Le parcours de Félix Auger-Aliassime à l’US Open aura été aussi bref qu’inquiétant. Troisième tête de série du tableau masculin, le Montréalais s’est incliné jeudi en quatre manches de 6-7 (5), 6-3, 6-2 et 6-2 face au Russe Karen Khachanov. Il devient du même coup le joueur portant le sceau le plus élevé à quitter le tournoi à ce stade-ci de la compétition. C’est toutefois surtout l’état physique du Québécois qui a retenu l’attention au terme de cette rencontre de trois heures et vingt minutes.
Un malaise soudain et inexpliqué
Après avoir remporté la première manche au bris d’égalité, Auger-Aliassime a vu son niveau de jeu chuter drastiquement, multipliant les erreurs non forcées — 47 au total, contre seulement 30 pour son adversaire — et ne remportant que 41 % de ses points sur sa deuxième balle de service. Visiblement affecté physiquement, le Québécois n’a pas caché son désarroi devant les journalistes après la rencontre. « Je ne me sentais tout simplement pas bien, j’étais étourdi et je voyais des points. Je n’arrivais pas à récupérer. Je pensais que ça allait passer, mais ce ne fut pas le cas », a-t-il confié, incapable de fournir un diagnostic précis sur la cause de cet épisode.
Le Montréalais a précisé que rien ne laissait présager un tel épisode dans les jours précédant la rencontre. « J’ai déjà eu des crampes, je me sentais correct. Fatigué vers la fin des matchs, mais de façon normale. Cette fois, c’était anormal », a-t-il expliqué, ajoutant candidement ne pas pouvoir battre qui que ce soit dans ce tableau en se sentant comme il se sentait jeudi.
Un adversaire coriace, en pleine remontée
Khachanov, ancien membre du top 10 mondial aujourd’hui classé 50e, n’a toutefois pas volé sa victoire. Le trentenaire, qui n’avait remporté aucun match sur surface dure lors de ses trois tournois de préparation estivaux, a profité de la contre-performance d’Auger-Aliassime pour signer sa première victoire de la saison contre un joueur du top 10. Il a pris les commandes du duel dès la deuxième manche en s’assurant un bris de service à chacune des trois dernières manches. « Je lui souhaite un prompt rétablissement s’il est blessé, je ne sais pas », a commenté le Russe après la rencontre, disant avoir senti que quelque chose n’allait pas chez son adversaire.
Une saison solide, mais marquée par les aléas physiques
Cette sortie hâtive tranche avec le reste de la saison d’Auger-Aliassime. Le Québécois avait pourtant atteint les quarts de finale à Roland-Garros et à Wimbledon, s’inclinant à ce dernier tournoi en cinq manches serrées contre Novak Djokovic. Il avait également dû se retirer de l’Omnium Banque Nationale, à Montréal, le mois dernier, en raison d’une blessure au dos, avant de remporter deux matchs à son retour à Cincinnati et de s’incliner en huitièmes de finale contre l’Américain Frances Tiafoe. Le classement mondial de 4e rang qu’il occupe actuellement, un sommet en carrière, devrait toutefois reculer après cette élimination précoce, plusieurs poursuivants immédiats étant toujours en lice à New York.
Une sortie préoccupante à New York
Pour l’heure, c’est surtout la nature de ce malaise soudain qui inquiète les partisans québécois, alors qu’aucune explication claire n’a encore été fournie sur ses origines. Le Québécois a indiqué vouloir passer des examens pour tenter d’y voir plus clair. Sa saison n’est cependant pas terminée. Auger-Aliassime doit représenter le Canada face à la France les 18 et 19 septembre, lors de la rencontre de qualification de la Coupe Davis qui se tiendra au Centre Vidéotron de Québec, une échéance qu’il attend avec impatience puisqu’il a grandi dans la région.



