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Montréal-Nord rend hommage au pianiste de jazz Oliver Jones

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L’arrondissement de Montréal-Nord a salué la mémoire du pianiste de jazz Oliver Jones, décédé cette semaine, en soulignant l’empreinte durable laissée par l’artiste dans la communauté où il a vécu pendant de nombreuses années.

Reconnu comme l’un des plus grands pianistes de jazz du Canada, Oliver Jones a mené une carrière internationale jalonnée de nombreux enregistrements et distinctions, dont les titres d’officier de l’Ordre du Canada et de chevalier de l’Ordre national du Québec. Il avait également reçu le Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle ainsi que le prix Martin Luther King Jr.

Malgré sa renommée, le musicien est demeuré étroitement lié à Montréal-Nord. Au fil des années, il a participé à plusieurs événements culturels de l’arrondissement, notamment au Festival des arts de Montréal-Nord, aux célébrations du centenaire de la municipalité et à l’inauguration d’un piano public près de la bibliothèque Yves-Ryan.

En 2010, la salle de spectacle de la Maison culturelle et communautaire de Montréal-Nord a été baptisée en son honneur. En 2024, l’arrondissement lui avait également rendu hommage à l’occasion de son 90e anniversaire.

Dans un communiqué, la mairesse Christine Black a salué « un modèle » dont le parcours a inspiré plusieurs générations, tandis que la conseillère Chantal Rossi a souligné le lien privilégié qu’entretenait le musicien avec la communauté nord-montréalaise.

L’arrondissement a présenté ses condoléances à la famille, aux proches et au milieu artistique, estimant que l’héritage d’Oliver Jones continuera de marquer durablement la vie culturelle de Montréal-Nord et du Québec.

Heidi Peters prend la tête du Conseil des athlètes paralympiques canadiens

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La joueuse de volleyball assis Heidi Peters a été élue présidente du Conseil des athlètes paralympiques canadiens, tandis que Christina Picton, athlète en ski paranordique et en parahockey sur glace, a été nommée vice-présidente, a annoncé vendredi le Comité paralympique canadien.

Heidi Peters succède officiellement à Jeremy Hall, après avoir assuré la présidence par intérim depuis avril 2026. Triple paralympienne et capitaine de l’équipe canadienne féminine de volleyball assis, elle a contribué à la médaille de bronze remportée par le Canada aux Jeux paralympiques de Paris 2024, la première du pays dans cette discipline.

Christina Picton est pour sa part double paralympienne en ski paranordique, ayant participé aux Jeux de Pékin 2022 et de Milan-Cortina 2026. Elle est également capitaine de l’équipe canadienne féminine de parahockey sur glace, médaillée d’argent aux premiers Championnats du monde féminins disputés en 2025.

Élues au Conseil des athlètes en 2025 pour un mandat courant jusqu’aux Jeux paralympiques de Los Angeles en 2028, Peters et Picton siégeront également au conseil d’administration du Comité paralympique canadien à titre de représentantes des athlètes.

Le Conseil des athlètes paralympiques canadiens est composé de sept membres, actifs ou retraités. Il a pour mission de représenter les intérêts des para-athlètes auprès du Comité paralympique canadien et de contribuer au développement du mouvement paralympique au pays.

En Chine, des jeunes deviennent des « entreprises à eux seuls » — grâce à l’IA

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Imaginez démarrer une entreprise sans embaucher personne. Pas d’équipe de développeurs, pas de designer, pas de comptable. Juste vous et une poignée d’outils d’intelligence artificielle qui font le travail de dix personnes. C’est exactement ce qui se passe en ce moment en Chine, à grande échelle.

Le phénomène porte un nom : les « OPC » (One Person Companies), ou entreprises unipersonnelles. Grâce à l’IA, une seule personne peut aujourd’hui concevoir, programmer, organiser et gérer une entreprise complète — des tâches qui exigeaient autrefois des équipes entières. Une jeune entrepreneure de Fuzhou a par exemple lancé un service de clonage numérique (recréer la voix et l’image de proches décédés à partir d’archives familiales) sans embaucher un seul employé : l’IA joue le rôle de main-d’œuvre numérique.

