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Air Canada et Airbus investissent pour accélérer le carburant d’aviation durable au Canada

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Air Canada et Airbus ont annoncé lundi un investissement conjoint d’environ 13,7 millions de dollars canadiens (10 millions de dollars américains) destiné à soutenir le développement d’une filière canadienne de carburant d’aviation durable (SAF), à l’occasion du Salon international de l’aéronautique de Farnborough.

Les deux groupes prévoient de créer une plateforme de co-investissement afin d’accélérer un projet canadien de production de SAF jusqu’à une décision finale d’investissement. Ils estiment toutefois que l’essor de cette industrie dépendra également de politiques publiques favorables et d’une collaboration avec les autorités fédérales et provinciales.

En parallèle, Airbus rejoint pour cinq ans le programme « Laisser moins » d’Air Canada, destiné aux entreprises souhaitant réduire les émissions liées aux voyages d’affaires grâce à l’utilisation d’attributs environnementaux associés au carburant d’aviation durable.

Selon une étude réalisée par Airbus et le cabinet ICF, une production nationale de SAF couvrant 40 % de la demande canadienne en carburant d’aviation d’ici 2040 pourrait générer jusqu’à 32 milliards de dollars de PIB supplémentaire et créer environ 140 000 emplois.

Le carburant d’aviation durable est considéré comme l’un des principaux leviers de décarbonation du transport aérien. Les compagnies et constructeurs du secteur visent, avec d’autres mesures comme le renouvellement des flottes, l’objectif de neutralité carbone fixé pour 2050 par l’industrie aérienne.

Ottawa relève l’Allocation canadienne pour enfants : jusqu’à 8 157 dollars par enfant de moins de six ans

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À Terre-Neuve-et-Labrador, le gouvernement fédéral a profité d’une visite officielle pour vanter les mérites d’un dispositif présenté comme l’un des piliers de sa politique familiale.

Le message se veut rassurant, dans un contexte économique où l’inflation continue de peser sur le budget des ménages nord-américains. Le gouvernement canadien a annoncé, lundi 20 juillet, la revalorisation annuelle de l’Allocation canadienne pour enfants (ACE), une prestation mensuelle non imposable dont bénéficient des millions de familles à travers le pays.

C’est à St. John’s, capitale de Terre-Neuve-et-Labrador, que la nouvelle a été officialisée, en présence du secrétaire parlementaire du président du Conseil du Trésor, Tom Osborne, s’exprimant au nom de la secrétaire d’État à l’Enfance et à la Jeunesse, Anna Gainey. Un choix de lieu qui n’est pas anodin : cette province atlantique, l’une des plus modestes du pays sur le plan économique, compte environ 47 000 familles bénéficiaires, pour une enveloppe annuelle dépassant les 340 millions de dollars canadiens.

Une indexation automatique depuis 2018

Concrètement, l’ACE offrira désormais jusqu’à 8 157 dollars canadiens par enfant de moins de six ans, et 6 883 dollars pour ceux âgés de six à dix-sept ans — des montants en hausse respective de 160 et 135 dollars sur un an. Cette progression découle du mécanisme d’indexation à l’inflation mis en place en 2018, qui s’applique chaque 1er juillet, au début du nouvel exercice du programme.

À l’échelle nationale, le dispositif touche environ 3,6 millions de familles et 6 millions d’enfants, pour un total avoisinant les 30 milliards de dollars versés annuellement. Le gouvernement met en avant plusieurs études selon lesquelles l’allocation aurait contribué à faire reculer d’un tiers l’insécurité alimentaire sévère chez les foyers à faible revenu, et permis à une majorité de mères célibataires interrogées de mieux subvenir aux besoins de leurs enfants.

Un instrument de politique sociale scruté

« Lorsque nous investissons dans les enfants, nous investissons dans notre avenir », a déclaré Anna Gainey, citée dans le communiqué officiel. Une rhétorique que l’exécutif fédéral déploie régulièrement pour justifier le maintien, voire le renforcement, de ce type de transferts sociaux — dans un pays où la question du coût de la vie demeure un sujet de friction politique majeur, entre partisans d’un État providence renforcé et défenseurs d’une rigueur budgétaire accrue.

Reste que la portée réelle de cette hausse, de l’ordre de quelques dizaines à quelques centaines de dollars par an selon les foyers, continuera sans doute d’alimenter le débat sur son adéquation face à l’ampleur de la crise du coût de la vie que traversent de nombreuses familles canadiennes.

Coupe du monde féminine U17 de la FIBA : Le Canada échoue au pied du podium mondial

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Le Canada a conclu la Coupe du monde féminine U17 de la FIBA au quatrième rang mondial après une défaite 64-57 contre l’Australie dans le match pour la médaille de bronze, lundi, à Brno, en République tchèque. Malgré cette désillusion, la sélection canadienne quitte le tournoi avec un statut confirmé parmi les grandes puissances du basketball de formation.

