire l’attention — et qui peut faire remettre en question l’ensemble de tes déductions, pas seulement celle-là.

Le réflexe à prendre : garde toutes les factures, note systématiquement le contexte d’affaires (qui, pourquoi, quel projet), et en cas de doute sur une dépense, pose la question à un comptable plutôt que de deviner. Une bonne règle simple : si tu ne pourrais pas expliquer clairement la dépense à un agent de Revenu Québec en une phrase, ne la déduis pas sans vérifier.

TPS/TVQ : le piège de l’argent qui n’est pas à toi

Dès que tu es inscrit aux fichiers de la TPS/TVQ, chaque dollar de taxe que tu perçois sur tes ventes n’est pas ton argent — c’est celui du gouvernement, que tu détiens temporairement avant de le remettre. Beaucoup d’entrepreneurs dépensent ces sommes comme si elles faisaient partie de leurs revenus normaux, puis se retrouvent à découvert au moment de faire leur remise.

Une agence de marketing avait ce problème : de bonnes ventes, une croissance rapide, mais une remise de taxes trimestrielle qui, chaque fois, forçait une gymnastique de trésorerie stressante. La solution a été simple : ouvrir un deuxième compte bancaire, uniquement pour les taxes perçues, et y virer automatiquement chaque montant de TPS/TVQ facturé, dès l’encaissement. Plus jamais de mauvaise surprise depuis.

Les erreurs les plus coûteuses, en résumé

  1. Ne pas mettre d’argent de côté pour les impôts dès le premier dollar de profit, en pensant régler ça « plus tard »
  2. Ignorer les acomptes provisionnels jusqu’à ce que Revenu Québec envoie l’avis
  3. Mélanger dépenses personnelles et professionnelles, ce qui complique les déductions et attire l’attention en cas de vérification
  4. Dépenser les taxes perçues comme si elles étaient un revenu
  5. Attendre à la dernière minute pour consulter un comptable, plutôt que d’avoir un suivi régulier tout au long de l’année

Le comptable : une dépense ou un investissement ?

Beaucoup d’entrepreneurs voient les frais de comptable comme une dépense à minimiser. En réalité, un bon comptable, consulté régulièrement (pas juste une fois par année en mars), identifie souvent des déductions ou des structures qui font économiser bien plus que ses honoraires. La différence entre un comptable qui produit une déclaration et un comptable qui conseille activement sur la structure de l’entreprise peut représenter des milliers de dollars par année.

Conseil concret : prévois au minimum une rencontre à mi-année avec ton comptable, pas seulement au moment de la déclaration. Ça permet d’ajuster le tir avant que les problèmes s’accumulent, plutôt que de les découvrir en retard.

En résumé

La fiscalité d’entreprise n’est pas un mystère réservé aux comptables — c’est une mécanique qu’on peut apprendre à anticiper :

  • Mets de côté 25-30 % de chaque profit net pour les impôts, dès le départ
  • Comprends si et quand les acomptes provisionnels s’appliquent à toi
  • Documente chaque dépense avec son contexte d’affaires réel
  • Sépare physiquement l’argent des taxes perçues du reste de tes revenus
  • Consulte ton comptable en continu, pas seulement une fois par année

Marc-Antoine, depuis sa mauvaise surprise, a mis en place exactement ce système : compte séparé pour les impôts, acomptes payés à temps, rencontre avec son comptable chaque trimestre. « Ça m’a enlevé un stress que je ne savais même pas que je portais. Maintenant je sais toujours où j’en suis. »

Le prochain article de la série abordera un sujet tout aussi négligé : comment structurer sa comptabilité au quotidien pour ne jamais se retrouver à deviner où va son argent.