Le mouvement est encouragé activement par les autorités chinoises. Depuis 2025, une vingtaine de villes — dont Shanghai, Shenzhen et Hangzhou — ont mis sur pied des programmes et même des subventions pouvant atteindre 20 000 yuans pour pousser les jeunes diplômés à se lancer seuls plutôt que de chercher un emploi traditionnel. Sur la plateforme Alibaba, on estime déjà qu’entre 30 % et 40 % des vendeurs fonctionnent en solo, sans personne sur leur liste de paie.

La motivation n’est pas seulement l’enthousiasme technologique : le chômage chez les jeunes adultes en Chine tourne autour de 16 %. Beaucoup préfèrent créer leur propre « armée d’un seul homme » plutôt que d’attendre un poste qui pourrait ne jamais arriver — ou pire, disparaître avant.

Le modèle a toutefois ses limites : les entrepreneurs solos peinent à obtenir du financement, les banques restant calibrées pour des entreprises classiques. C’est pourquoi plusieurs se regroupent en réseaux de collaboration plutôt que de rester isolés.

Pourquoi ça vous concerne : ce qui se passe à Shanghai aujourd’hui pourrait bien débarquer dans votre quartier demain. Si un jeune peut lancer une agence de pub, un studio de jeu vidéo ou un service de clonage vocal seul avec un ordinateur portable, la définition même de « avoir un emploi » pourrait changer plus vite qu’on le pense.

5,5 milliards : les bonnes nouvelles des comptes publics du Québec et les questions qu’elles ne règlent pas

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Les comptes publics 2025-2026 du Québec, rendus publics il y a une semaine, mais dont la portée mérite qu’on s’y attarde à tête reposée, constituent un exemple assez rare de bonnes nouvelles pour que cela mérite d’être souligné, sans fausse modestie.

Le déficit comptable de l’exercice terminé le 31 mars s’est établi à 5,5 milliards de dollars, soit 0,9 % du PIB québécois. Ce chiffre représente moins de la moitié du déficit de 11,4 milliards que le budget 2025-2026 avait anticipé dans un contexte reconnu comme particulièrement exigeant — tensions commerciales avec Washington, incertitude économique généralisée, récession technique au Canada. Et il positionne le Québec au deuxième rang parmi les provinces canadiennes pour le plus faible déficit en proportion de son PIB.

Ce n’est pas un tour de passe-passe comptable. Ce n’est pas non plus une performance parfaite. C’est une réalité nuancée qui mérite une lecture rigoureuse — ni le triomphalisme que le gouvernement Fréchette sera tenté d’en tirer à soixante-dix jours du scrutin, ni le scepticisme systématique que l’opposition cherchera à lui opposer.

Ce que les chiffres disent vraiment

Commençons par ce qui est incontestablement positif. Une réduction de moitié d’un déficit prévu dans un contexte de guerre commerciale avec le principal partenaire économique du Québec, c’est un résultat concret. Les revenus ont progressé de 2,8 % par rapport à l’exercice précédent, portés essentiellement par la croissance des revenus fiscaux — ce qui signifie que les entreprises et les particuliers québécois ont continué de générer de la richesse malgré les turbulences. Ce n’est pas anodin.

Les dépenses, elles, ont augmenté de 2,9 % — légèrement plus vite que les revenus. Cette dynamique n’est pas alarmante à court terme, mais elle mérite d’être surveillée. Les postes qui ont le plus progressé — rémunération dans le réseau de la santé, coût des médicaments, places en garderie, projets de transport collectif — sont tous des engagements structurels qui ne disparaîtront pas avec le prochain budget. Ils représentent des obligations récurrentes dont la trajectoire, si elle n’est pas maîtrisée, peut transformer une bonne année fiscale en une décennie de pression budgétaire chronique.

Il faut aussi souligner une nuance technique importante, celle-là même qui avait conduit à une révision à la hausse de 606 millions par rapport aux résultats préliminaires publiés en juin. Cette révision s’explique par des ajustements dans les données sur les revenus fiscaux et les transferts fédéraux — exactement le type de volatilité comptable qui doit inviter à la prudence dans l’interprétation des résultats annuels. Un exercice fiscal, au Québec comme ailleurs, n’est jamais entièrement finalisé au moment où il est annoncé.