Les Canadiennes avaient réalisé un parcours remarquable avant d’être stoppées en demi-finale par les États-Unis, futurs champions du monde. Face aux Australiennes, elles ont longtemps rivalisé avant de céder dans les dernières minutes devant une équipe emmenée par Madison Ryan, désignée dans le cinq idéal du tournoi.

Cette quatrième place illustre toutefois les progrès constants du programme canadien. Depuis plusieurs années, Canada Basketball multiplie les performances dans les compétitions de jeunes, alimentant régulièrement les sélections nationales seniors et les grands championnats universitaires nord-américains. Le tournoi a également confirmé la profondeur du bassin de talents du pays, capable de rivaliser avec les meilleures nations mondiales.

Les États-Unis ont conservé leur couronne mondiale en dominant la Serbie en finale, tandis que l’Australie a décroché le bronze. Malgré l’absence de médaille, le Canada repart avec des enseignements encourageants et une génération prometteuse appelée à jouer un rôle majeur sur la scène internationale dans les prochaines années.

Mondial 2026 : la fin d’un tournoi historique, entre le sacre espagnol et les adieux d’une génération

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Le rideau est tombé dimanche soir sur la 23e édition de la Coupe du monde, la première à réunir 48 sélections et à se dérouler simultanément dans trois pays hôtes. Trente-neuf jours et 104 matchs après le coup d’envoi, c’est l’Espagne qui a soulevé le trophée, mais ce tournoi restera aussi marqué par la fin probable d’un règne, une pluie de récords et une finale qui a viré à l’échauffourée générale.

Une finale qui a dégénéré au coup de sifflet

Le sacre de la Roja, obtenu 1-0 après prolongation grâce à un but de Ferran Torres à la 106e minute, ne s’est pas conclu dans la sérénité. Dès le coup de sifflet final, plusieurs joueurs argentins ont voulu en venir aux mains avec leurs adversaires espagnols, une bagarre impliquant notamment Leandro Paredes et Gavi ayant éclaté en plein terrain. Le sélectionneur argentin Lionel Scaloni a dû s’interposer personnellement pour calmer ses joueurs et éviter que la situation ne dégénère davantage.

Ces scènes ont clos une rencontre à la tension physique inhabituelle pour une finale mondiale : la partie a compté une cinquantaine de fautes, l’Albiceleste écopant à elle seule de quatre cartons jaunes en plus de l’expulsion d’Enzo Fernández, déjà averti, pour une faute grossière sur Pau Cubarsi.

Le crépuscule de Lionel Messi

Au-delà du résultat, cette finale a surtout été celle du chant du cygne pour Lionel Messi. À 39 ans, le capitaine argentin a traversé la rencontre sans parvenir à peser sur le jeu, avant de fondre en larmes en récupérant sa médaille d’argent, immobile face au kop argentin qui scandait son nom malgré la défaite. Sur l’ensemble du tournoi, l’octuple Ballon d’or aura tout de même livré une prestation remarquable, avec huit buts et quatre passes décisives inscrits à 39 ans lors de sa sixième Coupe du monde personnelle. Interrogé sur son avenir en sélection, il n’a livré aucune réponse tranchée sur la suite de sa carrière internationale.

La razzia espagnole aux récompenses individuelles

La FIFA a dévoilé dans la foulée son palmarès individuel, largement dominé par la génération championne du monde :

  • Meilleur joueur du tournoi (Ballon d’or FIFA) : Rodri, devant Lionel Messi et Kylian Mbappé. Le milieu de Manchester City, Ballon d’or 2024, a disputé les huit matchs de l’Espagne comme titulaire et capitaine.
  • Meilleur jeune joueur : Pau Cubarsi, défenseur du FC Barcelone de 19 ans, présent sur l’intégralité des rencontres espagnoles.
  • Meilleur gardien : Unai Simon, auteur d’un seul but encaissé en huit matchs, face à la Belgique en quart de finale.
  • Meilleur buteur (Soulier d’or) : Kylian Mbappé, avec 10 réalisations et quatre doublés dans le tournoi, devant Messi (8 buts) et Jude Bellingham (7 buts).
  • Meilleur passeur : Michael Olise, avec sept passes décisives, dont cinq pour son seul coéquipier Mbappé.
  • Prix du fair-play : les Pays-Bas.

Mbappé, nouveau roi de l’histoire du Mondial

Si l’attaquant du Real Madrid n’a pas soulevé le trophée, il quitte cette édition auréolé d’un record majeur. En inscrivant un doublé lors de la petite finale face à l’Angleterre, après avoir déjà marqué face à l’Irak, à la Suède, sur penalty face au Paraguay et face au Maroc en quarts, Kylian Mbappé a dépassé Lionel Messi et ses 21 buts pour devenir le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde, avec 22 réalisations. Une performance individuelle XXL pour un joueur dont l’équipe de France a pourtant chuté en demi-finale face à l’Espagne, avant de se consoler avec la médaille de bronze aux dépens des Anglais à Miami.

