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Mode : Henry Zankov ouvre une nouvelle ère chez Diane von Furstenberg, « La mode prend la rue » referme sa boucle à Montréal

Montréal, le 10 septembre 2026

Pour la première fois depuis près d’une décennie, la maison Diane von Furstenberg a confié sa direction artistique à un designer venu de l’extérieur du cercle fondateur — et le pari semble avoir porté fruit ce matin, sur la High Line new-yorkaise. Au Canada, une réalité structurelle plus discrète continue de façonner l’industrie du vêtement bien au-delà des seuls tarifs douaniers, dans un contexte commercial qui vient d’ailleurs de franchir une étape clé. Et à Montréal, un mois presque complet de podiums de quartier tire sa révérence aujourd’hui.

Monde : Henry Zankov signe des débuts remarqués chez Diane von Furstenberg

La Fashion Week de New York s’est officiellement ouverte ce matin avec le premier défilé de Henry Zankov à titre de directeur artistique de Diane von Furstenberg, présenté sur la High Line, juste au-dessus de la boutique historique de la marque dans le Meatpacking District. Zankov devient le tout premier titulaire du poste d’artistic director de la maison — une fonction nouvellement créée — mais il n’est pas le premier à qui Diane von Furstenberg, aujourd’hui âgée de 79 ans, a délégué sa direction créative : Jonathan Saunders avait occupé le rôle de chief creative officer entre 2016 et 2017, suivi brièvement par Nathan Jenden. La nomination de Zankov marque néanmoins le retour de DVF sur les podiums après près d’une décennie d’absence, et Diane von Furstenberg elle-même assistait au défilé, assise au premier rang.

Plutôt que de réinventer les codes de la maison, Zankov, qui avait déjà travaillé comme designer de tricots chez DVF entre 2014 et 2018 avant de lancer sa propre griffe éponyme, a choisi de les traduire dans un vocabulaire contemporain : la robe portefeuille emblématique demeurait au cœur de la collection, entourée de hauts et de capes déclinés dans le même esprit, avec des imprimés d’archives ravivés et une énergie délibérément inspirée du Studio 54 des années 1970. L’accueil enthousiaste réservé à ce premier défilé, salué par la critique comme un juste équilibre entre continuité et renouveau, confirme une tendance observée à plusieurs reprises cette saison : transmettre une vision fondatrice à un successeur, sans jamais la trahir, demeure l’un des exercices les plus délicats — et les plus scrutés — de toute la mode contemporaine.

Canada : une transformation structurelle bien plus ancienne que les tarifs actuels

Au-delà des soubresauts tarifaires des dernières semaines, un rappel s’impose pour l’industrie canadienne du vêtement : la dépendance du pays envers les importations n’a rien de nouveau. Jusqu’au milieu des années 1980, environ 70 % des vêtements portés au Canada étaient fabriqués sur place; aujourd’hui, plus de 85 % des vêtements, des textiles d’ameublement et des tissus industriels achetés au pays proviennent de l’étranger. Le secteur canadien s’est depuis largement réorienté vers la conception, les marques et la distribution, avec des chaînes d’approvisionnement désormais étalées sur plusieurs frontières.

Cette réalité prend un relief particulier alors que 2026 marquait l’année du premier examen conjoint prévu par l’Accord Canada–États-Unis–Mexique. Cet examen a eu lieu comme prévu le 1er juillet dernier : les États-Unis ont signalé leur refus de reconduire l’accord tel quel, ce qui déclenche désormais un processus de révision annuelle pour la prochaine décennie. Des experts en droit commercial rappellent aux entreprises de mode canadiennes de ne jamais présumer de leur admissibilité au traitement tarifaire préférentiel prévu par l’ACEUM sans un examen rigoureux de l’origine de leurs produits — un vêtement doit généralement être coupé, cousu ou assemblé sur le territoire de l’un des trois pays signataires pour y avoir droit. Dans ce contexte mouvant, la capacité d’adaptation continue de s’imposer comme un véritable avantage concurrentiel pour les entreprises d’ici.

Québec et Montréal : dernier tour de piste pour un mois de podiums de quartier

C’est aujourd’hui que se referme, après près d’un mois complet, l’initiative « La mode prend la rue », pilotée par Tourisme Montréal depuis le 12 août. Le parcours, qui aura mobilisé plus de 1 280 artistes, artisans et interprètes locaux à travers six quartiers de la métropole, aura notamment célébré les boutiques indépendantes dans des mises en scène où mode et architecture se répondaient, tout en rendant hommage, sur un quai de chargement du District Central, au savoir-faire manufacturier qui continue de faire de ce secteur le cœur historique de l’industrie du vêtement montréalaise.

À l’approche de la rentrée, plusieurs médias locaux, dont le Journal Métro, invitent également les Montréalais à miser sur des pièces durables et faciles à combiner pour construire une garde-robe automnale capable de traverser les saisons plutôt que de suivre les seules tendances passagères — un conseil qui résonne d’autant plus dans le contexte commercial des dernières semaines. Dans onze jours à peine, la Semaine Mode de Montréal, du 21 au 27 septembre, viendra prendre le relais avec plus de 150 événements prévus à travers la ville, confirmant qu’à Montréal, la mode ne s’invente pas une histoire : elle en prolonge une bien réelle, ancrée dans ses ateliers et ses quartiers.


Sources : Wallpaper, W Magazine, WWD, Reuters, Business of Fashion, Droit-inc, Blakes, Policy Options, Luxsure, Yonder, bemtl.ca, Journal Métro, ModeMTL.*

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