La bonne fortune ne fait pas une stratégie

Le ministre Girard a raison sur un point : ces résultats reflètent une certaine résilience de l’économie québécoise. Mais ils reflètent aussi, pour une part non négligeable, une série de facteurs sur lesquels le gouvernement n’a eu aucun contrôle direct.

La vigueur des revenus fiscaux est en partie le produit d’une inflation persistante — les Québécois ont payé plus d’impôt parce que les prix ont augmenté, pas nécessairement parce que leur pouvoir d’achat réel a progressé. Ce n’est pas le même succès économique que la croissance de la productivité ou la création de nouveaux emplois dans des secteurs à haute valeur ajoutée. C’est une amélioration des finances publiques portée en partie par la douleur économique des ménages.

Par ailleurs, le contexte de guerre commerciale avec Washington, qui a pesé sur les prévisions initiales du budget et justifié le déficit anticipé de 11,4 milliards, n’a pas disparu. Il s’est aggravé. Les nouvelles surtaxes de 50 % annoncées par Trump le 20 juillet frappent des secteurs québécois qui n’étaient pas dans le collimateur au moment où ce budget a été conçu. Ce qui a permis de faire mieux que prévu en 2025-2026 pourrait très bien ne pas se répéter en 2026-2027 si les représailles commerciales continuent de s’intensifier.

L’élection dans la chambre : ce que le gouvernement ne dit pas

Il serait naïf d’ignorer le contexte dans lequel ces bons résultats sont communiqués. Nous sommes à soixante-dix jours d’un scrutin provincial. Le gouvernement sortant, dont la popularité s’est reconstituée lentement depuis le début de l’année, a besoin de terrain solide pour mener sa campagne. Des finances publiques meilleures que prévu constituent exactement le type d’argument que Christine Fréchette utilisera pour défendre son bilan de gestionnaire prudente face à des adversaires qui promettent des dépenses supplémentaires.

Mais ce cadre électoral impose aussi un examen plus rigoureux de ce que ces chiffres n’annoncent pas. Ils ne disent pas si le Québec est en mesure d’absorber une escalade tarifaire qui toucherait ses exportations de meubles, de ciment et de produits laitiers pendant toute une année fiscale. Ils ne disent pas si le retour graduel à l’équilibre budgétaire — prévu pour 2029-2030 au plus tôt — est encore réaliste dans un environnement où les demandes de financement en santé des provinces restent sans réponse d’Ottawa et où les coûts de défense nationale vont s’alourdir. Ils ne disent pas non plus ce que coûteront les projets d’infrastructure promis — rénovation du Stade olympique, troisième lien version pont, nouvelles capacités énergétiques — dont les factures ne figurent pas encore dans les prévisions à moyen terme.

Les comptes publics regardent en arrière. La campagne électorale, elle, va forcer tous les partis à regarder en avant. Et c’est là que les bonnes nouvelles de vendredi dernier trouvent leur vraie limite : elles disent ce qui s’est passé jusqu’au 31 mars. Elles ne disent rien de ce qui arrive à partir du 20 août — soit le jour où les nouvelles surtaxes américaines pourraient entrer en vigueur.

Ce que le prochain gouvernement trouvera sur son bureau

Quel que soit le parti qui remportera les élections du 5 octobre, le premier ministre ou la première ministre qui prêtera serment à l’automne trouvera sur son bureau un tableau budgétaire qui ressemble à ceci : un déficit de départ plus faible que prévu, mais une trajectoire de revenus dépendante d’une croissance économique dont la vigueur est conditionnelle à la résolution du conflit commercial avec Washington. Des dépenses structurelles — santé, services à la petite enfance, transport collectif — dont la croissance est difficile à freiner sans rupture politique majeure. Et une série d’engagements en capital — énergie, défense, infrastructures — dont les factures arrivent précisément dans les années où le gouvernement espère retrouver l’équilibre.

C’est un héritage qui n’est ni une catastrophe ni un cadeau. C’est une réalité complexe, comme le sont toujours les finances publiques d’un État moderne.