Fête nationale en Espagne

Le sacre espagnol, deuxième de l’histoire du pays seize ans après 2010, a immédiatement enflammé les rues de la péninsule. À Madrid comme dans de nombreuses autres villes, des milliers de supporters rassemblés devant des écrans géants ont explosé de joie au coup de sifflet final, entre fumigènes, feux d’artifice et reprises en chœur de l’hymne victorieux de Queen. La liesse s’est prolongée une bonne partie de la nuit, dans l’attente du retour des champions du monde à Madrid, où un grand rassemblement était prévu place de Cibeles.

Un tournoi entré dans l’histoire

Au-delà du sport, cette Coupe du monde restera comme un jalon dans l’histoire de la compétition : premier format à 48 équipes, première organisation conjointe par trois pays (Canada, États-Unis et Mexique), et un parcours argentin marqué, jusqu’en finale, par une propension aux exploits de dernière minute — l’Albiceleste ayant inscrit neuf de ses onze buts en phase à élimination directe à partir de la 79e minute face au Cap-Vert, à l’Égypte, à la Suisse puis à l’Angleterre.

Pour l’Espagne de Luis de la Fuente, ce sacre mondial vient couronner un cycle exceptionnel entamé avec le titre européen de 2024, propulsant une génération emmenée par Rodri, Lamine Yamal, Pedri et Ferran Torres au rang des toutes meilleures sélections de l’histoire du football.

Le Livre bleu du PQ : un projet ambitieux, des questions sans réponse, et soixante-dix-sept jours pour convaincre

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Cinq cents pages. C’est l’épaisseur du projet que Paul St-Pierre Plamondon soumet aux Québécois. Cinq cents pages qui décrivent, avec un niveau de détail rarement atteint dans l’histoire du mouvement souverainiste, ce qu’un Québec indépendant serait, ferait, posséderait et négocierait. Une armée. Un passeport. Une banque centrale. Une monnaie. Une constitution républicaine avec un président à sa tête. Des frontières renégociées — y compris la question du Labrador. Et des économies administratives estimées entre treize et seize milliards de dollars par l’abolition ou la fusion de la grande majorité des organismes fédéraux présents sur le territoire québécois.

C’est un travail considérable. C’est aussi, dans le contexte de 2026, un pari politique extraordinairement risqué — et pas pour les raisons qu’on évoque habituellement.

Ce que le Livre bleu réussit

Soyons justes d’abord. Le Livre bleu accomplit quelque chose que ses prédécesseurs n’avaient jamais réussi à faire avec cette amplitude : il sort la souveraineté du registre de l’aspiration émotionnelle pour la poser sur la table comme un projet administratif concret, chiffré, séquencé. PSPP a voulu répondre à l’objection la plus persistante des indécis — mais comment ça marche, concrètement, le lendemain du Oui? — et il y répond avec une exhaustivité qui mérite d’être saluée, quelle que soit sa position sur la question nationale.

L’argument économique central est audacieux mais défendable dans sa logique interne. Éliminer la duplication bureaucratique entre deux gouvernements qui gèrent les mêmes champs de compétence — santé, environnement, immigration, culture — représente objectivement un gaspillage de ressources publiques. La proposition de fusionner ou d’abolir 77 % des quelque deux cent trente organismes fédéraux présents au Québec repose sur une réalité structurelle que même les fédéralistes reconnaissent : le chevauchement des compétences coûte cher et produit des inefficacités réelles.

L’idée d’une monnaie québécoise, elle, est courageuse à défaut d’être populaire. Plutôt que de promettre le maintien du dollar canadien — une position rassurante mais économiquement contradictoire avec l’indépendance — le PQ assume le scénario complet, avec ses complexités et ses risques transitoires, en estimant qu’à long terme les avantages d’une politique monétaire autonome l’emportent sur les coûts de transition.

C’est une position intellectuellement cohérente. Elle sera politiquement difficile à défendre devant un électorat qui se souvient des turbulences de 1995 et qui vit aujourd’hui sous la pression d’une inflation à 3,2 %, d’un marché immobilier tendu et d’une incertitude commerciale avec Washington.

Les zones d’ombre que la campagne devra éclairer

Mais les cinq cents pages du Livre bleu sont aussi remarquables par ce qu’elles ne disent pas — ou ce qu’elles disent avec une imprécision qui appelle des questions que les journalistes et les adversaires politiques de PSPP ne manqueront pas de poser dès le déclenchement officiel de la campagne.

La première porte sur le cadre financier. Le PQ a annoncé qu’il ne dévoilerait pas son cadre financier complet avant que la vérificatrice générale ne dépose son rapport préélectoral sur l’état des finances publiques du Québec. C’est une position procéduralement défendable. Mais elle signifie qu’à soixante-dix-sept jours du scrutin, les Québécois n’ont toujours pas de réponse précise à la question la plus fondamentale : combien coûtera la transition vers l’indépendance, et qui paiera quoi pendant combien de temps?