Le Québec a traversé l’année 2025-2026 mieux que prévu. C’est vrai. C’est bien. Et c’est insuffisant pour en faire le récit d’une réussite sans nuance — surtout en campagne électorale, et surtout à vingt-sept jours d’une escalade tarifaire américaine dont personne ne connaît encore l’issue.

Les bonnes nouvelles méritent d’être fêtées. Elles ne méritent pas d’être utilisées comme écran entre les électeurs québécois et les vraies questions auxquelles la prochaine décennie va les confronter.

Un ancien site de télécommunications transformé en 195 logements locatifs à Nanaimo

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TELUS a inauguré un complexe de 195 logements locatifs au centre-ville de Nanaimo, en Colombie-Britannique, après avoir transformé un ancien site de télécommunications dans le cadre de son programme de reconversion immobilière.

Situé au 235, rue Wallace, l’immeuble à usage mixte comprend des logements allant du studio aux appartements de trois chambres. Le projet s’inscrit dans la stratégie de TELUS Living, qui consiste à réaménager d’anciennes infrastructures devenues excédentaires avec la migration du réseau de cuivre vers la fibre optique.

Selon l’entreprise, l’ensemble résidentiel est doté de technologies connectées, notamment un accès sans clé, des systèmes de contrôle de la température, une gestion numérique des colis et des espaces communs réservables par application mobile. Le complexe comprend également un centre de conditionnement physique, une terrasse sur le toit, des espaces destinés aux animaux de compagnie ainsi que des commerces au rez-de-chaussée.

L’immeuble est situé à proximité du centre-ville, de l’Université de l’île de Vancouver et de l’Hôpital régional de Nanaimo, une localisation que TELUS présente comme adaptée aux étudiants, aux travailleurs de la santé et aux autres locataires.

Le projet fait partie d’une série d’initiatives menées par l’entreprise pour convertir d’anciens actifs immobiliers en logements locatifs dans plusieurs villes canadiennes, alors que le pays fait face à une pénurie persistante de logements. TELUS affirme que ces développements visent à accroître l’offre résidentielle tout en intégrant des normes de construction axées sur l’efficacité énergétique et la durabilité environnementale.

L’IA a-t-elle vraiment volé votre emploi ? Les chiffres disent autre chose

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Depuis deux ans, on nous répète que l’intelligence artificielle va vider les bureaux. La réalité au Québec est beaucoup moins spectaculaire — et c’est peut-être la vraie nouvelle.

Seulement 12,7 % des entreprises québécoises affirmaient utiliser l’IA en 2025. Pas la majorité silencieuse en pleine automatisation qu’on imagine, mais une minorité qui teste encore les outils. Et la Banque du Canada n’observe, à ce jour, aucune vague de licenciements généralisée qu’on puisse clairement attribuer à l’intelligence artificielle.

Sur le terrain, le son de cloche est similaire. Dans des cabinets d’avocats montréalais comme dans des firmes d’architecture, on embauche pour apprendre à utiliser l’IA — pas pour remplacer des employés par elle. La raison est presque technique : les outils génériques comme ChatGPT ou Claude restent souvent mal adaptés aux subtilités du droit civil québécois ou à la précision exigée par un plan de construction. L’IA générique, en somme, ne parle pas encore couramment « notaire » ou « ingénieur ».

Il y a quand même un signal qui inquiète : le taux de chômage chez les 15-24 ans tournait autour de 9 % au Québec en avril, bien au-dessus du 6,2 % de l’ensemble de la population. Mais même là, l’Institut du Québec reste prudent — impossible pour l’instant de départager ce qui vient de l’IA, des tensions commerciales avec les États-Unis, ou du ralentissement démographique lié à l’immigration.

Pourquoi ça vous concerne : si vous craigniez de perdre votre emploi au profit d’un algorithme dès demain matin, respirez — les chiffres montrent une adoption bien plus lente que le discours ambiant. Le vrai risque n’est peut-être pas la remplacement brutal, mais l’écart qui se creuse entre les entreprises qui apprennent à bien utiliser l’IA… et celles qui attendent encore de voir.