Les estimations d’économies administratives de treize à seize milliards ne tiennent pas compte des coûts de transition — et ces coûts seront considérables. Créer une banque centrale from scratch, mettre sur pied une armée, développer un réseau diplomatique complet, transférer des milliers de fonctionnaires fédéraux vers la nouvelle fonction publique québécoise ou les indemniser, renégocier la dette fédérale proportionnelle — tout cela a un prix que le Livre bleu effleure sans le quantifier avec rigueur.

Le dossier autochtone : la lacune la plus préoccupante

La deuxième zone d’ombre est encore plus fondamentale, et elle touche à l’une des questions les plus complexes de tout projet de transformation constitutionnelle au Canada : les relations avec les Premières Nations.

Le PQ a annoncé que le chapitre du Livre bleu consacré aux Autochtones serait publié cet été, avant le déclenchement de la campagne. À ce jour, ce chapitre n’est pas encore rendu public. C’est un retard qui mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il reflète une difficulté réelle et pas seulement une question de calendrier éditorial.

Plusieurs chefs autochtones ont déjà signifié que la souveraineté du Québec ne peut pas se faire sans leur consentement explicite, et que leurs revendications territoriales restent entières. En Outaouais, où plus d’un emploi sur quatre est lié à l’administration fédérale, la perspective d’une transition vers l’indépendance soulève des inquiétudes légitimes que le Livre bleu reconnaît en proposant des indemnités de transition, mais sans répondre pleinement à la question de fond : comment le Québec indépendant gèrera-t-il ses obligations envers des nations qui n’ont pas choisi de faire partie du projet québécois, historiquement ou politiquement?

Cette question n’est pas rhétorique. Elle est juridique et morale. Et l’absence d’un chapitre complet sur ce sujet à moins de trois mois d’un scrutin est une lacune que les adversaires de PSPP exploiteront avec raison.

Le paradoxe du bon moment au mauvais moment

Il y a une ironie cruelle dans le calendrier de cette élection pour le Parti québécois. Si jamais un moment semblait propice à la remise en question du cadre fédéral canadien, c’est bien celui-ci.

Les tensions commerciales avec Washington ont révélé à quel point la politique économique canadienne est déterminée par des forces que le Québec ne contrôle pas. La crise d’Ormuz a mis en lumière la vulnérabilité d’une province qui subit les effets des conflits militaires dans lesquels son gouvernement n’a eu aucune voix. La politique démographique, la gestion de l’immigration, les négociations commerciales — tout cela se décide à Ottawa, souvent contre les intérêts tels que le Québec les définit lui-même.

PSPP l’a dit clairement dans son bilan législatif de juin : les États de la taille du Québec sont plus agiles, plus efficaces et plus cohérents. Dans un monde de grandes turbulences où la capacité d’agir rapidement est un avantage compétitif réel, l’argument de la taille et de la cohérence politique a une pertinence qu’il n’avait peut-être pas au même degré en 1995 ou en 1980.

Mais ce même contexte de turbulence mondiale joue aussi contre lui. Les Québécois qui peinent à payer leur loyer, qui s’inquiètent de leur emploi dans un secteur manufacturier sous pression, qui regardent les prix de l’épicerie depuis trois ans — ces électeurs-là ne sont pas dans un état d’esprit propice à embrasser un projet de transformation radicale de leur cadre institutionnel. Ils veulent de la stabilité, pas de la disruption supplémentaire. Et l’indépendance, aussi bien argumentée soit-elle, reste fondamentalement une disruption.

Ce que soixante-dix-sept jours vont révéler

Le Livre bleu est maintenant public. La vraie campagne du PQ commence aujourd’hui — pas dans les médias, mais sur le terrain des marchés, des fêtes de quartier et des assemblées régionales où les candidats péquistes vont devoir défendre ce document devant des Québécois qui ont des questions précises et des inquiétudes concrètes.

PSPP dispose d’atouts réels : une base militante mobilisée, un chef perçu comme sincère et compétent, un programme plus détaillé que ceux de ses adversaires, et un électorat francophone qui, à 30 % d’intentions de vote chez les francophones, lui accorde une confiance que le PQ n’avait plus depuis des années.

Mais pour transformer cet élan en victoire — même minoritaire — il lui faudra répondre à trois questions que le Livre bleu n’a pas encore résolues. Combien coûte la transition, vraiment? Quel est l’accord avec les Premières Nations, précisément? Et comment un gouvernement péquiste minoritaire, dépendant de l’appui de partis profondément hostiles à l’indépendance, compte-t-il gouverner en attendant un référendum que 70 % des Québécois ne veulent pas voir dans le prochain mandat?

Ces questions ne sont pas des attaques partisanes. Ce sont les questions que pose à tout projet politique l’exigence de la démocratie. Et soixante-dix-sept jours, c’est à la fois très peu de temps — et suffisamment pour y répondre, si on le veut vraiment.

Ebola : Ottawa déploie un « bouclier préventif » aux frontières

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Le gouvernement canadien a annoncé de nouvelles restrictions temporaires à ses frontières en réponse à l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), interdisant l’entrée de la plupart des ressortissants étrangers ayant séjourné dans ce pays au cours des 21 derniers jours.

Ces mesures entreront en vigueur le 20 juillet à 23 h 59 (HAE). Un arrêté d’urgence pris en vertu de la Loi sur l’aéronautique obligera également les transporteurs aériens commerciaux et privés à refuser l’embarquement de ces voyageurs à destination du Canada.

Les citoyens canadiens, les résidents permanents et les personnes inscrites en vertu de la Loi sur les Indiens ne sont pas visés par cette interdiction. Les personnes ayant séjourné en République démocratique du Congo, en Ouganda ou au Soudan du Sud au cours des 21 jours précédant leur arrivée pourront entrer au pays, mais devront subir une évaluation sanitaire à la frontière et observer une quarantaine de 21 jours.

Ces nouvelles dispositions s’ajoutent aux mesures frontalières temporaires instaurées le 30 mai dernier en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine, qui demeurent en vigueur jusqu’au 29 août 2026.

Selon l’Agence de la santé publique du Canada, ces restrictions sont appliquées à titre préventif. Les autorités estiment que le risque pour la population canadienne demeure faible et précisent qu’aucun cas d’Ebola lié à un voyage n’a été recensé au Canada à ce jour.

Trump mine la démocratie américaine : le Canada ne peut plus regarder ailleurs

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Lorsque la politique abandonne les querelles de partis, les courbes des sondages et les calculs électoraux, elle touche parfois à une vérité plus profonde : celle de ce que nous sommes et de ce que nous choisissons de devenir. Le discours prononcé jeudi soir par Donald Trump depuis la salle Est de la Maison-Blanche appartient à cette rare catégorie de prises de parole qui dépassent la conjoncture pour interroger, au-delà du pouvoir, la nature même de notre époque.

En vingt-cinq minutes, le président des États-Unis a soutenu devant des millions d’Américains que leur système électoral est fondamentalement corrompu, contrôlé par des forces étrangères et des acteurs internes malveillants, et que les élections passées ont été volées. Il a accusé la Chine d’avoir mené, à partir de 2020, ce qu’il a présenté comme la plus vaste compromission de données électorales de l’histoire. Il a attaqué nommément des chaînes de télévision qui avaient refusé de diffuser son allocution — NBC et ABC entre autres — et les a accusées d’appartenir à un complot contre le peuple américain, menaçant au passage de faire retirer leurs licences de diffusion.

Aucune preuve concrète et vérifiable n’a accompagné ces affirmations. Les experts en sécurité électorale contactés par les médias américains et canadiens ont contredit les affirmations du président sur la vulnérabilité du système de vote. Et l’accusation centrale contre la Chine contredit les conclusions des services de renseignement américains qui, depuis des années, ont désigné la Russie — et non Pékin — comme le principal acteur des ingérences électorales américaines.

Ce n’est pas un simple dérapage. C’est une stratégie.

Ce que ce discours prépare vraiment

Pour comprendre ce discours, il faut regarder ce qui vient après lui. Dans quatre mois, les États-Unis tiendront leurs élections de mi-mandat. Les républicains risquent de perdre la Chambre des représentants si les tendances actuelles se maintiennent. Donald Trump, dont le second mandat s’achèvera en janvier 2029 sans possibilité constitutionnelle de se représenter, a besoin que son parti contrôle le Congrès pour continuer à gouverner selon ses priorités.

En décrédibilisant le système électoral maintenant, il prépare le terrain pour la suite. Si les républicains perdent en novembre, Trump aura déjà posé les fondations d’une contestation des résultats : le système est corrompu, les démocrates trichent, les médias qui ne l’ont pas relayé font partie du complot. C’est exactement la mécanique qu’il avait utilisée en 2020 et en 2024, avec une sophistication croissante à chaque cycle.

Ce discours est donc moins une révélation qu’une déclaration d’intention. Il annonce que Donald Trump a l’intention de contester les résultats des midterms s’ils lui sont défavorables. Ce n’est pas une interprétation alarmiste — c’est la lecture que font de nombreux analystes de la politique américaine, de gauche comme de droite, sur la base des mots du président lui-même.

Le silence de Carney : une stratégie ou une abdication?

Ce qui est frappant, du côté canadien, c’est le silence. Depuis plusieurs mois déjà, Mark Carney a radicalement changé de registre dans ses discours publics. Il y a un an, en pleine guerre commerciale, les États-Unis et Donald Trump étaient mentionnés dans presque neuf allocutions sur dix. Depuis le printemps 2026, le nom de Trump a pratiquement disparu de ses textes préparés — le président américain est absent de sept discours sur dix, selon une compilation récente du Devoir.