Charlottetown : l’unité canadienne, un muscle qui s’atrophie

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Ils ont posé pour la photo. Ils ont déclaré faire front commun. Ils ont prononcé les mots qu’on attend d’eux dans ces moments — solidarité, résilience, détermination. Et puis ils sont rentrés chez eux avec leurs dossiers respectifs, leurs calculs électoraux et leurs priorités provinciales.

Le Conseil de la fédération de Charlottetown 2026 est terminé. Son bilan peut tenir en deux phrases : les provinces ont dit la même chose sur les tarifs, et très peu de la même chose sur tout le reste. C’est, en somme, une définition assez précise de l’état de la fédération canadienne en ce mois de juillet.

La santé : unanimité sans chiffres, solidarité sans engagement

La grande revendication qui a émergé hier de la conférence de presse finale est prévisible, répétée à chaque sommet des premiers ministres depuis vingt ans, et aussi floue aujourd’hui qu’elle l’était la première fois : les provinces réclament davantage de financement fédéral pour la santé.

Christine Fréchette a porté ce message avec ses homologues. Le mot d’ordre est uniforme : le fédéral doit augmenter massivement le Transfert canadien en matière de santé, le financement doit être prévisible et durable, les provinces ont besoin de certitude pour planifier leurs systèmes. Tout le monde est d’accord. Doug Ford est d’accord. David Eby est d’accord. Scott Moe est d’accord.

Sauf que personne n’a mis de chiffre sur la table. Pas de cible, pas de montant, pas d’échéancier. Une demande unanime sans précision quantifiable n’est pas une position de négociation. C’est un vœu pieux formulé en chœur. Ottawa le sait. Les provinces le savent. Et pourtant, le rituel se répète d’année en année, sommet après sommet.

Ce n’est pas un reproche aux premiers ministres — c’est le reflet d’une structure constitutionnelle qui rend extraordinairement difficile de transformer des demandes interprovinciales en engagements concrets. Mais quand on constate que la principale revendication intérieure d’une réunion de crise sur les tarifs est une formule aussi peu contraignante, on mesure à quel point la mécanique du fédéralisme canadien reste grippée sur ses propres axes.

Churchill Falls : le dossier qui surgit de nulle part — et qui dit tout

C’est peut-être la nouvelle la plus surprenante de ce sommet, et certainement celle qui a le moins reçu l’attention qu’elle mérite.

En marge des discussions sur les tarifs et la santé, Christine Fréchette a rencontré son homologue terre-neuvien Tony Wakeham pour parler de Churchill Falls — ce complexe hydroélectrique du Labrador dont le contrat centenaire entre Hydro-Québec et Nalcor a été au cœur de l’une des relations interprovinciales les plus conflictuelles de l’histoire canadienne. Les deux premiers ministres se disent confiants de pouvoir conclure une entente dans les prochaines semaines.

Si cette entente se matérialise, ce sera un événement historique. Pas seulement parce qu’elle mettra fin à des décennies de contentieux entre deux provinces qui se regardaient de travers sur ce dossier depuis 1969. Mais parce qu’elle représenterait, pour le Québec, un accès potentiel à des gigawattheures supplémentaires d’électricité propre au moment précis où la province en manque cruellement — et alors qu’Hydro-Québec vient d’adopter une stratégie jugée trop conservatrice pour développer de nouvelles capacités.

Il y a cependant une ombre sur ce tableau : Fréchette elle-même a mis en garde contre ce qui arriverait en cas de changement de gouvernement. Si les élections du 5 octobre portent le PQ au pouvoir, une entente négociée par la CAQ pourrait être remise en question. Ce n’est pas une menace politique — c’est une réalité constitutionnelle. Mais en disant cela publiquement, la première ministre a transformé Churchill Falls en argument électoral. Un dossier technique de plusieurs milliards de dollars vient d’entrer dans la campagne préélectorale par la grande porte.

Les tarifs : deux semaines pour tout changer

Sur le dossier qui a dominé les deux journées de Charlottetown, la situation peut se résumer ainsi : tout le monde est d’accord pour résister, personne ne s’entend sur comment.