Cette discrétion est délibérée. Carney a opté pour une stratégie de communication fondée sur l’apaisement des tensions avec Washington, le dialogue silencieux et la négociation sans confrontation publique. Après les éclats rhétoriques de la période des tarifs — les « coudes relevés », le discours de Davos qui avait fait le tour du monde — il cherche maintenant à parler de ses priorités sans braquer inutilement un partenaire dont le Canada dépend économiquement.

C’est une logique compréhensible. Ce n’est pas sans coût.

Parce que le discours de jeudi soir n’est pas un dossier commercial. Ce n’est pas une querelle sur les tarifs ou les droits de douane. C’est une atteinte aux fondements de la démocratie élective dans le pays qui partage avec le Canada la frontière la plus longue du monde, des liens économiques indissociables, et un projet de civilisation commune bâti sur les mêmes valeurs libérales depuis deux siècles et demi.

Quand le premier ministre du Canada refuse de commenter publiquement un discours dans lequel son principal partenaire commercial sape la confiance de ses propres citoyens dans leur système électoral, ce silence n’est pas de la neutralité. C’est une forme de complicité par omission.

L’effet domino que le Canada ne peut pas ignorer

La démocratie américaine n’est pas une affaire intérieure américaine pour le Canada. Elle ne l’a jamais été. Et en 2026, elle l’est moins que jamais.

Si les élections de mi-mandat de novembre donnent lieu à une contestation organisée, à une crise institutionnelle prolongée, voire à une paralysie du Congrès américain, les conséquences pour le Canada seront immédiates et sévères. Les négociations de l’ACEUM, déjà dans l’impasse, deviendraient impossibles à conduire dans un environnement de chaos politique américain. Les marchés financiers nord-américains réagiraient à une crise constitutionnelle avec une volatilité que l’économie canadienne, encore en convalescence après sa récession technique, est particulièrement mal équipée pour absorber. Les relations diplomatiques bilatérales, déjà tendues, deviendraient encore plus imprévisibles dans un contexte où l’autorité exécutive américaine serait contestée.

Il y a aussi un effet plus insidieux, plus lent, mais potentiellement plus durable. Les institutions démocratiques sont contagieuses dans les deux sens. Lorsque la démocratie américaine se renforce, elle tire vers le haut les normes démocratiques de ses alliés et partenaires. Lorsqu’elle se dégrade, elle crée un environnement international dans lequel les comportements autoritaires semblent plus normaux, plus tolérables, plus banals. Le Canada n’est pas immunisé contre cette dynamique. Les démocraties libérales ne le sont jamais.

Ce que la position canadienne devrait être

Soyons clairs sur ce que nous ne demandons pas. Nous ne demandons pas à Carney de tenir une conférence de presse pour insulter le président américain ou de mettre en péril des négociations commerciales cruciales pour des millions de travailleurs canadiens.

Mais il existe un espace entre l’attaque frontale et le silence complet. D’autres démocraties l’ont occupé avec dignité. Plusieurs alliés européens ont formulé des inquiétudes mesurées mais claires sur la trajectoire de la démocratie américaine. Le secrétaire général de l’OTAN a lui-même évoqué la nécessité de défendre les institutions démocratiques à l’intérieur des pays membres de l’Alliance.

Le Canada, dont l’identité nationale repose en partie sur la conviction qu’il représente une version distincte et plus modérée du modèle nord-américain, a une responsabilité particulière dans ce débat. Pas celle de sermonner les Américains. Celle d’affirmer, calmement mais clairement, que certaines valeurs sont non négociables — y compris l’intégrité des processus électoraux — et que ces valeurs transcendent les relations commerciales.

Ce n’est pas de l’ingérence. C’est de la cohérence.

Le 250e anniversaire qu’on n’aurait pas voulu fêter ainsi

Il y a quelque chose de particulièrement lourd dans le fait que ce discours a eu lieu au moment où les États-Unis s’apprêtent à célébrer leur 250e anniversaire comme nation. La déclaration d’Indépendance de 1776 a posé les bases d’un régime démocratique électif que le monde entier a, pendant deux siècles et demi, considéré comme un modèle — imparfait, contesté, mais réel.

Quand le 47e président de ce pays utilise l’un des formats les plus solennels de la parole présidentielle pour affirmer que les élections de son propre pays sont truquées, sans en apporter la preuve, et pour menacer les médias qui refusent de relayer ses allégations — c’est une rupture avec deux cent cinquante ans de tradition institutionnelle qui dépasse largement les frontières américaines.

Le Canada est voisin de ce pays. Il lui est lié de façon organique. Ce qui se passe là-bas nous concerne ici. Et le gouvernement Carney — qui a su trouver les mots pour défendre la souveraineté canadienne face aux menaces commerciales de Trump — devra tôt ou tard trouver aussi les mots pour défendre quelque chose de plus fondamental encore : l’idée que les démocraties ne survivent que si leurs dirigeants croient en elles.

Les Roses de Montréal enchaînent un troisième succès et consolident leur place au classement

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Les Roses de Montréal ont signé une troisième victoire consécutive en s’imposant 2-0 face au Wild FC de Calgary, vendredi au stade McMahon, lors d’une rencontre de la Super Ligue du Nord.