Ford veut riposter immédiatement. Eby refuse catégoriquement tout retour des alcools américains en magasin. Fréchette analyse et réserve sa position. Moe appelle à l’unité derrière Ottawa. Smith reste discrète derrière ses exclusions tarifaires sur l’énergie. Ces positions sont toutes défendables dans leur logique respective. Ensemble, elles dessinent un front commun qui ressemble davantage à un patchwork de calculs provinciaux distincts qu’à une stratégie nationale cohérente.

Or, c’est précisément une stratégie nationale cohérente que les deux prochaines semaines vont exiger. Carney et Trump se sont entendus pour intensifier les négociations sur l’ACEUM dans ce délai. Ce qui veut dire que d’ici le 6 août environ, Ottawa devra arriver à la table de négociation avec une position claire sur les trois griefs que Washington invoque pour justifier ses nouvelles surtaxes : le boycott des alcools américains dans les épiceries et dépanneurs provinciaux, la gestion de l’offre dans le secteur laitier, et les quotas sur certains véhicules américains.

Sur ces trois points, le fédéral ne peut pas agir seul. Les alcools sont gérés par les sociétés provinciales d’État. La gestion de l’offre est un système dont les producteurs laitiers — particulièrement québécois — sont les bénéficiaires directs et les défenseurs les plus acharnés. Les quotas automobiles touchent l’Ontario au premier chef.

Carney a besoin des provinces pour négocier avec Washington. Or, les provinces ne lui ont pas donné, à Charlottetown, le mandat clair dont il avait besoin. L’unité affichée pour les caméras ne s’est pas traduite en autorisation politique de bouger sur les dossiers sensibles. C’est la limite structurelle de cette fédération dans les moments de crise externe : tout le monde dit vouloir résister ensemble, mais chacun garde le veto sur les concessions qui touchent son propre terrain électoral.

Ce que Charlottetown révèle sur nous-mêmes

Il serait injuste de conclure que ce sommet n’a servi à rien. Les premiers ministres se sont parlé, ont coordonné leurs messages, ont posé les bases d’une réponse commune. Churchill Falls, inattendu et potentiellement historique, a émergé. Les discussions sur la santé, si vagues soient-elles, ont au moins permis de consolider une position commune avant la rencontre avec Carney aujourd’hui.

Mais Charlottetown 2026 a aussi confirmé quelque chose de plus profond sur la nature de la fédération canadienne à ce moment précis de son histoire. Quand une crise commerciale extérieure frappe le pays, les provinces convergent sur les principes et divergent sur les solutions. Quand une crise sociale intérieure se pose — la santé, le logement, l’itinérance — elles réclament de l’argent sans s’engager sur des cibles. Et quand un dossier interprovincial historique comme Churchill Falls s’offre comme opportunité de coopération, il se retrouve immédiatement enveloppé dans les calculs d’une campagne électorale imminente.

La fédération canadienne n’est pas en crise d’existence. Elle est en crise d’efficacité. Ce n’est pas dramatique. Mais c’est chroniquement préoccupant, dans un monde où l’efficacité est devenue une condition de survie économique.

Carney est arrivé à Charlottetown aujourd’hui pour rencontrer ses homologues provinciaux en personne. Il cherche une unité qu’il n’a pas tout à fait obtenue par visioconférence. Les 29 jours qu’il reste avant l’entrée en vigueur des nouvelles surtaxes américaines lui laissent peu de marge pour chercher longtemps.

La SCHL prévoit un marché immobilier toujours freiné par l’incertitude en 2026

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Le marché canadien de l’habitation devrait rester modéré en 2026 sous l’effet de l’incertitude économique, des coûts d’emprunt élevés et d’un ralentissement de la croissance démographique, selon la mise à jour de mi-année des perspectives publiée mercredi par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

L’organisme fédéral prévoit une baisse des prix des propriétés en 2026 avant un retour à une croissance plus modeste en 2027 et 2028. Les ventes de logements devraient se redresser progressivement, tout en demeurant inférieures aux niveaux observés au cours de la dernière décennie.

La SCHL souligne que les tendances varieront selon les régions. Les marchés des Prairies devraient continuer d’afficher des ventes soutenues et les plus fortes hausses de prix, tandis que le Québec devrait connaître une progression plus modérée grâce à des conditions jugées plus équilibrées. En Ontario et en Colombie-Britannique, les difficultés d’accessibilité financière devraient continuer de freiner l’activité.

L’organisme anticipe également un recul des mises en chantier, les promoteurs étant confrontés à une demande plus faible, à des stocks élevés et à des coûts de construction importants. La construction de logements locatifs devrait aussi ralentir après les niveaux records enregistrés en 2025.

Sur le marché locatif, la SCHL estime que l’augmentation de l’offre contribuera à une détente graduelle, notamment à Toronto, Vancouver et Montréal, où la hausse des taux d’inoccupation devrait ralentir la progression des loyers. Malgré cette évolution, les logements devraient demeurer peu abordables dans plusieurs régions du pays en raison de loyers qui continuent d’augmenter plus rapidement que les revenus.

Une étude de la FCEI estime que les travailleurs étrangers temporaires occupent des emplois peu recherchés par les jeunes

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Les travailleurs étrangers temporaires (TET) occupent principalement des postes que les jeunes Canadiens sont les moins enclins à accepter, selon une étude publiée mardi par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), qui défend le maintien du programme pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre.

D’après le sondage, près de la moitié des jeunes interrogés ne souhaitent pas occuper un emploi comportant des quarts de nuit réguliers ou des tâches physiquement exigeantes. Plus du tiers disent également éviter les emplois effectués principalement à l’extérieur ou rémunérés au salaire minimum ou à un niveau voisin.

La FCEI souligne que les travailleurs étrangers temporaires sont nombreux à occuper des postes de manœuvres agricoles, d’employés de serres, de cuisiniers, de superviseurs des services alimentaires ou de travailleurs en élevage, des emplois souvent saisonniers, physiquement exigeants ou situés en région.

Selon l’organisation, neuf entreprises sur dix ayant recours au Programme des travailleurs étrangers temporaires affirment ne pas réussir à pourvoir ces postes avec de la main-d’œuvre locale. Plus de la moitié des PME sondées estiment également que ce programme leur permet de poursuivre leurs activités et de maintenir des emplois occupés par des travailleurs canadiens.

La FCEI appelle le gouvernement fédéral à adapter les règles du programme en fonction des professions où les difficultés de recrutement persistent, tout en harmonisant son application à l’échelle du pays.

Ces horloges connectées made in Québec qui gardent nos aînés chez eux plus longtemps

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Et si la solution pour éviter le placement en CHSLD tenait dans un objet aussi simple qu’une horloge et un pilulier ? D’ici 2050, la part des plus de 60 ans dans le monde va presque doubler, un vieillissement démographique qui inquiète les réseaux de santé publics — mais qui ouvre aussi la porte à des technologies simples pour y répondre.

C’est le pari d’Idem, une entreprise québécoise qui a développé une horloge connectée et un pilulier intelligent pensés pour les personnes âgées vivant seules. L’horloge coûte un peu moins de 300 $ et le pilulier, 200 $. Le principe est déroutant de simplicité : brancher ces appareils au Wi-Fi de la maison pour qu’une aide-soignante ou un proche aidant puisse, à distance, vérifier que grand-maman a bien pris ses médicaments ou surveiller ses habitudes du quotidien.

Le vrai choc est dans les chiffres. Après des projets pilotes menés avec des CLSC, Idem estime que sa technologie permet de réduire d’environ 10 000 $ par année et par patient les coûts de soins à domicile. Pour un réseau de la santé déjà à bout de souffle, c’est le genre d’économie qui fait réfléchir.

Et ce n’est pas qu’une histoire locale : l’entreprise vend aussi directement au public et tente actuellement de percer hors Québec, notamment au Royaume-Uni et ailleurs en Europe.

Pourquoi ça vous concerne : que vous ayez un parent vieillissant, que vous soyez vous-même proche aidant, ou simplement curieux de voir où va la « silver tech », ce genre d’innovation pourrait bientôt devenir aussi banal qu’un détecteur de fumée dans les foyers québécois.