Les deux buts montréalais ont été inscrits en première période sur des coups de pied de coin. Lucy Cappadona a ouvert le score à la 29e minute en reprenant un centre de Tanya Boychuk, avant que Hailey Whitaker ne double la mise quatre minutes plus tard à la suite d’une mêlée provoquée par un corner de Chloe Minas. Les deux défenseures ont ainsi inscrit leur premier but de la saison.

Montréal a largement dominé les débats, avec 63 % de possession de balle, 18 tirs contre quatre pour Calgary et neuf coups de pied de coin contre un seul pour l’équipe locale. La gardienne Anna Karpenko a préservé son filet inviolé pour une cinquième fois cette saison.

Grâce à ce succès, les Roses portent leur bilan à sept victoires, deux défaites et trois matchs nuls, pour un total de 24 points, consolidant leur position parmi les équipes de tête du championnat.

Le Wild FC, lanterne rouge de la ligue, avait pourtant obtenu ses deux seuls points de la saison face à Montréal lors de deux matchs nuls disputés en mai et en juin. Cette fois, l’équipe albertaine n’est pas parvenue à inquiéter les visiteuses.

Les Roses retrouveront leur public le 23 juillet pour recevoir l’AFC Toronto. Cette rencontre pourrait marquer les débuts de la recrue Mimi Alidou sous les couleurs du club montréalais.

Québec investit pour étendre la protection du refuge faunique de la Rivière-des-Mille-Îles

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Le gouvernement du Québec accordera une aide financière de 100 000 dollars canadiens à l’organisme Éco-Nature afin de soutenir un projet de conservation et de mise en valeur du refuge faunique de la Rivière-des-Mille-Îles, au nord de Montréal.

L’annonce a été faite vendredi par le ministre Christopher Skeete, au nom de la ministre de l’Environnement, Pascale Déry. Le financement doit permettre à Éco-Nature de poursuivre les travaux liés à un projet d’agrandissement du refuge et de préparer un plan directeur en vue de la création d’un parc de conservation métropolitain le long de la rivière.

Le refuge faunique couvre actuellement environ 26 hectares. Le projet prévoit d’étendre la zone protégée à plus de 990 hectares, une superficie qui pourrait atteindre près de 2 500 hectares en incluant le milieu aquatique de la rivière.

Selon les autorités québécoises, le territoire abrite plus de 385 espèces fauniques, dont plus de 80 possèdent un statut précaire. L’agrandissement envisagé vise à renforcer la protection des habitats naturels, à préserver les corridors écologiques et à améliorer la résilience des écosystèmes face aux changements climatiques.

Le projet s’inscrit dans l’objectif du Québec de protéger 30 % de son territoire d’ici 2030. Les autorités précisent que les activités récréatives, éducatives et de plein air actuellement pratiquées dans le secteur, qui accueille environ 150 000 visiteurs chaque année, seraient maintenues.

Le ministère de l’Environnement poursuit par ailleurs les consultations auprès des parties concernées avant toute modification officielle des limites du refuge faunique.

La CAQ efface son nom : quand un parti se renie pour survivre

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Depuis le 9 juillet, la Coalition avenir Québec n’existe plus officiellement. À sa place, selon l’avis du Directeur général des élections qui a entériné le changement, figure désormais l’« Équipe Christine Fréchette – Coalition avenir Québec ». Pour la première fois dans l’histoire du parti fondé par François Legault en 2011, le nom du chef précède celui de la formation. Plus révélateur encore : sur le site officiel du parti, les initiales CAQ ont pratiquement disparu. Ce qu’on voit en premier, c’est une femme, son prénom, son nom, son visage. Le reste est repoussé dans le bas de page, comme un héritage dont on ne sait plus trop quoi faire.

C’est un aveu remarquable. Et il mérite d’être lu pour ce qu’il est vraiment : non pas une opération de communication ordinaire, mais la confirmation que la marque CAQ est considérée par ses propres dirigeants comme un passif électoral, et non un actif.

L’équation de départ : une marque dévastée

Pour comprendre pourquoi ce changement de nom est à la fois nécessaire et risqué, il faut remonter à l’automne 2024. En quelques mois, la CAQ a vécu l’une des dégringolades politiques les plus spectaculaires de l’histoire récente du Québec. Des sondages à 50 % de popularité au sommet, elle s’est retrouvée à moins de 15 % d’intentions de vote au moment du départ de Legault, avec des projections de siège oscillant entre zéro et deux. Zéro siège. Pour un parti qui détenait une majorité de 90 circonscriptions en 2022.

Ce naufrage s’explique par l’accumulation d’échecs bien documentés : la gestion chaotique du système informatique de la SAAQ, les scandales répétés en immigration, la crise du logement longtemps ignorée, et surtout la perte du lien de confiance avec un électorat francophone de la classe moyenne que Legault avait lui-même mis des années à séduire. La marque CAQ n’était pas seulement associée à un bilan difficile. Elle était associée à un homme dont le départ précipité avait tout l’air d’une fuite.

Un professeur de science politique de l’Université Laval spécialisé en marketing politique a résumé la situation sans ménagement : la marque CAQ avait été dévastée. Le parti avait donc besoin d’autre chose pour se représenter devant l’électorat.

Christine Fréchette est cette autre chose.

Le pari Fréchette : mettre une personne là où il y avait un projet

La stratégie est claire et cohérente dans sa logique interne. Fréchette est perçue favorablement. Elle incarne la compétence pour une fraction non négligeable de l’électorat. Elle est une femme dans un paysage politique provincial dominé historiquement par des hommes. Elle n’a pas le bagage d’une Legault — elle n’a pas présidé à la majorité des décisions qui ont fait dérailler le gouvernement.

En plaçant son nom avant celui du parti, la stratégie électorale envoie un message subliminal mais transparent : votez pour elle, pas pour eux. Faites confiance à la personne, pas à l’étiquette. C’est une personne nouvelle qui arrive. Oubliez ce qui s’est passé avant.

C’est un pari audacieux. C’est aussi un pari intellectuellement malhonnête, et les électeurs québécois le savent.

Car Fréchette n’est pas une étrangère qui débarque dans un parti qu’elle ne connaît pas. Elle a été élue sous la bannière CAQ en 2022. Elle a siégé dans le caucus de Legault. Elle a occupé des postes ministériels dans son gouvernement. Elle a voté en faveur des mêmes politiques qui ont mené à la déroute. Changer le nom du parti ne change pas ce fil de continuité.

Le politologue Thierry Giasson a d’ailleurs identifié avec précision la tension au cœur de cette stratégie : on cherche à se distancer de la marque associée à Legault et à créer un récit plus positif centré sur qui est Christine Fréchette. Mais il ajoute aussitôt attendre de voir jusqu’où ce repositionnement ira une fois la campagne officielle lancée — et notamment si le nom Coalition avenir Québec figurera encore sur les affiches électorales.

C’est la question qui va tout décider. Parce que si les affiches disent « Équipe Fréchette » mais que les candidats se présentent sous la bannière CAQ dans les isoloirs, les électeurs vont vite faire le lien. Et si les affiches effacent complètement le nom CAQ, elles effaceront aussi les bénéfices du vote stratégique que certains caquistes modérés accordent encore à leur parti par réflexe, pas par conviction.

Une stratégie qui a des précédents — et des limites

Ce type de personnalisation n’est pas inédit en politique québécoise. La CAQ elle-même s’appelait « Coalition avenir Québec — L’équipe François Legault » depuis juin 2012, un nom qui mettait déjà en valeur la personnalité du fondateur plutôt que le projet collectif. C’est donc dans l’ADN de cette formation de construire son identité autour d’un individu plutôt qu’autour d’une idéologie ou d’un programme.

Mais la différence est fondamentale. Legault avait fondé le parti. Il en était l’âme, l’architecte, le symbole à la fois positif et, en fin de mandat, négatif. Fréchette, elle, a pris les rênes d’une formation en crise, sans vrai congrès, sans vrai débat de vision, dans l’urgence de combler un vide. Elle est arrivée avec une mission de sauvetage, pas une mission fondatrice.

Construire une campagne électorale entière autour de sa personnalité sans programme clairement distinct de celui de son prédécesseur, c’est prendre le risque que la première question sérieuse d’un débat des chefs — et vous allez changer quoi, exactement, par rapport à Legault? — reste sans réponse convaincante.

Ce que l’électorat va vraiment trancher

À quatre-vingt jours du 5 octobre, le rebaptême de la CAQ dit une chose que les sondages répètent depuis des semaines : dans cette formation, on a compris qu’on ne peut pas gagner en défendant le bilan. On ne peut gagner qu’en personnifiant le changement.

C’est peut-être vrai. Mais pour que ce changement soit crédible, il lui faut davantage que des lettres différentes sur un logo. Il lui faut des ruptures visibles avec les politiques les plus controversées — pas seulement de style, mais de fond. Il lui faut un programme qui dit aux électeurs déçus de la CAQ non pas « faites confiance à ce nouveau visage » mais « voici concrètement ce qui sera différent et pourquoi vous devriez y croire ».

La politique québécoise a une longue mémoire. En 2003, Jean Charest était arrivé au pouvoir en promettant une réingénierie de l’État et un changement radical. Quatre ans plus tard, les Québécois se souvenaient surtout de ce qu’il n’avait pas changé. En 2018, Legault lui-même avait promis de tout faire autrement, en s’appuyant notamment sur l’image d’un gestionnaire efficace, pas d’un politicien ordinaire. On connaît la suite.

Christine Fréchette a maintenant son nom en haut de l’affiche. C’est une chose d’y mettre son nom. C’en est une autre d’y mettre son projet. Et à ce jour, les Québécois attendent encore de savoir lequel est vraiment le sien.